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22/02/2015

La fronde inutile

Hamon, Montebourg,Baumel, Paul, Linneman, Aubry, PS, frondeurs

 

L’attitude des « frondeurs » me laisse sans voix. Je sais qu’en politique les préjugés couvent longtemps sous les cendres mal refroidies des passions idéologiques. C’est d’ailleurs l’honneur des militants que de savoir se battre pour leurs idées. Mais il n’y a pas de combat qui vaille sans qu’on en connaisse l’objectif et le sens. Que veulent nos « frondeurs » ?  Que cherchent-ils à obtenir en s’abstenant ou même en votant contre la loi « Macron » ?  Le travail du dimanche n’est  pas vraiment un « casus belli » interne au PS, malgré les efforts pathétiques de Martine Aubry. Sans compter que tous les articles de la fameuse loi ont été abondamment discutés et votés, un par un !

Depuis le début du quinquennat, la gauche de la gauche cherche à se vendre pour exister. Elle ne recule devant aucun coup de Jarnac, aucune trahison, aucune confusion, aucun amalgame, pour marquer sa différence. On l’a vu avec les ministres démissionnaires qui ont pourri la vie des premiers ministres et du Président par des couacs répétés. En faisant fi de toute solidarité de Parti et de toute discipline, les Hamon, Montebourg, Baumel, Paul, sont à la disposition des chaînes d’info continue, trop heureuses d’attiser les zizanies. Ces apprentis leaders ne semblent pas comprendre qu’ils produisent un très mauvais effet dans les rangs  de la plupart des militants ordinaires. Leurs critiques du gouvernement Valls paraissent mal fondées : Ils n’ont pas d’alliances explicites, pas de programmes, pas de stratégie, sauf celle du coup de poignard dans le dos. Ils semblent plus proches de nos adversaires du Front de Gauche, de Mélenchon et de Duflot que de la Charte du Parti que les militants   viennent de réécrire démocratiquement à l’initiative de notre camarade  Cambadelis. Nonobstant, Ils se donnent comme tous les démagogues et malgré leur imposture, des airs outragés de défenseurs du peuple.

Par leur attitude irresponsable, ils creusent un sillon profond leur opposant la grande majorité des sympathisants de gauche qui pour la plupart sont des des réformistes pragmatiques. Les gens de gauche qui forment les gros bataillons électoraux du PS en ont par-dessus la tête d’entendre les Mélenchon, les Duflot, les communistes, critiquer le Président et son gouvernement. Ces braillards donnent une image de la société complètement bloquée, sclérosée, sortie des réalités. Les sondages nous confirment qu’une majorité de Français approuvent la loi Macron. Je trouve absolument insupportable que des gens de notre propre parti, très minoritaires apportent leur renfort aux incantations irresponsables et inutiles de l’extrême gauche. Montebourg, Hamon et les autres frondeurs jouent contre leur camp. J’espère que notre Parti s’en souviendra.

 Sauf à faire une révolution la pique à la main et en oubliant la justice et les règles constitutionnelles, il est inutile de faire croire au peuple qu’on peut raser gratis et prendre aux riches pour donner aux pauvres. La République est avant tout un Etat de droit ! Je me le demande encore : que veulent vraiment nos camarades de la « gauche » du Parti ? Nous voyons le résultat de l’enthousiasme grec pour Tsipras. Les dettes ne s’effacent pas d’un coup de baguette magique. En France, nous ne sommes pas dans l’austérité. La politique hollandiste est mesurée et tente de tenir les deux bouts de la chaîne économique. Aucune des décisions du gouvernement  ne peut expliquer la dissidence de nos camarades.

