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10/11/2010

VIVRE AU VAL DE SAIRE

 

 

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Il n’y a pas si longtemps, j’ai battu la campagne pour, à défaut de pouvoir être élu, propager quelques idées qui pouvaient servir à la politique d’aménagement de notre Val de Saire.  Je crois toujours à la pertinence des pistes que nous avions évoquées  pour la circonstance, avec Dominique Labadie ma suppléante. Elles avaient l’ambition de respecter les lignes de force de notre région, tout en les précisant et en leur donnant un contenu très concret.

 

Plus de deux ans et demi ont passé sans qu’on voie ici ou là de changements notables ou de projets destinés à améliorer la vie dans notre canton ou dans ceux d’à côté. On assiste en revanche à toujours plus de querelles de clocher et de querelles de personnes, c’est à dire à des travers qui ont toujours été à l’origine de nos impuissances et de notre immobilisme, contre lesquels d’ailleurs nous mettions en garde.

 

Il faut pourtant bien insister sur l’absolue nécessité d’agir et d’organiser notre territoire si nous ne voulons pas continuer de nous enfoncer dans les nuisances d’une circulation routière non maîtrisée, d’une urbanisation aveugle et d’un appauvrissement des services. Nous souffrons d’une absence cruelle de leadership politique, qu’il soit de droite ou de gauche. Chaque commune joue sa carte, avec ou sans atouts. Le plus vraisemblable est le statu quo, in fine.

 

Peut-on rompre cette léthargie préjudiciable à tous et ranimer des feux qui paraissent bien recouverts de cendres ? Le musée Vauban, la piscine à Barfleur, le centre d’aide à la pêche, le plan d’aménagement urbain du canton sont toujours des projets qui suscitent l’intérêt. Peut-être faut-il aiguillonner, mobiliser les acteurs politiques et économiques, faire campagne ? C’est tout notre environnement qui est concerné. Nos conditions de vie et celles de nos enfants en dépendent.

 

 

PS/ J’ai entendu qu’une association Val de Saire Environnement était sous roche. Je le dis tout de suite si on m’y invite : j’en serai.

23/01/2010

Leçon d'agriculture

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Hier soir, 22 janvier Henri Nallet a prononcé une conférence sur l'avenir de l'agriculture française et plus spécialement de celle de notre Cotentin, qui comme chacun sait, abrite autant de vaches que d'habitants, sans compter les moutons, les porcs,  les chevaux et...les vétérinaires. L'assistance était donc nombreuse dans cette petite salle de l'Hôtel Dieu à Valognes. J'ai assisté à pas mal de  conférences dans ma vie et j'en ai moi même commis, mais je n'ai jamais vécu cette qualité d'échange entre les auditeurs et l'orateur. Il n'y avait point d'effets de tribune cependant de la part de l'ancien ministre, qui se limitait à un effort d'empathie modeste le plaçant au diapason de l'auditoire, pour l'essentiel composé de ruraux , professionnels du secteur et d'élus locaux. Sur la manière, j'ai pris une leçon et ça m'a rempli d'aise car on n'a pas tous les jours l'occasion de s'enrichir.

 

Sur le fond, on ne pouvait qu'admirer la construction synthétique du propos, bâti sur un constat : les interrogations sur la fonction agricole ne datent pas d'aujourd'hui, elles ont toujours accompagné les grandes évolutions de la société française, tant il est vrai que cette activité dépend de nombre de facteurs qui n'ont rien à voir avec l'agriculture proprement dite. Après la dernière guerre la France s'est industrialisée et urbanisée offrant un vaste marché aux paysans qui avaient pu demeurer sur leurs terres. Avec l'aide des américains mais aussi du formidable effort de recherche et d'encadrement, notre agriculture a relevé le défi et nourri au meilleur prix les millions de citadins occupés dans l'industrie et les services.

 

Mais ce bond formidable a forcément trouvé son point d'équilibre avec la fin des trente glorieuses et l'explosion des crises industrielles et pétrolières.  De la pénurie on est passés à la surproduction. On a résolu le problème par l'instauration des quotas et on a de cette manière maîtrisé les variations de l'offre et de la demande. La mondialisation et l'arrivée sur le marché mondial des grands pays émergents comme l'Inde, la Chine et le Brésil viennent une nouvelle fois de remettre en cause les fragiles équilibres. Le défi est de nourrir 9 milliards d'êtres humains en 2050.Exit les quotas et les aides. Les agriculteurs français se trouvent à nouveau dans une zone de turbulence rendant leurs revenus aléatoires.


Une nouvelle agriculture est à inventer, comme toujours par une nouvelle adaptation au marché . Cette agriculture devra être de qualité, très productive et respectueuse de l'environnement. L'adaptation ne se fera pas avec moins de plus value agronomique, mais avec plus de science et plus de pertinence technologique. Il faudra maintenir les aides mais elles devront être couplées au processus d'adaptation. Ce processus c'est aux agriculteurs eux mêmes de l'inventer avec leurs associations professionnelles, leurs instituts techniques et les services de la recherche agronomique. L'élaboration d'un parcours de modernisation demandera beaucoup d'efforts de créativité et de consensus. L'enjeu est de taille :depuis toujours en France le secteur agricole est fournisseur de devises et d'emplois non délocalisables. La production agricole est une formidable ressource pour notre pays et pour notre Cotentin en particulier.

 

Il faut remercier Henri Nallet de ne pas avoir lâché prise devant les sirènes écolo qui prêchent partout le retour à la terre et à une agriculture de paysans  chimérique. On ne dira jamais assez  que le gardien de chèvres moustachu et ses commandos de faucheurs travaillent contre le camp des agriculteurs et hypothèquent gravement la survie du secteur  (ça,


c'est moi qui le dit pas le conférencier). Vraiment hier j'ai assisté à une grande leçon d'agronomie.