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30/11/2013

Le Sud, notre nouvelle frontière

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Dinet - Un jardin de Bou-Saada


Le Front National prospère sur la détestation des Arabes, certains cercles Juifs également, mais aussi tout le populaire qui se sent mal dans les quartiers et tous les bourgeois qui n’ont qu’un souci, se protéger de la chienlit. Pour tous ces gens : arabes=racailles=violence=insécurité=chômage. Le résultat de cette sinistre équation est qu’un grand nombre de citoyens est persuadé qu’en boutant dehors ces hordes de bronzés et en les  renvoyant au Maghreb ou au Machrek on fera baisser les déficits et on remboursera notre dette. Tous les calculs économiques disent le contraire mais ça ne compte pas.  A gauche on a la sinistrose écologique et à droite on a le cimeterre arabe pointé sur la carotide. Au final la France est paralysée par ses peurs et rien ne va plus.

La France, ce vieux pays, comme le proclamait le barde des beaux quartiers, est victime d’un énorme malentendu. Notre nouvelle identité,  dans laquelle l’islam prend toute sa place,  enrichie d’apports de civilisation arabo-orientale anciens et modernes, n’est pas un problème. C’est au contraire une chance pour l’avenir du pays, pour sa puissance et sa force d’influence dans le monde. On voit que le retrait des Américains et en tout cas leur peu d’appétit pour les affaires moyen-orientales ou africaines laisse  à la France un grand espace pour un leadership en Méditerranée. La réalité est que sans le dire, la nation dont les capitales sont Paris, Lyon et Marseille, est devenue une des premières forces au sein de ce qui fut autrefois l’Empire romain. Mais Rome n’est plus dans Rome et Paris est devenue la plus puissante des capitales arabo-africaines et moyen-orientales.  

Il est bon de rappeler à l’occasion du trentième anniversaire de la marche des beurs, que nous avançons à reculons vers cette nouvelle frontière. Car nous refusons encore ce quart méditerranéen issu de la décolonisation et de l’émigration qui fait notre force aujourd’hui. Nous sommes encore les enfants de Charles Martel, dans la continuité de la pureté ethnique et de la résistance à l’envahisseur. Imaginons ce que pourrait devenir la France si elle comprenait enfin, que Rabat, Alger ou Tunis sont des villes alliées et non pas des capitales hostiles. Que les cent millions de Maghrébins ont aujourd’hui des potentiels de développement de productivité et de croissance qui peuvent tirer l’Europe et la France de leur torpeur. Nous avons une communauté de langue, une histoire, un vécu qui nous rapprochent. Pouvons-nous un instant imaginer  ce que la France pourrait changer pour la paix du monde et sa prospérité, si nous acceptions enfin la réalité géopolitique d’aujourd’hui ? Mais nous sommes comme des apprentis du poker géostratégique, nous avons des cartes, un jeu exceptionnel, mais nous ne voulons pas y croire.

Nous refusons de voir que de l’Iran au Mali et à Israël, nous pouvons jouer un rôle unique dans la nouvelle donne démocratique de ce siècle. Nous avons un quart de notre population qui parle arabe ou qui pourrait le faire, nous avons une histoire qui commence avec Constantinople et se poursuit avec les pyramides de Napoléon et le chasse-mouches du bey d’Alger ! Par raideur, par repli sur notre arc de triomphe, par l’arrogance de nos bibliothèques, nous refusons de respecter l’étrange ou le différent. Nous avons toujours voulu soumettre au lieu de convaincre, connaître  et négocier.

Mais la puissance de feu de notre propre histoire est imparable et s’exerce malgré nous, les tirailleurs et les spahis sont morts sous la mitraille et le canon, les fellagha, les fidaînes, les chaids ont arraché leurs victoires face à notre armée, des tribus de bédouins ont construit nos routes, des générations de schleus et de kabyles ont extrait le charbon, construit des voitures, bâti nos autoroutes ! Malgré des relations exécrables de violence et de racisme, malgré les noyés de la Seine et les enfumés des Aurès, malgré les expropriations, les déportations et les injustices, la France et le Maghreb ont créé un avenir commun. Celui qui se dessine aujourd’hui. Un avenir dans lequel Mouloud Mammeri et Albert Camus auraient dialogué pour en dessiner les contours. Un avenir peint par Zidane et Saint Augustin, Brahim Asloum et Avicenne, Nasser, Bourguiba, de Gaulle, l’Institut du Monde Arabe, le couscous et…Total.

