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31/03/2011

Moi, Jules Lelampiste, secrétaire de section...

 

 

parti socialiste,sections,abstentions,circonscription ruraleVoilà presque cinq ans que mes camarades m’ont confié l’honneur et la responsabilité d’animer notre petit groupe d’une trentaine de militants qui couvre  notre (défunte) circonscription électorale législative. Ce petit groupe porte un nom : Section du Parti Socialiste. Je suis le Secrétaire de Section élu démocratiquement par mes camarades. A ma connaissance ,  la circonscription a toujours été de droite modérée, gaullo-chiraquienne, du  RPR à l’UMP. Nos campagnes pour élire un député de gauche ont jusqu’à présent  échoué.

 

Il faut dire que nous sommes en plein territoire rural, maillé par des bourgs modestes, tirant l’essentiel des revenus de l’activité agricole, de la pêche, du tourisme et d’une certaine activité nucléaire. Le secteur agricole a subi des bouleversements considérables depuis les Trente Glorieuses. Le nombre d’exploitations a été divisé par trois, ce qui a éliminé les fermiers les plus âgés  et les moins performants, pour ne laisser place qu’à quelques grosses entreprises intensives, de haut niveau technique. Il demeure bien sûr des professions libérales, des commerçants, des chefs d’entreprise, des artisans, des pêcheurs. Le reste de la population active est salarié dans le nucléaire et la construction navale, dans l’agro-alimentaire, dans les travaux publics et la construction, dans les supermarchés et les services en général, dans la fonction publique enfin. Et puis il y a tous les retraités qui n’ont pas, en principe,  besoin d’un emploi,  mais d’une maison et d’aides à la personne.

 

Face à ce tableau sociologique qui a quand même beaucoup évolué, je suis étonné par la stabilité politique des électeurs. Les notables n’ont plus la main, mais les esprits sont restés à droite et conservateurs. L’église et le chiraquisme sont les deux mamelles anciennes et nourricières. La vieille bourgeoisie de sous-préfecture a gardé un pied dans le clergé et un autre dans la défense de la propriété. Les possédants appartenant à des vieilles familles industrieuses et marchandes, ont naturellement un réflexe de défense face aux « Rouges » sortis tout juste de la marginalité, et qui en veulent à leurs biens. Cette crainte est dans beaucoup d’esprits, même dans ceux qui n’ont rien à défendre. Les mêmes se considèrent comme l’élite, apte à diriger. Elle est la caste dominante légitime. L’échelle des valeurs est financière et non culturelle. L’influence de ces citoyens n’est pas dans les mairies, devenues sans enjeux et sans pouvoirs réels, elle se fait sentir plutôt dans les chambres consulaires, les syndicats de patrons, les organismes économiques, peut-être bien aussi au Lion’s club ou au Rotary et à la Grande Loge.

 

Les salariés qui n’ont pour vivre que la somme attestée par leur bulletin de paye, peuvent tirer quelque amertume de la minceur de leur patrimoine et  s’inquiéter d’une situation qui ne leur fait pas la part belle, en particulier à cause du chômage et des atteintes répétées aux services publics, qui sont à la base de leur qualité de vie. Il ne fait aucun doute que les gens aujourd’hui ne sont pas satisfaits. Le Parti Socialiste dont la raison d’être est de se battre pour plus de justice sociale devrait attirer les esprits. Or, rien ne se passe. Les jeunes les plus informés se tournent, quand ils sont généreux avant tout vers les écologistes, ou bien quand ils sont ambitieux, vers le type de réussite que Sarkozy leur propose, assortie de bling-bling et d’élitisme.

 

Cela montre que nous ne sommes pas crédibles en dehors des cercles cultivés et politisés. Notre discours abscons n’est plus compréhensible par les jeunes. Nous avons pourtant des régions et des villes menées par des majorités de gauche et des personnalités de valeur. Cherbourg en est un bel exemple tout proche.

 

Nous sommes victimes d’un rejet de la classe politique dans son ensemble qui tient  à quelques facteurs criants :

 

- A l’extrême droite, Marine Le Pen n’arrête pas de mettre dans le même sac gauche et droite et on la croit, car c’est un argument bien souvent relayé dans les media par des commentateurs aux idées courtes.

- L’infâme Copé et ses amis de l’UMP enfourchent le cheval de bataille populiste, en martelant que la gauche n’a pas de projet, qu’elle est d’un autre siècle et ne mérite  pas qu’on discute avec elle sur le fond. Ce qui réduit le débat politique à une triste polémique sans intérêt, qui dégoûte les gens et leur brouille l’entendement.

