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23/05/2014

J'irai voter Dimanche...

 

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Feu et couleurs de Yves Klein

 

Chacun a ses raisons d'aller voter dimanche, le FN pour mettre du sable dans la machine, les UMP pour que rien ne change et dire pis que pendre du Président Hollande, les centristes pour passer la pommade, les socialistes pour la croissance, les écolos contre le poulet aux hormones, les rouges contre les banques mangeuses d’hommes. Ils ont tous un peu raison mais il faut faire un choix.

Je voterai pour ceux qui voient la vie en rose, pour  les optimistes, pour ceux qui croient qu’on peut toujours faire mieux sans mettre la maison à feu et à sang. Je voterai pour la poignée d’hommes politiques idéalistes et confiants qui ont lancé l’affaire il y a cinquante ans et qui ont semé les premiers germes de la concorde. Je voterai pour ceux qui ont voulu remplacer les canons par les traités, les insultes par les négociations. Je voterai pour ceux qui ont voulu fermer définitivement les camps nazis ou staliniens et décourager les dictateurs en faisant valoir la civilisation du droit.

Certains croient que ces combats-là sont devenus inutiles qu’ils appartiennent au passé. Pas du tout ! Chaque matin nous pouvons entendre des nouvelles qui nous disent que la barbarie est présente à nos portes, en Ukraine pourtant si proche, en Syrie, en Afrique ! Voilà qu’on y enlève des centaines de filles pour les vendre. Pouvons- nous compter sur Poutine ou la Chine pour donner l’exemple, pour rappeler à l’ordre humaniste ?  Absolument pas. Si l’Europe ne le fait pas personne ne le fera. Même chez nous on voit bien que la rechute est imminente dans l’inculture politique, dans la fermeture aux autres, dans l’individualisme des beaufs ou des bofs !

On commence bien sûr par s’attaquer aux étrangers, bienvenus quand ils ramassent nos poubelles, indésirables quand ils ont la gale. Tous ces gens  différents, bronzés et rastaquouères divers, qui parlent mal notre  langue et écorchent nos tympans, les envahisseurs, ceux qui mangent indûment notre pain, sont les premiers à ramasser les coups. On généralise ensuite aux fainéants et aux incapables les moins bien sous tous rapports, les chômeurs, les fous, les malades ! Que deviendront mes petits-enfants s’ils n’ont pas les pattes blanches, les vestons croisés, des jupes plissées et des bandeaux  dans les cheveux ?  La différence entre êtres humains est une richesse ! Elle ne se discute pas, ne se soupèse pas, elle s’impose, elle se  respecte !  Honte à tous ceux qui la marchandent ! L’UMP en tête ! Oui monsieur Raffarin, oui monsieur Fillon ! Je n’ose même pas m’adresser aux autres.

On répète que le FN va gagner sur un programme de xénophobie et de repli sur  soi nationaliste. Comment en est-on arrivé là! Nous les Français intelligents, rouspéteurs, mélangés depuis les Huns, les Celtes et les Vikings, nous qui avons reçu et continuons de recevoir tous ces Africains qui viennent de loin, ces Chinois, ces Libanais  qui n’arrêtent pas de nous renvoyer en cadeau des Zidane et des  Césaire, nous voterions si peu que ce soit contre Schengen,  contre la liberté, contre la créativité !

Entre Junkers et Schulz mon choix est fait, mon choix est clair, ma volonté est totale. Comment des gens normaux peuvent-ils même du bout des lèvres voter comme le Borgne qui disait il n’y a pas si longtemps que la Shoa était un détail de l’histoire ? Comment tant soit peu cousiner avec la Bleue Marine qui attise les peurs et les haines en utilisant les mensonges et les amalgames ? Je dis en toute horreur et en toute conviction, horrifié par ces  droitiers de l’UMP, hypocrites à la Sarkozy ,  qui trinquent à la même table que le FN, (ce qui n’est pas nouveau et qui se répètera souvent) qu’ils sont des traîtres à la République.