Cette nouvelle donne, ce new deal ne peut naître sans efforts, c’est-à-dire sans investissements. Nous devons mettre deux sous dans le bastringue pour faire entendre une nouvelle musique. Il faut de la générosité de cœur, de l’imagination, de la créativité pour entraîner une dynamique de coopération des bords du Nil jusqu’au littoral atlantique, il s’agit bien de coopération et non de confrontation. Arrêtons de faire les marchands de tapis. Si nous avions deux sous de confiance en nous, Tunis la blanche au lieu de plonger dans les horreurs de la guerre civile pourrait être notre nouvelle Mecque, notre nouveau ralliement, notre grande ville étape pour la reconquête des esprits et des cœurs jusqu’à Dakar et Bangui !

La force de frappe française silencieuse et pacifique est là qui attend. Elle est dans nos collèges de quartiers, dans nos lycées, nos grandes écoles et nos universités. Elle attend les armes au pied, celle de la démocratie, de la liberté, de l’invention et de la créativité, pour partir, repartir pourrais-je dire dans les champs d’industrie encore balbutiants, dans les laboratoires de recherche encore juvéniles et participer aux œuvres encore incertaines de la démocratie et de la culture. Elle y apporterait de la créativité et de la novation et surtout de la liberté. Si la France peut exporter quelque chose dans ces pays, c’est la liberté, liberté politique, liberté de moeurs, liberté d’esprit et de religion. Parce que bien sûr si notre pays est encore victime de ses historiques raideurs, nos voisins du Sud le sont tout autant. Mais je gage qu’avec le temps, toutes ces rigidités vont finir par se distendre et sauter, à moyen terme.

Je voudrais dire à mes amis politiques que la nouvelle frontière est là, non pas une frontière comme le mur d’Israël hérité des ghettos de Varsovie ou de Cracovie, mais une nouvelle frontière savante et intelligente, semblable à ces membranes semi-perméables capables d’envoyer le bon et de refuser le mauvais. Pour y parvenir il faut du courage et de l’imagination. Le deuxième quinquennat de François Hollande sera celui-là. L’intérieur remis en ordre, avec les comptes apurés et la remise sur les rails d’une certaine justice sociale,  il faudra se projeter et faire tanguer pacifiquement l’Europe trop frileuse. Il va falloir bien expliquer à nos voisins de l’Est que la France à une autre main, celle du Sud, que le jeu est mûr, juteux, prometteur et qu’il profitera à toute la zone Europe et à l’Afrique du Nord et du Sud. A leur tour ces handicapés du vieux mal stalinien, les Polonais, les Allemands de l’Est et beaucoup d’autres libéraux, british ou bataves, pourront peut-être comprendre qu’il y a des générosités qui valent bien mieux que le chacun pour soi et l’égoïsme des nations.

Il faut y penser dès maintenant, il faut jeter les premières pierres. Le maintien de la France au rang des grandes nations en dépend ! Plutôt que de vouloir ériger des barrages illusoires contre quelques milliers de malheureux rêveurs d’Occident, renversons les flux et portons sur place l’emploi, la santé et l’éducation et aidons enfin et hardiment  à briser les chaînes ancestrales. Avec respect, avec générosité, avec intelligence. Agissons pour la prospérité de tous au lieu de nous retrancher dans notre vieux monde finissant !

14/11/2013

Pas de panique François !

 

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Rubens 1620. Arrivée de Marie de Médicis à Marseille




Les chroniqueurs politiques de la télé et de la radio sont des gens prudents. Ils ont mis plusieurs jours avant de relever que les bonnets rouges n’étaient qu’une bande d’agitateurs sans expression bien tricotée. Ces gens réunis dans la revendication sont totalement dispersés et inorganisés au plan politique. Il n’y a que les anciens amis du Commandant Cousteau qui s’en émeuvent, le symbole du découvreur des mers est en passe de devenir celui de la contestation politique sauvage et poujadiste. Pas grand-chose à voir avec la générosité d’esprit et la grandeur de vue du Commandant. On peut faire valoir que ce bonnet rouge là ne veut plus rien dire.