- Nos propres leaders politiques ne font pas ce qu’il faut pour inverser la vapeur. Ils sortent visiblement des mêmes milieux que les politiciens de droite, de familles aisées et des grandes écoles. On ne voit pas ce qui distingue sociologiquement  DSK ou Martine de Juppé ou MAM. On retrouve les mêmes tenues vestimentaires, le même langage convenu, les mêmes limousines, les mêmes palais de la République. Tous sont des professionnels de la politique qu’on retrouve chaque jour sur nos écrans.

 

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Tout ceci nourrit notre ennemi véritable : le Parti des Abstentionnistes !

 

parti socialiste,sections,abstentions,circonscription ruraleLe PS est un parti d’élus qui s’est coupé de la population ordinaire en réservant le jeu politique à une catégorie de spécialistes qui en ont fait leur profession. Je ne dis pas qu’ils sont tous pourris pour autant, loin de là. A droite comme à gauche ce sont généralement des gens intègres, rompus aux modes de gestion et dévoués à  l’intérêt public. Mais par habitude et par nécessité ils donnent l’impression de se réserver la sphère des responsabilités, dans laquelle on retrouve les mêmes depuis des lustres. Ces élus une fois en place, ont leur vie propre, indépendante du Parti.  En cinq ans je n’ai jamais reçu comme Secrétaire de Section,  une invitation à une inauguration, une visite ou une manifestation officielle de la part d’un de nos élus. On ne se rappelle notre existence que pour coller des affiches. Le premier pas vers l’isolement se fait là, car les hommes de base ont souvent des choses à dire, désagréables à entendre.

 

Alors je dis à mes camarades grands et petits, jeunes et vieux : continuons comme ça et nous sommes perdus. Nous ne ferons que renforcer l’abstention et les bataillons de desperados du FN . Pendant ce temps nous ne ferons que développer des politiques inégalitaires. Le système repose sur la tête, il y a un besoin urgent d’un renversement radical. Pour y parvenir, on ne peut pas compter sur l’aide et l’accord de nos leaders, car ils sont les premiers bénéficiaires du système actuel.

 

Il faudrait qu'enfin, nous puissions imposer une limitation drastique des mandats , dans le temps et dans les différentes instances. Il faudrait redonner le pouvoir à la  base, c'est à dire  aux sections, qui doivent être le vivier du Parti et le véritable lien avec la population. Nos maires de gauche, nos conseillers généraux, nos sénateurs, nos députés ne doivent pas se contenter d’établir un lien direct avec leurs électeurs. Ils doivent maintenir une véritable activité idéologique et militante dans les instances du Parti, qui a besoin d’eux pour réfléchir et se renouveler. Il faut aussi mettre fin à la langue de bois socialiste, aux courants et aux fraudes internes. Pour battre Sarkozy, nous devons commencer par corriger nos faiblesses, nos trucs de politiciens et nos archaïsmes. Nous devons cesser de confondre les sondages avec une élection et le marketing politicien avec une campagne d’explication.   Point barre comme disent les jeunes.

 

 

 

29/11/2010

Jeune homme bien sous tous rapports

Il a dit « Démondialisation » !Photo Arnaud_Montebourg.jpg

 

 

Je ne pense que du bien de l’interview d’Arnaud Montebourg sur France 5, par Nicolas Demoran  (28/11/2010). Ce jeune homme qui n’a même pas cinquante ans est plein de talent et on ne peut pas dire qu’il manque d’idées. Je savais qu’il était mâtiné de kabyle et j’avais pensé qu’il était comme beaucoup d’autres issu de l’émigration maghrébine. En réalité il est, par sa mère universitaire, le petit fils d’un caïd algérien, Khermiche Oud Cadi, ce qui n’est pas une tare mais donne une dimension différente au personnage. Sa première femme Hortense de Labriffe, petite fille de l’académicien Jacques de Lacretelle,dont il vient de divorcer, fut dans les cabinets de Balladur et de Douste-Blazy  (Wikipedia).

 

Je m’étonne moins dans ces conditions de le voir briguer  l’honneur d’être candidat à la Présidence. La bonne extraction nourrit les ego des élites. Parmi ses bonnes idées, il verrait bien une 6° République dans laquelle les pouvoirs du Président seraient quelque peu rognés au profit d’un premier ministre responsable devant le Parlement. Les députés élus pour soutenir le Président, pourraient mener la bataille législative et faire appliquer sa politique. On n’est pas obligé de croire qu’une fois en poste A.M. mette son projet à exécution puisque il nous a déjà fait le coup avec le cumul des mandats.

