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23/05/2014

J'irai voter Dimanche...

 

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Feu et couleurs de Yves Klein

 

Chacun a ses raisons d'aller voter dimanche, le FN pour mettre du sable dans la machine, les UMP pour que rien ne change et dire pis que pendre du Président Hollande, les centristes pour passer la pommade, les socialistes pour la croissance, les écolos contre le poulet aux hormones, les rouges contre les banques mangeuses d’hommes. Ils ont tous un peu raison mais il faut faire un choix.

Je voterai pour ceux qui voient la vie en rose, pour  les optimistes, pour ceux qui croient qu’on peut toujours faire mieux sans mettre la maison à feu et à sang. Je voterai pour la poignée d’hommes politiques idéalistes et confiants qui ont lancé l’affaire il y a cinquante ans et qui ont semé les premiers germes de la concorde. Je voterai pour ceux qui ont voulu remplacer les canons par les traités, les insultes par les négociations. Je voterai pour ceux qui ont voulu fermer définitivement les camps nazis ou staliniens et décourager les dictateurs en faisant valoir la civilisation du droit.

Certains croient que ces combats-là sont devenus inutiles qu’ils appartiennent au passé. Pas du tout ! Chaque matin nous pouvons entendre des nouvelles qui nous disent que la barbarie est présente à nos portes, en Ukraine pourtant si proche, en Syrie, en Afrique ! Voilà qu’on y enlève des centaines de filles pour les vendre. Pouvons- nous compter sur Poutine ou la Chine pour donner l’exemple, pour rappeler à l’ordre humaniste ?  Absolument pas. Si l’Europe ne le fait pas personne ne le fera. Même chez nous on voit bien que la rechute est imminente dans l’inculture politique, dans la fermeture aux autres, dans l’individualisme des beaufs ou des bofs !

On commence bien sûr par s’attaquer aux étrangers, bienvenus quand ils ramassent nos poubelles, indésirables quand ils ont la gale. Tous ces gens  différents, bronzés et rastaquouères divers, qui parlent mal notre  langue et écorchent nos tympans, les envahisseurs, ceux qui mangent indûment notre pain, sont les premiers à ramasser les coups. On généralise ensuite aux fainéants et aux incapables les moins bien sous tous rapports, les chômeurs, les fous, les malades ! Que deviendront mes petits-enfants s’ils n’ont pas les pattes blanches, les vestons croisés, des jupes plissées et des bandeaux  dans les cheveux ?  La différence entre êtres humains est une richesse ! Elle ne se discute pas, ne se soupèse pas, elle s’impose, elle se  respecte !  Honte à tous ceux qui la marchandent ! L’UMP en tête ! Oui monsieur Raffarin, oui monsieur Fillon ! Je n’ose même pas m’adresser aux autres.

On répète que le FN va gagner sur un programme de xénophobie et de repli sur  soi nationaliste. Comment en est-on arrivé là! Nous les Français intelligents, rouspéteurs, mélangés depuis les Huns, les Celtes et les Vikings, nous qui avons reçu et continuons de recevoir tous ces Africains qui viennent de loin, ces Chinois, ces Libanais  qui n’arrêtent pas de nous renvoyer en cadeau des Zidane et des  Césaire, nous voterions si peu que ce soit contre Schengen,  contre la liberté, contre la créativité !

Entre Junkers et Schulz mon choix est fait, mon choix est clair, ma volonté est totale. Comment des gens normaux peuvent-ils même du bout des lèvres voter comme le Borgne qui disait il n’y a pas si longtemps que la Shoa était un détail de l’histoire ? Comment tant soit peu cousiner avec la Bleue Marine qui attise les peurs et les haines en utilisant les mensonges et les amalgames ? Je dis en toute horreur et en toute conviction, horrifié par ces  droitiers de l’UMP, hypocrites à la Sarkozy ,  qui trinquent à la même table que le FN, (ce qui n’est pas nouveau et qui se répètera souvent) qu’ils sont des traîtres à la République.

