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02/03/2012

Les écolos massacreurs de l'écologie



 

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Apocalypse, selon  F. Berthou 2008

 

Nous avons besoin de l’écologie. Nous avons le devoir d’économiser les ressources naturelles et de traiter nos déchets. Nous devons respecter l’air et la terre, les rivières et les mers. Nous devons sanctuariser nos derniers  espaces naturels et  maintenir  la biodiversité, nous devons veiller à l’équilibre de nos paysages ruraux et urbains, nous devons concevoir la digne cohabitation des humains avec leur planète…Tout ce moderne catéchisme entre peu à peu dans les têtes, mais pour le faire rentrer dans les faits,  ça  coûte de l’argent  et ça nécessite des arbitrages, en particulier pour mettre en œuvre la transition énergétique. Une politique de l’écologie est donc une vitale nécessité. Elle est consubstantielle du projet d’organiser une vie harmonieuse pour les générations actuelles et futures.

 

On aurait pu penser que les écolos, légitimes détenteurs du corpus de ces principes fondamentaux auraient été en mesure d’entraîner l’opinion derrière eux,  pendant cette bataille des présidentielles 2012. Patatras, ils en sont loin, bons derniers dans les sondages,  ils ont laissé l’écologie disparaître  des débats. Les leaders EELV,  servis en circonscriptions électorales sont maintenant aux abonnés absents. Encore une magnifique occasion de ratée. J’accuse les écolos de massacre. Ils ont assassiné la politique écologique.

 

Toutes proportions gardées, le rôle actuel des écolos fait penser aux staliniens fossoyeurs du socialisme en leur temps. A trop vouloir sans expliquer, sans convaincre, on met en scène  des  khmers rouges de l’environnement, des ayatollahs du réchauffement, des talibans de l’antinucléaire. On nage du coup dans un océan de catastrophes climatiques, de tsunamis nucléaires, d’épidémies d’OGM, d’empoisonnements divers, d’assèchements, d’inondations. Nous sommes dans l’alerte permanente, dans les prêches de décroissance, les psaumes anti-nucléaires, les commandements anti-routes, anti-lumière, anti-chimiques, anti-colles, anti-vapeurs. Nous ne pensons plus que dans l’angoisse à  un salmigondis où chacun peut trouver chaussure à ses humeurs du moment.

 

Du temps des stals, on parlait de socialisme scientifique et on apprenait à compter droit, dans une science dévoyée, mise au service du léninisme. Aujourd’hui on a la même ambition, la science est l’ennemie des écolos. Ils la suspectent d’être officiellement à la solde des grands groupes qui préparent la fin du monde en secret. La Monsanto, qui n’a pas réussi à nous faire périr avec le Round-Up, tente cette fois ci de nous exterminer avec ses OGM. La science à l’oeuvre dans le nucléaire est tout simplement l’abomination qui va mener tout droit à l’extinction de l’espèce. Forts de leurs obsessions paranoïaques,  ils tranchent de tout  et brandissent en procession leurs angoisses, leurs  anathèmes et leurs prédictions… Ah le climat en 2100, quand tout le monde sera rôti !… Ah la fin du monde nucléarisée quand les hommes auront deux têtes ! …Comme si la simple réalité n’était pas suffisante pour convaincre. Dans mon enfance on parlait du péril jaune, aujourd’hui on a la menace écologique.

 

Tout ceci est si vrai que les écolos ont choisi une candidate aux présidentielles absolument représentative de cette manière de voir, ignorante de l’écologie et qui a peur du noir. Une juriste qui a grandi dans les cabinets d’instruction et qui a fait sa renommée sur sa lutte contre la délinquance financière.  La petite elfe aux lunettes roses s’étonne aujourd’hui d’être la risée des éditorialistes et des pisse-copie. Comment en serait-il autrement ? L’écologie est une grande cause qui mérite d’être soutenue avec force et discernement, et qu’est-ce qu’on voit ? Une impétrante qui n’a ni légitimité politique, ni compétence écologique, victime désignée et consentante de l’incroyable aveuglement de ses amis d’EELV . Pour transformer la noble cause de l’écologie en roman noir cauchemardesque, les soudards de l’écologie politique ont vraiment eu la main heureuse. Nicolas Hulot en est tout triste dit-il. L’écologie a disparu totalement de la campagne présidentielle, merci Duflot, merci Voynet, merci Mamère, merci  Placé, merci Bendix, merci à tous, qui rivalisez dans l’insondable confusion. Vous êtes les croque-morts de l’écologie.

 

Même Bové, le gardien de chèvres, a réussi le tour de force de se mettre à dos les agriculteurs, ses amis de classe, maintenant adversaires résolus. Il a voulu leur faire croire que l’écologie consistait à élever des chèvres comme pépé,ou mémé, il y a un siècle. Qui peut gagner sa vie avec des méthodes à l’ancienne, le typographe avec ses plombs, le plombier avec ses fers à souder, et le boulanger avec son four à bois ? L’agriculture paysanne ne peut survivre que dans des niches très spécifiques et ce n’est pas parce qu’on la regarde à travers les verres flous du temps jadis que ça en fait une agriculture écolo.

Malheureux agriculteurs accusés de faire du poulet aux hormones, des pommes aux pesticides et des tomates sans saveur, du lisier dans les champs, des algues vertes sur les plages et du maïs aux OGM. Pendant ce temps là les bobos se gorgent de produits bio payés à prix d’or dont tout le monde sait qu’ils n’offrent aucun avantage par rapport à ceux de nos agriculteurs « normaux ».

 

Les agriculteurs en savent plus que tout le monde sur la protection de l’environnement et le fonctionnement des écosystèmes. Ils ont été les premiers à comprendre que l’écologie des citadins n’était qu’un échafaudage fantasmagorique et qu’on veut leur faire payer la panique savamment entretenue par les militants. Ils se sentent agressés, incompris, victimes du piège tendu par une opinion aux prises avec ses peurs et ses obsessions. Une opinion non pas étayée par des raisonnements rationnels et lucides basées sur un minimum de connaissance des mécanismes de la nature et des réalités industrielles, mais affolée par des oukases et des allégories millénaristes propagées par la foi entêtée des charbonniers écolos. Les agriculteurs devraient être les premiers à proclamer l’urgence de mettre fin aux produits dangereux, à la pollution des nappes et à la dégradation des sols. Les écolos les ont si bien dégoûtés par leurs outrances qu’ils voient rouge quand on leur propose de prévoir vert.

 

Aujourd’hui l’écologie c’est bon pour  les autres, surtout pas pour notre jardin, ni pour nos villas sur le bord de mer, ni pour nos vacances sous les tropiques, ni pour nos 4x4, ni pour nos impôts et nos taxes sur l’essence ! Je dis tranquillement aux Verts qu’ils portent la responsabilité de l’écrasement et de la disparition des politiques écologiques. Leurs emportements ont le résultat absolument contraire à celui qu’ils souhaitent, il est temps qu’ils cessent leur catastrophisme et leurs imprécations pour devenir des pédagogues et des leaders responsables. La modération sera sans doute le meilleur gage de leur efficacité. Un rassembleur de l’écologie est demandé…d’urgence.