L’explication la plus plausible, c’est que les « frondeurs » sont persuadés que les réformes entreprises par FH ont fait fuir les militants déçus et que c’est le moment pour eux,  à trois mois du congrès de ramasser les miettes et de se présenter en vainqueurs rue de Solférino. Si c’est bien leur analyse, je crois qu’ils se trompent lourdement. Il n’y a pas de mouvement à gauche dans l’opinion. Il suffit de voir les scores indigents des Front de gauche ou des Ecolos. Dans notre Parti, les cadres « frondeurs » sont inexistants, ils ont disparu de la circulation. Il reste sans doute, plus ou moins discrets, un petit syndicat d’élus ou de politiciens professionnels qui en sont réduits aux manœuvres de sauve-qui-peut. Il y a trop longtemps que ce petit monde a rompu avec l’analyse et la réflexion pour être en mesure de produire des idées nouvelles qui pourraient justifier la dissidence. A la gauche du Parti on agit plutôt comme la CGT en défendant en permanence les avantages acquis. Le conservatisme n’est jamais remis en question. On se croirait encore au temps de la guerre froide. Peu importe que le cinquième de la population active soit au chômage, du moment qu’il est bien indemnisé !

Malheureusement le monde bouge. Le dimanche n’a plus le même sens pour tout le monde, il y a des gens qui aiment travailler, imaginer, créer, lancer des entreprises et comme tout le monde gagner des sous. La vieille gauche a horreur de cela. Elle déteste la nouveauté, l’imagination et l’aventure. Elle veut un cadre bien rigide qui lui assure l’école, la santé, la sécurité, la retraite et si possible pas trop d’étrangers qui viendraient foutre le bazar. Je sais que du côté des humanitaires, des écolos, des gauchos, il y a des gens généreux, dévoués aux causes difficiles et qui travaillent et donnent de leur temps bénévolement. Ils ont cependant un défaut : tous autant comme ils sont, ils ont un leitmotiv : l’Etat doit nous aider, l’Etat doit nous donner des sous !

Il faut qu’on se débarrasse à gauche de cette tentation du tout Etat, de l’addiction à la subvention, à l’argent public dispensé par tous les tiroirs de la République souvent gaspillé, réservé, fléché, parfois à la limite de l’abus de bien social. La chose publique dans leur conception est sans fond, sans limites, sans contrôle. Les électeurs du FN savent cela, ils en ont assez eux qui ne touchent que des miettes et accusent ces messieurs d’être des profiteurs. Dans l’urgence actuelle ce n’est certainement pas Hamon, Montebourg, Paul et les autres qui nous sortiront d’affaire

14/12/2012

L'économie de marché à Florange

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 Vassily Kandinsky, Murnau, train et château.

 

Pour ceux qui feignent de l’ignorer, le Parti Socialiste s‘est bien décidé en 2008, dans l’article 6 de sa Déclaration de Principes à défendre l’économie de marché (1). Même si cette affirmation est enveloppée de précautions appelant à la satisfaction des besoins du peuple et à la régulation par l’Etat et les partenaires sociaux, il n’y a aucune ambigüité et plus personne aujourd’hui n’en appelle dans nos rangs à l’appropriation collective des moyens de production et à la planification étatique de l’économie. C’est pour cette raison que les larmes de crocodiles dont les syndicalistes nous abreuvent avec les hauts fourneaux de Moselle, sont une imposture médiatique qui ne rend pas service aux ouvriers, aux employés et aux populations qui vivent de l’acier dans cette région. On soulève ainsi des espoirs largement exploités par le Front de Gauche pour faire croire que la Révolution est à portée de main.

 

L’économie de marché veut dire que quand on ne trouve plus d’acheteurs, il faut s’arrêter de produire. C’est une vérité de base pour toutes les activités de production, que ce soit l’agriculture, le bâtiment, les automobiles ou la sidérurgie. On ne peut plus envisager aujourd’hui  qu’un investisseur, fut-il l’Etat,  puisse payer des salariés pour ne rien vendre. Il se trouve que dans la période actuelle les besoins européens en acier diminuent, avec un marché des autos à maturité, des BTP en berne et l’absence de grands travaux. Faire encore couler de l’acier par les Hauts Fourneaux de Florange se fera nécessairement au détriment des autres installations existantes de Dunkerque  ou de Fos, qui bénéficient par ailleurs d’avantages comparatifs, liés au coût des transports de ces produits pondéreux. On a vu avec le site de Basse Indre qu’il était hors de propos de déshabiller Pierre pour habiller Paul.

