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13/03/2015

La droite impossible

 

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 L’attitude de l’UMP dans la campagne électorale des élections départementales est difficile à comprendre. Je ne vois pas en quoi ce parti peut gagner des voix en accusant le PS de faire monter le FN. Tout indique, que ce soient les sondages ou les élections partielles, que les renforts principaux du FN sont des transfuges de l’UMP. Cinquante pour cent des troupes de ce parti réclament un accord avec Marine Le Pen et font état de leur proximité avec le Front. Je ne vois pas en quoi la droite UMP/UDI va freiner ce siphonage en accusant le gouvernement de tous les maux. On a seulement l’impression que ce faisant on cherche à se faire plaisir et à se donner une image d’opposant sans peur et sans reproche propre à satisfaire ses propres partisans, qui de toute manière vont voter pour l’UMP. Les cadres veulent se montrer en phase avec  l’agressivité haineuse qui anime les  militants vis-à-vis de la gauche et surtout du Président Hollande. On en voit les effets désastreux sur les sorties de plus en plus vulgaires de Sarkozy en campagne qui s'attaque directement aux personnes de Hollande, de Valls ou de Macron.

Ces facilités médiatiques ne collent pas du tout avec la campagne sur le terrain, menée non par des militants mais par des notables, des maires, ou des conseillers généraux sortants qui ont l’expérience des réalités locales et sont loin de céder à ces excès. Il suffit de comparer les tracts électoraux du PS ou DVG avec ceux des divers-droite ou de l’UMP pour constater qu’ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Il faut vraiment chercher dans les nuances. Aucun sympathisant du FN n’y trouvera de quoi remettre en doute le slogan de l’UMPS cher à ce Parti.  En réalité, droite républicaine et social-démocratie forment un bloc beaucoup plus homogène qu’on ne le croit quand il s’agit des compétences départementales. Il n’y a pas trente-six façons de gérer la solidarité sociale, les maisons de retraite et les aides aux handicapés, ou de construire des  collèges et des routes. Les réalités sont contraignantes !

On en comprend d’autant moins les attaques accusant le PS de faire monter le FN ! La plupart des déçus du PS  ne sont tentés ni par le FN, ni par l’UMP, ils s’abstiennent ! Il est dérisoire de remonter  à Mitterrand,  quarante ans en arrière ! Comme si nous n’étions pas dans une période complètement différente dans laquelle l’Union de la Gauche a vécu, remplacée par un PS social-démocrate dont on n’osait même pas prononcer le nom jadis. Les réflexes du Centre et de la Droite classique semblent pavloviens, archaïques. Ils témoignent d’une incurable paresse idéologique.

L’UMP,  malgré le danger,  continue à tenir le discours ambigu du « ni, ni » ou du vote blanc. Ce Parti s’avère incapable  de faire le ménage parmi ses leaders et de se débarrasser d’une aile sarkozyste empêtrée dans les affaires avec les Balkany, les Copé, les Guéant, avec Bygmalion, Bettancourt, Karachi, Khadafi. Il y a pléthore. Mais le plus grave est le tarissement idéologique. Chaque leader surveille l’autre avec un fusil à tirer dans les coins. On entend bien les surenchères sur  l’Europe, sur les déficits, sur l’amaigrissement de l’Etat et la réduction des aides sociales, mais on  reste muet sur la préférence nationale, sur la politique d’immigration et sur l’islamo-arabophobie.

J’attends l’UMP sur cette ligne de démarcation !  L’exemple de Mélenchon impressionne,  qui,  après une bonne campagne présidentielle a perdu toute crédibilité « populaire » suite à son discours de Marseille pro-arabe. Il se passera la même chose quand l’UMP se désolidarisera hautement et clairement du racisme et de la xénophobie véhiculés par les lepenistes.

