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01/08/2014

Gaza

 

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Raphaël - Portrait de madame  Elisabetta Gonzaga

 

Je ne veux entendre que les pleurs des enfants qu’on abat. Je ne veux entendre que les cris des femmes qu’on déchire. Je ne veux entendre que la haine des hommes qu’on enchaîne. Je ne veux entendre que l’horreur de la prison qu’on pilonne et qu’on brûle.

 

Israël, homme-dieu,  pèlerin de l’enfer, tu es sorti mutilé des fours et des camps, une lourde pierre à la place du cœur, l’œil sur la mitraille, la main sur la bombe. Gonflé d’orgueil et d’oubli, aveuglé par ta rage devant l’innommable, tu es certain aujourd’hui que ta victoire au canon va te délivrer du mal pour les siècles futurs !  Quand sortiras-tu enfin de cette erreur tragique  qui ne fait que te précipiter dans les abîmes de la cruauté et de la barbarie ? Tu te construis en réalité un nouvel et ultime exil. Chaque enfant tué est un crime qu’il faudra un jour payer devant l’histoire. Parles-en avec Dieu si tu y  crois encore !

En tuant les enfants de Gaza, tu tues ton propre peuple et tu ajoutes à ton maudit destin une nouvelle malédiction. Les morts d’aujourd’hui préparent tes ennemis de demain. Pour des siècles, les femmes arabes mettront bas  des chiens enragés obsédés par tes tombeaux. Sourd aux récriminations du monde, tu t’enfonces sans faiblir dans l’insondable maelstrom des désastres et des hontes !

Bientôt, il ne restera de la Palestine qu’un maquis d’épines sans eau, sans oiseaux,  sans fleurs, et sans coeur.  Pendant des siècles les hommes feront un détour pour ne pas voir les flancs de tes montagnes rouillés de vos sangs juifs et arabes mêlés, gravis en boucle par des processions de squelettes blanchis jusqu’à la chaux.

Tu étais le peuple des gloires partagées et fécondes, tu deviens la troupe élue de la mort et du désastre ! Les porches des maisons de Dieu s’ouvriront sur le vide et leurs tours démantelées joncheront les collines  en décombres dérisoires. Il n’y aura pas de rémission. Il n’y aura pas de pardon. Pour la fin des fins le silence enveloppera Jérusalem comme un désert maudit,  devenu l’ultime et honteux témoin de la fin des Ecritures !

12/02/2011

Face aux nouvelles démocraties arabes, Israël va jouer sa survie

 

 

pays arabes, Israël, moyen-orientJe suis inconscient ce matin ou alors téméraire, quasi un kamikaze de l’écriture, transbahutant dans sa plume des mots ou des idées qu’une bande d’intellectuels sont prêts à me faire exploser dans la nuque. Ma seule sauvegarde est mon insignifiance. La modestie de ma personne fait que peu de gens me lisent (tout en étant chaque mois un peu plus nombreux pour mon grand plaisir). Et puis l’abdication de Moubarak me donne de l’enthousiasme . La bande d’intellectuels en question me révolte par son aveuglement et ses paradoxes. On la voit tous les jours à la télé emmenée par des vedettes au premier rang desquels je nomme Alexandre Adler, Finkelkraut, et BHL, pour les plus pathétiques, mais il y en a bien d’autres de la même semoule.

 

On attend de ces intellectuels,  manieurs habiles de la pensée, qu’ils fassent preuve de rationalité, avec des raisonnements  étayés par des déductions de cause à effet pertinentes, claires, originales,  et compréhensibles par toute personne moyennement cultivée. C’est bien ce qui se passe en effet la plupart du temps, sinon on serait dans la magie. C’est ce qui se passe… tant qu’on reste hors du champ défendu, celui de toutes les haines mythiques et mystiques, celui des steppes dévastées par la guerre, je parle du camp embrasé par la foi, bonne et mauvaise, celui du sionisme et des arabes.

