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26/09/2013

Les dix commandements des Verts 4- Les centrales nucléaires au plus vite tu débrancheras

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William Blake. La putain de Babylone

 

Il serait ridicule de nier la dangerosité de la radioactivité qui, même à faible dose peut avoir des effets désastreux sur l’intégrité des molécules biologiques complexes en particulier sur celles qui sont porteuses de notre hérédité. L’enjeu de l’électronucléaire est justement de maîtriser cette source formidable d’énergie avec toute la sécurité possible. On conçoit que les centrales « atomiques » fassent peur, d’autant que le cousinage avec la bombe, arme fatale,  est présent dans tous les esprits.

Facteur aggravant, la mise en œuvre de notre savoir-faire en la matière était au départ plus militaire que civile, avec des traditions de secret et de dissimulation peu compatibles avec la démocratie. Les circonstances ont voulu que malgré tout, notre pays, dépourvu de pétrole, se soit lancé dans un programme ambitieux d’équipement en réacteurs. Nous nous trouvons donc propriétaires d’un système de production à maturité, bien rôdé, dont nous bénéficions économiquement à plein aujourd’hui.

Hélas comme nul système n’est parfait, notre parc nucléaire induit des contraintes très gênantes. La plus sérieuse est celle du traitement des déchets radioactifs. La seule solution aujourd’hui réside dans le stockage profond des matières ultimes dans des conditions géologiques sécurisées. On doit reconnaître que cette option est dérangeante car elle engage les générations futures. Mais aujourd’hui et j’espère provisoirement, le choix est entre l’émission de CO2 par le charbon ou le gaz dans les centrales thermiques classiques ou l’entreposage des déchets radioactifs, sauf à réduire drastiquement notre consommation d’énergie électrique en augmentant son coût. Dans ces dernières perspectives nous aurions le devoir de  sécher nos larmes de crocodile sur la précarité énergétique de nos citoyens les plus démunis.

Depuis toujours les Verts s’attaquent avec véhémence à nos centrales nucléaires.  La phobie de l’atome est certainement le trait le plus structurant de  la politique écologiste. Les méthodes spectaculaires du collectif « Sortir du nucléaire » s’adressent plus à l’émotion, à la peur et aux passions qu’à l’intelligence et au rationnel. Au lieu de se conduire en pédagogues, les Verts entraînent les citoyens sur des pistes sans nuances et sans issues, visant à la conversion hâtive aux énergies renouvelables, par des techniques encore mal éprouvées industriellement et économiquement. Pis encore, certains d’entre eux se retranchent dans le malthusianisme et la décroissance.

Il est vrai que les exemples de Tchernobyl et de Fukushima doivent nous inciter à redoubler les précautions de sécurité, car nous sommes dans un  domaine où toute insuffisance peut avoir des effets dramatiques. Après cinquante ans d’expérience nous pouvons dire que nous avons su mener en France, cette odyssée industrielle atomique sans catastrophes et sans désastres majeurs. Ce qui n’est en aucun cas une raison de relâcher notre vigilance et de diminuer notre capacité d’investissement dans ce secteur

La réalité, quels que soient les dangers et les contraintes de cette technique, est que nous produisons plus de 75% de notre électricité, grâce à des investissements dont nous recueillons massivement les dividendes aujourd’hui. On peut souhaiter comme les Verts, que des sources d’énergie plus durables et moins dangereuses prennent le relais, mais pour plusieurs dizaines d’années encore, on ne voit pas que les énergies alternatives puissent apporter une solution économiquement acceptable. Nous allons devoir, de toute façon investir massivement pour y parvenir et sans doute nous contraindre à payer notre énergie plus cher. Dans cette perspective ce n’est certainement pas un bon choix que de commencer par  nous priver de nos centrales actuelles qui sont au mieux de leur rentabilité.

On  peut toujours sacrifier Fessenheim, mais on verra en passant aux travaux pratiques, qu’on ne peut d’un trait de plume effacer une centrale, comme voudraient nous le faire croire les tenants du réseau « Sortir du nucléaire ». On peut la modifier, la réorienter et programmer sa disparition, mais certainement pas dans l’empressement idéologique et politique ! Il faut se méfier des symboles aux effets pervers. Notre parc nucléaire est aujourd’hui notre « mine » énergétique, comme le sont les champs pétroliers d’Angleterre ou de Norvège. Il faut de l’argent pour innover : il n’y aura pas de transition énergétique en sabordant le nucléaire. La sortie du nucléaire n’est qu’une utopie si elle ne s’accompagne pas  d’une contrepartie positive assurée au même prix, par des énergies alternatives opérationnelles.