Moins que jamais nous ne devons tremper les mains dans les brouets infâmes de l’égoïsme et du simplisme. Les charognes politiques même puantes, surtout puantes, attirent encore leur lot de nervis et de pervers, d’égarés et d’illuminés. Tous ceux qui ne se déplaceront pas pour voter dimanche pour la paix entre les peuples et la démocratie en Europe, prendront un risque politique majeur, en cautionnant une sorte de hold-up interne des valeurs de l’Europe par ses propres ennemis. Leur abstention  peut aboutir à la mise en panne, voir l’éclatement d’Institutions qui ne sont certainement pas parfaites  mais qui ont demandé malgré tout un demi-siècle de patience et d’efforts, tournés vers la paix  et la démocratie.

14/11/2013

Pas de panique François !

 

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Rubens 1620. Arrivée de Marie de Médicis à Marseille




Les chroniqueurs politiques de la télé et de la radio sont des gens prudents. Ils ont mis plusieurs jours avant de relever que les bonnets rouges n’étaient qu’une bande d’agitateurs sans expression bien tricotée. Ces gens réunis dans la revendication sont totalement dispersés et inorganisés au plan politique. Il n’y a que les anciens amis du Commandant Cousteau qui s’en émeuvent, le symbole du découvreur des mers est en passe de devenir celui de la contestation politique sauvage et poujadiste. Pas grand-chose à voir avec la générosité d’esprit et la grandeur de vue du Commandant. On peut faire valoir que ce bonnet rouge là ne veut plus rien dire.

Les quelques dizaines d’affreux qui ont conspué le Président le 11 novembre ne sont pas exactement des citoyens  estimables. Ils sont violents et même brutaux, racistes et xénophobes. Ils transpirent la haine et la bêtise. Ils détestent la République.  Ils se veulent séditieux et fascistes. Leurs modèles ont la mèche et la petite moustache de l’indicible. Vus à la télé ils ne montrent que vulgarité et agressivité.  Ils ne sont qu’une (bruyante) et minuscule minorité, honteuse et bravache à l’image de la une de « Minute ». Cela n’empêche pas les autres journaux d’en faire des gros titres et les gorges chaudes. De Gaulle lui-même eut droit à la même vindicte, Chirac  à un coup de fusil et un député-maire  hier encore à un coup de couteau. Il va sans doute être nécessaire d’embastiller ces énervés pour des raisons de sécurité. Aujourd’hui les médias présentent ces activistes factieux comme des citoyens banals mais il n’en est rien :  ils mettent en danger notre sécurité en vulgarisant par l’exemple la corruption de l’esprit civique.

Le poujadisme breton de son côté,  se greffe sur la crise de l’agroalimentaire mais fleurit sur la destruction des radars. Ces instruments redoutés par tous sont destinés à freiner les forcenés du vin rouge et du volant. S’en prendre aux radars est donc d’évidence une imbécillité profonde. Ces destructions ne fourniront pas un emploi et n’amélioreront en rien la vie des gens. Elles permettront tout juste quelques accidents de la route en plus, quelques  morts d’enfants ou de parents supplémentaires, des handicapés à vie, des journées d’hôpital, des deuils et des drames. Cela n’émeut personne. On parle seulement du prix à payer par le contribuable. Les casseurs au bonnet expriment leur ras-le-bol. Ils n’ont pas d’autres mots pour s’expliquer que ceux de la frustration et de la violence. Ils n’ont pas de pensée politique, peut-être bien pas de pensée du tout, seulement de la colère : inaudible, incompréhensible, impossible à satisfaire. Comme si un gouvernement pouvait sortir de son chapeau des emplois pour tous.