Les quelques dizaines d’affreux qui ont conspué le Président le 11 novembre ne sont pas exactement des citoyens  estimables. Ils sont violents et même brutaux, racistes et xénophobes. Ils transpirent la haine et la bêtise. Ils détestent la République.  Ils se veulent séditieux et fascistes. Leurs modèles ont la mèche et la petite moustache de l’indicible. Vus à la télé ils ne montrent que vulgarité et agressivité.  Ils ne sont qu’une (bruyante) et minuscule minorité, honteuse et bravache à l’image de la une de « Minute ». Cela n’empêche pas les autres journaux d’en faire des gros titres et les gorges chaudes. De Gaulle lui-même eut droit à la même vindicte, Chirac  à un coup de fusil et un député-maire  hier encore à un coup de couteau. Il va sans doute être nécessaire d’embastiller ces énervés pour des raisons de sécurité. Aujourd’hui les médias présentent ces activistes factieux comme des citoyens banals mais il n’en est rien :  ils mettent en danger notre sécurité en vulgarisant par l’exemple la corruption de l’esprit civique.

Le poujadisme breton de son côté,  se greffe sur la crise de l’agroalimentaire mais fleurit sur la destruction des radars. Ces instruments redoutés par tous sont destinés à freiner les forcenés du vin rouge et du volant. S’en prendre aux radars est donc d’évidence une imbécillité profonde. Ces destructions ne fourniront pas un emploi et n’amélioreront en rien la vie des gens. Elles permettront tout juste quelques accidents de la route en plus, quelques  morts d’enfants ou de parents supplémentaires, des handicapés à vie, des journées d’hôpital, des deuils et des drames. Cela n’émeut personne. On parle seulement du prix à payer par le contribuable. Les casseurs au bonnet expriment leur ras-le-bol. Ils n’ont pas d’autres mots pour s’expliquer que ceux de la frustration et de la violence. Ils n’ont pas de pensée politique, peut-être bien pas de pensée du tout, seulement de la colère : inaudible, incompréhensible, impossible à satisfaire. Comme si un gouvernement pouvait sortir de son chapeau des emplois pour tous.

L’opposition UMP a entrepris de reconstruire sa popularité sur le ras-le-bol fiscal. La supposée  overdose n’est pas pour tout le monde, mais on pousse en avant les cas limites pour, en réalité,  protéger les moins fragiles, les plus  aisés , voire les plus fortunés. Prêcher la révolte face à l’impôt est démagogique et irresponsable. La droite a creusé elle-même le déficit, et augmenté la dette de 600 milliards en cinq ans. Dresser les Français contre l’impôt est une mauvaise action. Dans notre pays le service public est le seul vrai patrimoine de 90% des citoyens. Sa dégradation est ce qui peut arriver de pire aux classes modestes. Il faut être très riche pour pouvoir s’en passer, à moins que ce soit  comme Tapie pour le  gruger d’importance. Dans le même mouvement on accuse Hollande de ne pas en faire assez. Chaque fois qu’il manque un bouton de guêtre, la France entière en appelle à l’Etat. Qui va payer ? Cette tactique en est à ses débuts, l’UMP  est encore loin de représenter une force politique unie  et elle est totalement muette sur les solutions. Déshabiller l’Etat certes !  Mais ni Juppé, ni Fillon, ni Maire, ni Copé ne sont capables de dire s’il faut enlever la chemise ou le caleçon.

