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02/11/2009

Histoires d'Ho à Pasteur

 

 

Tout a commencé comme un repas de famille qui vous reste sur l’estomac. Vous accusez la fraîcheur des huîtres ou bien la verdeur du blanc sec et vous vous dites que cette malencontreuse indigestion va se résorber dans le bouillon de légumes. Hélas il n’y avait pas eu de repas de famille, pas d’huîtres, pas de Muscadet, seulement des crêpes et du muscat de Hambourg. Point d’indigestion donc, mais une inflammation de la vésicule qui m’a valu d’appeler le 15 à six heures du matin.

J’ai donc fait l’expérience d’une intervention d’urgence pénible et inquiétante qui m’a conduit au bloc opératoire après quarante huit heures d’hésitations.

 

Tout a été dit sur la difficile condition du malade réduit à subir, si possible avec le sourire, les vannes du brancardier, les mise en demeure des femmes de service, les apparitions pressées des infirmières, les visites parfois cocasses des internes, et souvent aussi les brusqueries péremptoires des médecins. Tout serait supportable si vous n’aviez pas du fond de votre détresse douloureuse de malade en souffrance, l’impression désespérante d’être devenu un cas, un objet correspondant à des paramètres mystérieux dont vous ignorez les termes et la signification. Et comme vous ne pouvez abdiquer sauf à mettre un pied dans la tombe, vous prenez votre courage à deux mains pour demander d’une voix dolente : Madame s’il vous plaît, quels sont ces produits que vous avez mis dans la perfusion ?

 

Les réponses à ces questions ou à toutes autres du même genre,  sont toujours laconiques. Elles sont vécues comme une remise en doute de la pertinence des soins ou de la confiance du malade dans le système. On vous répond à côté ou par des boutades, on emploie des réponses toutes faites ou infantilisantes et vous avez en permanence l’impression qu’on vous mène en bateau. Une impression qui se renforce avec le « petit » personnel. Un bol de soupe devient un acte thérapeutique de la plus haute importance qu’on vous assène de manière péremptoire.

 

Pour le reste je ne saurais mettre en doute la pertinence des soins et du processus chirurgical, qui m’a valu une estafilade généreuse d’une basse côte à l’autre. Je déplore d’autant plus les manières ahurissantes d’un certain nombre de personnels qui considèrent les malades comme des gêneurs qu’il faut tenir à distance. J’ai nourri pendant mes nuits d’insomnie des pages dithyrambiques pour calmer mes colères et mes angoisses. Après quinze jours toutes ces indignations accumulées se sont estompées, mais elles expliquent que je n’ai rien écrit sur ce blog.

12:29 Publié dans Actuelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hôpital | |  Imprimer