Moins que jamais nous ne devons tremper les mains dans les brouets infâmes de l’égoïsme et du simplisme. Les charognes politiques même puantes, surtout puantes, attirent encore leur lot de nervis et de pervers, d’égarés et d’illuminés. Tous ceux qui ne se déplaceront pas pour voter dimanche pour la paix entre les peuples et la démocratie en Europe, prendront un risque politique majeur, en cautionnant une sorte de hold-up interne des valeurs de l’Europe par ses propres ennemis. Leur abstention  peut aboutir à la mise en panne, voir l’éclatement d’Institutions qui ne sont certainement pas parfaites  mais qui ont demandé malgré tout un demi-siècle de patience et d’efforts, tournés vers la paix  et la démocratie.

18/10/2012

Vivre en Europe, demain.

 

 

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Les demoiselles d'Avignon de Pablo Picasso

 

Dans cette fin de semaine va se tenir un nouveau Conseil Européen réunissant les chefs de gouvernement, dont les enjeux sont importants. Il s’agit en particulier de mettre fin à la spéculation bancaire sur les dettes souveraines qui fragilisent notre monnaie. Cette réunion n’intéresse pas la presse qui préfère régaler ses lecteurs avec l’assassinat d’un avocat corse ou bien avec les soi-disant errements du gouvernement. Les « couacs » !  Il est vrai que depuis l’élection de François Hollande le psychodrame franco-allemand s’est gentiment transformé en une concertation peut-être rude mais en tout cas apaisée. Pas un seul éditorialiste n’a le courage de relever ce changement de ton.

 

J’ai pu suivre sur LCP la séance parlementaire de concertation des chefs de groupes politiques avec notre Ministre des Affaires Européennes Bernard Cazeneuve.  La première constatation est que les rangs de l’hémicycle étaient clairsemés et la deuxième que notre ministre du Cotentin est vraiment à la hauteur et se montre comme un féroce débatteur à l’humour ravageur. Je suis vraiment heureux que les affaires européennes soient dans les mains de B. Cazeneuve. Son sens de la nuance, sa connaissance des dossiers, son respect des personnes en font un grand conciliateur. C’est ce qu’il faut aux affaires européennes : expliquer, expliquer sans cesse. On a pu voir avec Talleyrand raconté sur Fr2 (malheureusement à la même heure que le France-Espagne) que la personnalité des hommes est primordiale dans les soubresauts de l’histoire. Je prédis que Bernard Cazeneuve va devenir un homme qui compte dans la période actuelle.

 

Du même coup je suis reconnaissant à François Hollande d’être venu chercher notre Maire de Cherbourg pour remplir des fonctions aussi importantes. La clé de beaucoup de nos problèmes se trouve en effet à Bruxelles. La stabilisation de l’euro et l’apaisement des taux d’intérêt sur les dettes des états du Sud en faillite n’est qu’un début, obligé mais insuffisant. Tout le monde se rend compte aujourd’hui que la relance économique passe par des investissements concertés d’infrastructure, d’innovation  et de modernisation. Les eurobonds peuvent devenir de puissants leviers pour la mise en œuvre des programmes. Mais la relance économique devra être complétée par l’asséchement du dumping fiscal et social. Il faut en venir au plus tôt à une harmonisation des impôts et des salaires.

 

C’est un vaste programme qui n’intéresse personne et qui pourtant est le seul susceptible de nous tirer d’affaire. La droite est toute à ses querelles et la gauche est divisée. A gauche toute, il est de bon ton d’être anti-européen en prétextant que l’eurogroupe est  aux ordres du capitalisme international,  et tant pis si assez souvent la politique de la Commission est plus écolo, plus juste et parfois moins libérale que celle de la France elle-même !  L’attribution du Prix Nobel à l’Union Européenne peut-elle réveiller les esprits les plus rétrogrades ?  L’Europe économique et sociale est notre nouvelle frontière et ceux qui trompent les gens en les effrayant par les agissements supposés de la mystérieuse bureaucratie bruxelloise feraient mieux d’expliquer le fonctionnement réel de l’UE, les rapports de force en présence et les moyens de peser dans les décisions. A l’extrême gauche, on pense malheureusement encore que l’Internationale ne peut être que prolétarienne !