Les Verts de leur côté se taisent, et jouent les bons élèves tout en s’étripant dans leurs préparatifs de Congrès.. Les rois de l’écotaxe tentent de se faire oublier. Ils se gardent bien de réclamer de nouvelles mesures « écologiques ». C’est que leur programme est anti-croissance, antiéconomique et pour le principal,  anxiogène : à bas le nucléaire, à bas les diesels, à bas l’agriculture intensive. Nous sommes sous la menace permanente du réchauffement climatique. Il serait temps d’ailleurs que les médias nous servent autre chose que du Jousel à chaque repas. Il n’y a pas d’autres porte-parole du dérèglement du climat ?  Les Verts ne servent en rien le gouvernement  Ayrault. Ils vont au contraire le frapper dans le dos à la première occasion. A chacun de donner son avis : le mien c’est de virer les EELV du gouvernement à la prochaine incartade, puis d’autoriser les OGM et l’exploration des gaz de schiste, et je ne parle pas de la sanctuarisation du nucléaire ; notre principal atout industriel.

Le résultat de tout cela est que François Hollande doit gouverner dans un champ de fumerolles politiques , quotidiennement  bombardé par  une grêle de doléances corporatistes ou idéologiques. Le Président reçoit chaque jour   des quolibets et  des avanies de journalistes sans idées et de politiciens sans scrupules. On ne sait plus manier  que l’ironie, la mauvaise foi, le mépris et les à-peu-près. Chacun y va de son casse-croûte. Il ne faut pas perdre un seul lecteur. Il est impératif de caresser l’opinion dans le sens du poil,  de hurler  avec les loups, de se gonfler avec le buzz comme la grenouille avec le bœuf. Alors qu’aucun Parti,  aucune force politique, aucun brain-trust n’est capable d’avancer deux sous de philosophie  ou de projet à long terme, on reproche à Hollande de ne pas avoir de cap, d’être mou, de ne pas dicter sa loi,  en somme. Justement ce Président ne se prend pour le Pape et n’a aucune envie de proclamer son infaillibilité. Ce qu’il veut c’est aider notre société à accoucher de solutions justes et durables. Mais ce vieux pays ne met pas au monde facilement. Il est trop attaché à ses privilèges et à ses vieilles lunes pour accepter de se dépasser et de se montrer, pour une fois, généreux et sûr de lui. Il préfère compter sou par sou plutôt que d’inventer l’avenir. Notre pays est un vieil avare perclus qui ricane de son impotence tout en demeurant  fier de ses inégalités, de ses élites héréditaires et de ses notables enracinés dans la tradition conservatrice.

A ce niveau d’exaspération bien entretenue par les chaînes d’info continue, on tait les contradictions les plus évidentes. On clame partout que les socialistes sont dans les choux mais pour le moment Hidalgo fait beaucoup mieux que NKM dans les sondages et Menucci fait jeu égal avec Gaudin à Marseille. Hérault et Hollande sont à 20% d’opinions favorables, mais Valls est à 75%. Le ministre de l’intérieur est pourtant du même parti et du même gouvernement. Ceci relativise grandement la signification politique des sondages de popularité. Pour moi Valls ou Hollande c’est la même chose. Comment expliquer de tels paradoxes ? Mon interprétation, mais elle n’est peut-être pas la bonne, est que les citoyens d’aujourd’hui n’ont pas une pensée politique structurée. Les gens  sont devenus des consommateurs au jour le jour, qui s’inquiètent plus de l’emballage que du contenu. Ils veulent de la neige à Noël et être rasés gratis en rentrant de Méribel.  Avec une bonne dose d’égocentrisme et de goût pour les rapports de force, qui ont fait la fortune du sarkozysme au cours du précédent mandat. Il est clair que le gouvernement Hollande est en rupture totale avec cette conception.