Ce jour-là, il restera un Parti de droite, vraiment conservateur, raciste et réactionnaire  noyauté par les Frontistes actuels, accompagnés des transfuges de la Droite forte, genre Wauquiez ou Copé et Hortefeux et de tous ceux qui voudront garder leur poste avec l'aide du FN et ils seront nombreux ! Nous aurons alors un grand parti nationaliste et xénophobe, anti-européen.  En face, va devoir se constituer un Parti Démocrate, défendant les droits de l’homme et la République avec sa devise « Liberté, égalité, fraternité ».Ce Parti sera celui du progrès, du mouvement et de l’ouverture et des personnalités aussi diverses que B.Lemaire, Raffarin, Juppé, Bayrou, Borloo, Valls, Hollande Emmanuel Macron, et Cambadélis pourront s’y exprimer! Y compris cette vieille bique de Martine Aubry ! Je suppose que cela va demander encore beaucoup de temps, mais en 2017, nous allons déjà en tâter. A ce moment-là, le vote pour la droite ou pour la gauche retrouvera tout son sens.

14/02/2015

La droite qui nous arrive

 

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Résumé.   Le 7 février dans le Doubs,  le Front National a reçu le renfort d’une partie de la droite classique et a frôlé la victoire. La nouvelle ligne de partage à droite se fait sur la xénophobie et l’islamophobie.

L’élection du Doubs n’est que le signe avant-coureur d’un bouleversement politique à venir dans le court terme. Le 8 février le PS a sauvé les meubles de justesse face à une candidate FN. Par le passé on aurait pu s’attendre à une victoire facile de la gauche dans cette circonscription dont l’élu était P. Moscovici, un ténor du PS. Au deuxième tour, le candidat de gauche a certes mobilisé ses réserves parmi les abstentionnistes mais il a reçu aussi le concours des électeurs  dits républicains, se reconnaissant du centre droit.  Ce qui est moins habituel c’est que le FN a trouvé également des renforts au deuxième tour et pour l’essentiel parmi les électeurs de l’UMP.

On ne peut mieux constater que la droite classique est aujourd’hui très divisée. Cela s'est vu avec l’impossibilité pour le Conseil National de l’UMP de formuler une position claire pour ce deuxième tour et l’échec de Sarkozy face à une tentative de synthèse rassembleuse. Juppé et quelques autres ont appelé à apporter leurs suffrages au PS, pendant que les autres de la « droite forte », majoritaires, se sont cantonnés au « ni, ni, » sans aucune valeur politique si je puis dire. En réalité, pour ne rien casser,  on a donné l’absolution à la partie de l’électorat qui s’apprêtait à voter FN.

L’évidence aujourd’hui est que la ligne de fracture au sein de  l’opinion à droite repose sur les questions d’identité et sur le rejet des étrangers. L’hostilité aux immigrants et surtout aux  ressortissants arabes ou d’origine arabe, considérés assez indistinctement  comme musulmans, s’installe un peu partout en France (titre du « Monde » cette semaine) . Beaucoup de gens des classes moyennes ou modestes sont exaspérés par la place prise dans la société par les jeunes des quartiers et par les troubles supposés ou réels qu’ils causent à la sécurité et au bon ordre. L’amalgame est permanent entre l’insécurité, les trafics, les attentats, l’abus des aides sociales et la population  arabo-islamique.

Les gens qui votent FN se plaignent d’être abandonnés par les gouvernements successifs. On donne tout à ces jeunes disent-ils, on rénove leurs quartiers et on finance leurs associations. Ils occupent les médias en permanence et pendant ce temps personne ne s’occupe de nous. Nous, salariés, artisans et boutiquiers, chômeurs ou travailleurs au noir, nous nous battons durement pour nous en sortir. Nous souffrons du chômage et de la paupérisation avec des salaires faibles, sans perspectives d’ascension sociale, ni pour nous ni pour nos enfants. Nous avons quitté les banlieues industrielles en friche pour nous réfugier en périphérie urbaine loin des centres, là où les terrains et les maisons sont les moins chères. Nous sommes relégués dans notre propre pays.

Et dans toutes les interviews que j’ai entendues cela se termine à mi-voix avec une sorte de honte : c’est de la faute de tous ces étrangers ! On fait trop pour eux et pas assez pour nous. Le FN n’a pas besoin de longs discours pour convaincre de son hostilité aux immigrants, et de l’authenticité de ses sentiments xénophobes et antisémites. L’islamo-arabophobie fait partie de ses gènes et le démentirait-il que les gens ne le croiraient pas. D’ailleurs le vieux Le Pen les confirme de temps à autre, à sa manière brutale et provocante pour que nul ne l’ignore.

