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20/04/2013

Retrouver le Nord

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 W. Kandisky Saint Georges contre le Dragon


De quelque côté qu’on se tourne dans les média, nous sommes plongés illico dans la part d’ombre des principaux personnages de notre vie publique. Je commençais à peine à penser que l’ahurissant mensonge de Cahuzac avait quelque chose de positif que je suis à nouveau imprégné  du doute ce matin. L’affaire Cahuzac si pitoyable soit-elle, a en effet la vertu de remettre sur le dessus du panier la fraude fiscale et les paradis fiscaux. En reconnaissant son parjure et sa dissimulation, l’ex-ministre a rompu avec un adage toujours respecté jusque-là par les politiques et les truands confrontés à la justice : n’avouez jamais ! L’aveu a ceci de rafraîchissant qu’il nous fait sortir d’une longue période de dénégation et d’autojustification toujours entretenue par les suspects, même quand ils étaient confrontés avec les faits les plus patents.

 

Hélas, l’exercice télévisé du fraudeur de Villeneuve/Lot est surtout une tentative de manipulation de l’opinion par les spécialistes de la com’. Les mêmes se sont occupés de DSK, avec la même audace, la même impudence, la même intention  de banaliser les fautes du coupable, pour jouer sur la fibre émotionnelle et envelopper la merde dans du papier de soie.


Le problème pour Cahuzac était de faire passer une apparence de franchise pour de la sincérité, tout en n’utilisant pas les mots qui fâchent, fraude fiscale et paradis fiscaux, enrichissement illicite, parjure…ramassés dans la seule part d’ombre.  Une demi-heure de plaidoyer. Qui ne peut se révolter contre cette complicité de BFM dans l’opération ? Ceci n’est rien d’autre qu’une tentative de tromperie de l’opinion : Achili en se prêtant à ce jeu y a perdu ses qualités de journaliste. Qu’il rende sa carte !

 

Beaucoup de vrais journalistes ne croient pas aux vertus de la com’. Je souhaite qu’ils aient raison : la manipulation des esprits par les spécialistes des « éléments de langage » et du « choix des images » est un déni de démocratie et une insulte au bon peuple. Cette dernière séquence n’est qu’un exemple de la corruption de nos médias. Nous en voyons des cas tous les jours à la une de nos journaux et de nos magazines, le plus souvent dans le seul but de courir après l’audience.


La difficulté c’est que quelques grands groupes comme Lagardère, Dassault ou Bouygues et d’autres, et même bientôt B. Tapie,  savent très bien jouer l’opinion contre les décisions politiques qui ne leur plaisent pas. On trouve là, une part des difficultés du gouvernement et de François Hollande, harcelés depuis le début par la critique et la mise en exergue des effets supposés négatifs de leur action politique. On ne parle jamais bien sûr des effets supposés positifs !

 

La publication des patrimoines de nos ministres, à mon avis bienvenue, a été couverte par la presse de manière hystérique. Pendant 48 heures on a eu l’impression qu’on atteignait les sommets du voyeurisme, du haro sur les riches, et de l’exercice d’une curiosité malsaine qui allait livrer les gens aisés à la vindicte des démunis.


En réalité, il n’y a rien de tout ça, les citoyens sont habitués depuis longtemps à voir côte à côte des gens fortunés et des gens qui n’ont rien. Ces inégalités de toujours ne sont pas vraiment l’objet de la frustration sociale. Ce que les gens ne veulent pas c’est que certains puissent tricher impunément pour s’enrichir alors que d’autres sont coincés pour avoir volé une savonnette.  


Les prises illégales d’intérêt, les passe-droits, l’optimisation fiscale (même légale) sont souvent ressentis comme un privilège des classes supérieures. La transparence est le tout premier petit geste pour ouvrir l’armoire aux richesses et rassurer nos concitoyens inquiets !

 

Mais nous sommes au début d’un processus qui doit absolument faire la vie de plus en plus dure à la dissimulation dans les paradis fiscaux, en Suisse et ailleurs. On a vraiment l’impression que le système actuel parasite la finance mondiale et pompe une bonne part des plus-values de l’économie productive, du labeur des salariés et de l’inventivité de nos ingénieurs et de nos chercheurs ! Et si la fameuse crise économique mondiale n’était rien d’autre que ce gâchis organisé ?