Tout cela n’est pas très gai, mais je vois quand même des raisons d’espérer. François Hollande et son gouvernement sont des gens intelligents et dévoués à la cause publique. Ils n’ont certainement pas l’impudence de l’équipe précédente qui maniait avec brio le dédain  des opposants  et de leurs responsables. Les sociaux-démocrates  sont persuadés que les réformes doivent se faire dans le dialogue et la concertation. Ils savent aussi que la baguette magique n’existe pas et que l’économie du paquebot France doit être dirigée avec prudence et mesure. Ils savent comme le disait F. Mitterrand « qu’il faut donner du temps au temps ». Ils s’adressent aux Français comme à des adultes et des gens responsables, suffisamment informés pour être conscients des difficultés.Ils demandent à être jugés sur les résultats et s’interdisent toute démagogie.  On ne peut pas mieux dire. La méthode est respectable mais il n’est pas sûr qu’elle soit comprise. Nous n’avons pas  la garantie de voir gagner les forces de l’esprit sur celles de l’impatience, de l’égoïsme et du chacun pour soi. Si échec il y a, ce que je ne saurais souhaiter ce sera l’échec de l’intérêt collectif, le recul  du lien social et l’abaissement  de notre pays. Nous n’en sommes pas là, il faut tenir bon et se souvenir que d’autres Présidents ont traversé des épreuves terribles mettant des millions de gens dans la rue. Pour le moment nous ne voyons pas cela venir, pas de panique Saint François !

 

01/06/2013

Changement de temps


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 Kandinsky Un sentier de Bohême en automne

 

 

En cette fin de semaine j’oublie moins que jamais ma dévotion à Saint François de Tulle dont je suis le bedeau attitré. Les temps changent. Avec la météo pourrie  s’estompent également les derniers ruissellements du Hollande « bashing ». Le Corrézien a eu bien raison d’opposer depuis son élection sa sagesse et son entêtement à l’impatience des média et aux quolibets de ses adversaires. Il a même dû calmer certains de ses amis  de leurs excès de fébrilité militante. Comme je l’ai appris dans ma jeunesse en affrontant des forces 7 ou 8 dans le nez à trois heures du matin sur mon voilier, il faut se persuader sur le pont  que les coups de vent ont une fin et qu’après eux reviennent  les brises légères et porteuses. Pour le Président le signe annonciateur est un coup d’arrêt dans les sondages. Comme le titrent les journalistes, une embellie semble enrayer  la chute vertigineuse, le décrochage abyssal de la cote de popularité du Président. On est toujours plus prolixe dans le négatif que dans le positif. Cela semble plaire infiniment à nos concitoyens.

 

Mais ce ne sont pas ces enquêtes d’opinion qui me réjouissent, ce sont d’autres investigations. La dernière date d’hier soir avec la mise en examen de la filiale UBS France, pour pratiques frauduleuses qui proposaient aux gens riches de faire de la dissimulation fiscale au détriment de l’Etat français. Notre justice se réveille ! Ces faits remontent à une dizaine d’années, ils ont pu se déployer, Cahuzac en tête, sur notre territoire sans que nul ne soit inquiété. Les temps changent vraiment. Le ciel s’éclaircit. Au même moment, voilà que se trouve mis en examen un ancien Président de Tribunal, un vénérable de 86 ans Pierre Estoup. Je n’en reviens pas ! Dans les années Sarkozy le même homme, bien sous tous rapports, était choisi par notre administration,  avec deux autres grands bourgeois bien établis, pour régler un litige avec Bernard Tapie. Jusqu’à présent on répétait partout que c’était la meilleure solution car on faisait économiser du temps et de l’argent à l’Etat. C’était la parole de l’excellente Madame Lagarde, qui n’a pas une tête à être copine avec Tapie ! Et voilà qu’aujourd’hui ce Pierre Estoup est inculpé d’escroquerie en bande organisée !

 

Ces deux dossiers  ont une autre signification sociale que les mises en examen des petits apparatchiks socialistes qui en comparaison sont des vrais gagne petit, sauf peut-être pour le bandit corse de la région PACA. La presse de droite a tout fait pour en faire le  pendant d’équilibre droite-gauche pour finir avec un "tous pourris", et vive la belle Marine. Pas de chance, même elle se prend les pieds dans le tapis , se casse le fessier dans sa piscine et peut-être aussi un peu dans sa molle opposition au mariage gay. On sent une grosse déconfiture à droite avec pour décor ultime les avatars de la primaire pour la mairie de Paris.

