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04/11/2010

Tu peux crever Père Ubu !


 

delphine1.jpgL’actualité du monde est comme une pièce jouée dans un grand théâtre à plusieurs scènes sur beaucoup d’étages. Les gogos s’y promènent et ils entendent, voient, apprécient de nombreux spectacles qui sont destinés à les distraire, les instruire et les convaincre. Face à la  diversité sans limites des situations apparemment déconnectées les unes des autres,  les spectateurs sont interloqués. Ils voient ici des favelas et là des châteaux, là-bas des camps de réfugiés qui meurent de faim et pas loin des bateaux grands comme des paquebots qui promènent des mannequins et des magnats. Ils voient des usines qui ferment et des prolos qui pleurent et puis tout de suite après ils écoutent des grands Messieurs qui  expliquent qu’on ne peut pas faire autrement. Ces Messieurs sont très forts, très instruits et ils ont toujours raison comme le prouvent leurs époustouflants revenus…

 

Les lucarnes magiques  nous commentent ce monde absurde par la voix de leurs éditorialistes domestiques et inamovibles. Ils rappellent sans cesse que quelques principes sont indiscutables depuis que  Reagan et Thatcher (une épicière et un acteur, c’est dire !) ont lancé la bataille idéologique dont est sortie victorieuse la classe dominante . Il nous faut savoir que les Etats sont des gouffres à finance qui nous font perdre la guerre économique dans un monde de concurrence acharnée. Il faut diminuer les impôts et le coût du travail. Nos états sont ruinés et ce sont nos enfants qui paieront les ardoises. Tout doit être fait pour rendre nos entreprises performantes, c’est à dire lucratives sur le marché des actions, à fin d'alimenter sans faiblir la pompe à phynances. A vous d'essayer de pomper comme les autres. Un employé de Total qui possède quelques actions gagnera à réclamer la suppression de son emploi, pour faire monter le cours des titres.

 

Cet employé là s'en garde bien  parce qu'il a une femme et dans le meilleur des cas un joli pavillon de banlieue, ancrés dans son territoire où par devoir et passion il élève ses enfants. Il ne peut pas d’un coup de téléphone liquider ses positions, car il n’est ni apatride ni cosmopolite. Il est seulement la malheureuse variable d’ajustement d’un système dont les lois, la justice, les coutumes, les habitudes sont au service des puissants potentats installés au sommet. Ce sont ceux-là qui commandent  la dite pompe . Ils sont de modernes pères Ubu qui ont réussi avec leurs dévoués séides ramasse-miettes, à nous faire croire qu’ils étaient indispensables au fonctionnement  du tout. Sans eux pas d’emploi, sans eux nous allons être précipités dans les affres de la Révolution, de la Dictature et de la Misère.

 

Je me sens floué comme beaucoup de spectateurs incrédules, par ce théâtre de manigances. Il est temps que le vent de la rébellion se lève. Il faut dire  à ces Messieurs qui se croient  les Maîtres du Monde, chiche ! partez au diable ! nous n’avons pas besoin de vous, réfugiez-vous dans vos yachts aux Bahamas, vivez entre vous, gardez  votre argent, mangez du caviar à la louche, faites des fêtes, bronzez, payez-vous des femmes par centaines, belles et bêtes comme des sirènes, mais fichez- nous la paix ! Arrêtez de parasiter notre société !

 

Laissez-nous prendre nos affaires en main, laissez-nous nous organiser collectivement, laissez-nous entreprendre, créer, imaginer, produire des richesses, non pour en faire des magnificences ostentatoires, mais pour soigner nos vieux, pour éduquer nos jeunes, pour aller au cinéma, pour visiter Florence, pour protéger la forêt. Le génie de nos savants et de nos artistes ne vous appartient pas, le labeur de nos ouvriers ne vous est pas destiné. L'avenir est à la solidarité sociale sous peine de régression de l'humanité.

 

A votre avidité et votre arrogant mépris, nous opposerons notre générosité et notre fraternité. Et nous élèverons des statues à Victor Hugo, à Jaurès, à Pablo Picasso et à Mendès-France...