Le FN n’a donc aucun besoin de se forcer à la propagande sur le sujet. Tous les citoyens le connaissent, sa diabolisation repose là-dessus.  Les gens qui votent pour lui le choisissent pour ça et l’avouent avec mauvaise conscience. Ils savent qu’ils transgressent les valeurs républicaines d’égalité et de fraternité, mais ils sont excédés. Le discours revendicatif du Front de gauche ne peut avoir aucune prise sur ces gens,  persuadés que les étrangers mangent le pain des Français. Les efforts de Mélanchon, pourtant bien démagogiques avec ses promesses de redistribution, font flop alors que le FN cartonne. Les électeurs du FN n’ont pas comme les classes moyennes plus aisées les ressources de la culture ou de l’aisance financière pour se mettre à l’abri de cette pression sociale qui leur fait redouter le déclassement.  Ils voient trop bien aujourd’hui que la droite respectable et notable, les NKM et autres forts en thème ne viendront  pas à leur secours. Par la puissance de ce mouvement de rejet ils privent l’UMP de ses voix populaires.

En cas d’élection présidentielle, pour gagner, la droite devra courir après ces électeurs ralliés au FN, mais ce faisant elle se coupera de ses partisans de la droite modérée et du centre, indispensables eux-aussi pour une victoire.
Pour l’UMP, c’est l’alliance impossible de la carpe et du lapin. En réalité, les partisans de la droite dure se sont alliés dans le Doubs au  FN et le mouvement va s’amplifier pour les prochaines élections départementales. Nous devons nous préparer  aux  désertions vers le FN des élus locaux et des cadres moyens  de l’UMP. Les ténors suivront. Le mouvement va être facilité par un  appareil du Parti paralysé par les divisions et par les affaires.

Autrement dit, il ne reste plus pour Marine Le Pen, qu’à décider que l’Europe et l’euro, peuvent devenir acceptables, comme l’a fait Tsipras en Grèce pendant sa campagne. La droite classique se précipitera alors dans ses bras et la Présidence de la République sera à  portée de vote en 2017. Evidemment les UMP républicains vont tenter de se tenir à l’écart,  Juppé,  Raffarin et toute la droite modérée vont se regrouper dans un Centre. Pour gagner contre la Droite pure et dure, le PS devra faire une alliance avec ce centre. Une alliance assez naturelle déjà largement esquissée en 2012, mais qui en 2017 prendra la forme d’accords de gouvernement. Les gaucho-écolos pourront crier à la trahison et aux social-traîtres ! Ils ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils refusent de voir la réalité en face et à l’instar de Mélanchon, ils se contentent d’invoquer la Révolution et le marxisme-léninisme. Ce n’est plus le sujet. Comme d’habitude, ces camarades comprendront trop tard. Le processus est enclenché, il ne va plus s’arrêter.

30/05/2014

L'inconstance

 

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Le vaisseau de guerre de Giacomo Balla

 

 

Nous venons de vivre une terrible semaine qui n’a pas grand-chose à voir avec la fête de l’Ascension . Il s’agit plutôt d’une descente aux enfers que d’une montée au paradis. Je passe sans trop m’émouvoir sur les tribulations de l’UMP. Je n’ai pas de sympathie pour le clan Copé-Sarkozy auquel j’ai toujours reproché des méthodes frisant l’illégalité. On ne compte plus les enquêtes policières autour de ces deux-là. Imperturbables ils renvoient toujours au même système de défense utilisé d’instinct par les truands. Ils ignorent tout de la question. Ils n’étaient pas là. Et s’il est arrivé quelque chose c’est sans doute les subalternes qui sont responsables. Incroyable ! Inadmissible !

J’attache plus de prix à ce qui nous arrive à gauche ; le succès du FN, et l’échec des socialistes ne peuvent me laisser indifférent. Il me faut admettre que Hollande n’entraîne pas les foules, mais nous savons bien que ce n’est pas dans nos gènes de nous laisser bercer par les grandes tirades des chefs. L’esprit critique est cultivé à l’excès dans nos rangs. Depuis la cinquième, on doit constater qu’à peine nos leaders élus, nos militants et sympathisants qui viennent de déposer pinceaux et pots de colle, reprennent leur fusil à tirer dans les coins et commencent à canarder ceux- là même qu’ils ont portés au succès.