 

Les grimaces d’Edouard Martin avec son langage outrancier ne font pas avancer la situation. Ce n’est pas de survie dont la vallée a besoin mais bien d’innovation, de créativité, de formation, pour conquérir des activités qui correspondent aux besoins des marchés du futur. Dans cette direction les pouvoirs publics doivent consentir à des investissements, des arbitrages, des sacrifices, pourvu qu’ils débouchent sur une reconversion, une remise en marche de l’activité économique, qui ne profitera peut-être pas directement aux vieux salariés actuels trop déchirés pour subir une ultime mutation, mais qui assureront l’avenir de leurs enfants. Pour les plus anciens la solidarité nationale doit jouer à plein.

 

On a bien compris que Montebourg ne pensait à rien d’autre avec sa nationalisation provisoire que la mise en selle d’un nouvel entrepreneur du cru, qui bénéficie d’une aura et d’une réputation flatteuse dans sa région. Une personne en laquelle les Lorrains ont confiance et qui présente tous les atouts de proximité, alors que Mittal est le symbole du capitalisme financier apatride et monopolistique sans visage. La principale difficulté  réside dans l’obligation pour l’Etat de racheter les entreprises de Mittal. Un milliard d’euros a dit le premier ministre, c’est beaucoup trop pour un Etat qui a des arbitrages difficiles à faire dans tous les secteurs de l’économie et de la société. Mélanchon, que je commence à détester à cause de ses facilités de langage et de pensée aurait dit : il faut exproprier ! Dans une économie de marché cela ne peut pas se faire sans des motifs graves qui devraient passer devant la justice.

 

Tout cela serait encore possible en tordant le bras à l’équité et au respect des lois, au nom de l’intérêt supérieur de l’Etat, à condition d’être certain du résultat. Peut-on imaginer un seul instant qu’en nationalisant les hauts fourneaux on va augmenter les besoins en acier ? L’exemple de la Général Motors aux USA est bien différent, l’Etat a nationalisé, renfloué, redimensionné et licencié beaucoup de salariés pour faire d’une firme en faillite une entreprise viable. Imagine-t-on que l’Etat puisse licencier en Moselle ? L’échec d’une nationalisation en Lorraine est prévisible, avec des pertes, des dettes, des drames supplémentaires. On aurait bien aimé entendre Chérèque s’exprimer sur le sujet. Je vois après la réunion des syndicats avec Mittal hier jeudi 13, que la CFDT est revenue à une politique plus pragmatique et je ne suis pas surpris en revanche de voir FO et la CGT poursuivre leur surenchère.

 

On observe aujourd’hui une sorte de complicité objective de l’extrême gauche avec la droite pour s’attaquer au gouvernement. Mélanchon drague les écolos, les communistes votent avec l’UMP au Sénat. Ces conduites ont quelque chose de fâcheux et d’immoral. Même pour défendre ses idées il ne me semble pas très civique de mélanger les genres et d’introduire la confusion dans l’opinion. La justice et l’intelligence sont de gauche, le cynisme et la confusion sont de droite, quel que soit le Parti.

 

 

(1)   Article 6 de la Déclaration de principes du Parti Socialiste

 

Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux qui a pour finalité la satisfaction des besoins sociaux essentiels. Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public efficace, des services publics de qualité accessibles à tous, un tiers secteur d’économie sociale et solidaire.

 

Les socialistes affirment que certains biens et services ne doivent pas relever du fonctionnement du marché quand ils concernent les droits essentiels. Ils font de la création et de la redistribution des richesses un enjeu majeur de l’action politique.

