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14/05/2010

Alfred Rossel (1841-1926)

Il n'y a pas un normand de la presqu'île qui ne connaisse Alfred Rossel, ne serait-ce que parce qu'un groupe folklorique fort estimable, portant couèffes et capets, porte ce nom. Je veux lui faire une  place ici parce que je trouve qu'il est injustement méconnu. Même encore aujourd'hui, il n'y a guère de manifestation en Cotentin, publique ou familiale, qui ne se termine par un "Su la mé" entonné en choeur. Mais , on a oublié entre temps que c'est Alfred Rossel qui est l'auteur de notre hymne régional .AROSSEL.jpg

Cet hymne est aussi emblêmatique que le Petit Quinquin pour les ch'tis ! (ou l'Internationale pour les militants gauchistes)

 

Su la mé

 

Quand je sî sû le rivage,
Bi tranquille, êt' ous coum' mé ?
J' pense à ceux qui sont en v'yage,
En v'yage ou loin, sû la mé.
En v'yage ou loin,
En v'yage ou loin, sû la mé


I - La mé ch'est vraiment superbe
Et j'aime bi quand î fait biau,
L'été sous nos cllos en herbe
La veî s'endormin un miau.
Mais quand o' s'fach', la vilaine,
Et qu'no z'entend, de t'cheu nous'
La grosse vouai de la s'yraine,
No z-en a quasiment poux

 

II - J'aime bi, dans les jours de fête,
quand nos batiaux sont à quai,
A l'abri de la tempête.
A Chidbourg coum au Béquai.
Ch'est là qu'i sont le mû sans doute,
Des trais couleurs pavouésés ;
Mais, de gnit, dans la Déroute,
Hélas ! qu'i sont exposés.

 

III - Quand o sâot' par sus la Digue,
Dont o' fait tremblier les blios,
Qu'à l'ancre, l'vaisseau fatigue,
Ah ! ver' je pense és mat'los !
Reverront-i lus villages,
Et pourront-i ratteri ?
J'avons d'si maovais parages
De Barflieu jusqu'à Goury.

 

IV - J'ai deux fis dans la Mareine
Deux forts et hardis gaillards
L'un revî de Cochincheine,
L'autre de Madagascars.
Y rentrent, lû corvé faite,
D'y penser, no n'en vit pas,
Mais que j'pliains, sans les counaîte,
Ceux qui sont restés là-bas !


A
lfred ROSSEL 1841 - 1926

"Un homme qui avait du génie mais qui ne l'a jamais su"

Rossel fut un chansonnier modeste et populaire. Il est né à Cherbourg d'une mère qui tenait un  cabaret portant le joli nom de "Jardin d'amour" rue du Maupas. Sa vie fut un exemple de régularité. Il a fait carrière dans les bureaux de l'inscription maritime, sans quitter Cherbourg. Il avait une petite maison secondaire à Barfleur, rue Thomas Beckett. Il est mort aveugle à la suite d'un accident plutôt bête (il s'est pris les pieds dans la laisse de son chien en descendant de la diligence). Sa chance fut d'avoir rencontré un interprète très proche de sa sensibilité,Charles Gohel, maître voilier à Cherbourg, qui lui est resté fidèle sa vie durant. Ses poèmes en patois publiés à partir de 1872 chez Magne, connurent un succès immédiat et durable. Rossel aimait les petites fleurs, les jardins et la musique.

Si vous vous intéressez au patois, allez sur le site de

http://magene.chez-alice.fr/