 

Mes camarades militants du PS doivent se rendre compte que la lutte contre l’évasion fiscale et contre les entourloupes d’Etat est aujourd'hui devenue une réalité et les preuves que la société peut changer, même si  ça demande du temps et beaucoup de confiance. Remarquons au passage que notre excellent Bernard Cazeneuve devenu ministre du budget ne manquera pas ses cibles quand elles passeront à portée de ses fonctions, en particulier celles de l’affaire Karachi. J'en vois pour confirmation , même si notre ministre  n’y est bien sûr pour rien,  que Ziad Takiedine est remis en prison depuis hier. Copé était quand même un grand ami de cet homme aux allures d'aventurier-truand, puisqu'on l'a vu nager dans les eaux troubles de sa piscine et de son  yacht.

 

Bien sûr tout ceci est satisfaisant mais ne peut avoir rien de définitif sans un retournement économique pour que les entreprises cessent de se plaindre et investissent à nouveau,  qu’elles arrêtent de spéculer dans la finance pour s’impliquer dans la bagarre industrielle et la compétitivité. Ce n’est qu’ensuite que le chômage cessera d’augmenter et que le pouvoir d’achat s’améliorera. Seulement alors, les Français vivront mieux. Les bonnes mesures ont été initiées au printemps  par le gouvernement. Elles ne peuvent pas avoir d’effet avant l'automne mais elles en auront ! Dans six mois, dans un an !  Saint François prêche pour une social-démocratie sobre, industrieuse et juste. Je suis l’un de ses partisans lucide et déterminé.

25/01/2013

La droite KO debout


 

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Pablo Picasso. L'homme à la sucette


Au troisième round l’opposition de droite est sonnée pour le compte. Le match avait pourtant commencé fort, dès l’élection du Corrézien devant un public impatient. Au dire des connaisseurs, cet homme indécis, élu par défaut, allait nous mener dans le flou et le mou. La presse et les éditorialistes ont savonné pendant tout l’été la planche de départ du nouveau gouvernement. A droite on alimentait avec gourmandise le procès en inexpérience et en amateurisme, Pécresse, Lemaire, Bertrand prenaient des airs suffisants. Fillon et Copé avaient très peur pour la France, le gouvernement allait s’écrouler, la dette proliférer, les capitaux s’évaporer et je ne sais quoi encore. On allait assister à une explosion en plein vol, au chômage, à la misère…On se gaussait de couac en couac, le changement de premier ministre était pour demain. Les militants de l’UMP se moquaient et riaient, riaient…Le Président lui-même n’irait pas au bout du combat, c’est-à-dire de son mandat et irait rejoindre sa Trierweiler, rejetée dans la même opprobre. On s’étonnait même du calme olympien du nouveau Président qu’on finissait par qualifier d’optimiste béat.

 

 

Au lieu de s’inquiéter pour le pays, Copé et Fillon auraient mieux fait de s’inquiéter pour eux-mêmes. Contre toute attente, la spéculation sur les dettes souveraines  a été surmontée et nous avons pu dès lors emprunter sur les marchés à des taux historiquement bas. Cette nouvelle donne était un contre massif à l’estomac de tous les augures de droite et des économistes libéraux qui prévoyaient pour nous un destin à l’espagnole ou même pire, à la grecque. C’est pendant ce deuxième round de novembre et décembre que l’accident industriel de l’UMP est survenu. Nos forts en thème qui donnaient des leçons de gouvernance à tout va, nous ont joué impromptu, un remake du Bon, de la Brute et du Truand, jusqu’au classique duel final au pistolet à  36 coups. Il n'y’a pas eu de corps à corps avec la gauche, l’UMP s’est prise seule, librement, volontairement, les pieds dans le tapis.  Tous les leaders de droite ont reçu des coups, des horions aux effets durables qui ont affecté même Juppé et Sarkozy, tentés par l’arbitrage. Ces deux-là n’ont pas tiré un seul marron du feu, et ils se sont brûlé les doigts en prime.