 

01/10/2011

Arnaud et les petits bateaux

 

primaires, PS, Montebourg, Saint Vaast

Arnaud et les petits bateaux

 

 

Saint Vaast la Hougue était un bien joli petit port dans ce soleil bienvenu du 1er Octobre. Les conditions étaient exceptionnelles pour tracter au marché du samedi et tâter l’ambiance. On trouve autour des étals une quantité de gens qui ne sont pas d’ici, des baladeurs en camping car ou des évadés du week-end venus de Rouen ou de Paris. Il y a aussi des ex-citadins tout juste installés dans leur nouvelle résidence de retraité et des plus anciens qui ne s’éloignent jamais beaucoup de leurs déambulateurs. Au total, on y voit assez peu d’actifs du cru, toujours pressés, donc adeptes du supermarché. On voit enfin des promeneurs, et ce sont les plus sympathiques. Ils flânent devant les bateaux qui débarquent, au milieu des odeurs de poisson et du grabuge excité des goélands. On les sent friands de l’ambiance locale, rafraîchissante et colorée.

 

Une bonne moitié des gens me répondent avec une certaine hargne que les socialistes ne sont pas à leur goût et un bon quart me signifient par un geste de la main qu’ils ne sont pas intéressés. Certains « bofs » me gratifient d’un « tous pourris !» qui n’attend pas de réponse. Restent un bon nombre de personnes qui m’écoutent et parfois me confient obligeamment qu’ils iront voter dimanche prochain. Elles vont même jusqu’à me dire au creux de l’oreille, qu’elles sont pour Arnaud, surtout les femmes, car c’est un beau gosse et un beau parleur.

 

Cette popularité nouvelle m’a poussé à écrire cet article, d’autant plus que mon camarade Jean Paul Garnier y a déjà consacré de longs commentaires (voir ci-dessous). Montebourg est sûrement le plus remuant et le plus talentueux des quadragénaires du PS. Il a eu la bonne idée de monter sa candidature sur les idées de la gauche du parti (pour faire simple). Je veux dire par là qu’il n’hésite pas à affirmer dans son programme l’autorité politique comme régulateur de l’économie. Ceux qui sont contre, parlent de retour de la main mise de la bureaucratie d’Etat sur l’activité économique ou d’économie administrée. Il s’agit du contrôle des banques et du protectionnisme aux frontières, voire de la taxation des prix. En cela il n’est pas très éloigné de Ségolène.

 

Ces méthodes ne laissent pas que des bons souvenirs. La gestion étatique des banques a dans le passé récent produit le désastre du Crédit Lyonnais et l’économie d’Etat dans toute sa splendeur a, entre autres,  signé la faillite de l’URSS. Il serait quand même idiot de les rejeter sans plus de précautions. Il ne faut pas oublier que le libéralisme à la Thatcher ou à la Reagan nous a menés droit dans le mur de la crise actuelle. La raison oblige à constater que c’est bien de régulation que nous avons besoin aujourd’hui, pour ramener au bon sens des finances saisies par une folle avidité, laquelle s’exerce aux dépens de l’économie réelle. Le vrai débat est de choisir à quel niveau il faut mettre le curseur du contrôle étatique et comment on peut l’appliquer.

 

Les idées d’Arnaud Montebourg sont donc nécessaires au débat. Il parvient à les faire passer dans l’opinion avec un réel talent. Néanmoins je ne crois pas qu’on puisse les appliquer en évitant des effets d’aubaine et des contre-performances imprévisibles. Il faut donc de la prudence et de l’expérimentation. Le dialogue avec Manuel Valls est passionnant. Les candidatures de ces deux là sont utiles, car elles font progresser le niveau politique des électeurs et des auditeurs. Je suis convaincu que sous la Présidence de François Hollande ces deux leaders trouveront des rôles à leur mesure et qu’ils seront utiles au pays encore longtemps. Si ils ne sont pas saisis comme bien d’autres par les vertiges empoisonnés du pouvoir.