Je me souviens de Mitterrand pour lequel je n’avais pas vraiment d’estime qui fut l’objet dès son élection des critiques des gens de notre parti. Avec Jospin les mêmes votaient Taubira ou Chevenement. Avec Hollande le phénomène se répète en faisant diversion avec les Verts ou avec Mélanchon. Cette attitude de nos militants est complètement incohérente et stérile car elle ne mène pas à des majorités de rechange. Elle paralyse l’action et in fine conduit à l’échec politique.

Car enfin, il y a un temps pour la discussion et la communication des idées. Cela se matérialise par des votes sur les motions ou sur le choix des hommes. Il faut reconnaître  que notre démocratie dans le parti est assez souvent formelle et contournée par des gros malins qui ont des gros appétits. Par expérience je sais que ces gens prospèrent sur l’insuffisance du travail de réflexion dans les sections. Ce qui est certain c’est que les occasions ne manquent pas pour s’exprimer dans les phases préparatoires de l’action. Après qu’on soit passé au vote, il est trop tard.

Car il faut bien dire que la minorité doit se ranger derrière la majorité, sinon aucune action démocratique n’est possible. Le fait d’appartenir à un même parti entraîne ipso facto un lien de solidarité, dans le succès comme dans l’échec. Les décisions étant prises il n’y a plus de place pour les juges de paix qui continuent à distribuer à leur gré les bons et les mauvais points. Même les armées révolutionnaires obéissent à leurs chefs ! En écoutant M.N. Lienemann sur Canal+ cette semaine,  je me suis dit que nous ne devions pas appartenir au même parti. Il n’y était question d’aucune solidarité mais du malin plaisir de critiquer et de détruire qui sous-entendait quelque chose comme « Après moi le déluge ! »

La gauche du PS est pourtant clairement minoritaire et ne devrait pas s’estimer renforcée par les échecs répétés de Mélanchon  et du PC aux élections. La tendance écolo, puissante également dans le PS devrait aussi constater  que la « transition énergétique » dont on nous rebat les oreilles, ne répond à aucune des questions soulevées dans les milieux populaires qui nourrissent les bataillons électoraux du  FN.  Il n’empêche qu’on préfère chez les opposants  PS,  s’en prendre au Président Hollande que de revisiter les vieilles lunes qu’on nous ressert depuis cinquante ans : si nous ne gagnons pas c’est que notre politique n’est pas assez à gauche !

Le succès du FN  repose sur sa défense des « Français d’abord » et sur le refus de l’immigration qui mange le pain, les médicaments et les aides qui doivent revenir d’abord aux « vrais » Français. Les Arabes et les Musulmans sont avant tout visés. Notre peuple est devenu pour un tiers des électeurs, raciste et xénophobe ! La ficelle est très ancienne et grosse comme une corde pour pendre au clou notre République ! Et avec elle toutes les vertus de l’humanisme et des droits de l’homme qui accordent la même considération à tous les êtres humains. Faute d’avoir répondu haut et fort à cette misérable femme Le Pen qui entraîne le pays vers les abîmes politiques, le FN a obtenu le succès que l’on sait.

Pendant ce temps-là on a préféré à droite et à gauche attaquer l’Union européenne et la politique économique de  Hollande que de relever le véritable défi idéologique affiché par le Front National. Au lieu de s’engager délibérément pour défendre ses valeurs républicaines la droite ne cesse de donner des gages identitaires aux frontistes . La  gauche de son côté fait semblant de ne rien voir et se contente d’une réprobation globale qu’on prend pour la défense de ses propres intérêts.  Certes le chômage, la perte de pouvoir d’achat, l’insécurité, les impôts surtout, ça compte, mais la foi humaniste est bien plus précieuse car c’est elle qui nous tirera de ce mauvais pas. Faut-il encore que ce soit dit et que nous cessions de regarder avec fascination notre carnet de cour des comptes, tellement désespérant !

