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09/06/2010

Chroniques de l'Ane n.s. 2 - L'écume des jours

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Il y a des jours où la télévision et les journaux vous rendent la vie insupportable. Hier soir, c'était BHL qui se pavanait à Canal + pour dire le contraire de ce qu'il avait déclaré quelques jours plus tôt dans l'Appel des juifs européens. La mauvaise foi n'a pas de limite, et on ne voit pas pourquoi elle en aurait,  puisque ça marche et que cet intellectuel jetable tient le haut du pavé.


Ce matin, c'est Christine Boutin qui justifie sans vergogne sa façon d'escroquer la République.  Elle reprend un argument que j'entends depuis  toujours : « Je suis une bosseuse ». Tous les mecs qui se font du blé plus ou moins malhonnêtement en disent autant. La Boutin est en bonne compagnie, si on croit le Canard. L'appartement d'Estrosi, celui de ni Pute ni Soumise et tout un tas d'autres petits arrangements avec l'honnêteté et l'honneur qu'on ignore, fleurissent dans la bonne société bling-bling.


A côté de ça, changement d'époque, on nous montre le Grand Général ramer en quarante, face à Pétain le Zombie et à Reynaud le Pétochard. Heureusement de Gaulle trouve son alter ego, avec l'inénarrable Churchill. Rien que pour celui-là,  on est content d'avoir des amis britanniques ! A revoir l'extraordinaire mollesse des politiciens et des militaires face au nazisme, on se dit que l'humanité a eu bien de la chance de survivre. Aujourd'hui on n'a plus de Général et encore moins de Winston, l'artiste peintre qui boit du whisky et fume le cigare en traitant des affaires du monde.


Pendant que la République distribue les prébendes, on nous répète que les caisses de l'Etat  sont vides et on s'apprête à tondre la laine sur le dos de la majorité silencieuse. Après tout,  il faut se convaincre que c'est la bonne solution. Au moment où les moutons de Panurge vont se précipiter dans les passions du ballon rond, délicatement manipulés par les nouveaux millionnaires de l'Eldorado sportif, on peut penser que nos concitoyens sont  prêts à subir toutes les arnaques d'hier et de demain.


En passant devant sa pâture,  je me suis arrêté quelques instants pour m'entretenir de la gravité de la situation avec mon âne Tonnerre. Le ministre* m'a confié que vu son espérance de vie, qu'il estimait à une trentaine d'années, il aurait le temps de voir comment tout ça va finir et qu'il n'était pas pressé. Ce qui n'est pas mon cas. Il m'a expliqué avec sagesse et dans le langage des ânes : Laisse béton Papie, à ton âge, il y a mieux à faire que de renifler l'écume des jours.

 

* Dans le Cotentin on appelle souvent  ministre l'âne de la maison