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07/02/2011

MAM et la face cachée de la lune

 

 

alliot-marie_subventions_departements_dsu.jpgMAM a fait de son image médiatique son véritable viatique politique. Sa silhouette altière et la noblesse sportive de son allure donnent tout de suite l’impression qu’on a affaire à une personne de grand caractère, distinguée et hors d’atteinte des propos familiers. L’élocution et la diction, le choix des mots et le maintien, ne sont pas de ceux qu’on acquiert dans les familles ordinaires, les salles de rédaction ou les amphis d’université. Ils sont la preuve d’une grande dignité naturelle  et  la marque des grandes familles. Sur ce plan là, l’ombre de son père Bernard Marie, député et maire de Biarritz,  plane et veille au grain. Voilà donc une belle personne de la haute qui inspire confiance…

 

Notez bien au passage que le papa de MAM était également arbitre de rugby, international est-il précisé, mais évoluant quand même dans un milieu qui préfère le cassoulet de la troisième mi-temps dans les auberges périgourdines au caviar servi dans l'atmosphère  feutrée des palaces de la jet set.  Tout à fait dans la même veine,  MAM   a fait ses humanités (si on peut dire) en faculté de droit, et même à Assas qui à son époque était plutôt réputée pour être le repaire de l’extrême droite souvent en butte, Le Pen en tête, aux gauchistes soixantehuitards. On y apprend qu’à cette époque la belle MAM s’amourache de son professeur Michel Alliot, directeur de cabinet d’Edgar Faure par surcroît. Elle l’épouse et passe sa thèse d’Etat dans la foulée.

 

MAM est donc bien armée dans la vie pour grimper petit à petit les échelons d’une longue carrière politique, sans éclat, mais sans ombres. Députée, ministre et même Présidente du RPR elle occupe à droite une place de confiance car c’est une fine mouche qui sait éviter les pièges, comme celui de choisir entre Balladur et Chirac quand on n’est  pas sûr du résultat. La ministre, qui vieillissait jusque là en conservant tous ses charmes, gardait son sourire accroché en toute circonstance et paradait volontiers devant les photographes en images glamour, soulignées par de somptueuses écharpes, voletant au gré des courants d’air furtifs de la cour de l’Elysée.

 

Comment se fait-il alors qu’en quelques jours, cette espèce d’icône se retrouve les doigts dans le pot de confiture,  à nous expliquer l’impensable ? MAM la gaulliste, aux mœurs politiques si intègres a des rendez-vous inavouables avec la nomenklatura détestée de Ben Ali. Elle succombe aux charmes orientaux jusqu’à se laisser conduire en jet à Tozeur, l’oasis des mille fantasmes. MAM est fine comme une lame, elle a préparé sa défense, elle court de studio en studio pour expliquer à la télé qu’elle n’est pas celle qu’on croit, qu’elle n’est pas aussi vénale qu’on peut le penser, qu’elle se moque bien vous pensez, de voyager dans les jets de la honte. D’ailleurs au moment même où elle embarque dans ces aéronefs de la corruption elle n’est plus ministre elle redevient la petite Michelle des fêtes de famille, de Noël et du Jour de l’An. Et chacun le sait,  les petites filles sont fascinées par les aéroplanes.

 

Pour de vrai, MAM veut nous faire croire que ces voyages en Tunisie, n’ont rien à voir avec la révolte du peuple et les martyrs qui s’immolent, rien à voir avec Ben Ali Dégage ! ; d'ailleurs elle nourrit une compassion sans bornes pour ces misérables qui se jettent dans le feu. Elle a certes des amis riches, mais aussi des amis pauvres. Les yeux dans les yeux, elle nous ordonne presque : "- Cela suffit, je vous ai tout dit, je suis meurtrie par vos allusions mensongères, tout le reste concerne uniquement la face cachée de la lune, celle que vous n’avez pas à voir ni à connaître et  encore moins à imaginer."

On peut toujours rêver.