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09/02/2011

La jet set, la pute et le financier

 

 

 

sarkozy,fillon,mam,jet set,egypte,tunisie,moubarak,ben aliAu début des avions à réaction, dans les années soixante, une certaine classe d’individus riches et désoeuvrés, s’est hissée  au  faîte de l’élite, en abusant des jets, coûteux, donc luxueux, pour aller de capitale en capitale, de palace en palace et de fêtes en fêtes. Ces gens là faisaient rêver le bon peuple en étalant dans Paris Match leur oisiveté richissime, qui leur permettait de vivre en nababs sans jamais travailler, tout en ne se refusant aucun luxe, aucune douceur, aucune call-girl aux allures de femme fatale. On allait du jet au yacht, en hélicoptère,  pendant que de loin, Onassis ou je ne sais quel oligarque russe ou quel prince oriental, signaient les chèques. Ils étaient les Dieux tutélaires et mystérieux pour lesquels les femmes les plus belles du monde étaient  prêtes à se prostituer, y compris la Callas et la femme du Président défunt des Etats Unis.

 

Aujourd’hui Massimo Gargia a pris du ventre et  n’est  plus que la caricature d’un fêtard repenti. Les avions à réaction sont accessibles au populaire et sont du dernier vulgaire. Jusqu’à son dernier crash, le Concorde était l’ultime privilège des gens importants. En explosant au décollage c’est une page de civilisation qu’il a tournée. On peut dire que dans l’esprit du XXI° siècle cette folie des avions tourne un peu au ridicule, empreinte carbone aidant. Cela n’empêche que cette élite de l’élite autoproclamée, a laissé des traces durables dans l’esprit de nos contemporains, surtout chez les plus médiocres. Il ne faut donc pas s’étonner que nos politiciens parvenus, oublieux de leurs origines démocratiques, soient très attachés à leurs transports aériens. Notre petit Président est le premier à être fasciné par les vestiges des attributs de la jet-set, fussent-ils démodés. Il a inauguré sa présidence sur le yacht de Bolloré et il s’est empressé de commander un air-force one, à la manière US.

 

On ne peut pas reprocher à notre petit Président et à nos ministres d’être vaniteux comme des paons. Ce sont péchés véniels. On doit comprendre aussi que  ces stars de la politique ne peuvent pas voyager dans les mêmes avions que tout le monde, même en classe affaires. Il leur faudrait attendre, se laisser fouiller, décliner leur identité et montrer leur passeport et même refuser le champagne de l’hôtesse pour ne pas avoir l’air de poivrots en goguette… Donc, une seule ressource : le jet privé. Les invitations ne manquent pas, il y a beaucoup de gens riches qui rêvent de se payer un président ou un ministre, il s’agit d’investissements de bon sens pour un homme d’affaires. Malgré tout les dépenses doivent être imputées quelque part. Les entreprises ont des règles de comptabilité et des comptes à rendre aux conseils d’administration. Ces invitations ne peuvent marcher qu’avec des autocrates qui confondent les finances de leur Etat ou de leur Entreprise avec leur bien propre.

 

Nous y voilà. Certes les invitations sont courantes, mais vous croyez que Cameron ou Merkel vont inviter MAM à passer Christmas à Londres ou à Berlin au frais de la Princesse ? Eux qui les premiers,  sont obligés de payer leurs hôtels ou leurs avions ? Bien sûr que non, seuls le Roi du Maroc, le Parrain de Tunis et le Pharaon du Caire et encore quelques autres peuvent se livrer à ce genre d’abus politique et social. Ils donnent un ordre, l’obéissance est totale, la presse est muselée, l’affaire est dans le sac, incognito, en silence, avec des salamalecs chaleureux en plus. On est comme ça chez les Arabes, l’hospitalité est sacrée. Manque de chance : Fillon et Mam tout transportés au propre comme au figuré par ces vacances impériales et maffieuses, tombent en pleine révolte du bas peuple. La crotte plébéienne vient lécher les pneus de leurs aéroplanes.

 

Et tous les deux prennent des mines surprises, attristées, contrites, exaspérées par tant de mauvaise foi, meurtries par tant de méchanceté, ils banalisent, ils relativisent, ils mentent à demi par omission, par édulcoration, demandent un peu pardon, disent qu’on ne les y reprendra plus. Ceci ne vaut pas explication, ni pardon. Pour ma part, je n’y vois qu’esprit de lucre,  gourmandise et profit, vanité et égoïsme, foutage de gueule comme on dit maintenant. Ce petit gouvernement là, de ce petit Président là, nous a habitués à la dénégation et à l’impunité, mais tôt ou tard, les Français vont finir par comprendre que la vie de palace n’est pas ce qu’il faut à nos éminents serviteurs de l’exécutif, on leur demande de travailler pas de se pavaner, on leur demande  de résoudre nos affaires d’Etat (qu’ils interrogent Saint Michel Archange !) pas de polémiquer pour leur auto-défense, on leur demande de l’efficacité, de la probité.  Si ils sont fatigués qu’ils se tirent, cela fera plaisir à Mélanchon.