lalettreducotentin

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/12/2014

Que leur faut-il encore ?

Rousseau 1.jpg

 

La jungle selon le bon Henri, douanier

 

 

La nouvelle est à peine connue qu’on cherche déjà la petite bête dans la libération de Lazarevic. Et si Hollande n’y était pour rien ? Et s’il avait vendu son âme (et pas seulement) au Diable ? Et s’il était en train de mentir ? Bien sûr on suppose seulement, mais supposer c’est déjà accréditer l’idée. Comment voulez-vous croire ce Président déguisé en apparatchik avec chapka et pelisse ?  Il nous a déjà fait le coup du ridicule en prononçant un discours sous la pluie à l’île de Sein ! D’ailleurs Sarkozy lui-même trouve notre Président ridicule ! Ce Sarko qui marche en canard dans le couloir de l’UMP d’où il raccompagne ses visiteurs en leur palpant les bras et les épaules, en connaît un rayon ! Pour le ridicule Sarko est un spécialiste !

Hollande s’est trompé sur le retournement de la conjoncture économique en 2013. Il a été contraint de se plier à la rigueur budgétaire alors que la croissance était en panne. Il le fallait sous peine de se retrouver avec des intérêts sur la dette tellement élevés que nous aurions risqué la banqueroute, d’ailleurs annoncée comme certaine par les économistes libéraux en 2012. Avec des socialistes rien de bon ne pouvait arriver. Hollande a donc évité le pire en osant des impôts très lourds. Personne ne lui reconnait le mérite d’avoir évité la banqueroute mais tous l’accablent du matraquage fiscal !

La rigueur budgétaire a donc gelé la croissance. L’Allemagne aujourd’hui s’en aperçoit. La BCE aussi qui prévoit de mettre de l’argent frais en circulation. Toutes choses que réclamait Hollande en 2012 et qui ne furent pas acceptées. Est-ce que des gouvernements de droite, Merkel en tête, peuvent écouter des gouvernements de gauche ? Nos capitalistes rentiers allemands avec leur morgue toute germanique, n’en avaient aucune envie. Les choses viennent tout juste de changer, avec à la clef une bonne nouvelle espérée, la baisse de l’euro qui devrait faciliter nos exportations.

Mais ce n'est pas tout. La surabondance des liquidités et la maîtrise des dettes publiques nous maintiennent des taux d’intérêts historiquement faibles ! Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le ralentissement de la demande dans le monde accompagnée de la production accrue du pétrole de schiste aux  USA provoque une baisse substantielle du baril de 30 à 40%. Incroyable ! Imprévu ! Cela devrait soulager le déficit de notre commerce extérieur et le portefeuille du tout venant . En tout cas cela rend obsolète la polémique sur l’exploitation des gaz de schistes en France devenus en effet non compétitifs.

Sur ces bonnes nouvelles, les entreprises françaises vont bénéficier à plein en janvier 2015 de la réduction des charges sur les bas salaires et peut-être aussi pourront-elles profiter des effets de la loi Macron sur la modernisation des professions protégées, sur l’assouplissement du travail le dimanche et de la réglementation du transport par autobus et diverses autres petites mesures qui pourraient enfin décider les gens à reprendre confiance et à se lancer dans les affaires. Ajoutons enfin que la suppression de la première tranche d’impôts sur le revenu devrait redonner du pouvoir d’achat aux gens modestes en contribuant à la réduction des inégalités. Ainsi donc, si on regarde les choses avec sang-froid, il se pourrait que 2015 soit enfin l’année du retournement tant attendu !

Cela explique peut-être que Gattaz met les bouchées doubles pour avancer ses réclamations. Il doit savoir que son chantage au chômage va peut-être perdre de l'acuité, voire de la pertinence. On pourrait peut-être en dire autant pour les différents corporatismes qui se manifestent. Les routiers vont être peu crédibles en pleine baisse du gaz-oil.