L’opposition UMP a entrepris de reconstruire sa popularité sur le ras-le-bol fiscal. La supposée  overdose n’est pas pour tout le monde, mais on pousse en avant les cas limites pour, en réalité,  protéger les moins fragiles, les plus  aisés , voire les plus fortunés. Prêcher la révolte face à l’impôt est démagogique et irresponsable. La droite a creusé elle-même le déficit, et augmenté la dette de 600 milliards en cinq ans. Dresser les Français contre l’impôt est une mauvaise action. Dans notre pays le service public est le seul vrai patrimoine de 90% des citoyens. Sa dégradation est ce qui peut arriver de pire aux classes modestes. Il faut être très riche pour pouvoir s’en passer, à moins que ce soit  comme Tapie pour le  gruger d’importance. Dans le même mouvement on accuse Hollande de ne pas en faire assez. Chaque fois qu’il manque un bouton de guêtre, la France entière en appelle à l’Etat. Qui va payer ? Cette tactique en est à ses débuts, l’UMP  est encore loin de représenter une force politique unie  et elle est totalement muette sur les solutions. Déshabiller l’Etat certes !  Mais ni Juppé, ni Fillon, ni Maire, ni Copé ne sont capables de dire s’il faut enlever la chemise ou le caleçon.

Les Verts de leur côté se taisent, et jouent les bons élèves tout en s’étripant dans leurs préparatifs de Congrès.. Les rois de l’écotaxe tentent de se faire oublier. Ils se gardent bien de réclamer de nouvelles mesures « écologiques ». C’est que leur programme est anti-croissance, antiéconomique et pour le principal,  anxiogène : à bas le nucléaire, à bas les diesels, à bas l’agriculture intensive. Nous sommes sous la menace permanente du réchauffement climatique. Il serait temps d’ailleurs que les médias nous servent autre chose que du Jousel à chaque repas. Il n’y a pas d’autres porte-parole du dérèglement du climat ?  Les Verts ne servent en rien le gouvernement  Ayrault. Ils vont au contraire le frapper dans le dos à la première occasion. A chacun de donner son avis : le mien c’est de virer les EELV du gouvernement à la prochaine incartade, puis d’autoriser les OGM et l’exploration des gaz de schiste, et je ne parle pas de la sanctuarisation du nucléaire ; notre principal atout industriel.

Le résultat de tout cela est que François Hollande doit gouverner dans un champ de fumerolles politiques , quotidiennement  bombardé par  une grêle de doléances corporatistes ou idéologiques. Le Président reçoit chaque jour   des quolibets et  des avanies de journalistes sans idées et de politiciens sans scrupules. On ne sait plus manier  que l’ironie, la mauvaise foi, le mépris et les à-peu-près. Chacun y va de son casse-croûte. Il ne faut pas perdre un seul lecteur. Il est impératif de caresser l’opinion dans le sens du poil,  de hurler  avec les loups, de se gonfler avec le buzz comme la grenouille avec le bœuf. Alors qu’aucun Parti,  aucune force politique, aucun brain-trust n’est capable d’avancer deux sous de philosophie  ou de projet à long terme, on reproche à Hollande de ne pas avoir de cap, d’être mou, de ne pas dicter sa loi,  en somme. Justement ce Président ne se prend pour le Pape et n’a aucune envie de proclamer son infaillibilité. Ce qu’il veut c’est aider notre société à accoucher de solutions justes et durables. Mais ce vieux pays ne met pas au monde facilement. Il est trop attaché à ses privilèges et à ses vieilles lunes pour accepter de se dépasser et de se montrer, pour une fois, généreux et sûr de lui. Il préfère compter sou par sou plutôt que d’inventer l’avenir. Notre pays est un vieil avare perclus qui ricane de son impotence tout en demeurant  fier de ses inégalités, de ses élites héréditaires et de ses notables enracinés dans la tradition conservatrice.

A ce niveau d’exaspération bien entretenue par les chaînes d’info continue, on tait les contradictions les plus évidentes. On clame partout que les socialistes sont dans les choux mais pour le moment Hidalgo fait beaucoup mieux que NKM dans les sondages et Menucci fait jeu égal avec Gaudin à Marseille. Hérault et Hollande sont à 20% d’opinions favorables, mais Valls est à 75%. Le ministre de l’intérieur est pourtant du même parti et du même gouvernement. Ceci relativise grandement la signification politique des sondages de popularité. Pour moi Valls ou Hollande c’est la même chose. Comment expliquer de tels paradoxes ? Mon interprétation, mais elle n’est peut-être pas la bonne, est que les citoyens d’aujourd’hui n’ont pas une pensée politique structurée. Les gens  sont devenus des consommateurs au jour le jour, qui s’inquiètent plus de l’emballage que du contenu. Ils veulent de la neige à Noël et être rasés gratis en rentrant de Méribel.  Avec une bonne dose d’égocentrisme et de goût pour les rapports de force, qui ont fait la fortune du sarkozysme au cours du précédent mandat. Il est clair que le gouvernement Hollande est en rupture totale avec cette conception.