 

La sociale démocratie mise en œuvre par notre gouvernement réussira peut-être à expliquer cela au peuple et à rendre enfin populaire l’Union Européenne. Les gens sont tiraillés à la fois par les grands espoirs que cette union suscite et par la peur de n’être plus maîtres de leur destin. Dans toutes les sociétés on voit s’opposer ces deux forces contraires, les conservatismes qui redoutent l’inconnu et les forces de progrès qui veulent aller de l’avant. A bien y regarder ce sont toujours ces dernières qui finissent par l’emporter.

 

 

30/06/2012

Baguette magique

Pécresse, Bernard Cazeneuve, Europe, crise de l'euro, Hollande, Merckel

 

Quand je vois la dame Pecresse s’en prendre aux socialistes avec une morgue directement héritée des beaux quartiers, je me demande dans quel monde on vit. Crise ou pas, la droite laisse le pays dans un état peu enviable, avec une croissance presque nulle, un chômage au plus haut, et des perspectives de récession qui s’amplifient. Les beaux esprits de l’UMP ne s’embarrassent pas de si peu, ils continuent à donner des leçons à la gauche qu’ils traitent de haut. Il suffit de voir la condescendance de l’ancienne ministre du budget quand elle s’adresse à la porte parole du gouvernement Najat Belkacem !

 

Au même moment les Ecolos refusent de manière toute symbolique de voter pour Bartolone à la  présidence de l’Assemblée nationale. Les journalistes s’affolent, il faut faire du buzz, Pascale Clark qui s’y connaît sur France Inter montre son indépendance d’esprit en s’attaquant à J.V. Placé, mais cet homme est une forte tête politique qui a les pieds sur terre. Intéressez vous aux bisbilles si vous voulez dit-il, mais nous on fera le bilan dans un an. Enfin ! Juste après,  Barouin fonce sur la mésentente Merkel - Hollande, il faut bien trouver quelque chose à se mettre sous la dent !  Pas de chance l’entrevue d’hier soir n’a pas si mal tourné, comme le montre la photo.

 

L’Allemagne et la France sont de fait condamnées à s’entendre. Hollande est encore une fois bien chanceux : ses propositions modérées, ouvertes,  trouvent du renfort auprès des Italiens et des Espagnols et de plusieurs autres pays parmi les 29. La même compréhension et la même sympathie s’observe chez les responsables des Institutions de Bruxelles. Mme Bismarck semble de plus en plus isolée, même si sur ce plan elle est très soutenue par son peuple. Le bilan Merkozy n’est pas bon, avec de la récession et du chômage, et il donne à réfléchir. Les responsables européens pensent à rechercher une politique plus efficace. On sent trop bien que rien n’a progressé dans la lutte contre la crise. Il faut trouver autre chose,  et surtout  un chemin plus rapide vers la reprise et le retournement de la conjoncture. Il va bien falloir prendre des risques. Apparemment  c’est chose faite ce matin à la satisfaction des places de Bourses .

 

Les gens de l’UMP peinent à  s’expliquer entre eux sur les raisons de leurs échecs électoraux successifs. Ils demeurent bizarrement très solidaires de Sarkozy qui n’est pourtant pas pour rien dans le désamour qu’ils rencontrent dans l’opinion. Sans doute faut-il croire que l’ancien Président n’a  pas lâché les manettes et qu’il pèse sur les rapports de force internes de la droite actuelle. Cette solidarité affichée avec le Président battu et mal aimé n’est pas propre à renforcer le poids de la Droite, qui se retrouve ainsi avec beaucoup de chats à fouetter et quelques cadavres dans les placards. Dans ces conditions François Hollande a peu à craindre pour l’instant d’un retournement d’opinion.

 

Les éditorialistes et les experts de tous bords, à l’unisson avec les chiens de garde de la droite la plus acerbe, avaient d’abord dit qu’il n’y aurait pas d’état de grâce, puis ils ont expliqué que si celui-ci se manifestait contre toute attente, il ne pourrait être que de courte durée. De fait,  le premier sondage publié il y a quelques jours en annonçait le début de la fin. Nous en verrons encore plusieurs de cet acabit. Fort heureusement les gens sensés qui ont voté pour Hollande savent qu’aucun gouvernement,  fusse-t-il de gauche ne saurait transformer le plomb en or ou multiplier les petits pains,  comme Jésus lui-même. A défaut de baguette magique, Hollande est suffisamment calme, averti,  et soutenu par un consensus populaire assez fort pour donner du temps à son projet de redressement du pays. Il va devoir ferrailler avec le Front de Gauche qui a tout à gagner de la politique du pire.

