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21/02/2011

La bass'iau : au nom de la liberté on fait n'importe quoi !

 

 

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Il n’y a pas si longtemps, les plages du Val de Saire étaient des dépotoirs. De mes yeux j’ai vu les déchets de carotte, de choux, les vieux sommiers, les déblais de travaux publics. On sait maintenant que c’est un péché. On ramasse les bouteilles vides et les flaques de pétrole lourd ont à peu près disparu. On commence aussi à protéger les oiseaux qu’on voit de plus en plus s’ébattre sur nos rivages. On ne sait pas encore se débarrasser des bicoques, et des cabanes qu’on appelle par euphémisme administratif des habitations légères de loisirs, ou même dans certains endroits  des villas ou des pavillons qu’on demande ensuite à l’Etat de protéger par des digues. On a massacré nos champs de dunes et nos estuaires  pour construire des nullités : au nom de la liberté !

 

 

La pêche à pied est une habitude solidement ancrée. Je l’ai moi-même pratiquée avec mon grand-père, qui empruntait Marquise au voisin pour nous mener en carriole une fois par an,  de Sottevast à Sciotot !  Il y a longtemps qu’on a supprimé le braconnage dans les cours d’eau ou dans les forêts et qu’on a réglementé la chasse.  Pour l’océan et les plages,  on veut toujours croire que l’espace appartient à tous, c’est à dire à personne et qu’on peut y puiser sans contraintes. Ainsi voit-on arriver des hordes déchaînées de râteaux, de fourches, de seaux et de paniers qui se lancent à l’attaque à chaque grande marée, presque au pas de course pour arriver avant les autres. Les espaces qu’on croirait hors de danger  parce que moins accessibles, sont les premiers ravagés par les prédateurs  de la Grande Marée !. Grossière erreur ! deux jours suffisent pour tout piétiner, faire rouler les cailloux et ravager les bancs de couteaux et de palourdes.

 

Au nom de la liberté du populaire on proclame le bord de mer espace vierge et hors la loi, en protestant de la bonne foi des usagers et de leur connaissance du milieu.  Foutaises ! aucun de ces praticiens bottés et caoutchoutés aux idées bien arrêtées, ne laissera un homard dans sa roule, ou une praire dans son lit de sable, ou une huître sur son caillou. Ce qui échappe, c’est ce qui n’a point été vu, et plus le pécheur à pied est averti, plus il en trouve et plus ses cueillettes sont abondantes et destructrices !

 

Pour ceux qui croiraient que ces débonnaires cueilleurs de la pêche à pied ont une activité marginale, il suffit de leur rappeler que les prélèvements en tonnage à l’année sont aussi importants que ceux de la pêche professionnelle. A ceci près que la bande côtière de balancement des marées est autrement plus sensible, biologiquement parlant, que celle des grands fonds. On a massacré nos côtes par toutes sortes de constructions imbéciles et prétentieuses et on continue de le faire. On a évacué dans la mer toutes sortes d’eaux usées et de lessivages de sols pollués, même si on réglemente et  si on tente aujourd’hui d’arrêter. Il serait temps de se convaincre des règles d’un vrai respect de la nature, et de se rendre compte que les populations naturelles doivent être épargnées et sauvegardées. Ce respect des milieux naturels dans nos contrées ne met pas aujourd’hui en jeu la survie des gens. Il nécessite seulement de rompre avec le vieil attachement préhistorique à l’activité de chasse et de cueillette!  Alors si on prétend être un écolo, qu’on commence par s’interdir la pêche à pied une année sur deux, ça ne fera de mal à personne et on verra le résultat !

 

Voir aussi ma note précédente sur "La pêche à la baleine  à Jonville..." (le 5/01/2011)