lalettreducotentin

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/01/2013

La droite KO debout


 

ump,droite,mali,in amenas,algérie,françois hollande,juppé,copé,fillon,pecresse,lemaire

Pablo Picasso. L'homme à la sucette


Au troisième round l’opposition de droite est sonnée pour le compte. Le match avait pourtant commencé fort, dès l’élection du Corrézien devant un public impatient. Au dire des connaisseurs, cet homme indécis, élu par défaut, allait nous mener dans le flou et le mou. La presse et les éditorialistes ont savonné pendant tout l’été la planche de départ du nouveau gouvernement. A droite on alimentait avec gourmandise le procès en inexpérience et en amateurisme, Pécresse, Lemaire, Bertrand prenaient des airs suffisants. Fillon et Copé avaient très peur pour la France, le gouvernement allait s’écrouler, la dette proliférer, les capitaux s’évaporer et je ne sais quoi encore. On allait assister à une explosion en plein vol, au chômage, à la misère…On se gaussait de couac en couac, le changement de premier ministre était pour demain. Les militants de l’UMP se moquaient et riaient, riaient…Le Président lui-même n’irait pas au bout du combat, c’est-à-dire de son mandat et irait rejoindre sa Trierweiler, rejetée dans la même opprobre. On s’étonnait même du calme olympien du nouveau Président qu’on finissait par qualifier d’optimiste béat.

 

 

Au lieu de s’inquiéter pour le pays, Copé et Fillon auraient mieux fait de s’inquiéter pour eux-mêmes. Contre toute attente, la spéculation sur les dettes souveraines  a été surmontée et nous avons pu dès lors emprunter sur les marchés à des taux historiquement bas. Cette nouvelle donne était un contre massif à l’estomac de tous les augures de droite et des économistes libéraux qui prévoyaient pour nous un destin à l’espagnole ou même pire, à la grecque. C’est pendant ce deuxième round de novembre et décembre que l’accident industriel de l’UMP est survenu. Nos forts en thème qui donnaient des leçons de gouvernance à tout va, nous ont joué impromptu, un remake du Bon, de la Brute et du Truand, jusqu’au classique duel final au pistolet à  36 coups. Il n'y’a pas eu de corps à corps avec la gauche, l’UMP s’est prise seule, librement, volontairement, les pieds dans le tapis.  Tous les leaders de droite ont reçu des coups, des horions aux effets durables qui ont affecté même Juppé et Sarkozy, tentés par l’arbitrage. Ces deux-là n’ont pas tiré un seul marron du feu, et ils se sont brûlé les doigts en prime.

 

Le troisième round a débuté après les fêtes de Nouvel An. Il a commencé par un direct du droit à la figure de l’UMP qui tentait de reprendre son souffle. La patronne du Medef, son alliée traditionnelle, va jusqu’à s’entendre avec trois syndicats pour débloquer un certain nombre de contraintes cruciales concernant la compétitivité des entreprises. La méthode Hollande a porté ses fruits. Les partenaires sociaux ont pris le temps de la discussion, de la concertation et de la négociation. On peut dire merci à Jacques Chérèque. Cet accord est porté au bénéfice du gouvernement et du Président. Dans les média on commence à s’interroger sur le bienfondé des critiques incessantes, dont peut-être, l’opinion se fatigue. On ne parle plus de dégringolade ou de chute abyssale dans les sondages. Malgré une succession de dévissages proclamés  les opinions favorables restent peu ou prou aux alentours de 40%.

 

C’est à ce stade que le mariage pour tous semblait à l’UMP une occasion en or pour se refaire. Chacun de ses porte-parole s’est mis à faire des contorsions pour emboiter la démarche de protestation des catholiques. Malheureusement les figures de proue du mouvement ont donné une image bien rance d’eux-mêmes, componction des soutanes, conformisme des cathos bcbg et par-dessus tout, une Frigide Barjot qui est à elle seule une vraie caricature. Cette artiste a transformé les cortèges des manifestations en parades de carnaval. Dans cette opinion, gouvernée par les images, le mouvement « anti » a perdu ainsi beaucoup de sa respectabilité, qualité cardinale dans les confessionnaux, les églises et les cathédrales.

 

Mais cette passe d’armes aurait pu prendre un véritable élan,  sans l’épopée du Mali. L’armée française se voit du jour au lendemain contrainte de voler au secours de son ancienne colonie  et de bloquer les pick-ups djihadistes sur la piste de Mopti. L’opération bénéficie du consensus international et des vivats des Maliens eux-mêmes. On admire la rapidité d’exécution et la tournure martiale du bonhomme François. Coincée, l’opposition de droite, de Borloo à Le Pen, donne satisfecit au gouvernement et ne peut qu’approuver. Opportunément, l’attaque d’In Aménas vient rappeler à tout le monde l’urgence de mener une guerre radicale aux terroristes et preneurs d’otages, et elle contribue à conforter la France dans sa propre intervention au Sahel. Pour la première fois l’Algérie prête main-forte et ne peut que se féliciter d’une opération qui un mois plus tôt lui apparaissait prématurée et suspecte.

 

Après son bras d’honneur télévisé adressé à Alger, Gérard Longuet peut toujours essayer de donner des leçons à notre diplomatie. Pour violente qu’ait été la réaction de l’armée algérienne à In Amenas, la communauté internationale lui est quelque part reconnaissante d’avoir refusé d’entrer dans le jeu tragique des preneurs d’otages. On sait finalement que le rachat des captifs ne fait que préparer des rapts ultérieurs et alimenter les caisses du djihad. Bouteflika a accepté de prendre sur lui le poids de la cruauté et de la violence, mais il faut bien se rendre à l’évidence qu’aucune solution acceptable n’était à portée. Morts pour morts, les sacrifiés d’In Amenas auront participé à la lutte radicale contre cette terrible dérive dont la référence définitive est celle des milliers de victimes des tours de Manhattan.

