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19/12/2010

Crise de l'Euro ou crise de l'Europe ?

Crise de

l’Euro ou crise

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La dette publique de la France

 

 

 

On voit comment les marchés financiers s’attaquent aux dettes souveraines des pays européens les plus endettés. Ils font payer le risque de ne pas être remboursés aux emprunteurs, en augmentant les taux d’intérêt. Ce faisant le poids du service de la dette augmente jusqu’à devenir insupportable et à menacer les dits Etats de banqueroute. Il leur faut alors appeler le FMI qui peut apporter sa garantie, obtenir un rééchelonnement des remboursements à plus long terme et éventuellement effacer certaines créances. Dans ce cas ultime les prêteurs, donc les banques,  y laissent des plumes, mais il vaut mieux se couper un bras plutôt que de perdre la vie.

 

Cette faillite est humiliante pour les Etats et constitue une atteinte substantielle à leur souveraineté. On comprend que les gouvernements fassent tout pour l’éviter. Ils se trouvent contraints d'en appeler à leurs citoyens et à leur patriotisme en les priant de se serrer la ceinture. Ceux qui ont un petit matelas de réserves acceptent, mais les plus démunis, qui sont déjà en situation précaire, se révoltent.  Ils ont en plus un sentiment d’injustice car la crise financière venue par les banques a contribué à dégrader  les comptes publics . Les gens se voient invités aux sacrifices pendant que les banquiers continuent de se gaver avec des  salaires faramineux . C’est ce qui se passe en Grèce, en Irlande, au Portugal et même en Espagne. Les  agences de notation désignent les futures victimes : les taux grecs à dix ans sont toujours à 11%; ceux de l'Irlande à plus de 8%. Le gouvernement espagnol a dû consentir des taux de 5,4%, (0,8% de plus que la dernière fois) pour lever 2,4 milliards d'euros ces derniers jours.

 

Il faut quand même noter que les prêteurs  n’ont pas vraiment intérêt à tuer la bête puisqu’alors, il n’y aura plus personne pour payer. Dans la zone euro, la faillite d’un Etat risque d’entraîner des catastrophes en chaîne dans le système bancaire, dont les établissements de crédit publics ou privés possèdent les obligations des trésors en question.  La faillite d’un de ces Etats peut entraîner la faillite des banques et la paralysie de tout le système bancaire européen, voire mondial. Les faillites de ces Etats et le risque systémique des Banques ne sont évités que par la caution solidaire des autres Etats européens, mis en œuvre par le fonds de solidarité européenne.

 

Inutile de dire que les autorités politiques et financières de l’Europe et principalement de l’Allemagne et de la France, ne laisseront jamais se développer une banqueroute généralisée et qu’il faudra bien faire marcher la planche à billets, pour racheter toutes les obligations pourries quelles que soient leurs origines. Mais auparavant, comme le réclament les Allemands il est de bonne politique de faire cracher les peuples, de réduire les salaires et d’augmenter les impôts. Nul n’est épargné : la réduction des déficits est devenue une ardente obligation pour tous les pays. La vulgate libérale ne voit aucune autre issue. Ce qui revient à dire qu’en autorisant les  banques à appliquer des taux d’intérêt exorbitants, on finit en première intention, par contraindre les « travailleurs » à boucher les trous. On ne saisit pas les immeubles ou les yachts, mais on dégrade les organismes publics en supprimant des emplois ou en privatisant des services et on augmente la TVA ou bien comme en France on supprime certaines niches fiscales.

 

Certaines voix autorisées crient « casse cou ! ». En étranglant les salariés, on casse un peu plus la croissance molle des pays qui comptent sur la consommation interne pour redémarrer. L’Allemagne qui joue sur l’export n’en croit rien.  Les mêmes voix,  ajoutent qu’en économie, tout est question de confiance. Pour que ça marche, il faut que les marchés aient  la certitude que les obligations émises ne sont pas de la monnaie de singe. Tout réside dans la solidité de la garantie. Les USA ont une dette abyssale mais on continue de leur faire confiance. L’Europe, par des avancées spectaculaires sur l’unité économique et fiscale et sur le lancement d’emprunts européens, pourrait mettre un terme à la crise actuelle, en institutionnalisant sa garantie pour l’ensemble de la zone euro et faire aussi bien que Washington.

 

Il semble bien que notre cousine germaine Angéla Merkel se fasse tirer l’oreille. En réalité c’est son opinion publique qui craint que le vertueux allemand ne paye pour le fêtard grec ou portugais. Il faudrait sûrement décider de taquets qui interdisent le n’importe quoi, mais en Europe on sait faire des lois, des circulaires, des décisions communes. Il semble peu probable que les spéculateurs tentent de s’attaquer à une monnaie solidement défendue par l’Union Européenne. L’Allemagne, autant que tous les autres, a besoin de l’Europe pour maintenir son rang.  Il faudrait qu’on  se rende compte outre Rhin que la guerre est finie : où nous gagnons ensemble où nous allons périr ensemble. Parole de Chinois.

21/05/2010

La guerre des leurres

toto5.JPGA force d'entendre qu'on ne doit pas faire payer demain à nos petits enfants, le beurre qu'on étale sur nos tartines aujourd'hui, on finirait par y croire. Entre les écolos qui prétendent que la terre ne nous appartient pas et qu'on doit la transmettre intacte aux générations qui viennent et les banquiers qui décident d'un coup que nous sommes d'égoïstes "réquerpisseus"*, je me demande bien si je vais pouvoir continuer à jouir l'âme en paix de ma modeste retraite. Il n'y a rien de plus injuste pour un grand père qui s'apprête à transmettre son patrimoine à ses enfants et à ses petits enfants que de lui dire qu'il  est en train de les ruiner.