Tout cela n’est pas très gai, mais je vois quand même des raisons d’espérer. François Hollande et son gouvernement sont des gens intelligents et dévoués à la cause publique. Ils n’ont certainement pas l’impudence de l’équipe précédente qui maniait avec brio le dédain  des opposants  et de leurs responsables. Les sociaux-démocrates  sont persuadés que les réformes doivent se faire dans le dialogue et la concertation. Ils savent aussi que la baguette magique n’existe pas et que l’économie du paquebot France doit être dirigée avec prudence et mesure. Ils savent comme le disait F. Mitterrand « qu’il faut donner du temps au temps ». Ils s’adressent aux Français comme à des adultes et des gens responsables, suffisamment informés pour être conscients des difficultés.Ils demandent à être jugés sur les résultats et s’interdisent toute démagogie.  On ne peut pas mieux dire. La méthode est respectable mais il n’est pas sûr qu’elle soit comprise. Nous n’avons pas  la garantie de voir gagner les forces de l’esprit sur celles de l’impatience, de l’égoïsme et du chacun pour soi. Si échec il y a, ce que je ne saurais souhaiter ce sera l’échec de l’intérêt collectif, le recul  du lien social et l’abaissement  de notre pays. Nous n’en sommes pas là, il faut tenir bon et se souvenir que d’autres Présidents ont traversé des épreuves terribles mettant des millions de gens dans la rue. Pour le moment nous ne voyons pas cela venir, pas de panique Saint François !

 

25/01/2013

La droite KO debout


 

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Pablo Picasso. L'homme à la sucette


Au troisième round l’opposition de droite est sonnée pour le compte. Le match avait pourtant commencé fort, dès l’élection du Corrézien devant un public impatient. Au dire des connaisseurs, cet homme indécis, élu par défaut, allait nous mener dans le flou et le mou. La presse et les éditorialistes ont savonné pendant tout l’été la planche de départ du nouveau gouvernement. A droite on alimentait avec gourmandise le procès en inexpérience et en amateurisme, Pécresse, Lemaire, Bertrand prenaient des airs suffisants. Fillon et Copé avaient très peur pour la France, le gouvernement allait s’écrouler, la dette proliférer, les capitaux s’évaporer et je ne sais quoi encore. On allait assister à une explosion en plein vol, au chômage, à la misère…On se gaussait de couac en couac, le changement de premier ministre était pour demain. Les militants de l’UMP se moquaient et riaient, riaient…Le Président lui-même n’irait pas au bout du combat, c’est-à-dire de son mandat et irait rejoindre sa Trierweiler, rejetée dans la même opprobre. On s’étonnait même du calme olympien du nouveau Président qu’on finissait par qualifier d’optimiste béat.

 

 

Au lieu de s’inquiéter pour le pays, Copé et Fillon auraient mieux fait de s’inquiéter pour eux-mêmes. Contre toute attente, la spéculation sur les dettes souveraines  a été surmontée et nous avons pu dès lors emprunter sur les marchés à des taux historiquement bas. Cette nouvelle donne était un contre massif à l’estomac de tous les augures de droite et des économistes libéraux qui prévoyaient pour nous un destin à l’espagnole ou même pire, à la grecque. C’est pendant ce deuxième round de novembre et décembre que l’accident industriel de l’UMP est survenu. Nos forts en thème qui donnaient des leçons de gouvernance à tout va, nous ont joué impromptu, un remake du Bon, de la Brute et du Truand, jusqu’au classique duel final au pistolet à  36 coups. Il n'y’a pas eu de corps à corps avec la gauche, l’UMP s’est prise seule, librement, volontairement, les pieds dans le tapis.  Tous les leaders de droite ont reçu des coups, des horions aux effets durables qui ont affecté même Juppé et Sarkozy, tentés par l’arbitrage. Ces deux-là n’ont pas tiré un seul marron du feu, et ils se sont brûlé les doigts en prime.