 

Comme depuis le début de son parcours, le nouveau Président veut garder la chance de son côté. On vient de voir qu’à Bruxelles, il a bel et bien conduit les Allemands à lâcher du lest du côté de la croissance et de la solidarité, avec la coopération  active des Italiens et des Espagnols, qui ne sont pourtant pas de son bord politique. Ce matin j’ai écouté Bernard Cazeneuve sur France Inter, il a expliqué fort civilement que dans ces pourparlers, il n’y a eu ni gagnants ni perdants, mais une seule bénéficiaire : la solidarité entre les peuples européens. Quand on écoute notre Ministre cherbourgeois, qui a voté non au nouveau Traité en 2005, on se dit que les choses ont bien changé. Je me demande si on doit continuer de parler de chance à propos de notre Président, ou bien ajouter qu’il y a aussi là, du génie politique.

27/04/2012

Les digues s'effondrent...

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 Eugène Delacroix, 1830. La Liberté guidant le peuple

 

Entre la droite et l’extrême droite. On voyait ça venir depuis un bon moment. Dans l’espoir de se refaire, Sarkozy redouble de cynisme, d’ambiguïté et de proximité avec le Front. Les digues patiemment construites par la droite républicaine depuis la guerre pour éviter le pire,  sont en train de s’écrouler. Les eaux noires de la xénophobie, du racisme anti-arabe, et de l’ethnocentrisme envahissent les parties basses de l’opinion publique. Elles submergent les quais de la laïcité, du respect de l’autre et de la fraternité qui ont été longtemps la gloire de notre République. Sarkozy par son comportement irresponsable aura contribué sciemment à l’abaissement civique et moral de notre pays.

 

Je ne dis pas que les électeurs du Front National n’ont pas les mêmes droits que les autres. J’avais déjà décrit le 22/03/2011 comment « Les bedas du Plain avaient voté pour le Front… » dans nos campagnes. L’isolement, le vieillissement, la difficulté de se soigner, l’impression de ne plus compter pour rien nourrissent depuis longtemps les peurs des petits blancs et des bofs, mes frères. Ce qui pose question ce ne sont pas les causes de la désespérance, visibles dans tous les bistrots et tous les marchés du coin et sur lesquelles tout le monde s’accorde. Ce qui pose question, c’est tout au contraire les réponses qu’on apporte, quand elles visent à encourager une espèce de jacquerie assez frustre contre les Arabes, l’Europe , les Ecolos et les Institutions.

 

Que la femme Le Pen développe ces thèses est dans l’ordre des fondements de son mouvement. Elle doit justement son succès à la transgression remettant en cause notre idéal social et républicain. Poussés à l’extrême les déclarations sans frein du Front nous mèneraient tout droit à la guerre civile et à la ruine. C’est exactement pour cette raison que la droite giscardienne ou chiraquienne s’est toujours bien gardée de frayer avec les thèses du FN, orchestrées d’ailleurs à l’époque par un tortionnaire borgne peu ragoûtant. En 2012 la vague marine, fille du précédent,   a pris les belles couleurs de la dédiabolisation blondasse.


Nous sommes au faîte du populisme qui consiste à adopter des idées sans issue pour flatter les passions et les peurs du petit peuple et empocher ses voix. Aveuglés par le culot inculte de leur chef, plus de soixante pour cent des électeurs de Sarkozy du premier tour sont maintenant prêts à faire cause commune avec le Front National. Tout sauf Hollande, qu’on méprise, insulte,  vilipende depuis plusieurs mois, avec une hargne constante, tout sauf Hollande,  se dit la droite qui considère l’alternance politique comme une usurpation, un crime de lèse-majesté.

 

Heureusement ils ne sont que 60% et ce sont les 40% qui restent qui peuvent encore sauver la France de la nuit rance de la xénophobie et du repli sur soi.

