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15/01/2011

Payer des impots...

 

plage-marie-galante.jpgC’est un lieu commun de dire qu’en France, on rechigne à payer ses impôts. Les niches fiscales reposent sur ce trait singulier de nos concitoyens . Pour favoriser tel ou tel secteur de l’économie,  nos gouvernants « défiscalisent ». Ainsi en est-il de l’amélioration « écologique » de l’habitat  qu’on encourage par des remises d’impôt sur l’isolation des murs et des toits, le double vitrage, ou les chaudières à condensation et les pompes à chaleur. On comprend qu’in fine l’économie française s’y  retrouve par des retombées diverses. La remise d’impôts sur les salaires des emplois de proximité (aides ménagères, gardes d’enfants) correspondent aussi au double besoin de consolider un secteur d’emploi encore précaire et de rendre des services à la personne qui d’une manière ou d’une autre, devraient être satisfaits.

 

Les zones franches avec les remises fiscales aux entreprises qui s’y installent  sont en revanche facilement dévoyées. On peut juger scandaleux que des cabinets médicaux changent de quartier juste pour réduire leurs impôts sans pour autant créer des emplois en contrepartie. Quand aux fameux investissements dans les DOM et la loi Girardin qui vous permettent  d’obtenir un crédit d’impôt en construisant des résidences outremer, ça devient carrément  de la galéjade fiscale. Ces dispositions, comme le disent les publicités sur le Web, sont destinées à ceux qui payent beaucoup d’impôts, aux cadres très supérieurs et aux hommes d’affaires. Avec un slogan comme « Transformez vos impôts en patrimoine ! »,   c’est du bon boulot.

 

 

D’ailleurs le « Nouvel Observateur » s’est décidé cette semaine à en faire son article vedette, en épinglant son ex-directeur Denis Olivennes, maintenant à Europe 1. Et il y a d’autres noms : des Saint Jean Bouche d’Or qui sont d’excellents moralistes pour les autres et des exemples de civisme pour les gogos. Demandons à BHL si il paye des impôts . Si nous commençons à tirer sur cette pelote, nous allons étaler un grand nombre de noms qui nous feront comprendre que les réformes fiscales, il vaut mieux les faire sans en parler que le contraire. Je ne suis jamais seul ! chante Johny Hallyday.

 

François Hollande poursuit son petit bonhomme de chemin d’apprenti candidat en répétant qu’une des plus ardentes obligations de la politique à venir est une remise à plat du système fiscal et du rétablissement de sa progressivité. Je trouverais normal que tous les citoyens y compris les plus démunis payent un impôt sur le revenu,  même s’il ne s’agit que de 50 euros. C’est un geste symbolique de citoyenneté. Aujourd’hui la pyramide est à l’envers, ce sont les plus riches qui ont les plus gros dégrèvements. Au point que si Madame Betancourt se trouve en panne d’imagination libératoire, et qu’elle se retrouve  redevable au fisc, le bouclier fiscal vient à son secours et lui rend un bon paquet, en lui disant : Pardon Madame, vous avez trop versé !

 

montre rolex cellini exp.jpgOn pourrait croire que devant ce manque à gagner,  notre gouvernement s’indignerait de voir ses ressources diminuer,  au point de mettre « l’Etat en faillite » comme le dit Mr Fillon.  Or ce n’est pas du tout ça. Si tout va mal, c’est qu’on paye encore trop de taxes. « Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts ! » martèle le petit Président. On nous rabâche à chaque instant que nos comptes publics sont déficitaires et qu’on dépense encore bien trop. La droite préfère endetter l’Etat plutôt que de réclamer leurs impôts à ses clients politiques. C’est la raison pour laquelle les gouvernements de droite creusent sans arrêt le déficit budgétaire, tout en disant que c’est de la faute à la gauche. Alors on rogne sur tout, sur l’école, la santé, la justice et on accuse les fonctionnaires appauvris d’être des fainéants et des incapables. Cette manière de voir est bien relayée par les éditorialistes et les gens des médias. Vu qu’ils en croquent leur part, on comprend qu’ils fassent silence sur ce paradoxe incroyable du néo-libéralisme.

 

 Les services publics sont pourtant le seul patrimoine des gens modestes.  Les conservateurs n’ont de cesse de l’affaiblir et de le déstabiliser. Le peuple français s’appauvrit à toute vitesse et on lui dit que c’est à cause des Chinois !

Pendant ce temps, dans l’ombre feutrée des grandes banques,  les gens qui profitent du système payent des experts comptables et des fiscalistes pour s’exonérer. Ils puisent dans la complexité du système,  à pleines mains, par gros paquets. Leur fortune les affranchit des contraintes de la loi. Ils ne doivent rien à l’Etat. Ils ne doivent rien aux services publics. Pour un oui ou pour un nom ils vont habiter sur les bords du Lac Léman, ou ailleurs, en mettant leurs biens dans un paradis fiscal. Des biens parfaitement liquides qu’on peut à tout instant déplacer suivant les besoins, de Hong Kong aux Bahamas, à l’image de cette fameuse île de Liliane dont on arrive même pas à identifier le vrai propriétaire.

 

La mondialisation c’est celle-là et pas celle des tee-shirt de Pékin. L’homme mondial est plein aux as, il porte des tenues légères, il est bronzé toute l’année et il se marie à quatre vingt ans avec des nanas canon qui ont trouvé le filon avant même d’avoir lu mon blog !  L’homme mondial ne connaît du peuple que sa gouvernante, son chauffeur, ou son jardinier, et même pas le prénom du marin qui accroche les amarres de son yacht sur les bites du port de Cannes ou d’Ibiza. Quand ils ont un peu de savoir faire, les plus narcissiques viennent même pérorer dans nos télés et nous donner des leçons de savoir-vivre comme  acheter des Rolex  par exemple. « Tirez vous ! » fulmine Mélanchon.

 

amphi.jpgJe suis moins véhément mais tout à fait d’accord. La loi fiscale est trop compliquée et laisse passer trop de gros poissons, voire des requins. Puisqu’il s’y prépare et le propose,  je compte sur mon petit camarade François pour mettre de l’ordre dans tout ça. Il nous faut une réforme fiscale : elle doit s’installer comme la substance de la prochaine campagne présidentielle. Il faut qu’on tire ça au clair. Chaque jour nous en apprenons de plus belles sur les émoluments et les passe-droit. Il est temps que nos élites procèdent à une refondation de leurs valeurs humanistes. Qui sait ? Cet aspect des choses pourrait déboucher sur un nouvel état d’esprit, un nouveau civisme qui investirait sur sa jeunesse,  re - matérialiserait l’économie et créerait des emplois. C’est ce que le peuple demande.