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13/06/2010

Chroniques de l'âne n.s. 3 - Manche Nature dénaturée

carteret_WEB.jpgJe lis dans la Presse de la Manche que le Maire de Barneville-Carteret est excédé par Manche Nature, l'association foutrement célèbre de défense de la nature et de l'environnement dans notre département. La renommée de cette officine tient à son opiniâtreté diabolique à attaquer au plan juridique toute faiblesse réelle ou supposée de certains dossiers d'environnement. Les tribunaux lui donnent parfois raison et condamnent les contrevenants à payer. Comme le plus souvent il s'agit de services municipaux, ce sont les contribuables qui mettent la main à la poche.


L'histoire des Fermes de Carteret est assez exemplaire. La bataille contre la réalisation d'une deuxième tranche du lotissement a été menée par un des propriétaires de la première tranche, sous prétexte comme l'aurait dit Brice Hortefeux, qu'avec une seule ça va, mais avec deux ça devient insupportable. Manche Nature a flairé la bonne affaire et a emprunté le waggon, en se disant que les intérêts privés ne sauraient aller démentir l'intérêt collectif. Pas question d'une deuxième tranche, pourtant d'évidence justifiée par la première, à laquelle le plaignant avait offert son concours et accord de fait !


A la place de Monsieur le Maire de Barneille-Carteret, je me tirerais tout de suite une balle plutôt que d'essayer de raisonner et de convaincre ces jusqu'aux boutistes de l'écologie. Certains esprits parviennent à un tel degré d'autisme social qu'il n'y va aucune chance de les faire changer d'avis, tant leur nature sectaire est évidente.


Cette affaire, qui dure depuis plusieurs années, serait risible, si  elle ne ravalait pas la noble cause de l'environnement et de l'aménagement au rang subalterne des ratiocinations réglementaires. La protection de nos côtes et leur aménagement écologique, touristique et économique volent bien au dessus de ces maigres batailles, qui tournent en ridicule ce qui devrait être essentiel. On arrive à une époque où les citoyens se sentent concernés par ce qu'on veut faire de leur pays et ils aimeraient pouvoir en discuter démocratiquement. Manche Nature au lieu de mener l'effort pédagogique indispensable, préfère la polémique et les outrances. Mon bourricot du Cotentin Tonnerre, est d'accord,  le bonnet d'âne écologique est amplement mérité par cette incroyable organisation

24/03/2008

Toto reçoit une lettre de la Côte des Iles...

Jusqu'à présent le facteur, qui est un excellent jeune homme, ne s'était pas soucié de mettre Toto au rang de ses abonnés. Les temps changent, j'ai reçu hier à son intention une missive de Claude Bastian, mon ami, qui semble plutôt interloqué par les manoeuvres électorales de sa région. Je crois bien que ce sont des histoires tout à fait dignes de nos amis les bourricots.

Asinus asinum fricat

De Nestor, ministre* sur la Côte des Isles à Toto, son confrère du Val de Saire

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Mon cher Toto

Je suis comme toi un bel âne du Cotentin une croix de Saint André bien marquée sur le dos. De mon pré la vue embrasse toute la Côte des Havres, du Cap de Carteret à Agon-Coutainville. Sous mes sabots, Barneville-Carteret, d’où le vent d’Ouest m’a apporté une histoire. Je n’en ai pas cru mes oreilles, mais je vais quand même te la raconter.

Un jour, le Maire de Barneville-Carteret fit venir ses plus proches conseillers. Le poids des ans, leur dit-il, se fait sentir et il ne faut pas compter sur moi pour vous conduire aux prochaines élections. Tous se récrièrent : ne vois tu pas qu’un dangereux concurrent s’apprête à prendre ta place ?  Sera –t-il prêt à nous garder aux mêmes responsabilités ?  Je n’en sais rien, dit le Maire, mais j’ai un bon ami qui le ferait si vous le lui demandiez. Il faudrait donc que cet ami soit élu dirent ils, mais est il au moins connu des électeurs ? Pas encore, hélas, dit le Maire mais vous pouvez toujours le prendre sur votre liste.

 

Les proches conseillers se retirèrent et se réunirent en petit comité. Comme à l’accoutumée l’avis du Maire était sibyllin, mais le plus subtil d’entre eux en donna la clé : Si nous voulons faire élire cet inconnu comme premier magistrat, aucun d’entre nous ne peut se présenter comme tête de liste. Il nous faut donc trouver hors de notre petit cercle une personnalité populaire et peu versée en politique pour la placer à la tête de notre liste. Au besoin, nous demanderons au Maire de nous aider à convaincre cette personne, évidemment sans lui révéler notre but final. Quand nous aurons la majorité au conseil municipal, il sera toujours temps de nous en débarrasser sous l’un ou l’autre prétexte.

Ce qui fut dit fut fait. On trouva un brave homme fraîchement retraité et honorablement connu comme gestionnaire. Il rassembla sur son nom beaucoup plus de voix que le « dangereux » opposant, qui se dégonfla comme une baudruche, et sa liste gagna les élections d’une courte majorité au conseil. Et juste avant l’élection du maire, les proches conseillers réélus grâce à lui convainquirent les autres colistiers qu’il était décidément impossible de travailler avec lui. Bien évidemment, c’est l’ami du maire qu’ils firent élire à une écrasante majorité, pour se partager ensuite les postes qu’ils voulaient garder à tout prix.

Le nouveau maire est juriste de profession. C’est sans doute une lumière en Code, mais fort économe de son éloquence, se bornant à rappeler dans son discours d’investiture son amitié depuis l’enfance avec l’ancien Maire et son espoir d’être digne de lui succéder.

Quand deux orateurs de la Rome antique se congratulaient un peu trop, les citoyens disaient

Asinus asinum fricat : l’âne frotte l’âne. A cette époque on avait plus de considération pour les citoyens que pour les ânes.

Heureusement pour nous, mon cher Toto, ce n’est plus le cas aujourd’hui

 

* Il faut être inculte comme un Parisien pour ne pas savoir qu’en Cotentin le titre de ministre est réservé à nos congénères.

 

(Posté par Claude Bastian)