On voit bien que cet argument n'a aucun sens : nous recevons à notre naissance bien plus que nous ne pourrons jamais dépenser, cathédrales,routes, ports, usines, maisons, bibliothèques, cinema, télévision, universités. Le petit qui naît aujourd'hui est en réalité couvert de cadeaux dès sa naissance, de la sage femme qui lui imprime son premier cri à tous ses premiers vaccins et à ses biberons  vitaminés . Il ne paiera jamais lui, tous les bancs d'école qu'il usera de ses culottes à la mode.


Mais c'est un plaisir pour nos politiques d'égarer le peuple par des leurres sans cesse agités. Les conservateurs d'aujourd'hui ont été les premiers à assécher les caisses de l'état pour mieux justifier leur dogme du trop d'état qui nuit. Ils ont si bien vidé les coffres qu'ils  sont maintenant pris au dépourvu. Leurs serviteurs et alliés  capitalistes rentiers,  sont devenus des ogres qui cherchent partout des enfants à dévorer. Tout se passe  comme si le système devenait anthropophage pour survivre. La gale financière qui nous pèle le dos depuis des lustres, court à sa perte en minant le système qui le nourrit. On a eu une première alerte,  avec les banques sur le point de s'effondrer. Leurs  valets politiques les ont remises sur pied avec de la monnaie de singe empruntée à notre nom. Le casino a été relancé et la crise aussi.


Saint DSK qui a une mine de bien honnête homme et fort sympathique a trouvé le reméde : il faut relancer la croissance . La vraie bonne oseille est celle du travail. Au boulot braves gens, il faut remplir les caisses au plus vite et au meilleur prix, c'est à dire dans la rigueur et l'austérité. Se serrer la ceinture. A vrai dire je ne vois pas pourquoi les grecs seuls pourraient profiter des Cyclades, je vous le dis à vous les jeunes qui pouvez encore profiter du soleil et des voyages, prenez de suite des vacances. Inutile de moudre du grain pour engraisser nos parasites.


Pourquoi se précipiter au boulot avant que ces messieurs inquiets  aient décidé de stopper ce Las Végas planétaire qu'ils font tourner dans les places financières du monde entier ?  DSK ou pas il y a bien quelque chose qui cloche et qui ne va pas réapparaître du jour au lendemain : ça s'appelle la confiance ! Tonnerre dans son herbage florissant me regarde avec commisération. Il se demande si moi son maître, vieil homme averti,  sachant lire et écrire, je vais encore tomber dans le panneau.

 

*requerpisseus veut dire en patois, dépensier, on dit par exemple : A grand amasseus, grand requerpisseus (A père avare, fils prodigue)


 

 


07/05/2010

Les goublins du trésor

 

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Dans la Hague on les appelait des drôles, sans doute par une déformation du scandinave troll et dans le Val de Saire goublins, comme les anglais, qui disent goblin . Ce sont des lutins plutôt gentils qui vous font des tours pendables dans votre maison. Ils font tomber les casseroles pendues au mur et claquer les volets la nuit. Parfois ils lancent le rouet à toute vitesse et même se mêlent à la conversation, car certains ont le don de la parole.


Le goublin se manifeste sous la forme d'une bête inoffensive, à l'occasion  comme un cheval blanc tout fou ou bien  comme un veau gras assez nonchalant. Mais la plupart des gens rapportent qu'ils ont eu affaire à un lièvre,  devenu subitement et on ne sait pourquoi , facétieux et familier des lieux. Ces goublins sont sans malice et beaucoup de personnes ne voient que des avantages à la présence de  ces esprits espiègles.


Le goublin le plus recherché est celui du chien noir qui vient un soir se coucher devant le feu entre vos jambes. Il s'installe sans mot dire et dort jusqu'au matin au plus près des cendres fumantes.  Après quoi il vaque à ses affaires tout le jour et revient à la nuit tombée, et ainsi tous les jours de l'année. Si une telle chose vous arrive, gardez vous de chasser l'animal car il est le gardien d'un trésor, qui à coup sûr a été enfoui dans votre maison il y a juste cent ans.


Ce goublin est le surveillant de la cassette cachée quelque part et jamais il ne quittera votre logis avant que vous ne l'ayez trouvée. Il faut chercher sous les pierres de l'âtre ou sous les marches de l'escalier en granite ou dans les épaisses fondarions d'un pignon. Cependant, quand vous l'aurez découvert,  gardez vous bien de vous en saisir directement, votre mort serait certaine dans l'année. Le plus sûr est de requérir un cheval très vieux qui de toute façon ne survivrait pas jusqu'au premier jour de l'an. C'est lui qui doit déplacer le trésor en premier. Dès que vos pièces d'or auront été comptées le chien partira dans une autre demeure.


Ces goublins du trésor sont d'une grande fiabilité et ils prennent grand soin de vos intérêts. Tout bien réfléchi,  plutôt que d'embaucher des polytechniciens qui s'attellent chaque matin à vider notre compte en banque, ne vaudrait il pas mieux confier la souris des ordinateurs à des chiens noirs de la race des goublins ? Les banquiers mettent un tel acharnement à faire passer les picaillons de votre bas de laine  dans leur propre coffre-fort qu'il serait grand temps de leur opposer la magie de lutins avec lesquels nous commerçons depuis si longtemps.


 

 

Les politiciens l'on dit bien souvent : avec moi la confiance va revenir et les affaires vont reprendre. Qu'ils aillent donc raconter ça aux Grecs...