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11/11/2009

Anniversaires...

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On parle beaucoup d’anniversaires cette semaine. A commencer par le mien, 71 ans demain. Comme m’a confié mon âne, tu fais bien ton âge, pas d’erreur. Le look est ce qu’il est, mais le plus remarquable c’est que je suis rempli de souvenirs. Un vieux qui cane c’est une bibliothèque qui brûle. Mettons que pour moi ça fait seulement quelques rayonnages. Je mesure le temps.

 

 

Je suis né avant guerre, dans cette trouée de Belfort dont les troupes d’Hitler n’ont fait qu’une bouchée. Mon papa avait 27 ans et après beaucoup d’aventures en Germanie est mort à 32 ans à Dachau. Ce qui vaut que je l’ai toujours appelé jeune homme. Si je compare avec moi il n’aura jamais été dans sa durée que la moitié d’un homme, il lui aura manqué 40 ans de vie. Ses parents eux mêmes avaient été emportés en 1917 par la grippe espagnole. Tous ces gens n’ont jamais connu la vieillesse et le véritable sens des anniversaires.

 

En revanche,  j’ai eu le temps moi, de conter les cérémonies du 11 novembre aux monuments aux morts. Il faut bien le dire : la guerre de 40, la guerre de Corée, la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, à quinze ans je croyais que la guerre était l’état normal de l’humanité. Au moins en France. De toute façon si les vraies guerres s’arrêtaient on pouvait toujours compter sur la guerre froide, qui elle, était bien partie pour durer.

 

Comment s’étonner qu’un jeune adolescent comme moi cherche des montreurs de colombes, Eluard, Picasso, Char. Je ne les citerai pas tous mais parmi eux un vrai détrousseur d’apparatchiks, Cornelius Castoriadis, qui nous annonçait l’effondrement du rideau de fer devant la poussée du prolétariat exploité par le complexe militaro-industriel soviétique. Il n’avait pas tout à fait raison puisque finalement c’est le Pape et Solidarnosc qui ont fait céder les staliniens fatigués, comme l’a avoué Gorbatchev. Il a quand même fallu attendre que j’aie 50 ans. Vive la chute du mur de Berlin.

 

Il aura fallu attendre moins longtemps pour faire la paix avec nos ex-colonies, même si les séquelles ont survécu à l’immense porteur d’histoire que fut de Gaulle. Que l’homme du 18 juin soit celui qui a décidé des accords d’Evian, est un raccourci extraordinaire de morale politique. Et justement cette semaine c’est aussi le 39° anniversaire de sa mort.

 

Je n’oublie pas malgré tout que j’ai toujours voté contre de Gaulle, trop à droite, trop lent, pas assez catégorique. J’avais raison c’est sur . Comme dit mon âne, il faut toujours replacer les choses dans leur contexte.

17:31 Publié dans Actuelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mur de berlin | |  Imprimer