 

Le troisième round a débuté après les fêtes de Nouvel An. Il a commencé par un direct du droit à la figure de l’UMP qui tentait de reprendre son souffle. La patronne du Medef, son alliée traditionnelle, va jusqu’à s’entendre avec trois syndicats pour débloquer un certain nombre de contraintes cruciales concernant la compétitivité des entreprises. La méthode Hollande a porté ses fruits. Les partenaires sociaux ont pris le temps de la discussion, de la concertation et de la négociation. On peut dire merci à Jacques Chérèque. Cet accord est porté au bénéfice du gouvernement et du Président. Dans les média on commence à s’interroger sur le bienfondé des critiques incessantes, dont peut-être, l’opinion se fatigue. On ne parle plus de dégringolade ou de chute abyssale dans les sondages. Malgré une succession de dévissages proclamés  les opinions favorables restent peu ou prou aux alentours de 40%.

 

C’est à ce stade que le mariage pour tous semblait à l’UMP une occasion en or pour se refaire. Chacun de ses porte-parole s’est mis à faire des contorsions pour emboiter la démarche de protestation des catholiques. Malheureusement les figures de proue du mouvement ont donné une image bien rance d’eux-mêmes, componction des soutanes, conformisme des cathos bcbg et par-dessus tout, une Frigide Barjot qui est à elle seule une vraie caricature. Cette artiste a transformé les cortèges des manifestations en parades de carnaval. Dans cette opinion, gouvernée par les images, le mouvement « anti » a perdu ainsi beaucoup de sa respectabilité, qualité cardinale dans les confessionnaux, les églises et les cathédrales.

 

Mais cette passe d’armes aurait pu prendre un véritable élan,  sans l’épopée du Mali. L’armée française se voit du jour au lendemain contrainte de voler au secours de son ancienne colonie  et de bloquer les pick-ups djihadistes sur la piste de Mopti. L’opération bénéficie du consensus international et des vivats des Maliens eux-mêmes. On admire la rapidité d’exécution et la tournure martiale du bonhomme François. Coincée, l’opposition de droite, de Borloo à Le Pen, donne satisfecit au gouvernement et ne peut qu’approuver. Opportunément, l’attaque d’In Aménas vient rappeler à tout le monde l’urgence de mener une guerre radicale aux terroristes et preneurs d’otages, et elle contribue à conforter la France dans sa propre intervention au Sahel. Pour la première fois l’Algérie prête main-forte et ne peut que se féliciter d’une opération qui un mois plus tôt lui apparaissait prématurée et suspecte.

 

Après son bras d’honneur télévisé adressé à Alger, Gérard Longuet peut toujours essayer de donner des leçons à notre diplomatie. Pour violente qu’ait été la réaction de l’armée algérienne à In Amenas, la communauté internationale lui est quelque part reconnaissante d’avoir refusé d’entrer dans le jeu tragique des preneurs d’otages. On sait finalement que le rachat des captifs ne fait que préparer des rapts ultérieurs et alimenter les caisses du djihad. Bouteflika a accepté de prendre sur lui le poids de la cruauté et de la violence, mais il faut bien se rendre à l’évidence qu’aucune solution acceptable n’était à portée. Morts pour morts, les sacrifiés d’In Amenas auront participé à la lutte radicale contre cette terrible dérive dont la référence définitive est celle des milliers de victimes des tours de Manhattan.

 

Le combat droite-gauche, sur le ring de la politique intérieure est en train de tourner à l’avantage de notre Président. Le calme, la modération des propos, le respect de toutes les opinions, y compris celles de l’opposition la plus virulente, sont des ingrédients qui font merveille à moyen terme. Claude Sérillon qui vient d’accepter de travailler à l’amélioration de la communication me semble jouer un rôle utile. Je l’ai dit, Saint François est entré aux responsabilités sous le signe de la chance. Il semblerait que celle-ci ne soit pas encore prête à le lâcher.