 

Il nous a fait part aussi d’un nouveau concept, celui de la « démondialisation ». C’est nouveau et encore imprécis. Il est aisé de constater aujourd’hui que la financiarisation des entreprises a donné une dimension mondiale à la macroéconomie. D’un clic, les banquiers et les hedge-funds  envoient valser des produits boursiers savamment concoctés par des polytechniciens, à l’autre bout du monde et en tirent des plus-values qui n’ont pas de lien avec la production de biens matériels. Il s’agit seulement d’un commerce basé sur l’utilisation de différences de potentiel infimes, plus ou moins artificielles, entre une place financière et une autre. « Démondialiser » c’est arrêter ce mécanisme infernal, parasitaire, qui privatise les bénéfices et socialise les pertes, avec la bienveillance des Etats, bien obligés de restaurer à leurs dépens l’équilibre financier des nations. L’Irlande est un exemple caricatural.

 

Je n’ai pas encore bien compris comment A.M. allait s’y prendre. On voit bien que pour le moment l’ambiance est à renflouer les banques d’affaires,  principales bénéficiaires du système, plutôt qu’à limiter l’activité des paradis fiscaux, refuges des capitaux qui deviennent ainsi hors de portée des taxes ou règlements. Il y a quelques siècles les produits du piratage des vaisseaux trouvaient asile aux Caraïbes et dans les îles exotiques. Aujourd’hui il n’y a plus besoin de bricks et de galions au pavillon douteux, le web suffit, mais les complicités sont toujours les mêmes. Il faudrait sans doute redonner la priorité au secteur de la production et taxer lourdement les activités de casino, c’est à dire décourager la spéculation.

 

Arnaud  Montebourg a raison de dire que pour gagner cette bataille, il faudrait que le peuple, que dis-je les peuples, prennent le taureau par les cornes et soutiennent leurs  élus. D’où la nécessité d’une 6° République plus proche des gens qui s'explique et qui gouverne avec les citoyens. La volonté des gens permettrait de mettre fin à la spoliation permanente concoctée par des gros malins. Il faut reconstruire un rapport de forces politiques favorable aux salariés et aux entrepreneurs. Le chômage n’aurait plus sa raison d’être, la prime reviendrait à la productivité, à la création d’emplois et à la restauration du bien être social.

 

On appelle de nos vœux une telle entreprise. Changer les rapports de force suppose beaucoup de lucidité et de clairvoyance chez les électeurs. On est loin du compte quand on entend les gens se plaindre . Il s’agit toujours de leurs petites misères immédiates et de leurs cas personnels. Nos super éditorialistes ne reprennent pas non plus à leur compte le besoin de pédagogie et d’explication !  Ils préfèrent parler de la belle Audrey plutôt que de la « démondialisation ». Au total A.M. décline de belles idées et donne à rêver. C’est un  jeune homme plein d’avenir mais je crains malgré tout, qu’il soit encore bien vert en 2012.

 

"Arnaud Montebourg envisage un scénario en quatre actes : l'instauration d'une taxe carbone et d'une taxe sur les transports maritimes aux frontières de l'UE ; la limitation de l'importation des produits dégageant plus de CO2 que ceux que nous produisons en Europe ; l'échange de la levée de nouvelles barrières douanières contre le respect des conditions sociales et environnementales ; le renforcement de la responsabilité sociale et environnementale des filiales des entreprises qui délocalisent." Le Monde du 15/12/2010 Olivier Schmidt

17/11/2010

Remaniement et reniement

 

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Après ce remaniement du gouvernement, ma grande satisfaction est de constater que le petit Président a du en rabattre. Il lui a fallu reculer devant les exigences de son noyau dur ex-RPR,  emmené par F. Fillon. Comme le titre « Libération », Fillon garde Sarkozy. Ainsi les choses sont claires, nous avons un Président de droite qui gouverne à droite et laisse tranquilles les mânes de Jaurès. Finis l’arrogance, le mépris, la suffisance, qui signifiaient à l’opposition qu’elle était ridicule et sans objet. Le vaniteux caïd de Neuilly a été contraint d’endosser les habits du « grand bourgeois de la Sarthe ». C’est bon pour le fonctionnement démocratique du pays.

 

Les oripeaux qui entretenaient la confusion ont fini dans la corbeille à chiffons. Le fameux DRH présidentiel a du laisser filer Jouyet, Hirsch, Rachida, Rama, Kouchner, Fadila, et même l’inénarrable  Borloo qui commençait à se prendre au sérieux. On est vraiment stupéfait devant  l’ambition de peau de lapin de ces gens qui se vendent pour un maroquin et qui en réalité ne pèsent pas plus qu’une guigne dans le jeu politique. Ils ne sont que des supplétifs, des extras, des hommes ou des femmes d’appoint appelés pour faire tapisserie. Jetables.