 

Dans la vie on rencontre en effet deux sortes de gens . Les premiers ont le culte du chef et aiment les rapports de force. Ils sont habitués depuis tout petit aux comportements égoïstes, à la méfiance, au profit sou à sou amassé, aux bagarres de préau, à la « struggle for life » comme disait Darwin. Ils n'aiment pas l'inconnu ni l'étranger. Leur intellect est braqué sur leurs petits biens chèrement acquis. Ils sont accrocs aux biens meubles et immeubles et pleins de méfiance pour les grandes idées sauf éventuellement celles de leur curé. On est dur avec soi mais souvent encore bien plus dur avec les autres. Ils  jugent que les chômeurs sont des faignants, les malades des tire au flanc, et les fonctionnaires des parasites !  Ils considèrent aussi que  seules les andouilles se laissent plumer par le fisc.  Mais par un banal retour des choses, ces mêmes personnes peuvent changer du jour au lendemain  quand l’adversité les place en situation de dépendance. Ils se retournent alors vers la solidarité nationale et ils sont les premiers à la réclamer tous azimuts avec une grande âpreté. Ils votent Sarko.

 

La deuxième catégorie aime la démocratie et l’égalité. Elle est plus insouciante, plus gaie, plus ouverte, plus curieuse du monde qui les entoure que les précédents. Ces gens là ne se lèvent pas le matin en faisant le tour de leur automobile pour voir si on ne leur a rien volé. Ils aiment les voyages et encouragent leurs enfants à faire les meilleures études sans que ce soit forcément les plus lucratives. Ils aiment explorer, découvrir, prendre des risques. Ils ne tiennent pas plus que ça à leurs patrimoines et sont souvent dépensiers. Ils aiment la culture et préfèrent la poésie aux comptes en banques. Ce qui ne les empêche pas de détester la pauvreté pour eux et pour les autres, l’inconfort et la misère. Ils savent que le chômage et l’injustice sont les deux plaies de notre société et que seule l’intelligence peut nous tirer de là. Ce sont ceux là qui vont voter pour François Hollande le 6 mai.

 

Ceux là doivent se rassembler et faire bloc contre le conservatisme et l’injustice. Il ne faut pas chercher de boucs émissaires. Il nous faut faire confiance aux forces vives du pays, aux acteurs économiques, aux animateurs sociaux, aux créateurs de tous les horizons. Notre chance et notre richesse, comme toujours dans l’histoire, seront le rassemblement et la coopération des vieux gaulois fatigués (si tant est qu’on en trouve encore) avec tout ce sang neuf qui nous a toujours nourris et qui continue à nous irriguer de partout, de l’Europe, de l’Afrique, de l’Inde, de la Chine… Et franchement,  je fais des vœux pour que Sarkozy sorte de notre horizon et cesse de ternir l’image de la France. Il est temps qu’on confie les responsabilités à un homme « normal » apaisé, sûr de lui, ouvert, juste  et rassembleur.

 

Aujourd’hui encore, FH, l’incapable, le rêveur, le menteur, reçoit le renfort de Draghi le Président de la Banque Centrale Européenne. Il y a trois mois Copé et Sarko, Juppé et NKM, assuraient FH de leur mépris total, à présent ils lui courent après en faisant des mines. Maintenant c’est 700 mosquées qui votent pour François renforcées par l’illustre Tarik Ramadan. Les Croisés sont à l’œuvre !!! La droite entre en guerre de civilisation ? Bravo Juppé, ministre des Affaires Etrangères.  Honte à nous tous ! Comme le dit Bernard Cazeneuve, la droite ajoute le déshonneur à l’affolement et à la dispersion. Marine Le Pen n’aura plus qu’à ramasser les pots cassés pour en faire son lit électoral.

19/12/2010

Crise de l'Euro ou crise de l'Europe ?

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La dette publique de la France

 

 

 

On voit comment les marchés financiers s’attaquent aux dettes souveraines des pays européens les plus endettés. Ils font payer le risque de ne pas être remboursés aux emprunteurs, en augmentant les taux d’intérêt. Ce faisant le poids du service de la dette augmente jusqu’à devenir insupportable et à menacer les dits Etats de banqueroute. Il leur faut alors appeler le FMI qui peut apporter sa garantie, obtenir un rééchelonnement des remboursements à plus long terme et éventuellement effacer certaines créances. Dans ce cas ultime les prêteurs, donc les banques,  y laissent des plumes, mais il vaut mieux se couper un bras plutôt que de perdre la vie.