C’est à ce point de mon raisonnement que je me tourne vers les frondeurs, l’aile gauche des socialistes. Ils sont les premiers à accuser le gouvernement d’être le responsable des pertes aux élections par une politique trop à droite. Seulement camarades voyez les insuccès électoraux de Mélanchon ou de Duflot. La politique de gauche-gauche est loin de triompher dans les urnes. La seule condition qui nous fera reconquérir le cœur des Français c’est le recul du chômage, car celui-ci est la vraie cause de l’appauvrissement des gens et la vraie source des inégalités. Alors s’il vous plaît, avant de vous faire remarquer dans telle ou telle motion de congrès, vous feriez mieux de reprendre votre bâton d’espérance camarades et d’expliquer, expliquer aux  gens que pour distribuer des parts de gâteau, il faut d’abord le produire !

On ne peut pas compter sur la droite pour nous aider à réformer et à redémarrer la croissance, c’est le jeu politique.  Je trouve en revanche bien malvenu que des  députés de notre parti critiquent et notre Président et notre Gouvernement. Comme socialistes, ils ont été élus par tous les sympathisants, y compris les sociaux-démocrates hollandistes, et pas seulement par une fumeuse nébuleuse de « vraie gauche » qui électoralement paraît bien absente aujourd’hui, comme l’indiquent les dernières législatives partielles à Troyes !

Moi je vous le dis, Hollande sera réélu en 2017 et ceux qui lui auront savonné la planche dans le Parti devraient songer à leur reconversion politique : il y a de la place au Front de Gauche !

06/09/2014

L'abaissement des esprits

 

sans-dents,trierweiler,hollande,bérégovoy

Francisco Goya - Vieillards mangeant de la soupe

 

 

Chacun, homme ou femme, peut choisir. Il peut choisir entre le respect de notre organisation sociale et l’obéissance délibérée à ses pulsions individualistes. Nous devons tout à notre organisation politique, l’école, la santé, la paix. Imaginons un seul instant que les Français se retournent les uns contre les autres et répudient tous nos glorieux acquis depuis la prise de la Bastille. Imaginons que les loups soient à nouveau maîtres de la bergerie et que les renards puissent rôder librement dans les poulaillers et nous observerons comme dans la nature sauvage, que les oisillons sont dévorés avant de pouvoir voler, que les malades et les faibles sont les cibles préférées des prédateurs et que les vieux se cachent pour mourir.

Nous n’en sommes pas là. Je pense malgré tout que la tentation individualiste continue d’imprégner les esprits en s’inspirant de quelques slogans ravageurs. Que le plus fort gagne ! Après moi le déluge ! Quand on veut on peut ! Finissons-en avec l’assistanat et des dépenses sociales pléthoriques ! Tout un état d’esprit surtout fréquent à droite, mais pas seulement, qui conduit à penser que nous avons beaucoup de droits et peu de devoirs, dont les plus importants sont de payer nos impôts, de rouler en respectant le code de la route, et  de se conformer au  droit de la famille et des affaires.

Nous devons tellement à l’Etat dans nos démocraties qu’il est impératif de se soumettre à ses règles et de traiter ses représentants légitimement élus ou nommés avec la due déférence. Je dis cela pour les bonnets rouges qui ont détruit du matériel public ou pour les maires qui ne veulent pas appliquer la loi sur l’école. Ce sont des exemples de mutinerie sans lendemain mais qui justifieront par la suite tous les débordements. Je ne suis pas naïf au point de croire que mes frères humains et moi sommes redevables d’un monde parfait ou chacun serait capable de maîtriser les égoïsmes et les haines. Comme toujours, dans ces dangereuses analyses des pratiques sociales, c’est une question de curseur.

Plus nous occupons le sommet de la pyramide, plus nous sommes visibles et plus nous devons avoir le sens des responsabilités. On ne demande pas des leçons de morale aux artistes, il leur faut seulement faire preuve de génie créatif. En revanche, les banquiers se doivent d’être des parangons d’honnêteté financière et nos hommes politiques  des serviteurs infatigables de la cause publique.