Dans ce domaine là encore, l’idéologie écologique peut aboutir à démunir la France d’une de ses forces essentielles, celle d’une énergie abondante capable de pousser nos TGV et de faire tourner nos usines les plus exigeantes. Il faut regarder ce qui se passe en Allemagne, dont l’électricité est devenue une des plus chères d’Europe, tout en ayant massivement recours au gaz et au charbon pendant que les conflits sur les lignes haute tension mettant en réseau les ressources alternatives, se multiplient. Voilà une expérience de réduction de l’énergie nucléaire que devraient méditer ceux de nos amis écologistes qui ont conservé un certain souci de pragmatisme.

Alors oui, sortons du nucléaire, mais sur un agenda qui ne doit rien à la passion, aux phobies et aux lobbys. Assignons des délais et des résultats aux énergies alternatives, mettons-nous d’accord sur les potentialités du solaire et des éoliennes dont les techniques deviennent aujourd’hui opérationnelles, accordons nous sur les besoins expérimentaux de la géothermie et des hydroliennes, essayons de chiffrer tout cela et de le proposer à nos concitoyens, essayons enfin ! de conserver une attitude environnementale démocratique.

Cessons de nous quereller sur des symboles. Voyons comment les gaz de schistes peuvent nous faciliter cette fameuse transition énergétique. Arrêtons les oukases et les ultimatums, cessons de croire que la réduction de notre consommation est la panacée. Rendons nous à la réalité qui nous enseigne que nos besoins en électricité augmentent chaque année ! Les décisions qui sont prises dans ce domaine aujourd’hui, engagent le devenir des générations futures, de nos enfants, de nos petits-enfants et de nos arrière-petits-enfants !.

29/03/2011

La crise nucléaire, mea culpa !

tsunami,nucléaire,japonJ’ai critiqué les écolos et leurs trémolos parce qu’ils pleuraient avant d’être battus (ma chronique du 14/03/2011). Je dois reconnaître qu’à ce moment là,  je n’imaginais pas les carences invraisemblables dont font preuve aujourd’hui les ingénieurs nippons. J’ai toujours défendu le progrès de la science que j’estime indispensable à la conquête de la liberté par le genre humain. L’homme se libère de ses entraves primitives pour atteindre les plus hautes destinées, que nous sommes aujourd’hui incapables d’imaginer, mais qui sont le véritable ressort de notre lignée évolutive. C’est une philosophie ouvertement confiante, imprégnée de darwinisme et de foi dans le jeu des puissances naturelles. Dans une certaine mesure ma tolérance au nucléaire est liée à ce fond d’optimisme.

 

Au moment des régionales, donc bien avant le désastre nippon, j’avais écrit à propos des relations socialo-écolo «  Reconnaissons que l’énergie nucléaire n’est pas une solution durable. Mais elle existe. Elle fournit à la France 80%¨de son électricité. Doit-on fermer les centrales nucléaires et l’usine de retraitement des déchets qui va avec, pour ouvrir des centrales thermiques (à gaz, pétrole, charbon) ? Non n’est-ce pas, à cause du bilan carbone devenu un enjeu vital pour notre planète. Doit-on faire des économies d’énergie ? Oui cent fois oui, indiscutablement. Doit-on développer le solaire, l’éolien, la géothermie ? nécessairement, mais sans oublier que toutes ces solutions ont aussi leurs limites. Doit-on dans ces conditions prendre le risque de se retrouver dans un régime de pénurie ? Seules les centrales nucléaires sont aujourd’hui notre véritable garantie contre une crise de l’énergie qui se révélerait redoutable pour notre pays. »

 

La manière dont les ingénieurs de la Tepco japonaise gèrent le désastre engendré par le tremblement de terre et le tsunami qui s’en est suivi me contraignent à plus de circonspection aujourd’hui. Je m’étonnais il y a quelque jours de la légèreté avec laquelle des centrales avaient été implantées sur un littoral menacé par la vague sismique, dans un pays tout à fait familier des tremblements de terre. A mesure que les jours passent on a l’impression que les hommes en charge de la centrale de Fukoshima perdent les pédales. Ils pataugent au sens propre dans des flaques d’eau radioactive et font des erreurs de calcul grossières. Ils n’ont plus l’air d’avoir la visibilité nécessaire. Ils semblent avoir perdu la maîtrise des opérations.

 

Je veux bien croire que les complications, la désorganisation  et  la fatigue entraînées par le séisme aient  rendu la tragédie presque hors d’atteinte. Mais il est inadmissible que les mesures de sécurité n’aient pas prévu cette accumulation de facteurs, même improbables, puisqu’il est notoire qu’un accident est toujours le résultat d’une pareille conjonction. Le drame japonais fait naître chez moi un doute définitif sur l’esprit de responsabilité des organismes chargés de la mise en œuvre de systèmes industriels qui peuvent se révéler comme de véritables volcans radioactifs.