 

Le combat droite-gauche, sur le ring de la politique intérieure est en train de tourner à l’avantage de notre Président. Le calme, la modération des propos, le respect de toutes les opinions, y compris celles de l’opposition la plus virulente, sont des ingrédients qui font merveille à moyen terme. Claude Sérillon qui vient d’accepter de travailler à l’amélioration de la communication me semble jouer un rôle utile. Je l’ai dit, Saint François est entré aux responsabilités sous le signe de la chance. Il semblerait que celle-ci ne soit pas encore prête à le lâcher.

 

PS/ et pour finir, voilà-t-il pas que F. Cassez sort de sa geôle et que les premières offres de négociation viennent de l’Azawad…

 

30/06/2012

Baguette magique

Pécresse, Bernard Cazeneuve, Europe, crise de l'euro, Hollande, Merckel

 

Quand je vois la dame Pecresse s’en prendre aux socialistes avec une morgue directement héritée des beaux quartiers, je me demande dans quel monde on vit. Crise ou pas, la droite laisse le pays dans un état peu enviable, avec une croissance presque nulle, un chômage au plus haut, et des perspectives de récession qui s’amplifient. Les beaux esprits de l’UMP ne s’embarrassent pas de si peu, ils continuent à donner des leçons à la gauche qu’ils traitent de haut. Il suffit de voir la condescendance de l’ancienne ministre du budget quand elle s’adresse à la porte parole du gouvernement Najat Belkacem !

 

Au même moment les Ecolos refusent de manière toute symbolique de voter pour Bartolone à la  présidence de l’Assemblée nationale. Les journalistes s’affolent, il faut faire du buzz, Pascale Clark qui s’y connaît sur France Inter montre son indépendance d’esprit en s’attaquant à J.V. Placé, mais cet homme est une forte tête politique qui a les pieds sur terre. Intéressez vous aux bisbilles si vous voulez dit-il, mais nous on fera le bilan dans un an. Enfin ! Juste après,  Barouin fonce sur la mésentente Merkel - Hollande, il faut bien trouver quelque chose à se mettre sous la dent !  Pas de chance l’entrevue d’hier soir n’a pas si mal tourné, comme le montre la photo.

 

L’Allemagne et la France sont de fait condamnées à s’entendre. Hollande est encore une fois bien chanceux : ses propositions modérées, ouvertes,  trouvent du renfort auprès des Italiens et des Espagnols et de plusieurs autres pays parmi les 29. La même compréhension et la même sympathie s’observe chez les responsables des Institutions de Bruxelles. Mme Bismarck semble de plus en plus isolée, même si sur ce plan elle est très soutenue par son peuple. Le bilan Merkozy n’est pas bon, avec de la récession et du chômage, et il donne à réfléchir. Les responsables européens pensent à rechercher une politique plus efficace. On sent trop bien que rien n’a progressé dans la lutte contre la crise. Il faut trouver autre chose,  et surtout  un chemin plus rapide vers la reprise et le retournement de la conjoncture. Il va bien falloir prendre des risques. Apparemment  c’est chose faite ce matin à la satisfaction des places de Bourses .

 

Les gens de l’UMP peinent à  s’expliquer entre eux sur les raisons de leurs échecs électoraux successifs. Ils demeurent bizarrement très solidaires de Sarkozy qui n’est pourtant pas pour rien dans le désamour qu’ils rencontrent dans l’opinion. Sans doute faut-il croire que l’ancien Président n’a  pas lâché les manettes et qu’il pèse sur les rapports de force internes de la droite actuelle. Cette solidarité affichée avec le Président battu et mal aimé n’est pas propre à renforcer le poids de la Droite, qui se retrouve ainsi avec beaucoup de chats à fouetter et quelques cadavres dans les placards. Dans ces conditions François Hollande a peu à craindre pour l’instant d’un retournement d’opinion.

 

Les éditorialistes et les experts de tous bords, à l’unisson avec les chiens de garde de la droite la plus acerbe, avaient d’abord dit qu’il n’y aurait pas d’état de grâce, puis ils ont expliqué que si celui-ci se manifestait contre toute attente, il ne pourrait être que de courte durée. De fait,  le premier sondage publié il y a quelques jours en annonçait le début de la fin. Nous en verrons encore plusieurs de cet acabit. Fort heureusement les gens sensés qui ont voté pour Hollande savent qu’aucun gouvernement,  fusse-t-il de gauche ne saurait transformer le plomb en or ou multiplier les petits pains,  comme Jésus lui-même. A défaut de baguette magique, Hollande est suffisamment calme, averti,  et soutenu par un consensus populaire assez fort pour donner du temps à son projet de redressement du pays. Il va devoir ferrailler avec le Front de Gauche qui a tout à gagner de la politique du pire.

 

Comme depuis le début de son parcours, le nouveau Président veut garder la chance de son côté. On vient de voir qu’à Bruxelles, il a bel et bien conduit les Allemands à lâcher du lest du côté de la croissance et de la solidarité, avec la coopération  active des Italiens et des Espagnols, qui ne sont pourtant pas de son bord politique. Ce matin j’ai écouté Bernard Cazeneuve sur France Inter, il a expliqué fort civilement que dans ces pourparlers, il n’y a eu ni gagnants ni perdants, mais une seule bénéficiaire : la solidarité entre les peuples européens. Quand on écoute notre Ministre cherbourgeois, qui a voté non au nouveau Traité en 2005, on se dit que les choses ont bien changé. Je me demande si on doit continuer de parler de chance à propos de notre Président, ou bien ajouter qu’il y a aussi là, du génie politique.