 

Quand on entre là tout se détraque. Nos trissotins souvent sémites eux mêmes, se mettent illico à dérailler. Ils manient les paradoxes d’un air entendu et pleurnichard. Après avoir critiqué partout les dictatures arabes dont Israël aurait été le rempart de protection pour notre veule Occident, les voilà qui considèrent d’un œil torve et méfiant l’émancipation des citoyens de Tunis et du Caire. « - Certes , certes,  ce pas vers la démocratie ne peut être condamné, disent-ils,  mais considérons qu’elle ouvre la voie aux extrémistes islamiques qui vont bien sûr se retourner contre Israël et réclamer sa destruction. On peut ainsi déboucher sur une période de troubles et de combats armés. » Ils oublient de dire ces penseurs au large front qu’aujourd’hui même, c’est déjà la guerre ! avec les dictatures en prime.

 

« - Vous voyez bien, poursuivent-ils que les frères musulmans sont la seule force organisée en Egypte. » Peu importe que la place Tarhir soit occupée par des jeunes gens qui ne se réclament en rien de l’islam : leur seul signe distinctif c’est le téléphone mobile et le PC portable. Ah qu’elle est rafraîchissante cette image  de la centrale de rechargement des batteries,  improvisée sur le trottoir en pleine manif ! La nouveauté est là, pas dans les fidèles agenouillés tous ensemble comme il est de bon ton depuis des siècles. Les peuples arabes sont en train d’être rattrapés par la modernité et Israël a peur parce qu’il s’est enlisé dans un combat d’un autre âge, celui de la Torah .

 

Le Pharaon vient d’abdiquer, l’équilibre des forces est modifié et d’un coup fait pencher le plateau de la balance vers les démocraties arabes, qui vont venir s’associer au puissant voisin turc et pas à l’Iran, comme on voudrait nous le faire croire. Israël doit comprendre que son avenir est dans la négociation avec ces nouvelles puissances qui vont entraîner, démocratie oblige, le Moyen Orient vers des solutions pacifiques et justes. Il faut que les sionistes extrémistes mettent en sourdine leur rêve millénaire du Grand Israël construit aux dépens de la Palestine. Ils doivent rapidement abattre le mur de  la honte qui sépare et le pays et les esprits. Il faut stopper la politique du pire. Il faut faire une place à l’Etat palestinien, vite, puissamment en montrant de la bonne volonté au lieu de la mauvaise foi habituelle. A mon sens c’est une question de survie.

 

 

08/06/2010

Israël, état pirate.

pirates.jpgAttaquer des bateaux dans les eaux internationales est un acte de piraterie. On comprend bien qu'Israël ne pouvait pas accepter le débarquement de l'aide humanitaire à Gaza parce que cet évènement aurait donné au Hamas l'occasion de crier victoire et de le narguer à grands renforts d'emblèmes déployés. Néanmoins l'Etat juif aurait pu attendre pour réagir que la flottille soit entrée dans les eaux territoriales et aurait du se donner tous les moyens d'éviter les violences, les blessés et les morts.

 

Que les Israéliens se livrent à une telle provocation au vu et au su de la communauté internationale en dit long sur l'état d'esprit  de leur gouvernement. On mesure à quel degré d'autisme politique leurs responsables sont parvenus et dans quel mépris ils tiennent les autres pays, y compris leurs propres alliés.

 

Comme je l'ai déjà écrit dans ce blog, le gouvernement israélien est entièrement dominé par l'idée du Grand Israël et par sa volonté de victoire totale sur les Arabes. Faut-il encore répéter qu'une victoire obtenue dans ces lamentables conditions ne produira que du malheur et de la haine. Les Israéliens s'enfoncent irrémédiablement dans la guerre ethnique et religieuse.

12:21 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : israël, gaza, palestine | |  Imprimer

26/05/2010

D'une rive à l'autre

mur_israel 2.jpgLa France est un vieux pays, disait de Villepin et les autres pays membres de l'Union Européenne,  tout autant. Je les soupçonne d'être paralysés par leurs héritages, certes fondateurs pour l'humanité toute entière, mais  encombrants et très lourds à porter. Ils sont incapables aujourd'hui d'imaginer, de créer, de  réinventer. Il suffit d'observer maintenant en comparaison, l'Amérique d'Obama galoper, la Chine  folle d'énergie  exploser , et le Brésil devenu subitement conscient de sa continentale puissance, s'imposer.

 

Pendant ce temps là, Angela Merkel se bat avec ses démons boutiquiers du siècle dernier, les Anglais s'entêtent dans leur ridicule isolement et les Français jouent à cache cache politique, droite et gauche  affublées de burkas idéologiques, juste bonnes à dissimuler leurs ambitions électorales et carriéristes. Nous avons pourtant sur les bras une jeunesse explosive qui s'agite dans nos quartiers, nous avons des Universités qui débordent d'étudiants et des armées d'ingénieurs hyper doués qui piaffent dans nos usines.


