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01/11/2012

CLAUDE BERNARD (1813-1878) m'a dit

 

 

 

Claude Bernard



L'homme de science qui se retournait dans sa tombe depuis quelque temps m’a dit l’autre nuit :

 « L'expérimenteur qui ne sait pas ce qu'il cherche ne comprend pas ce qu'il trouve. … »

 C’est bien ce qui m’intrigue chez ce bougre de falampin de professeur S.,  je ne parviens pas à savoir ce qu’il cherche. J’ai bien compris qu’il s’agit de la toxicité des Ogm et plus spécialement de celle du Maïs NK603, résistant au glyphosate. Mais l’hypothèse de son éventuelle pathogénicité ne peut se formuler que sur des cas assez  précis pour pouvoir relier le mal avec sa cause. S’agit-il de cancers et plus exactement de tumeurs ? D’altérations physiologiques (foie, rein, cœur, pancréas) ? Neurologiques (crétinisme, Alzheimer) ? Ou bien tout cela à la fois ? Et dans ce cas il faut vite ranger les Ogm au rayon des armes biologiques de destruction massive.

 

Le vieux sage m’a encore confié :

« On ne peut pas donner d’hypothèse sans avoir posé le problème à résoudre, puisqu’une hypothèse est une réponse possible à une question suscitée par une observation »

Sans en avoir l’air, le vénérable ancien nous place ainsi  au cœur du problème. Quelle est l’observation précise qui a pu mettre notre Sherlock Holmes de laboratoire sur la piste du diabolique maïs de la Monsanto ? J’entends bien que tout cela est trop abstrait et difficile à comprendre pour un gardien de chèvres ou une avocate bretonne, mais un Professeur éminent de notre Université est toujours persuadé qu’il a une grosse tête. Comme tel,  il se doit de ne jamais renoncer devant la difficulté. Si j’osais,  je m’adresserais à lui comme à mes étudiants. Ne faites pas de chichis, allez directement au fait, aux faits. Trouvez-moi un cas précis, exemplaire, bien parlant, d’un rat, d’un poulet, d’une vache qui s’est trouvée mal d’un repas d’OGM, décrivez moi son cas de manière détaillée. Il me faut la date, le lieu, le nom, la race, la variété, les lésions, la durée de l’agonie qu’est-ce que je sais ? N’omettez rien ! Si vous trouvez un cas, trouvez en deux, trois, pour assurer. Sur ces millions de bestiaux, ça doit être possible.

Le grand Professeur  n’a peut-être même pas tenté d’enquêter, en tout cas il ne nous a jamais fait part de ses observations sur le terrain.  Le risque patent est de rentrer bredouille et penaud. Qu’est-ce qu’il peut raconter à ses amis ? Que toutes les preuves des méfaits des OGM ont été dissimulées par les multinationales qui ont soudoyé les chercheurs de tous les pays ? Ces puissances financières sans visage se sont livrées à des tests expérimentaux bidon. On ne nous dit pas tout ! Des ministres ont été achetés, des crédits ont été coupés !

Le vénérable académicien en a ressenti un certain agacement. Il a lourdement insisté :

« L’expérience teste la conséquence vérifiable de l’hypothèse. »

La foi sauve les croyants, mais quelles que soient ses convictions, le pauvre chercheur  qui ne peut élaborer une hypothèse vraisemblable ne peut pas non plus concevoir un protocole expérimental destiné à vérifier sa validité. En se rongeant les ongles, après beaucoup d’hésitations, le James Bond des manipulations génétiques imagine  une astuce imparable. Les essais officiels qui ont permis l'homologation sont peu transparents, discrets et secrets. Ils sont en réalité machiavéliques. Son hypothèse de recherche va être la suspicion. Il suffit de démontrent une fausse innocuité en répliquant en plus grand et en plus long ces tests fallacieux réalisés à la va-vite. On croit que des rats qui mangent les graines pendant trois mois sans être malades prouvent qu’il n’y a rien qui cloche dans le produit ? C'est faux !  Il suffit de poursuivre le régime  pendant deux ans et  les pauvres bêtes se couvrent de tumeurs grosses comme  des balles de ping-pong !

C’est une idée de génie. Spontanément ces rats-là en devenant des vieillards sont prédisposés aux tumeurs. Ogm ou pas, le succès est garanti. Nimbus a découvert une martingale inouïe ! Il compte, il photographie, il expose, il déclame dans les petites lucarnes et le tour est joué ! Je suis le premier à tester des vieux rats face aux Ogm ! peut-il tranquillement asséner devant les journalistes baba.

Comme Galilée devant l’Inquisition, il s’expose devant des parterres écolo et ignares. Sa maison est lancée, gros succès d’estime. Malheureusement pour lui les institutions et l’opinion scientifique ne sont pas encore complètement déboussolées. Oui monsieur, vous avez raison, bravo, répondent les Cinq Académies, personne ne l’a jamais fait avant vous et de ce point de vue vous franchissez le mur du çon, (pour paraphraser le Canard). Car tout bien considéré votre expérience ne vaut pas tripette. On ne peut pas donner une maladie à une bestiole qui en souffre déjà. Refaites nous ça avec des bons et gros, gras rats qui vieillissent bien !

On attend la suite.

Je remercie les personnes qui se sont intéressées à ma chronique précédente, les pour et les contre. Il me suffit pour être heureux de savoir que la révolte gronde dans les rangs des personnes normalement intelligentes et cultivées. Qu’on arrête de nous opposer l’amiante et l’augmentation du nombre des cancers qui sont sans lien direct avec le sujet, comme d'ailleurs l'augmentation de l'espérance de vie. La confusion mentale, c’est bien de cela que nous souffrons !