 

tsunami,nucléaire,japon

 

 

On peut accuser l’appât du gain développé par notre système économique trop libéral, peut-être aussi le conformisme d’esprits anesthésiés par le quotidien. A tout le moins l’expérience douloureuse du Japon doit être le signal d’une ardente obligation : repasser au peigne fin toutes les mesures de sécurité des centrales nucléaires du monde entier, quelque soit le pays. Ce genre d’accident concerne la planète entière.

15/05/2009

Chronique de l'âne 14- Le Cotentin malade de la peste sur France 3

Tonnerre 7_WEB.jpgCe matin Tonnerre de la Fosse paraissait irrité et agité. Au lieu de paître paisiblement la belle herbe tendre de ce mois de mai, je l’ai trouvé à la barrière, la crinière en bataille et donnant du sabot dans la clôture. Je lui ai adressé quelques remontrances en faisant valoir que c’était dimanche et que probablement des parisiennes élégantes s’arrêteraient pour les salutations d’usage et remarqueraient son humeur désobligeante.

« De là à écrire à la SPA pour souligner ton attitude inquiétante, il n’y a qu’un pas, lui dis-je. Et je ferai bientôt les frais d’une enquête en suspicion de mauvais traitements ! »

 

Loin de l’amadouer, mes propos achevèrent de tourmenter l’animal, qui, si je puis dire, monta sur ses grands chevaux. On m’a raconté l’épisode de Thalassa de ce vendredi, brailla-t-il, c’est un véritable scandale ! Ce Georges Pernoud qui n’est rien pour moi, a jeté la suspicion sur mes pâturages avec une audace incroyable. Il a répandu  l’opprobre nucléaire sur tout le Cotentin avec une hypocrisie inouïe, sans en avoir l’air, avec un art consommé de la calomnie, que seuls les journalistes dénaturés peuvent manier. Et maintenant je suis soupçonné d’avoir la peste, nous avons tous la peste. Peux tu seulement me dire comment je vais trouver une ânesse de compagnie pour faire ma vie dans ce comté rural ?

 

« Mon ami, lui dis-je, je comprends ta colère. Au vrai, tu n’es pas tout seul dans cette pandémie atomique. En quelques dizaines de minutes de télévision, les homards des pêcheurs sont devenus invendables et les pommes de terre de nos agriculteurs ont pris une saveur suspecte. Le lait des Maîtres Laitiers va devoir plus que jamais, masquer son éventuelle origine haguaise et les huîtres de Saint Vaast vont être contraintes de se refaire une santé dans les Charentes. Pense également aux hôteliers, aux restaurateurs et à toute l’économie du tourisme. Toute la région, filmée sous une lumière froide entre la Norvège enneigée et les installations sinistres de Sellafield,  a été présentée comme une sorte de friche industrielle à l’atmosphère menaçante pas très loin du cinéma d’horreur et de science fiction. »

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« Face à cette peste, rien n’a filtré qui soit positif, pas même la technicité d’Areva pourtant choisie par contrat l’an dernier, par Sellafield elle-même, pour maîtriser les risques de la déconstruction. Pas un mot d’éloges n’a été entendu pour nos produits gastronomiques, rien pour nos plages aux perles granitiques, rien pour nos côtes mille fois historiques, rien pour notre bocage toujours luxuriant, rien non plus pour nos hommes,  téméraires navigateurs ou artistes du monde. Même pas une incidente cher Tonnerre, sur les fameux ânes du Cotentin, cette race devenue célèbre aux côtés de nos sexi et plantureuses triolettes, posant sur les cartes postales entre un pommier tout fleuri  et une affable vache normande, à la mamelle généreuse. »

 

C’était à mon tour de taper du pied et de perdre mon calme.

 

« Quand on ignore la table des gourmets et la peinture de François Millet  ou de Signac, pour pérorer devant la France entière au pied d’une église dont on est incapable de restituer la grandeur poétique, on ne peut-être qu’un goujat sans culture. Je te le dis cher Tonnerre, Pernoud est devenu un potentat imbu de lui-même et sûr de lui, seulement préoccupé de faire payer à ses hôtes,  les complaisances qu’ils sont fiers de lui avoir refusées ! »

 

Enfin calmé l’animal hocha gravement la tête, et j’ai pu lire dans son regard doux la perplexité qu’il nourrissait face à l’espèce humaine. J’ai pensé à cet instant que le monde des ânes me convenait mieux que celui des médias corrompus. Pour conclure, avec une dignité qu’on n’attend pas d’un jeune quetton, Tonnerre me tourna le dos sans beaucoup d’entrain et s’éloigna en broutant les petites fleurs mauves des trèfles des près qui peignent  une jolie tapisserie face au gris bleuté de la mer . Comme chaque matin la scène était inondée de soleil et juste troublée par un doux Zéphyr.

 

Copie de IMG_3635 (2).JPG