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09/09/2012

Les rats quittent le navire

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Ils menacent de quitter le navire France. Les 1% de nantis qui nous gouvernent par lobbys interposés vont devoir trouver de nouvelles stratégies. Certes, ils ont pour l’essentiel le contrôle des médias et celui des grands mécanismes financiers. Ils peuvent tout acheter , les grands yachts et les petits esprits, y compris  la justice et la loi. Jusqu’ici,  les tractations avec le gouvernement élu de la France s’opéraient secrètement. Les visiteurs de l’Elysée empruntaient nuitamment les portes de derrière réservées à l’usage des domestiques. Des petits Alain Minc trottaient partout comme des rats dans les couloirs. Des Bettancourt plus ou moins débranchés pouvaient corrompre à tout va. Le jeune Lagardère pouvait minauder avec sa starlette sans qu’on lui demande des comptes. Tapie pouvait étaler le fruit de ses rapines publiques sans être inquiété. Les accords se scellaient contre monnaie et privilèges. La suprématie des plus riches était assurée par des accords de classe inavoués. En un mot les nababs étaient adulés et cités comme des exemples vertueux.

 

Cette collusion politico-financière est justifiée à droite par le chantage au chômage et à la fuite des capitaux. D’ailleurs on voit Fillon et Copé en rajouter dans ce registre sans qu’à aucun moment on ne songe à leur reprocher l’irresponsabilité et la lâcheté de leur attitude. Le pouvoir politique qui réclame qu’on se couche devant les moindres désirs  de nos élites du Gotha financier est d’évidence corrompu. Le tintamarre orchestré autour de la tranche d’impôts à 75% est éloquent. Tous les éditorialistes redoublent de verve pour agonir notre gouvernement et notre Président. Les valets aboient pour protéger leurs maîtres car leur place en dépend. Au Figaro comme un seul homme, au Point, à l’Express, on rivalise d’invention, de morgue et de mauvaise foi. On lance des rumeurs pour mieux se plaindre. La fausse nouvelle est employée chaque jour et attribuée aux milieux autorisés ! Ah Coluche tu nous manques !

 

Les cris sont perçants et l’agitation est intense. Le scandale est permanent. On nous présente les exilés fiscaux comme des héros. Le patriotisme est foulé aux pieds.  La trahison est louangée par nos plumitifs  et les attentats à la solidarité nationale sont justifiés. Les puissances occultes sont éditées et mises en batterie par Dassault, par Lagardère, par Bouygues, tous ces misérables héritiers qui n’auraient jamais existé sans leur père et qui aujourd’hui font la pluie et le beau temps au Figaro, à Europe 1 et à TF1 !

 

Seulement depuis 100 jours, le pouvoir politique a changé de nature. Les patrons sont reçus au grand jour et les pourparlers ont lieu ouvertement. On a même tenté de salir le Président et le Chef de Gouvernement en les suspectant de complaisance par cette invitation officielle ! Nous allons connaître ce soir par François Hollande les conclusions du deal. Je gage qu’elles ne seront pas favorables à nos 1% de cancrelats parasites. Ce qui expliquerait qu’on ait assisté toute cette fin de semaine à une véritable bronca orchestrée dans les journaux et les télévisions. Il va falloir que les amis de Sarkozy se fassent une raison. Ils peuvent changer de nationalité ou de résidence. Ils peuvent mettre leurs sous (ce qu’ils font déjà) en Suisse, à Monaco, à Jersey ou aux Caïman , mais ils ne pourront pas en même temps nous donner des leçons de moralité ni se revendiquer de leur génie créatif. Ils seront définitivement  des petits boutiquiers sans grandeur, parasites et apatrides.

01/02/2011

Saint Michel Archange, Rocard bien entendu !

Rocard, PS, gauche,

J’ai toujours été un admirateur de Michel Rocard et je l’ai toujours tenu comme un homme politique exemplaire, intègre et dévoué à la cause publique. Mon soutien avait faibli depuis quelque temps, terni par l’insistance du vieux lion à demeurer sur la scène politique. Quoiqu’on dise des vieillards (ces bibliothèques vivantes…) et de leurs capacités intellectuelles intactes, j’ai un doute sur la véritable pertinence du quatrième âge à entreprendre ou à concevoir de grandes choses. Je vois plutôt dans leur entêtement un refus de lâcher la main et de laisser le monde se faire sans eux.

 

Le vieux Rocard (84 ans) n’est pas prêt de se convaincre que la France peut faire sans lui, qu’elle soit de droite ou de gauche. Il y a plusieurs raisons à cela, 1) très tôt il a été formé à l’exemple d’un père têtu comme une mule de science, 2) il est passé à  l’adolescence par l’apprentissage boy scout aujourd’hui encore revendiqué, 3) il est sorti de l’ENA avec un attachement viscéral à la gestion des affaires publiques.


Tout ceci ne serait rien, si avec les années, il ne s’était pas forgé la conviction, pas tout à fait fausse, qu’il était le meilleur de tous pour démêler nos affaires d’Etat. Dans son livre (Si ça vous amuse, Flammarion, 2010) il rappelle ses principaux faits d’armes comme Ministre de l’Agriculture (mars 83-avril 85) et comme Premier Ministre(mai 88- mai 91). Il raconte avec jubilation comment il arrive à « ficeler » des dossiers réputés intouchables, crises agricoles et leurs fameux montants compensatoires, Nouvelle Calédonie, Statut d’Air France, CSG…et même,  réforme de l’orthographe !