Comme journaliste, Madame Trierweiler  occupe une place enviable dans la société, renforcée encore par sa liaison avec un homme politique de premier plan. Cette réussite et ce succès qui ont duré presque dix ans, auraient pu la convaincre qu’elle avait reçu plus qu’elle n’avait donné et lui faire accepter sa rupture avec le Président comme un fait sinon inévitable, tout au moins assez ordinaire. Le livre qu’elle vient de publier dans le plus grand secret et dont on veut faire une bombe politique, est tout au contraire imprégné de la hargne de nuire assortie de la plus grande méchanceté.

En servant les intérêts de ses adversaires au JDD et à Paris Match, VT  affaiblit son ex, sans s’inquiéter des retombées collatérales, qui vont affecter nos institutions et épaissir un peu plus l’atmosphère délétère régnant dans le pays. VT agit donc en toute irresponsabilité, comme une midinette jalouse et irascible. Ce livre en dit donc beaucoup plus sur son auteure que sur son sujet. Elle sacrifie l’intérêt public à ses pulsions, qui sont si j’ose dire, de bas étage.

J’en conclus que cette femme n’avait à aucun moment les qualités requises pour entrer à l’Elysée et représenter si peu que ce soit la France. Elle offre une image très dégradée de notre vie sociale et politique et contribue à l’abaissement des esprits. J’espère que son bouquin restera sur les présentoirs des libraires et que l’éditeur en paiera les frais. C'est  la seule réponse saine qu’on puisse souhaiter. Il y a des romans de gare beaucoup plus passionnants  que cette publication pleine de vulgarité. J’espère  aussi que Hollande a le cuir plus épais  que Bérégovoy  car il est peu commun d’assister à une telle curée et on peut entrevoir le pire !

Post scriptum  Les nouvelles du matin sont mauvaises, contrairement à mon attente, les Français se jettent sur la viande éditoriale avariée avec gourmandise. Je crois que sous Mitterrand ou de Gaulle on aurait refusé une telle sottise. Que ce soit un succès aujourd’hui en dit long sur le « civisme » de mes contemporains. Pour me consoler, je me dis que  Madame V. T. va gagner beaucoup de sous et qu’elle va pouvoir acheter des dentiers neufs  et clinquants à ses pauvres qui ressembleront tous à Charles Trenet !  Boum, youp la boum ! A moins que pour plus d’efficacité, elle ne subventionne généreusement les moulinettes de chez Moulinex….

26/10/2013

Les gros mots et les grands maux de la République

 

 

lucian-freud-autoportrait.jpg

Lucien Freud  - La réflexion


ll  y a quelque chose de pourri au Royaume de France. Il faut peut-être revenir à la transgression du « Casse-toi, pauvre con ! » pour expliquer l’état de déliquescence des esprits et l’inflation permanente du verbe. L’intervention du Chef de l’Etat à propos de Léonarda a vraiment marqué le sommet de l’excitation inconsidérée des esprits, des commentateurs et des sous-fifres politiques de tous bords. Doit-on y voir des tentatives désespérées pour exister dans le buzz quotidien ? Doit-on suspecter une dégradation durable du civisme et de l’esprit de responsabilité de nos élites ? Samia Galhi, élue PS et choyée par la République fait huer le gouvernement et le Président qu’elle est censée soutenir. Ce moment fut  mis en scène sans aucun souci pour les dégâts collatéraux causés à la majorité de gauche qui permet à la sénatrice d’exister aujourd’hui.

