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25/08/2009

Vincent et les autres....

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J’ai laissé mon âne dans son herbage et j’ai fait le voyage à Marseille. Quatre jours de presque vacances dans une ville chère à mon cœur. Il y a près de cinquante ans (novembre 1962), j’embarquais à la Joliette, avec ma jeune épouse, sur le Ville d’Oran , pour ce qui devait être l’aventure de notre vie. Alors que presque tous avaient fui l’Algérie indépendante, nous, les deux paysans du bocage, nous étions fiers de nous rendre sur une terre qui venait de conquérir sa liberté. Il s’en est suivi une histoire d’amour avec un peuple dont il faudra bien un jour que je décrive l’immense courage, la patience, l’humour  et la générosité. Bien sûr tout n’est pas rose dans ce pays lancé vers l’inconnu par la toute puissance de sa démographie et l’infini de ses espaces arides. Nous en reparlerons. (Mon ami T.B. me raconte que Matoub Lounés, chanteur berbère, glorieusement assassiné par les intégristes répondait aux journalistes :

-Quel est votre animal préféré ?

- L’âne qui  transporte par le djebel les matériaux de construction pour construire nos ksours et nos mechtas…

- Et l’animal que vous aimez le moins ?

- Le dromadaire qui a amené les arabes en Algérie ! )

 

Marseille il y a cinquante ans était une ville du tiers monde. C’est aujourd’hui une capitale méditerranéenne admirable et sûre d’elle. Les jardins du Pharo qui accueillaient l’Université d’été de l’Espoir à Gauche sont un espace magnifique qui surplombe l’entrée du vieux port. L’accueil et l’organisation des ateliers par Patrick Mennucci, maire de ce secteur de Marseille furent sans faille. Je ne veux pas maintenant reprendre dans le détail les échanges qui ont eu lieu (sur l’éducation, sur la communication, sur la démocratie participative…). Je veux me contenter de l’événement principal, c’est à dire la présence à la même tribune des communistes, des écologistes, des radicaux de gauche et du Modem, sur invitation de Vincent Peillon.

 

Je sais que toute une partie du PS va immédiatement vouer aux enfers politiques les responsables de ce scandale et Peillon en premier .  Il est probable qu’on tente de lui faire payer le prix de cette audace dès la semaine prochaine. Les tenants de la gauche-gauche sont des spécialistes de l’auto-mutilation. On a réussi à se débarrasser de Ségolène, ce devrait être encore plus facile d’expédier Peillon dans la zone de purge petite-bourgeoise et intellectuelle. Et pourtant le discours de Marielle de Sarnez fut magnifique, soulevant l’enthousiasme de l’assistance. Entendre Robert Hue et  Mme de Sarnez s’adresser des fleurs fut passionnant. Pour moi c’est là que les choses bougent et ce sera encore une occasion manquée si on ne saisit pas  la main tendue.

 

Les baisers sur la bouche (comme le dit joliment Christianne Taubira) avec l’exécrable Cohn-Bendit  sont beaucoup plus discutables. Bendix est le pire des démagos, en nous assurant que sa parole est libre, sous prétexte qu’il ne brigue pas de mandat. La liberté de pensée  n’autorise pas la confusion et l’amalgame (exemple : pourquoi défendre les services publics puisque l’EDF nous a menés au nucléaire ?) ou la provocation ( ex : Arrêtons de parler de progrès !). Je le dis, ce trublion véhicule quelque chose de dangereux qui ne respecte pas l’intelligence du peuple. Il surfe sur les peurs et la pensée unique imposées par les écolos médiatiques qui n’éprouvent aucun scrupule à se vautrer dans  les paradoxes (continuer à vouloir sortir en urgence du nucléaire alors que pour le moment c’est un des moyens puissants d’éviter  le recours aux énergies fossiles et l’émission massive de CO2). Comment à la fois, défendre l’économie de marché et réclamer la planification à marche forcée de directions industrielles qui n’ont pas fait la preuve, loin de là,  de leur efficacité économique et sociale ? (la voiture électrique, les éoliennes, le photovoltaïque, l’exclusion des OGM)

 

Je ne regrette pas mon voyage à Marseille. En organisant la confrontation des points de vue, Vincent Peillon a fait avancer les choses, modestement, sans chercher à en encaisser visiblement des bénéfices personnels. Il m’a semblé qu’il s’est comporté comme un véritable animateur de colloque, avec un esprit de recherche de solutions et de pistes pour l’avenir. En somme il a misé son capital de crédibilité dans un investissement à moyen et long terme dont il va falloir surveiller et encourager les retombées.

 

Ce matin,24 août,  le quotidien Libération est revenu, sous la plume de Laurent Joffrin, sur le succès des Ateliers d'été et du rassemblement proposé par Vincent Peillon.

 

" Un peu de soleil dans l’eau froide de la désunion. Pour la première fois depuis des lustres, un peu d’espérance s’est fait jour dans une assemblée organisée par des socialistes. Pour la première fois depuis des lustres, quelque chose a sans doute commencé, samedi à Marseille, quelque chose qui peut renverser le courant de résignation qui semblait emporter la gauche vers une défaite certaine. En réunissant un arc-en-ciel politique qui va du Modem au PCF, en passant par les Verts et les Radicaux de gauche, Vincent Peillon a cristallisé la seule orientation stratégique qui puisse rendre un début de crédibilité au camp du changement social : la Grande Alliance, celle-là même que nous réclamions dans ces colonnes après les européennes.