 

Cette faillite est humiliante pour les Etats et constitue une atteinte substantielle à leur souveraineté. On comprend que les gouvernements fassent tout pour l’éviter. Ils se trouvent contraints d'en appeler à leurs citoyens et à leur patriotisme en les priant de se serrer la ceinture. Ceux qui ont un petit matelas de réserves acceptent, mais les plus démunis, qui sont déjà en situation précaire, se révoltent.  Ils ont en plus un sentiment d’injustice car la crise financière venue par les banques a contribué à dégrader  les comptes publics . Les gens se voient invités aux sacrifices pendant que les banquiers continuent de se gaver avec des  salaires faramineux . C’est ce qui se passe en Grèce, en Irlande, au Portugal et même en Espagne. Les  agences de notation désignent les futures victimes : les taux grecs à dix ans sont toujours à 11%; ceux de l'Irlande à plus de 8%. Le gouvernement espagnol a dû consentir des taux de 5,4%, (0,8% de plus que la dernière fois) pour lever 2,4 milliards d'euros ces derniers jours.

 

Il faut quand même noter que les prêteurs  n’ont pas vraiment intérêt à tuer la bête puisqu’alors, il n’y aura plus personne pour payer. Dans la zone euro, la faillite d’un Etat risque d’entraîner des catastrophes en chaîne dans le système bancaire, dont les établissements de crédit publics ou privés possèdent les obligations des trésors en question.  La faillite d’un de ces Etats peut entraîner la faillite des banques et la paralysie de tout le système bancaire européen, voire mondial. Les faillites de ces Etats et le risque systémique des Banques ne sont évités que par la caution solidaire des autres Etats européens, mis en œuvre par le fonds de solidarité européenne.

 

Inutile de dire que les autorités politiques et financières de l’Europe et principalement de l’Allemagne et de la France, ne laisseront jamais se développer une banqueroute généralisée et qu’il faudra bien faire marcher la planche à billets, pour racheter toutes les obligations pourries quelles que soient leurs origines. Mais auparavant, comme le réclament les Allemands il est de bonne politique de faire cracher les peuples, de réduire les salaires et d’augmenter les impôts. Nul n’est épargné : la réduction des déficits est devenue une ardente obligation pour tous les pays. La vulgate libérale ne voit aucune autre issue. Ce qui revient à dire qu’en autorisant les  banques à appliquer des taux d’intérêt exorbitants, on finit en première intention, par contraindre les « travailleurs » à boucher les trous. On ne saisit pas les immeubles ou les yachts, mais on dégrade les organismes publics en supprimant des emplois ou en privatisant des services et on augmente la TVA ou bien comme en France on supprime certaines niches fiscales.

 

Certaines voix autorisées crient « casse cou ! ». En étranglant les salariés, on casse un peu plus la croissance molle des pays qui comptent sur la consommation interne pour redémarrer. L’Allemagne qui joue sur l’export n’en croit rien.  Les mêmes voix,  ajoutent qu’en économie, tout est question de confiance. Pour que ça marche, il faut que les marchés aient  la certitude que les obligations émises ne sont pas de la monnaie de singe. Tout réside dans la solidité de la garantie. Les USA ont une dette abyssale mais on continue de leur faire confiance. L’Europe, par des avancées spectaculaires sur l’unité économique et fiscale et sur le lancement d’emprunts européens, pourrait mettre un terme à la crise actuelle, en institutionnalisant sa garantie pour l’ensemble de la zone euro et faire aussi bien que Washington.

 

Il semble bien que notre cousine germaine Angéla Merkel se fasse tirer l’oreille. En réalité c’est son opinion publique qui craint que le vertueux allemand ne paye pour le fêtard grec ou portugais. Il faudrait sûrement décider de taquets qui interdisent le n’importe quoi, mais en Europe on sait faire des lois, des circulaires, des décisions communes. Il semble peu probable que les spéculateurs tentent de s’attaquer à une monnaie solidement défendue par l’Union Européenne. L’Allemagne, autant que tous les autres, a besoin de l’Europe pour maintenir son rang.  Il faudrait qu’on  se rende compte outre Rhin que la guerre est finie : où nous gagnons ensemble où nous allons périr ensemble. Parole de Chinois.