L’information permanente en direct ne permet plus à la presse d’exercer sa réflexion et la mise en perspective des faits. Le même jeu avec la famille du Kosovo expulsée a donné l’impression qu’une gamine de quinze ans dialoguait avec le Chef de l’Etat, ce que la droite s’est empressée de reprocher au Président du haut des travées de l’Assemblée nationale. Les ennemis jurés de la gauche, ceux de l’UMP, qui jugent les socialistes illégitimes, s’emparent de ces sujets avec délectation et se détournent des vrais sujets. Ces responsables UMP  usent et abusent des termes d’indignité, de mensonge, d’amateurisme, d’incompétence. Tout un vocabulaire qui dispense d’argumenter sur le fond puisque le procès est terminé avant même qu’on ait pu débattre. C’est une façon idiote de polémiquer mais qui marque malgré tout,  les esprits pressés et peu soucieux de comprendre ou d’expliquer.

Jean Vincent Placé, en appelant les lycéens à manifester pour Léonarda, nous a illustré jusqu’à quel point de démagogie, les Verts pouvaient se hisser. On aurait préféré entendre ses commentaires sur l’accord France-GB, pour construire deux EPR au Royaume-Uni ! Harlem Désir, Claude Bartolone le Président de l’Assemblée nationale lui-même,      n’ont pas manqué de rajouter de la confusion dans ce qui n’était qu’un fait divers qu’on aurait dû laisser au Front national comme un os à ronger !  Il me semble que tous ces gens sur le qui-vive avec leur Iphone en permanence entre les doigts, sont devenus comme autant de bornes à réaction des réseaux sociaux. Il est impossible de réfléchir en quinze secondes. L’accumulation des petites phrases de Twetter ou de Facebook ne permet pas non plus de construire une pensée cohérente. La France entière est devenue une immense cour de récréation, d’ailleurs ce sont bien nos jeunes qui ont donné l’exemple. A défaut d’une colonne vertébrale organisant la réflexion, on finit par dire n’importe quoi. La période a été initiée par Sarkozy qu’on a vu souvent avec Dati et d’autres, manipuler fébrilement leur portable en toute circonstance, jusque devant le Pape paraît-il ! Au détriment de la moindre des politesses qui consiste à écouter l’autre, celui qui est en face de vous. Cette dégénérescence semble envahir peu à peu les esprits les mieux disposés et envoyer des métastases dans tous les recoins de notre société, qui n’a plus le temps de se regarder et de s’analyser.

Pendant ce temps-là, on passe sous silence les contrats industriels gagnés en Afrique du Sud ou ailleurs, on ne commente pas non plus l’éventuel reflux de la crise et les indices de redémarrage de la croissance. On annonce comme si ça gênait que le moral des ménages est meilleur en octobre qu’en septembre. On préfère mettre en scène les rixes entre ouvriers des abattoirs bretons  que le ralliement des ouvriers d’Amiens à la négociation avec le grand capital. On a l’impression que tous les trains arrivent en retard et que tous les emplois se détruisent un par un jusqu’au dernier, alors qu’heureusement, il s’en crée aussi tous les jours ! Le jeu favori reste bien sûr la partie de chamboule-tout avec Hollande, Ayrault et tous les ministres. J’ai même écouté pendant une heure les experts de « C dans l’air » nous expliquer que le PS était dans un tel état de décomposition et de division qu’il devait s’attendre à une catastrophe aux prochaines élections et de nous citer les « fractures » à Marseille qui signaient la décomposition de ce grand Parti. Ils ont analysé en détail les quartiers nord et sud, Gaudin, Guérini, tout y était , les communautarismes, l’historique jusqu’à Gaston Deferre, mais ces « experts » ont tu un seul fait,  pourtant évident, irréfutable, la participation massive aux primaires qui ont sélectionné Mennucci.

Aujourd’hui même les sondages donnent au coude à coude Gaudin et Menucci, pendant qu’apparemment les quartiers nord et sud ont trouvé à gauche un terrain d’entente !  Bravo à Yves Calvi et à ses invités pour autant d’aveuglement et de mauvaise foi. Ils ont oublié de mesurer   la présence humaine du gagnant des primaires,  de ce gros homme à la voix de tribun, et d’analyser son positionnement politique, qui semble particulièrement efficace. Même Hidalgo donnée gagnante à Paris ne les fait pas douter de leurs augures diaboliques. Ces « experts » se foutent du monde, ils ne sont là que pour appliquer une grille de lecture confortant les parts de marché de l’émission. Je crois bhien qu’ils sont payés pour démoraliser la Nation !!!

