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09/03/2013

De l'inutilité des coqs en démocratie

 

 

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J’ai cru entendre, mais,  Grands Dieux ! je l’ai réellement entendu, l’honorable journaliste Catherine Nay, proférer que « Saint François ne pourrait être un bon Président parce qu’il n’est pas un mâle dominant ». La journaliste ne sera pas la première à être fascinée par les hommes de pouvoir, on en voit tous les jours qui répètent le même scénario et qui se couchent devant les hommes politiques et les grands patrons, façon DSK ou apparentée. C’est humain. Sexuellement, beaucoup de femmes prennent plaisir à être abusées et dominées. Et tant pis pour moi si beaucoup de mes amies se jettent à ma figure  toutes griffes dehors. Qu’elles se rassurent, je n’entends pas juger leurs comportements amoureux qui ont le réel avantage de cumuler le plaisir et l’ambition. Après tout,  les poules de nos basse-cours cèdent toujours aux  coco-rico les plus sonores et aux queues les plus empanachées..

 

Ce que je conteste à ces adeptes du complexe d’Œdipe qui recherchent toujours un père, un tuteur, un garant masculin pour les libérer des frustrations qui les torturent depuis la petite enfance, c’est leur propension inouïe à ramener la politique sur le mont de Vénus Quand le sort de millions de gens est en jeu, on ne peut confondre  la complexité de l’art de gouverner avec une partie de jambes en l’air. Il ne s’agit de rien de moins que de l’exercice très élaboré de la démocratie, qui n’a rien à voir avec les manigances, oh combien estimables,  de l’érotisme et du plaisir. Les catins de la République ont toujours existé mais je doute qu’elles aient grand-chose à voir avec les droits de l’homme.

 

Je m’affiche donc clairement en faux face à cette créature journalistique. François Hollande est justement un bon Président parce qu’il se garde bien de se comporter comme un chef de meute !

La madame Margot qui fut longtemps la compagne d’un ténor de la giscardie confond les jeux de pouvoir des beaux quartiers avec l’exercice de la responsabilité politique. Il faudrait qu’elle se persuade que la démocratie est le seul idéal politique à atteindre pour nos sociétés actuelles et qu’elle n’a rien à voir avec sa pauvre culture élitiste et bourgeoise. Il me paraît juste  d’assumer  que les formes les plus abouties d’organisation politique sont malgré tout celles de nos vieux pays occidentaux, qui sont des pays de droit, de contre-pouvoirs et de libre-opinion, mais nous sommes encore loin du compte. L’expérience Chavez ou Castro, et celles des pays d’Afrique ou du Moyen Orient nous prouvent chaque jour combien il est difficile de réaliser l’équation de la justice sociale et du développement humain sans la démocratie. Mon expérience, à ma microscopique échelle, n’a abouti qu’à une conclusion :  pour progresser il faut à un jeune pays une pincée de dollars, une poignée d’organisation institutionnelle et une bonne brassée de démocratie, de libertés civiques si vous préférez. Que Mélanchon s’étouffe avec sa loghorrée incantatoire et bolivarienne !

 

Je suis inconditionnellement le bedeau de Saint François parce qu’il ne se prend pas pour le plus cruel des des loups ou pour la meilleure petite frappe du quartier. François Hollande pense qu’il doit expliquer et convaincre. Pour lui les seuls rapports de force sont intellectuels. François ne joue pas sur les tares humaines, la jalousie, la domination, l’hypocrisie, la lâcheté, le cynisme, la cupidité, toutes qualités éminentes, et j’en passe, généreusement accordées aux hommes politiques en témoignage d’efficacité. Il compte au contraire sur l’intelligence de ses concitoyens et je le dis tout net,  je préfère qu’il échoue plutôt que de revenir aux méthodes détestables de son prédécesseur. Laissons encore aujourd’hui le petit coq gratter son fumier avec sa vindicte et sa détermination, qui sont admirables je vous l’accorde, mais dont nous n’avons que faire.

Que Madame Margot, habituée aux jeux d’influence de sa profession et de sa micro-société ultra-bourgeoise,  n’y trouve pas son compte, il n’y a rien de plus conforme. Les sociétés modernes n’ont rien à gagner des allégations télévisées d’une vieille bourgeoise confite dans l’estime bien exagérée qu’elle se porte.

 

Cette nécessité d’entraîner avec lui l’élite de la société pour des bonnes raisons et non pas par réaction émotionnelle,  explique le rapport au temps qu’entretient le Président , qu’on accuse du coup de mollesse et d’indécision. Une bonne décision est rarement utile si elle n’est pas partagée avec les citoyens. On voit comment il est en train de réussir un pas tout à fait significatif dans l’exercice des négociations sociales, on voit comment Vincent Peillon va devoir aller lentement et progressivement s’il veut réussir sa réforme de l’école. Le mariage pour tous va finalement passer dans les faits sans trop de drames. Il est vrai que le dur de l’opposition se trouve sur sa gauche avec la CGT, les communistes et le Front de gauche. On verra le résultat aux élections municipales ! In fine le mâle non dominant va surmonter avec une infinie douceur la douche froide qui attend notre vieux pays après des années dépensières et consuméristes.

 

 Madame Nay ! Vaquez sans gêne à vos occupations, à vos salons et à vos bureaux de presse, vous n’avez rien à craindre, vous êtes  protégée de de presque tout, mais cessez de nous donner des leçons et de mélanger Freud, Marx et Jaurès ! François Hollande est  un bon président parce qu’il n’est pas un chef de meute et parce que nous ne sommes plus des chiens, ni des chiennes,  depuis déjà très longtemps.