 

PS/ et pour finir, voilà-t-il pas que F. Cassez sort de sa geôle et que les premières offres de négociation viennent de l’Azawad…

 

24/11/2012

Du rififi chez les tontons flingueurs

 

 

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"Quand le lion est mort, les chacals se disputent l'empire. On ne peut pas leur en demander plus qu'aux fils de Charlemagne"

J’ai toujours trouvé Sarkozy insupportable par son style suffisant et arrogant qui lui donnait une touche de vulgarité peu compatible avec sa fonction de Président. Bien sûr d’autres que moi le considéraient comme génial et louaient son énergie et sa pugnacité. Les mêmes se trouvaient rassurés par son agressivité et satisfaits de voir leurs « ennemis » de gauche passés chaque matin à la moulinette par des éléments de com,  sérieusement concoctés par l'équipe de l'Elysée. Ces attitudes de cour d’école dans laquelle c’est le garnement dominant qui a le plus de sous, les plus belles baskets et le père le plus haut placé qui fait la loi se sont prolongées pendant tout le quinquennat . Ce faisant les militants UMP se sont habitués à une certaine vindicte, une morgue faite de vulgarité à la Morano et de suffisance à la Pécresse ou à la Bruno Lemaire, cet âne savant. Grandeur et décadence, le héros des militants UMP, vaincu aux présidentielles, se trouve aujourd’hui face à un juge d’instruction, ce qui laisse ses troupes dans l’amertume et la frustration.

 

Dans l’affaire du duel Copé-Fillon, qui fait transpirer les UMP, Copé a très bien vu que le style Sarkozy était plébiscité à droite et qu’il avait tout intérêt à mettre ses pas dans la voie hargneuse tracée par l’ex-champion du cynisme décomplexé. Il a pris de vitesse les fillonistes qui malgré tout ne sont pas habitués à autant d’agressivité. Ceux-ci  ont du forcer leur nature et apparaître en porte à faux, et trop mous face à la Gauche. Ce qui est vrai,  et par malchance, c’est que la ligne de démarcation est passée au milieu de la cour de récréation. L’UMP se retrouve ainsi avec deux blocs sensiblement égaux  dont les pôles de rassemblement sont assez opposés. Comble d’ironie, cette ligne médiane est demeurée incertaine et incapable de désigner un vainqueur. Les gens de gauche dont je suis se réjouissent de voir que les amateurs, les incapables, les mauvais plaisants ne sont pas de leur côté sur ce coup ! Je pense que pas mal de ces quadras qui nous ont abreuvés de leur autosatisfaction depuis des mois vont, pendant plusieurs semaines au moins, perdre de leur superbe, à l’image de Madame Pécresse qui en est toute fripée ces jours-ci.

 

Fidèle à sa nature, Fillon a fait preuve de retenue et veillé à ne pas choquer ses partisans par des expressions outrancières et caricaturales, en particulier sur les questions identitaires. L’islamophobie n’est pas sa tasse de thé, le racisme anti-arabe non plus. Il a tenté d’agir en homme politique responsable, en élégant notable, gardant dans son esprit la nécessité de rassembler les gens sur des idées cohérentes. Il a voulu en quelque sorte se situer au centre de son parti, ce qui est un réflexe normal quand on veut gagner une élection. Contre toute attente, l’ancien premier ministre a échoué, de peu, mais il a échoué.

 

Avec Copé, la méthode est toute différente, directement empruntée à Sarko en fin de campagne. Le malheureux petit blanc qui se fait voler son pain au chocolat par les cailleras arabes est allé droit au cœur des militants. La pensée de cette droite-là est  devenue raciste. Copé appelle ça, comme ses partisans, la droite décomplexée. Avant Sarko, les gens de droite éprouvaient en effet quelque gêne à s’afficher comme racistes anti-arabes. Aujourd’hui, il faut appeler un chat un chat et dire bien fort que ces musulmans envahissants viennent bouffer le pain (les petits pains) des Français. Toute honte n’est pas encore bue, et Copé pour afficher sa xénophobie,  a du employer le mode de la compassion, celle qu’on éprouve pour un malheureux gamin privé de goûter  en période de Rhamadan ! La métaphore est malgré tout suffisamment explicite pour nous signifier que le miracle accompli par le boulanger de Fernand Reynaud a été effacé par le cynisme de Brice Hortefeux et de quelques autres.