Cette décomposition de l’analyse politique, due autant aux acteurs qu’aux commentateurs ne peut pas durer. Il va bien falloir que ces excès se corrigent d’une manière ou d’une autre. Je pense encore à la réforme Peillon et aux critiques de tous bords concernant une réforme que tout le monde attendait. Aujourd’hui si les municipalités organisent mal les activités périscolaires c’est encore la faute du ministre !  Après deux mois seulement de mise en place, la droite demande carrément de retirer la réforme ! L’incohérence et le paradoxe sont généralisés, on utilise partout des mots excessifs, des gros mots, définitifs, expéditifs et donc dérisoires.  Je me creuse la tête, je cherche du recul, je m’imagine des raisons d’espérer et je n’en vois pas beaucoup, sauf peut-être qu’un grand pays comme le nôtre ne peut pas sombrer ainsi dans l’invective et l’analphabétisme culturel. Il doit bien y avoir une limite à l’affaiblissement de la pensée et au pourrissement de l’esprit de responsabilité. Il paraît que Saint François s’est mis en colère et a insulté un certain nombre de gens inconséquents et foi de bedeau, il a bien raison !

Je suis confiant dans les choix de notre gouvernement, justement parce qu’ils sont critiqués par tous et qu’ils ne donnent satisfaction à aucun lobby, à aucune force dominante. Les patrons ne sont pas contents, Mélanchon non plus, l’UMP très affaiblie se ridiculise par ses outrances et Marine Le Pen se prend les pieds dans ses contradictions et celles de son entourage  incontrôlé. Les Verts eux-mêmes semblent arrivés au pied du mur : ils vont devoir  plier ou se démettre. La gauche du PS renâcle et refuse, mais elle n’a plus le choix, il lui faut voter avec la majorité ou changer de Parti. Ma raison d’espérer c’est que la courbe du chômage va s’améliorer, que les emplois aidés vont jouer leur rôle d’emplâtre économique et ajouter du pouvoir d’achat pour soulager les milieux les plus en difficulté. Les gens vont finir par s’apercevoir que la crise des impôts et des taxes se fait sentir d’abord sur les plus riches. L’opinion va parvenir à se désintoxiquer du corporatisme et de l’assistance sociale généralisée. La politique à mon sens n’est pas de travailler à son profit, de faire du fric comme disait élégamment Sarko, la politique c’est de servir l’intérêt général, qui malheureusement,  ne sert personne en particulier.

Voilà pourquoi notre Président est vilipendé et si bas dans les sondages ! Nous sommes aujourd’hui dans l’antisarkozysme parfait. Le Président précédent jouait des rapports de force et utilisait les fractures de notre société pour gouverner. Hollande recherche l’intérêt général et la pacification des esprits. Il gouverne par la synthèse et le consensus, à un point qu’on se moque de lui et de son incapacité à décider. François Hollande est convaincu qu’il peut faire vivre ensemble des gens qu’on a habitués depuis dix ans à s’entre dévorer ! Nous verrons bientôt qui a raison et quelle méthode est la meilleure. Pour ma part je n’en doute pas un seul instant que Saint François va remporter la mise, et si j’ai tort,  je mettrai un point final à ce blog ! Qu’on se le dise !

29/04/2013

Michel Onfray, dernier avatar de la philosophie du XXème siècle

 


Arcimboldo- Le bibliothécaire

arcimboldo-bibliothecaire-I.jpg

 

Notre philosophe bas-normand est très cultivé. Il a des idées sur tout. Ce qui lui permet de donner des leçons aux socialistes, qui n’ont d’idées sur rien, ni sur l’éducation, ni sur la santé, ni sur la culture, ni sur la bioéthique, encore moins sur la guerre à laquelle François Hollande ne comprend rien, écrit-il. Avec un rien de mégalomanie notre bavard impénitent qui connaît Homère, l’Iliade, Achille et Ulysse et même Clausewitz, prétend à propos du Mali que l’armée française a mené une « grande guerre » napoléonienne contre les va-nu-pieds djihadistes. Une erreur historique qui renverrait notre pauvre Président dans la lie des Chefs d’Etat et notre pays au ban des nations, bêtes et incapables.

