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22/02/2011

DSK, ça suffit...!

 

khadafi,sarkozy,mam,ollier,dictatures,libyeJe ne peux y voir qu’un complot médiatique. Toute cette semaine  on n’a fait que chanter les laudes de DSK, de mâtines à vêpres et le rusé chanoine du FMI a pu finir la semaine en beauté, en majesté, au 20 heures de France 2. Voilà comment un pur produit de la mondialisation, élaboré par la finance internationale et présenté au G20 à Paris, finit un dimanche soir dans nos assiettes, tout cuit, fin prêt  à être consommé dans les urnes présidentielles de 2012.

 

Pour ce coup magistral, j’y vois des grands chefs qui ont l’habitude de mijoter des rois en coulisse. Ils se cachent en outre opportunément, derrière la prêtresse des années 80, Anne Saint Clair, qu’un facho de ma jeunesse dénonçait comme marchande de soutiens-gorge mais qui par ailleurs est une journaliste de talent et  une habile manipulatrice, ayant les moyens de ses ambitions.

 

Ce qu’a fait cette équipe de grande cuisine  est un coup porté à la gauche , progressiste et intelligente. Alors qu’aujourd’hui le gouvernement Sarkozy est au bord de l’implosion à cause de ses liens multiples avec les dictateurs arabes (Fillon-Moubarak, Alliot-Marie-Ben Ali, Ollier- Khadafi) et de ses improvisations malencontreuses (Boillon à Tunis), notre DSK ramène à lui la couverture sans dire un mot de tout cela et tire la droite du coma, en lui donnant du grain à moudre (DSK-Bobo). Pour soigner sa droite DSK, vient au secours de Sarkozy !

 

Excusez  ma colère, je ne suis qu’un lampiste, pas encore assez mûr cependant pour me faire berner, comme le plus couard des analphabètes. Nos élites ont beaucoup de choses à cacher au bon peuple, on en est restés à l’antiquité, du pain et des jeux, voilà qui suffit aux smicards. Non seulement on fait tout pour berner les gens par des plans de communication rocambolesques, mais on voudrait encore les faire voter pour  des hommes providentiels, autoproclamés.

 

Soudainement avec les révoltes arabes, les dictateurs chamarrés ne sont plus, à l’image de l’ignoble Khadafi, que des épouvantails sanguinaires délabrés, mais le plus fort de tout, c’est que nos propres élites, ministres, présidents de la république et autres tenants de la jugulaire et de la respectabilité civiques, sont épouvantablement nus face à leurs responsabilités.   En dépit de la mascarade ambiante, ils restent résolus à porter beau quoiqu’il arrive.

 

Billet modifié le 29/03/2011, pour le rendre plus compréhensible, l'illustration a également été changée.

09/02/2011

La jet set, la pute et le financier

 

 

 

sarkozy,fillon,mam,jet set,egypte,tunisie,moubarak,ben aliAu début des avions à réaction, dans les années soixante, une certaine classe d’individus riches et désoeuvrés, s’est hissée  au  faîte de l’élite, en abusant des jets, coûteux, donc luxueux, pour aller de capitale en capitale, de palace en palace et de fêtes en fêtes. Ces gens là faisaient rêver le bon peuple en étalant dans Paris Match leur oisiveté richissime, qui leur permettait de vivre en nababs sans jamais travailler, tout en ne se refusant aucun luxe, aucune douceur, aucune call-girl aux allures de femme fatale. On allait du jet au yacht, en hélicoptère,  pendant que de loin, Onassis ou je ne sais quel oligarque russe ou quel prince oriental, signaient les chèques. Ils étaient les Dieux tutélaires et mystérieux pour lesquels les femmes les plus belles du monde étaient  prêtes à se prostituer, y compris la Callas et la femme du Président défunt des Etats Unis.