 

Les nouveaux marqueurs de la nouvelle droite militante sont donc l’arabophobie et l’islamophobie associées à la haine de la gauche considérée comme  totalement complice et anti-nationale. Nous sommes tout près des thèses du FN, le souverainisme en moins. Ces trois détestations qui tiennent lieu de fondement politique ne sont d’ailleurs pas sans lien entre elles et se nourrissent l'une l'autre. La jeune droite se trouve légitimée pour enfermer dans la même opprobre, les gens de gauche et surtout les socialistes, pour lesquels elle nourrit des griefs revanchards, et leurs protégés émigrés, ces bataillons de l’Islam qui sont les véritables ennemis de notre pays, et la cause évidente pense-t-elle, de l'insécurité, du chômage et in fine de notre déclin. Les gens de gauche sont des traîtres à la patrie et ne méritent pas de gouverner, ils sont aux commandes par erreur. Ils sont illégitimes. L’abaissement de notre pays dont parlait souvent Vincent Peillon est tout entier inscrit dans cette victoire à 28% de la motion « Droite Forte » des jeunes turcs de Copé.

Par chance, je ne crois pas malgré tout, que la droite républicaine se laisse étouffer par cette régurgitation nauséeuse de nos plus mauvais démons. Encore que ! La scission guette entre les deux lignes mais la vigilance est de mise.

Pour finir par une note plus gaie, vous avez vu que le dernier trimestre a enregistré un petit 0,2% de croissance, que nos équipes de foot et de rugby volent de victoires en victoires et qu’on ne nous parle presque plus en ce début d’hiver du réchauffement climatique ! Nous devons tout cela à la baraka de Saint François de Tulle, que les bonnes fées ne veulent pas abandonner. Les hilarants tontons flingueurs défaits, sur un terrain jonché de cadavres,  sont un ultime et somptueux cadeau de Noël offert à notre Président.

19/12/2011

Caramba ! Encore raté Mr Sarko !

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Nous y sommes :  annoncée par tous les économistes en marge des gesticulations de notre petit Président, la récession est là, pour un trimestre, voire deux, en réalité pour plus longtemps. Encore une promesse de Gascon d'un Sarkozy en pleine déconfiture, qui est allé chercher "la décroissance" avec les dents. Les amours de Mme Merkel et de Herr Sarkozy portent des fruits amers. Pour satisfaire leurs électeurs et supporteurs conservateurs, rentiers, possédants et maîtres du monde, le couple infernal s’est battu pour  plus d’austérité et moins de solidarité,  plus de chômage et moins de création monétaire. Les boutiquiers ont préféré quelques millions de chômeurs en plus au risque de voir émerger un peu d’inflation. L'inflation est la bête noire des rentiers d'Outre Rhin.  En France notre talon d'Achille est le sous emploi. L'abaissement de Sarkozy va conduire des centaines de milliers de gens, parmi les plus fragiles,  nos jeunes les premiers, dans la zone grise de la  précarité et des petits boulots.

 

 

On a accusé un temps la droite d’être la plus bête du monde. Avec son style flamboyant,  le candidat Sarkozy a fait de l’UMP un parti unique à la façade rénovée, sûr de lui et suffisant. Mais les choses ont-elles vraiment changé ? Car enfin, nous avons un Premier Ministre qui nous avertit dès le début de son exercice que la France ou du moins son Etat est en faillite. On aurait pu croire qu’il allait faire le nécessaire pour y remédier ! Pas du tout ! Il s’est empressé de faire voter la loi TEPA et son bouclier fiscal qui  ont allégé les impôts des plus aisés sans rétablir la confiance et l'investissement.  Cinq cents milliards de dettes plus tard, et pas mal de spéculations financières à la clé, assortis d'un zéro de croissance, la France se trouve menacée de perdre son fameux AAA,  considéré il y a moins d’un mois comme un Trésor National.