Ce qui a changé aujourd’hui c’est que l’énergie est du côté du FN, on y trouve des jeunes et des militants actifs. Face à eux les vieux militants fatigués du PS ne font pas le poids. Il faut d’urgence renouveler nos rangs et redonner envie à nos jeunes de se battre. On voit bien que dans nos sections on trouve toujours les mêmes vieilles barbes . La soupe qu’on sert ici ne se renouvelle pas et c’est très inquiétant. Il faudra bien qu’on en tire les conséquences avant notre prochain congrès.  C’est une question de survie !

23/05/2014

J'irai voter Dimanche...

 

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Feu et couleurs de Yves Klein

 

Chacun a ses raisons d'aller voter dimanche, le FN pour mettre du sable dans la machine, les UMP pour que rien ne change et dire pis que pendre du Président Hollande, les centristes pour passer la pommade, les socialistes pour la croissance, les écolos contre le poulet aux hormones, les rouges contre les banques mangeuses d’hommes. Ils ont tous un peu raison mais il faut faire un choix.

Je voterai pour ceux qui voient la vie en rose, pour  les optimistes, pour ceux qui croient qu’on peut toujours faire mieux sans mettre la maison à feu et à sang. Je voterai pour la poignée d’hommes politiques idéalistes et confiants qui ont lancé l’affaire il y a cinquante ans et qui ont semé les premiers germes de la concorde. Je voterai pour ceux qui ont voulu remplacer les canons par les traités, les insultes par les négociations. Je voterai pour ceux qui ont voulu fermer définitivement les camps nazis ou staliniens et décourager les dictateurs en faisant valoir la civilisation du droit.

Certains croient que ces combats-là sont devenus inutiles qu’ils appartiennent au passé. Pas du tout ! Chaque matin nous pouvons entendre des nouvelles qui nous disent que la barbarie est présente à nos portes, en Ukraine pourtant si proche, en Syrie, en Afrique ! Voilà qu’on y enlève des centaines de filles pour les vendre. Pouvons- nous compter sur Poutine ou la Chine pour donner l’exemple, pour rappeler à l’ordre humaniste ?  Absolument pas. Si l’Europe ne le fait pas personne ne le fera. Même chez nous on voit bien que la rechute est imminente dans l’inculture politique, dans la fermeture aux autres, dans l’individualisme des beaufs ou des bofs !

On commence bien sûr par s’attaquer aux étrangers, bienvenus quand ils ramassent nos poubelles, indésirables quand ils ont la gale. Tous ces gens  différents, bronzés et rastaquouères divers, qui parlent mal notre  langue et écorchent nos tympans, les envahisseurs, ceux qui mangent indûment notre pain, sont les premiers à ramasser les coups. On généralise ensuite aux fainéants et aux incapables les moins bien sous tous rapports, les chômeurs, les fous, les malades ! Que deviendront mes petits-enfants s’ils n’ont pas les pattes blanches, les vestons croisés, des jupes plissées et des bandeaux  dans les cheveux ?  La différence entre êtres humains est une richesse ! Elle ne se discute pas, ne se soupèse pas, elle s’impose, elle se  respecte !  Honte à tous ceux qui la marchandent ! L’UMP en tête ! Oui monsieur Raffarin, oui monsieur Fillon ! Je n’ose même pas m’adresser aux autres.

On répète que le FN va gagner sur un programme de xénophobie et de repli sur  soi nationaliste. Comment en est-on arrivé là! Nous les Français intelligents, rouspéteurs, mélangés depuis les Huns, les Celtes et les Vikings, nous qui avons reçu et continuons de recevoir tous ces Africains qui viennent de loin, ces Chinois, ces Libanais  qui n’arrêtent pas de nous renvoyer en cadeau des Zidane et des  Césaire, nous voterions si peu que ce soit contre Schengen,  contre la liberté, contre la créativité !

Entre Junkers et Schulz mon choix est fait, mon choix est clair, ma volonté est totale. Comment des gens normaux peuvent-ils même du bout des lèvres voter comme le Borgne qui disait il n’y a pas si longtemps que la Shoa était un détail de l’histoire ? Comment tant soit peu cousiner avec la Bleue Marine qui attise les peurs et les haines en utilisant les mensonges et les amalgames ? Je dis en toute horreur et en toute conviction, horrifié par ces  droitiers de l’UMP, hypocrites à la Sarkozy ,  qui trinquent à la même table que le FN, (ce qui n’est pas nouveau et qui se répètera souvent) qu’ils sont des traîtres à la République.