 

Fillon a pris les commandes du jeu politique. Le pauvre Naboléon (comme de méchantes langues l’appellent sur le web),  va pouvoir faire le tour des capitales du G20 avec son Air-Sarko One en toute quiétude. Les vraies affaires vont s’organiser sans lui, à Matignon, avec Juppé et Baroin. Ils vont nous concocter une réforme fiscale qui va  mettre fin aux excès criants d’injustice et trouver une nouvelle organisation plus discrète, qui sauve la bourgeoisie possédante de la menace révolutionnaire agitée par Mélanchon et ses amis (Qu’ils partent !). Ces deux ministres là l’avouent publiquement :  « Nous n’avons pas envie que la gauche (re)vienne au pouvoir ! ». Ils sentent le vent du boulet, et leurs commanditaires aussi. Revenons-en  au capitalisme rhénan.

 

Le Parti Socialiste va devoir jouer finement pour vaincre cette équipe de professionnels, sérieuse et solide. Pour le moment on est encore loin du compte. DSK ne fera jamais l’unanimité au sein du PS. Il a toutes les qualités intellectuelles et pédagogiques d’un grand Président, mais une grande partie du peuple de gauche a du mal à se reconnaître dans ce bourgeois du XVI° arrondissement. Il a trop de promiscuité avec les classes moyennes supérieures pour bénéficier de la confiance de la gauche-gauche. Martine est hors jeu, seuls ses complices du Congrès de Reims politiquement hétérogènes, font mine de croire à ses chances. Il reste François Hollande qui représente bien l’esprit de nos classes moyennes et qui ne s’est jamais départi d’une morale politique exemplaire. Si il parvient à fédérer autour de lui les meilleurs du PS, les plus honnêtes et les plus inventifs, si il réussit à rassembler à gauche, si il persévère dans la nuance et la responsabilité, si il a un peu de chance, si le vent tourne, si les militants l’appellent, si, si….. Pour le moment il a gagné la bataille des média et des éditorialistes. Il faut maintenant qu’il fasse germer et lever l’espoir dans le cœur des Français.

28/09/2009

Quels candidats pour les élections régionales ?

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Je suis confondu par la cécité et l’entêtement de mes camarades de Parti. On sait bien que dans la Manche la majorité d’entre eux s’est retrouvée derrière Benoît Hamon qui s’est habilement positionné sur le flanc gauche de notre armée mexicaine. Ils ont pu y réfugier leurs certitudes de militants endurcis et surfer sur la langue de bois qui date des années 80. La semaine dernière encore, j’ai entendu les mêmes mots d’ordre et la même autosatisfaction. La  dernière Lettre de l’Avenir n’est qu’une compilation de ces poncifs.

 

Bien que revenant de La Rochelle, ces camarades n’y ont perçu que des encouragements à leurs idées fixes, tous à gauche, rien qu’à gauche, sans trop savoir ce que ça veut dire et à tout hasard. Ils n’ont rien vu des fissures  qui affectent la majorité de Reims. Ils feignent de croire que leur majorité contestée, les mauvaises actions vis à vis des minoritaires (voir ci dessous), l’inertie qui en a résulté jusqu’aux européennes soldées par un désastre,  n’ont pas laissé de traces. Ils ne veulent pas voir que l’événement, ce n’était pas le discours de Martine devant les militants, mais bien son article dans le Monde, la veille.

 

Il faut relire ce message qui montre une première secrétaire contrainte de sortir de son immobilisme et de son attentisme, par un nouveau rapport de forces qui a mis sur le devant de la scène (médiatique donc politique) une idée nouvelle : le Rassemblement écologique, socialiste et démocratique. Je suis absolument convaincu qu’aucune alternance ne peut se construire en dehors de ce rassemblement. Nous en verrons la première preuve aux élections régionales. Le Parti qui portera cette idée du Rassemblement sortira grandi dans l’opinion, celui qui le refusera n’aura plus qu’à s’étioler un peu plus, suivant en cela  la voie pathétique empruntée par Marie Georges Buffet.

 

Modestement j’en appelle à nos instances fédérales. Nous n’avons pas le choix. Ce n’est pas Benoît Hamon, malgré tout le bien que je pense de lui, qui nous fera gagner des voix, mais bien l’esprit d’ouverture que nous serons capables  d’afficher. Alors, que S.T. me pardonne (et j’ai beaucoup d’estime pour son dévouement, son militantisme et son équité) mais ce n’est pas non plus sur son nom que nous réunirons les citoyens. Il faudrait peut-être trouver des candidats plus proches des gens, certes socialistes, mais moins engagés dans l’appareil du Parti, avec du charisme et un esprit neuf. Nous devrions chercher des familliers des problèmes territoriaux ayant l’esprit aiguisé par les responsabilités municipales ou associatives,  habitués au dialogue avec les gens qui ne sont pas de leur avis.

 

Mais c'est peut-être trop demander.