 

Le troisième round a débuté après les fêtes de Nouvel An. Il a commencé par un direct du droit à la figure de l’UMP qui tentait de reprendre son souffle. La patronne du Medef, son alliée traditionnelle, va jusqu’à s’entendre avec trois syndicats pour débloquer un certain nombre de contraintes cruciales concernant la compétitivité des entreprises. La méthode Hollande a porté ses fruits. Les partenaires sociaux ont pris le temps de la discussion, de la concertation et de la négociation. On peut dire merci à Jacques Chérèque. Cet accord est porté au bénéfice du gouvernement et du Président. Dans les média on commence à s’interroger sur le bienfondé des critiques incessantes, dont peut-être, l’opinion se fatigue. On ne parle plus de dégringolade ou de chute abyssale dans les sondages. Malgré une succession de dévissages proclamés  les opinions favorables restent peu ou prou aux alentours de 40%.

 

C’est à ce stade que le mariage pour tous semblait à l’UMP une occasion en or pour se refaire. Chacun de ses porte-parole s’est mis à faire des contorsions pour emboiter la démarche de protestation des catholiques. Malheureusement les figures de proue du mouvement ont donné une image bien rance d’eux-mêmes, componction des soutanes, conformisme des cathos bcbg et par-dessus tout, une Frigide Barjot qui est à elle seule une vraie caricature. Cette artiste a transformé les cortèges des manifestations en parades de carnaval. Dans cette opinion, gouvernée par les images, le mouvement « anti » a perdu ainsi beaucoup de sa respectabilité, qualité cardinale dans les confessionnaux, les églises et les cathédrales.

 

Mais cette passe d’armes aurait pu prendre un véritable élan,  sans l’épopée du Mali. L’armée française se voit du jour au lendemain contrainte de voler au secours de son ancienne colonie  et de bloquer les pick-ups djihadistes sur la piste de Mopti. L’opération bénéficie du consensus international et des vivats des Maliens eux-mêmes. On admire la rapidité d’exécution et la tournure martiale du bonhomme François. Coincée, l’opposition de droite, de Borloo à Le Pen, donne satisfecit au gouvernement et ne peut qu’approuver. Opportunément, l’attaque d’In Aménas vient rappeler à tout le monde l’urgence de mener une guerre radicale aux terroristes et preneurs d’otages, et elle contribue à conforter la France dans sa propre intervention au Sahel. Pour la première fois l’Algérie prête main-forte et ne peut que se féliciter d’une opération qui un mois plus tôt lui apparaissait prématurée et suspecte.

 

Après son bras d’honneur télévisé adressé à Alger, Gérard Longuet peut toujours essayer de donner des leçons à notre diplomatie. Pour violente qu’ait été la réaction de l’armée algérienne à In Amenas, la communauté internationale lui est quelque part reconnaissante d’avoir refusé d’entrer dans le jeu tragique des preneurs d’otages. On sait finalement que le rachat des captifs ne fait que préparer des rapts ultérieurs et alimenter les caisses du djihad. Bouteflika a accepté de prendre sur lui le poids de la cruauté et de la violence, mais il faut bien se rendre à l’évidence qu’aucune solution acceptable n’était à portée. Morts pour morts, les sacrifiés d’In Amenas auront participé à la lutte radicale contre cette terrible dérive dont la référence définitive est celle des milliers de victimes des tours de Manhattan.

 

Le combat droite-gauche, sur le ring de la politique intérieure est en train de tourner à l’avantage de notre Président. Le calme, la modération des propos, le respect de toutes les opinions, y compris celles de l’opposition la plus virulente, sont des ingrédients qui font merveille à moyen terme. Claude Sérillon qui vient d’accepter de travailler à l’amélioration de la communication me semble jouer un rôle utile. Je l’ai dit, Saint François est entré aux responsabilités sous le signe de la chance. Il semblerait que celle-ci ne soit pas encore prête à le lâcher.

 

PS/ et pour finir, voilà-t-il pas que F. Cassez sort de sa geôle et que les premières offres de négociation viennent de l’Azawad…

 

04/01/2013

Bonne année François !