Moins que jamais nous ne devons tremper les mains dans les brouets infâmes de l’égoïsme et du simplisme. Les charognes politiques même puantes, surtout puantes, attirent encore leur lot de nervis et de pervers, d’égarés et d’illuminés. Tous ceux qui ne se déplaceront pas pour voter dimanche pour la paix entre les peuples et la démocratie en Europe, prendront un risque politique majeur, en cautionnant une sorte de hold-up interne des valeurs de l’Europe par ses propres ennemis. Leur abstention  peut aboutir à la mise en panne, voir l’éclatement d’Institutions qui ne sont certainement pas parfaites  mais qui ont demandé malgré tout un demi-siècle de patience et d’efforts, tournés vers la paix  et la démocratie.

29/09/2012

Racisme blanc de blancs

 

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Depuis la découverte des indiens d’Amérique, l’Europe judéo-chrétienne rejoue la même scène ethno-centrique de « L’homme sauvage et nous ». Face à Christophe Colomb, des demi-animaux presque nus,  privés de Dieu,  avec des os dans les narines, campaient à la porte de notre humanité. La grande œuvre des Conquistadors de la Renaissance fut de les convertir de gré ou de force. Les « Tristes tropiques » ont rendu leur dignité aux peuples des îles, des fleuves et de la forêt.  Malheureusement Levy-Strauss arrivait un peu tard puisque dans le choc, des civilisations entières ont disparu.

 

Le besoin d’hégémonie de notre civilisation occidentale ne s’est pas pour autant apaisé. Après les grandes découvertes et la conquête des continents, on a colonisé le reste du monde tout en affrétant des cargaisons de bois d'ébène, dans un besoin d’expansion géographique continu. Comme on devait s’y attendre, nous nous sommes enfoncés ce faisant dans la confrontation directe avec la terre d’Islam, commencée pendant les croisades de l’an Mille et encore en cours aujourd’hui. La civilisation musulmane est cependant pour nous Européens, une grande compagne historique. Depuis Mahomet et la brillante période arabo-andalouse, nous nous sommes élevés et enrichis avec les multiples apports de l’Orient, dont Bagdad était la capitale symbolique et rayonnante. On voit ce que l’Occident en a fait aujourd’hui.

 

Ceci étant, nous nous sommes persuadés que nous étions les rois de la terre. L’épopée coloniale est née de notre conviction que le monde judéo-chrétien portait la suprématie blanche et qu’à ce titre les autres peuples devaient s’incliner. Le colonialisme fut le grand pourvoyeur du racisme blanc de blancs. Celui-ci a recouvert les terres d’Afrique et d’Asie dans une expression exacerbée pendant plus d’un siècle. Il suffit de voir les photographies d’époque. Elles apportent toutes les preuves des exactions commises en son nom.

 

Les peuples d’Europe se sont comportés avec une sauvagerie immonde face à des populations démunies, désarmées et désorganisées. Le nazisme est de toute évidence le sommet de cette barbarie. Il restera inscrit jusqu’à la nuit des temps sur la stèle des tares humaines. Hélas, les camps d’extermination n’étaient pas refermés et les fours n’étaient pas encore refroidis que les guerres coloniales s’allumaient, au Vietnam, en Algérie. La liste des génocides et des crimes de guerre pouvait à nouveau s’allonger. Les blancs de blancs n’avaient rien appris, on pouvait même observer des collusions directes entre les héritiers du fascisme et les tenants des guerres de « pacification » coloniales !

 

Le racisme blanc de blancs d’aujourd’hui est né pendant cette période. J’ai l’âge d’avoir entendu dans les casernes des années 50 le vocabulaire de guerre qui puisait sa richesse dans toutes les nuances du mépris raciste, de l’arabophobie et de la détestation de l’Islam. Les mêmes termes étaient employés par bon nombre des européens d’Algérie.  Ils sont toujours d’usage courant dans les milieux populaires, ouvriers ou paysans. On en use en privé,  mais avec délectation,  dans la bonne société qui vote FN ou « Droite décomplexée ».