Alors pourquoi on n'avance pas ?


J'ai ma petite idée sur la question. Je vais essayer de la dire. Je sais aussi de quoi on va m'accuser, sans doute aussi vais-je recevoir des insultes. Il faut quand même tenter. Nous n'avançons pas parce que nous sommes sur la défensive. Ceux là mêmes qui ont les poches pleines et vivent fort bien par ces temps de crise, sont rassasiés et n'ont que l'ambition de conserver leurs sous et leurs privilèges.Nous avons pourtant une Nouvelle Frontière qui s'ouvre à nous, comme au temps de la ruée vers l'or aux States. Je veux parler de cette immense Afrique à commencer par celle du Nord, ce magnifique espace méditerranéen, d'ou sont issues nos civilisations gréco-romaines et nos religions du Livre.


Vincent Peillon vient de présenter au Parlement Européen son rapport pour l'Union Méditerranéenne et il ouvre des pistes pour relancer des actions politiques d'entente, fructueuses pour les peuples de tous nos pays.

Il cite des thèmes bien concrets et pas si difficiles à organiser :

- la promotion d’un Erasmus euroméditerranéen,

- une chaîne de télévision euroméditerranéenne

- la facilitation progressive de la libre circulation entre les deux rives,

- la convergence des politiques agricoles euro-méditerranéennes,

- une stratégie euro-méditerranéenne pour l’efficacité énergétique.

J'ajouterais un Institut euro-méditerranéen de développement sis  à Tunis, qui soit un lieu de rencontre entre tous les chercheurs,  spécialistes et experts de la zone.


Ayant travaillé de longues années en Algérie dont je me considère comme un citoyen, j'approuve sans nuances l'esprit de ce rapport et je suis convaincu de la puissante fécondité de tels projets. On pourrait se demander  pourquoi dans ces conditions il ne se passe rien. On comprend  qu'en France les pieds-noirs massés sur la Côte, là d'où justement on peut s'envoler pour le Maghreb, gardent une sorte de nostalgie enkystée dans leur traumatisme et mise en mémoire comme un mythique "crime anti-français", qui les paralyse. On les a vus réagir à propos du film "Les Hors la Loi", avec une insoupçonnable virulence. Je suis sûr malgré tout, qu'ils seraient faciles à retourner,  amoureux qu'ils sont de la Belle Algérie.


Le vrai motif, c'est la question d'Israêl, à laquelle se sont ralliés tous les Juifs de France ou d'ailleurs. Les tenants du Grand Israël repousseront aussi longtemps qu'ils le pourront toute solution de paix avec les Arabes du Moyen Orient et du Maghreb. Ils en ont les moyens financiers et politiques. La crise palestinienne paralyse et paralysera encore longtemps toute issue positive à la soi-disant guerre des civilisations. Je  dis sincèrement aux juifs de bonne volonté, qu'ils enfoncent aujourd'hui l'Europe toute entière dans leurs querelles tribales. Ils perdent chaque jour des faveurs dans l'opinion (Dieu sait pourtant si ils les ont payées au prix fort). Devant la crise ou plutôt les crises à répétition, il faudra bien trouver un jour des boucs émissaires. Il est temps, grand temps, si ils en sont encore capables derrière leur mur, de ranger les bazookas et d'avancer des propositions de Paix . Le mur de béton n'est qu'un symbole bien visible qui pourra un jour être détruit, hélas  le mur mental qu'ils ont dressé entre leur nation et le reste du monde est autrement plus dangereux pour eux-mêmes.

Post scriptum

Des personnalités juives européennes engagées pour une paix entre Israéliens et Palestiniens ont lancé un "appel à la raison". Le mouvement, intitulé J Call, pour "European Jewish Call for Reason", a été lancé début mai à Bruxelles lors d'une réunion au Parlement européen. Parmi les signataires figurent notamment Elie Chouraqui, cinéaste, Daniel Cohn-Bendit, député Vert européen, Elisabeth de Fontenay, philosophe, Georges Kiejman, ancien ministre et avocat, Bernard-Henri Lévy, philosophe, Pierre Nora, historien. (Le Monde 27/05/2010)