 

Aujourd’hui Massimo Gargia a pris du ventre et  n’est  plus que la caricature d’un fêtard repenti. Les avions à réaction sont accessibles au populaire et sont du dernier vulgaire. Jusqu’à son dernier crash, le Concorde était l’ultime privilège des gens importants. En explosant au décollage c’est une page de civilisation qu’il a tournée. On peut dire que dans l’esprit du XXI° siècle cette folie des avions tourne un peu au ridicule, empreinte carbone aidant. Cela n’empêche que cette élite de l’élite autoproclamée, a laissé des traces durables dans l’esprit de nos contemporains, surtout chez les plus médiocres. Il ne faut donc pas s’étonner que nos politiciens parvenus, oublieux de leurs origines démocratiques, soient très attachés à leurs transports aériens. Notre petit Président est le premier à être fasciné par les vestiges des attributs de la jet-set, fussent-ils démodés. Il a inauguré sa présidence sur le yacht de Bolloré et il s’est empressé de commander un air-force one, à la manière US.

 

On ne peut pas reprocher à notre petit Président et à nos ministres d’être vaniteux comme des paons. Ce sont péchés véniels. On doit comprendre aussi que  ces stars de la politique ne peuvent pas voyager dans les mêmes avions que tout le monde, même en classe affaires. Il leur faudrait attendre, se laisser fouiller, décliner leur identité et montrer leur passeport et même refuser le champagne de l’hôtesse pour ne pas avoir l’air de poivrots en goguette… Donc, une seule ressource : le jet privé. Les invitations ne manquent pas, il y a beaucoup de gens riches qui rêvent de se payer un président ou un ministre, il s’agit d’investissements de bon sens pour un homme d’affaires. Malgré tout les dépenses doivent être imputées quelque part. Les entreprises ont des règles de comptabilité et des comptes à rendre aux conseils d’administration. Ces invitations ne peuvent marcher qu’avec des autocrates qui confondent les finances de leur Etat ou de leur Entreprise avec leur bien propre.

 

Nous y voilà. Certes les invitations sont courantes, mais vous croyez que Cameron ou Merkel vont inviter MAM à passer Christmas à Londres ou à Berlin au frais de la Princesse ? Eux qui les premiers,  sont obligés de payer leurs hôtels ou leurs avions ? Bien sûr que non, seuls le Roi du Maroc, le Parrain de Tunis et le Pharaon du Caire et encore quelques autres peuvent se livrer à ce genre d’abus politique et social. Ils donnent un ordre, l’obéissance est totale, la presse est muselée, l’affaire est dans le sac, incognito, en silence, avec des salamalecs chaleureux en plus. On est comme ça chez les Arabes, l’hospitalité est sacrée. Manque de chance : Fillon et Mam tout transportés au propre comme au figuré par ces vacances impériales et maffieuses, tombent en pleine révolte du bas peuple. La crotte plébéienne vient lécher les pneus de leurs aéroplanes.

 

Et tous les deux prennent des mines surprises, attristées, contrites, exaspérées par tant de mauvaise foi, meurtries par tant de méchanceté, ils banalisent, ils relativisent, ils mentent à demi par omission, par édulcoration, demandent un peu pardon, disent qu’on ne les y reprendra plus. Ceci ne vaut pas explication, ni pardon. Pour ma part, je n’y vois qu’esprit de lucre,  gourmandise et profit, vanité et égoïsme, foutage de gueule comme on dit maintenant. Ce petit gouvernement là, de ce petit Président là, nous a habitués à la dénégation et à l’impunité, mais tôt ou tard, les Français vont finir par comprendre que la vie de palace n’est pas ce qu’il faut à nos éminents serviteurs de l’exécutif, on leur demande de travailler pas de se pavaner, on leur demande  de résoudre nos affaires d’Etat (qu’ils interrogent Saint Michel Archange !) pas de polémiquer pour leur auto-défense, on leur demande de l’efficacité, de la probité.  Si ils sont fatigués qu’ils se tirent, cela fera plaisir à Mélanchon.