 

La méthode est toujours la même : choisir les bonnes personnes, les informer, les convaincre, en faire des alliés, ne jamais se laisser aller à des effets d’annonce, garder toujours le registre de la modestie et de la satisfaction du travail bien fait, oublier sa propre promotion. Après autant d’années à s’échiner sur la gouvernance et la gestion publique des grandes affaires de la collectivité, avec autant de passion désintéressée, on mérite un peu plus qu’un sourire amical,  même face à certaines outrances (la proposition à Ségolène de la remplacer au pied levé en 2007 par exemple). C’est ce que j’ai pensé en lisant ce livre très vivant et très documenté qui rappelle les réalités terre-à-terre des rapports de force dans les gouvernements.

 

On est ainsi stupéfait, parfois, que des grands hommes puissants et intelligents, réagissent sur certaines questions avec conformisme et banalité, soucieux de rester dans leur camp plutôt que dans la vérité. On voit bien qu’à l’époque certains beaux esprits étaient contre Rocard pour faire plaisir à Tonton. Non seulement Rocard avait le courage de s’attaquer aux questions difficiles, mais il le faisait sous le regard sourcilleux et parfois narquois de son vieil ennemi intime, François Mitterrand. On imagine que le chef scout eut à souffrir de cette situation, lui dont la vocation était de porter aux nues son patron, le Président de la République. Michel Rocard n’est pas révolutionnaire pour un sou, pour lui le progrès doit s’accomplir dans l’ordre et la puissance hiérarchique et son premier devoir est de respecter la Constitution. Il rappelle à cette occasion, qu’un seul de ses textes de loi a été épinglé par le Conseil Constitutionnel, d’ailleurs saisi en l’espèce à sa demande.

 

C’est avec la même application, la même bonne volonté juvénile que sur  une proposition  de Sarkozy (pour qui c’est tout bénef politique, en tout cas symbolique) il se lance dans l’étude des grands dossiers juridiques concernant les pôles ou bien celui de la taxe carbone. Il fait même équipe avec A. Juppé pour plancher sur le « Grand Emprunt » et faire un énième livre. On voit bien que l’ami Rocard n’est plus dans le combat politique dont il n’a plus rien à attendre. En revanche on ne peut  l’empêcher de mettre le doigt dans le pot de confiture du pouvoir organisationnel, pas pour l’argent ni pour les honneurs, pour le plaisir tout simplement !

 

Si vous voulez mon avis,  on ne trouve pas des petits gars comme ça tous les matins ! Je ne vois qu’un endroit de Paris pour perpétuer sa mémoire, c’est la Place de la Concorde ! Et pourtant je suis persuadé qu’il faudra plusieurs dizaines d’années pour baptiser à son nom la moindre venelle, fût-elle la plus modeste des impasses du Quartier Latin. Il faut dire qu'il aura passé son heureuse vieillesse à empoisonner les militants de gauche et de droite les plus convaincus et les plus dévoués ! Allez donc faire de la politique après ça !

17:33 Publié dans histoire, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rocard, ps, gauche | |  Imprimer

09/09/2010

ELOGE DES VOLEURS DE POULES

romanichels2.jpgDans notre pays on les appelle les bimblots, sans doute à cause de leur manie de vendre par les maisons toutes sortes d'attrape-nigaud. De manière plus générale on parle de bohémiens dans les livres, ou de romanichels dans les roulottes, de zingaros chez les macaronis, de tziganes en concert, de gypsi en danseuses de flamenco et de gitans pour les  gibiers de prison. Cette abondance de mots nous dit bien qu'entre rêve et réalité, ces nomades nourrissent notre imaginaire, de notre besoin d'exotisme à la détestation. Ils sont de magnifiques boucs-émissaires.

 

Notre foutu Président  a réussi à nous faire croire que  le rêve était mort et que l'humanité était tarie pour des siècles et des siècles. Avec lui, toutes les femmes sont devenues des mannequins et la vraie musique ne peut se jouer que dans les stades. Notre capitale est Neuilly et  l'Elysée est habitée par Al Capone. Dans ce cas de figure, les nomades sont des étrangers et la pauvreté est un grand vice qu'il faut expulser du corps social. A défaut d'enrichir les pauvres on peut encore faire croire aux citoyens qu'on peut les évacuer et les reconduire aux frontières. Il faut bien expliquer au peuple que les vrais  profiteurs sont les pouilleux qui abusent des lois sociales  et font tache dans notre paysage d'affairistes et de boutiquiers. Il faut lâcher les bofs contre les campements de vagabonds.

 

Je ne crois pas que s'acharner sur les galeux rende meilleur. On voit bien à travers l'affaire Bettancourt que la richesse corrompt et que le pouvoir rend fou. Faut-il leur rappeler, à ces étranges chevaliers de la Banque et de la Finance que de surnager dans la marmite populaire comme la graisse dans la soupe aux choux, est un vain exercice et qu'il n'y a pas si longtemps Marie Antoinette  a perdu sa jolie tête à ce jeu de l'injustice et du mépris.

 

La Droite UMP participe au massacre des valeurs républicaines, même si c'est du bout des lèvres. L'épisode des Roms,  infâmant pour le pays tout entier, laissera des traces durables et il va falloir qu'apparaisse dans nos rangs, je veux dire à gauche, un leader capable de cautériser cette veulerie et cette absence d' humanisme. Pour le moment, on ne voit pas la personnalité qui réunisse les qualités morales et l'autorité philosophique nécessaires à cette réparation d'urgence. Après la bimblotterie politique (dans laquelle je range le fameux care), va-t-on enfin voir poindre un horizon lumineux  d'humanité ? Si c'est le cas, il faudra remercier les voleurs de poules. 

10:50 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : roms, humanisme, gauche | |  Imprimer