Ces va-nu-pieds équipés de 4x4 et de lance-roquettes allaient pourtant finir de pourrir la situation politique au Sahel et l’interdire définitivement aux roumis et autres  étrangers,  sauf à s’en servir comme otages pour négocier des rançons. En détruisant ce début d’organisation à Gao et à Tombouctou, la France n’a pas mené une grande guerre. Elle a tout juste opposé aux pick-ups Toyota des véhicules blindés et des hélicoptères qui sont des armes archi-conventionnelles et justement appréciées partout pour mener des contre-guérillas dans tous les conflits asymétriques (d’Achille contre Ulysse dit le philosophe).

Tout à sa vindicte le penseur donne le beau rôle aux djihadistes, ces Ulysses malins et intelligents qui ont eux,  une pensée performante et victorieuse. En comparant la campagne française de dispersion des groupes terroristes à une guerre napoléonienne,  Onfray entre dans le non-sens. Il témoigne d’une ignorance totale de la réalité et d’une volonté d’enfumage polémique et idéologique. Après tout ce n’est pas la première fois qu’un « intellectuel » en sortant du domaine de sa compétence est conduit à asséner les plus grandes âneries. Ce qui est plus gênant, c’est qu’un grand journal du soir auquel je suis abonné depuis toujours, se serve de ce texte tordu pour faire un beau titre (1). Et dans quelle section s’il vous plaît ? Celle des idées !

Il est entendu que nous les démocraties républicaines sommes des brutes sans cervelles alors que les djihadistes sont des malins très avisés. Des malins très avisés qui prennent leurs recettes idéologiques dans un livre sacré vieux de plus de mille ans et qui vomissent la démocratie en professant le plus grand mépris pour la personne humaine. Monsieur Onfray est particulièrement odieux quand il fait mine de croire que la France n’a que ses blindés « napoléoniens » à mettre en œuvre pour lutter contre ces excités, bien nommés fous de Dieu. Il feint  d’oublier les services de renseignements, les actions internationales et les concertations entre démocraties, en particulier européennes. Les évènements de Boston nous montrent que toute base djihadiste qui a les mains libres peut trouver à distance d'autres mains criminelles pour réaliser des actions terroristes à distance.

Laisser s’installer au Mali des villes , voire un pays hors la loi, c’était assurément faciliter la constitution de bases armées et d’infrastructures susceptibles d’exporter la guérilla et le terrorisme dans les pays voisins, mais aussi à Paris, Londres ou New-York. Dans son analyse le philosophe grand public réincarné, maître à penser, se campe en digne successeur des Henri-Lévy, Glucksman et autres champions du PAF. Atteindre la notoriété et la célébrité impose certains devoirs de responsabilité et de vérité. Pour contribuer à éclairer l’opinion avec des idées dont manque cruellement le Parti Socialiste, Michel Onfray devra faire encore beaucoup de progrès et surtout s'abstenir de jouer les turlupins enfonceurs de portes ouvertes.