 

Ce puissant mouvement anti-arabe a de beaux jours devant lui. Les difficultés exacerbées  par la crise économique et la mondialisation poussent les politiciens démagos à désigner des boucs émissaires. Ceux-ci se trouvent toujours du côté de l’étranger. Nos étrangers à nous sont les gens du Maghreb que nous avons ramenés dans nos valises. Les émigrés anciens ou récents sont des cibles de choix, bien visibles, faciles à dénoncer dans le contexte actuel des fièvres djihadistes, délirantes et cruelles. Depuis la Palestine et les Twin Towers les Américains sont avec nous ! Les Français,  bien élevés et bien propres sur eux-mêmes, ont identifié un ennemi à faciès oriental, parlant plus ou moins arabe et qui a le culot,  en plein Paris ! de porter une djellaba. Le plus grave est que cet ennemi n’a qu’un seul Dieu,  cet Allah tout puissant, et que ce Dieu n’est pas le nôtre. Alors  que nous désertons nos églises,  il nous est impossible d’admettre que des étrangers « non communautaires » construisent des mosquées en plein cœur de nos villes. Ce racisme-là nourrit une haine puissante, passionnelle et dévastatrice, historique, consubstantielle de notre vie sociale quotidienne.

 

Que vient faire le racisme anti-blancs là-dedans ? Copé a trouvé ce moyen pour rameuter la partie la plus rance et la plus haineuse des électeurs de droite et d’extrême-droite, en feignant d’oublier toute perspective historique et politique. Qu’il y ait une bonne fraction des jeunes des quartiers qui professent une grosse aversion contre les « Gaulois » nul ne songerait à le nier. Comment en serait-il autrement puisqu’ils sont chaque jour en réaction au mépris et à la négation de leur identité, religion comprise ?  Excités par les djihadistes en chemise de combat,  ils en arrivent à professer des âneries et à considérer Merah comme un héros ! Mais cette haine que certains jeunes nous renvoient dans les banlieues n’est que la réaction de protestation d’une minorité. On peut seulement s’étonner malgré tout qu’elle se limite à ces jeunes mal socialisés. Elle n’a rien à voir en tout cas avec le socle raciste, blanc de blancs,  majoritaire et dominant de la société française.

 

Nos racistes à nous sont bien assis dans leurs pavillons de banlieue. Ils ont choisi comme cheftaine la fille d’un tortionnaire colonial et antisémite notoire, ce qui pourtant ne semble pas la disqualifier dans le jeu de nos institutions, en particulier pour les élections présidentielles. Ce racisme-là n’est pas l’œuvre de gamins dévoyés, mais bien celle de la bonne société d’extrême droite qui n’a rien appris et n’apprendra jamais rien qui remettrait en cause leur ethno-centrisme.  Avec  Copé, ces gens viennent de recevoir le renfort de la soi-disant droite républicaine. Philippe Séguin cet amoureux du Maghreb, doit se retourner dans sa tombe en écoutant Fillon acquiescer aux propos de son concurrent,  directement copiés de la vulgate FN.  Il va falloir s’y faire, la droite de Sarkozy n’a pas fini de produire des ravages dans notre société.

 

En tournant le dos à l’histoire et en feignant d’ignorer le contexte économique et politique, la Droite porte un mauvais coup à la France. Elle contribue à remuer le couteau dans les plaies de nos quartiers que sont la tentation du communautarisme et l’attraction des extrêmes. On pourrait s’attendre à ce qu’elle reste consciente de ses responsabilités et refuse de sacrifier les liens sociaux sur l’autel d’une banale affaire de succession. Tel n’est pas le cas.

 

Nous retrouvons dans ces pénibles circonstances,  l’ennemi intact et embusqué de toujours, l’adversaire constant de la liberté, de la solidarité, de la démocratie et de la Déclaration des droits de l’homme. Heureusement pour nous, la République a été bâtie avec obstination par les esprits de justice et de progrès, comme un rempart contre la barbarie. Elle seule  permet à tous les citoyens, quelle que soit leur couleur de peau ou leur origine,  d’espérer une vie meilleure. Nous ne devons jamais oublier que le danger est toujours là, que la bête immonde comme disait Brecht n’est jamais loin, et qu’il y a encore beaucoup de combats à venir.