 


 

 

 

07/02/2011

MAM et la face cachée de la lune

 

 

alliot-marie_subventions_departements_dsu.jpgMAM a fait de son image médiatique son véritable viatique politique. Sa silhouette altière et la noblesse sportive de son allure donnent tout de suite l’impression qu’on a affaire à une personne de grand caractère, distinguée et hors d’atteinte des propos familiers. L’élocution et la diction, le choix des mots et le maintien, ne sont pas de ceux qu’on acquiert dans les familles ordinaires, les salles de rédaction ou les amphis d’université. Ils sont la preuve d’une grande dignité naturelle  et  la marque des grandes familles. Sur ce plan là, l’ombre de son père Bernard Marie, député et maire de Biarritz,  plane et veille au grain. Voilà donc une belle personne de la haute qui inspire confiance…

 

Notez bien au passage que le papa de MAM était également arbitre de rugby, international est-il précisé, mais évoluant quand même dans un milieu qui préfère le cassoulet de la troisième mi-temps dans les auberges périgourdines au caviar servi dans l'atmosphère  feutrée des palaces de la jet set.  Tout à fait dans la même veine,  MAM   a fait ses humanités (si on peut dire) en faculté de droit, et même à Assas qui à son époque était plutôt réputée pour être le repaire de l’extrême droite souvent en butte, Le Pen en tête, aux gauchistes soixantehuitards. On y apprend qu’à cette époque la belle MAM s’amourache de son professeur Michel Alliot, directeur de cabinet d’Edgar Faure par surcroît. Elle l’épouse et passe sa thèse d’Etat dans la foulée.

 

MAM est donc bien armée dans la vie pour grimper petit à petit les échelons d’une longue carrière politique, sans éclat, mais sans ombres. Députée, ministre et même Présidente du RPR elle occupe à droite une place de confiance car c’est une fine mouche qui sait éviter les pièges, comme celui de choisir entre Balladur et Chirac quand on n’est  pas sûr du résultat. La ministre, qui vieillissait jusque là en conservant tous ses charmes, gardait son sourire accroché en toute circonstance et paradait volontiers devant les photographes en images glamour, soulignées par de somptueuses écharpes, voletant au gré des courants d’air furtifs de la cour de l’Elysée.

 

Comment se fait-il alors qu’en quelques jours, cette espèce d’icône se retrouve les doigts dans le pot de confiture,  à nous expliquer l’impensable ? MAM la gaulliste, aux mœurs politiques si intègres a des rendez-vous inavouables avec la nomenklatura détestée de Ben Ali. Elle succombe aux charmes orientaux jusqu’à se laisser conduire en jet à Tozeur, l’oasis des mille fantasmes. MAM est fine comme une lame, elle a préparé sa défense, elle court de studio en studio pour expliquer à la télé qu’elle n’est pas celle qu’on croit, qu’elle n’est pas aussi vénale qu’on peut le penser, qu’elle se moque bien vous pensez, de voyager dans les jets de la honte. D’ailleurs au moment même où elle embarque dans ces aéronefs de la corruption elle n’est plus ministre elle redevient la petite Michelle des fêtes de famille, de Noël et du Jour de l’An. Et chacun le sait,  les petites filles sont fascinées par les aéroplanes.

 

Pour de vrai, MAM veut nous faire croire que ces voyages en Tunisie, n’ont rien à voir avec la révolte du peuple et les martyrs qui s’immolent, rien à voir avec Ben Ali Dégage ! ; d'ailleurs elle nourrit une compassion sans bornes pour ces misérables qui se jettent dans le feu. Elle a certes des amis riches, mais aussi des amis pauvres. Les yeux dans les yeux, elle nous ordonne presque : "- Cela suffit, je vous ai tout dit, je suis meurtrie par vos allusions mensongères, tout le reste concerne uniquement la face cachée de la lune, celle que vous n’avez pas à voir ni à connaître et  encore moins à imaginer."

On peut toujours rêver.