(1) M. Hollande ne comprend rien aux guerres idéologiques du XXIe siècle

LE MONDE | 21.04.2013 à 19h42 • Mis à jour le 22.04.2013 à 12h43

20/04/2013

Retrouver le Nord

wassily-kandinsky-st-georges-dragon.jpg

 W. Kandisky Saint Georges contre le Dragon


De quelque côté qu’on se tourne dans les média, nous sommes plongés illico dans la part d’ombre des principaux personnages de notre vie publique. Je commençais à peine à penser que l’ahurissant mensonge de Cahuzac avait quelque chose de positif que je suis à nouveau imprégné  du doute ce matin. L’affaire Cahuzac si pitoyable soit-elle, a en effet la vertu de remettre sur le dessus du panier la fraude fiscale et les paradis fiscaux. En reconnaissant son parjure et sa dissimulation, l’ex-ministre a rompu avec un adage toujours respecté jusque-là par les politiques et les truands confrontés à la justice : n’avouez jamais ! L’aveu a ceci de rafraîchissant qu’il nous fait sortir d’une longue période de dénégation et d’autojustification toujours entretenue par les suspects, même quand ils étaient confrontés avec les faits les plus patents.

 

Hélas, l’exercice télévisé du fraudeur de Villeneuve/Lot est surtout une tentative de manipulation de l’opinion par les spécialistes de la com’. Les mêmes se sont occupés de DSK, avec la même audace, la même impudence, la même intention  de banaliser les fautes du coupable, pour jouer sur la fibre émotionnelle et envelopper la merde dans du papier de soie.


Le problème pour Cahuzac était de faire passer une apparence de franchise pour de la sincérité, tout en n’utilisant pas les mots qui fâchent, fraude fiscale et paradis fiscaux, enrichissement illicite, parjure…ramassés dans la seule part d’ombre.  Une demi-heure de plaidoyer. Qui ne peut se révolter contre cette complicité de BFM dans l’opération ? Ceci n’est rien d’autre qu’une tentative de tromperie de l’opinion : Achili en se prêtant à ce jeu y a perdu ses qualités de journaliste. Qu’il rende sa carte !

 

Beaucoup de vrais journalistes ne croient pas aux vertus de la com’. Je souhaite qu’ils aient raison : la manipulation des esprits par les spécialistes des « éléments de langage » et du « choix des images » est un déni de démocratie et une insulte au bon peuple. Cette dernière séquence n’est qu’un exemple de la corruption de nos médias. Nous en voyons des cas tous les jours à la une de nos journaux et de nos magazines, le plus souvent dans le seul but de courir après l’audience.


La difficulté c’est que quelques grands groupes comme Lagardère, Dassault ou Bouygues et d’autres, et même bientôt B. Tapie,  savent très bien jouer l’opinion contre les décisions politiques qui ne leur plaisent pas. On trouve là, une part des difficultés du gouvernement et de François Hollande, harcelés depuis le début par la critique et la mise en exergue des effets supposés négatifs de leur action politique. On ne parle jamais bien sûr des effets supposés positifs !

 

La publication des patrimoines de nos ministres, à mon avis bienvenue, a été couverte par la presse de manière hystérique. Pendant 48 heures on a eu l’impression qu’on atteignait les sommets du voyeurisme, du haro sur les riches, et de l’exercice d’une curiosité malsaine qui allait livrer les gens aisés à la vindicte des démunis.


En réalité, il n’y a rien de tout ça, les citoyens sont habitués depuis longtemps à voir côte à côte des gens fortunés et des gens qui n’ont rien. Ces inégalités de toujours ne sont pas vraiment l’objet de la frustration sociale. Ce que les gens ne veulent pas c’est que certains puissent tricher impunément pour s’enrichir alors que d’autres sont coincés pour avoir volé une savonnette.  


Les prises illégales d’intérêt, les passe-droits, l’optimisation fiscale (même légale) sont souvent ressentis comme un privilège des classes supérieures. La transparence est le tout premier petit geste pour ouvrir l’armoire aux richesses et rassurer nos concitoyens inquiets !

 

Mais nous sommes au début d’un processus qui doit absolument faire la vie de plus en plus dure à la dissimulation dans les paradis fiscaux, en Suisse et ailleurs. On a vraiment l’impression que le système actuel parasite la finance mondiale et pompe une bonne part des plus-values de l’économie productive, du labeur des salariés et de l’inventivité de nos ingénieurs et de nos chercheurs ! Et si la fameuse crise économique mondiale n’était rien d’autre que ce gâchis organisé ?