 

 

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Manet, Moine en prière

J’espère que ma lettre va te trouver en bonne santé, toi et ta famille. J’ai une petite pensée pour ta femme Valérie et je lui recommande de bien surveiller ton régime pour que tu gardes la forme et la ligne. Surtout, surtout, n’oublie pas de toujours mettre ta cravate de travers car j’ai horreur de la symétrie. En ce début d’année, je te souhaite de garder à tout moment ton calme, ton sourire et ton humour. N’écoute pas les gens qui te critiquent, ce sont des mauvais et des jaloux qui ne voudraient qu’une chose, être califes à la place du calife. Si nous avons voté pour toi et si tu as eu la majorité des électeurs avec toi, ce n’est pas par hasard, c’est parce que le peuple l’a voulu et ça personne ne peut l'empêcher. Nous autres, tes cousins de province, nous avons bien reconnu en toi le Président normal, juste et simple qu’il nous fallait. Nous en avions vraiment assez de voir ce Sarko faire son intéressant à tout bout de champ.

 

Cher François, il faut que tu restes persuadé que les bonnes fées se sont penchées sur ton berceau et que tu as bien choisi ton créneau, ta fenêtre de tir comme on dit. DSK descendu en plein vol, Sarko désarmé par ses options hasardeuses, l’UMP plongée dans un accident industriel, et pour couronner le tout, la fin de la sécheresse et la recharge abondante de nos nappes d’eau, tous ces évènements sont des signes qui ne trompent pas sur une conjonction des planètes qui t’est exceptionnellement favorable. Encore tout récemment l’épisode du gros Obélix sarkozien qui refuse de payer ses impôts tourne à ton avantage après avoir bien fait ricaner l’opposition. Depardieu devenu un  Raspoutine de Grand Guignol, c’est presque inespéré. Je ne peux pas croire qu’il puisse jamais servir de caution aux candidats à l’exil fiscal qui sont des gens autrement sérieux !

 

Malgré tout cher cousin, il reste beaucoup à faire. Nous ne doutons pas dans la famille, que tu vas réussir à inverser la courbe du chômage, malgré les pisse-vinaigre qui jurent leurs grands Dieux que c’est impossible ! Les observateurs attentifs que nous sommes voient chaque jour les signes avant-coureurs que la conjoncture se retourne. Arrêtée la spéculation sur les dettes souveraines et l’euro, dont on disait il y a six mois qu’il serait foutu au printemps de la nouvelle année ! maîtrisées les difficultés de la BCE ! stoppé le chômage en Espagne ! remise sur les rails, l’économie grecque ! arrangé le mur budgétaire ou le précipice,  je ne sais pas trop, d’Obama ! et maintenant les bourses remontent ! Six mois de Présidence et nous sommes sortis du psychodrame, de la réunion de la dernière chance et du bluff de la droite.

 

Malgré tout mon bon François, veille bien sur le triangle des Bermudes qui rejoint Paris à Londres et à New-York. Ces gens qui sautent d’un avion dans l’autre, qui ont des affaires partout et qui planquent leur fric aux ïles Caïman sont des gens redoutables. Je peux le dire parce que je suis un pauvre ver de terre qu’ils ne voient même pas quand ils l’écrasent de leurs hauts talons vernis. Ces gens-là n’ont pas de patrie, sauf celle de leur compte en banque, leurs enfants sont dans des écoles à Londres et à New-York, leurs biens sont tous négociables à la vitesse de l’éclair, ils sont intouchables, ou en tout cas ils crient très fort dès qu'ils se sentent visés, et ils commandent nos journaux, nos radios et nos télévisions. Tu vois nos vrais ennemis ce ne sont pas le Crédit Agricole ou la Société Générale, ce sont ces gens sans foi ni loi qui se croient partout et toujours au-dessus des règles, qui roulent des épaules en Porsche et en yacht de soixante mètres. Mille cinq cents personnes qui gagnent plus d’un million d’euros par an font plus de bruit que dix millions de smicards. Cher François nous comptons sur toi, dans notre lointain Cotentin,  pour rouler ces gens- là dans leur propre farine et rendre un peu d’équité et de respect aux gens comme il faut  que nous sommes.

 

Avant d’en terminer Monsieur mon cousin et Cher Président je te prie de faire le nécessaire pour distribuer des petits pains au chocolat à tous nos enfants, leur apprendre à compter et à lire, mais aussi leur montrer le chemin de la liberté, de la responsabilité et du respect. Si vous faites tout cela cher François, je voterai encore pour vous en 2017.