 

L’échec est absolu ! ce flop pourrait-il rendre notre bellâtre twittiste de la Sarthe un peu plus modeste ? Pas du tout ! Du haut de son arrogance  il accuse François Hollande (qui n’y est pour absolument rien) d’irresponsabilité et de forfaiture. Tout ce qui arrive est de la faute des trente cinq heures,  du PS et des Ecolos. Cynisme d’un commis de l’Etat réduit à son rôle d’homme de paille, de faire-valoir, de fusible et de prête-nom. On ne saurait faire davantage preuve d’insignifiance et de platitude intellectuelle.  Non content de laisser des finances en ruine, il accuse les autres de ses propres turpitudes ! Fillon devra bien un jour présenter ses excuses au peuple, comme l’a déjà  expliqué Laurent Fabius, avant-hier dans Le Monde.

 

Nous vivons en ce moment en plein spectacle d'Opéra Bouffe,  un morceau de choix qui nous donne à voir le naufrage d'une République de quat'sous. Je rêve qu'après deux jours de manifestations de rue, le peuple en colère s’empare de son gouvernement et l’embastille. Le lendemain  un tribunal révolutionnaire se réunit  et condamne tous les ministres au peloton. Le jour suivant les Excellences en grand uniforme, sont fusillées en fanfare. La femme Le Pen, cette sauvagesse barbare réclame la peine de mort !  Moi je réclame la mort politique pour ces ministres  guignols, les Baroin, les Pécresse, les Guéant, les Juppé et tous ces perroquets qui répètent à l’envi les éléments de langage dont on abreuve l’opinion avec un cynisme incroyable dans un constant déni du bon sens populaire. En tête, je ferais défiler ce premier de la classe avec son projet de société à zéro euros, qui ne sait même pas qu’il y a dix mille mètres carrés dans un hectare ! La plus-value intellectuelle de ce gouvernement de valets est tout à fait voisine du non détectable.

 

Mais le Roi de la Comédie, la « marionnette qui s’apprête à s’effondrer dans le trou du souffleur » c’est bien entendu notre Sarko ! Cet homme a grandi dans le mépris du peuple. Il n’a de considération que pour plus fort que lui. Il n’a aucune notion de la culture humaniste et sociale. Cet homme nous a prouvé depuis son élection qu’il n'éprouvait aucun respect pour le peuple français. Pour lui,  Jaurès ou De Gaulle ne sont  que des objets politiques peu différenciés  dont l'intérêt est avant tout publicitaire. La démocratie n'est qu'une gesticulation pour parvenir au pouvoir ! On l’a su dès sa sortie du Fouquet’s, mais on aurait du le deviner avant,  par ses amis si bien cachés,  Copé, Takiedine, Hortefeux, Gaubert, Bazire,  les marchands d’armes et les porteurs de mallette, les patrons des bars Nibar et Nichon !

 

La seule bonne nouvelle est que les élections présidentielles approchent. Dans quatre mois nous serons fixés. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant même de l’avoir capturé, mais je sens que la piste est fraîche, on entend la bête qui s’énerve et qui perd son sang froid. Elle se fait peur !  enfin !  de ses propres mensonges. Il y a du chantage, du sauve-qui-peut. Il y a des rêves qui virent au cauchemar. La mère MAM toujours aussi vive d'esprit, crie à l'erreur de communication ! J’espère pour ma part que bientôt les parquets de la République vont être lavés à grande eau javellisée. Je ne doute pas un instant que François Hollande va faire  le job, qu’il va s’entourer des meilleurs, qu’il va rassembler les forces vives des intellectuels et des entrepreneurs, des créateurs et des imaginatifs et qu’il va jeter hors tous ces freluquets sans consistance, sans foi et sans loi. Nous vivrons à nouveau le respect de l'Etat, de la Démocratie et de tous les citoyens rassemblés, quels que soient leurs rangs et leurs origines. Et aujourd'hui, par dessus tout, rendons grâce à Vaclav Havel...cet intellectuel qui a rendu sa noblesse à la politique et qui vient de nous quitter.