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04/06/2010

Du "bio" pour tout le monde !

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Depuis plusieurs semaines des nouvelles nous parviennent de différentes sources qui mettent en doute les avantages alimentaires de l'agriculture "bio" ou plutôt de ses produits. Je n'en suis pas fâché parce que je trouvais là un sujet de fâcherie avec les "écolos", contre mon gré. Pour ceux qui ne connaissent pas mon village, il faut savoir qu'il est assis au milieu des champs de pommes de terre, de poireaux, de choux, ou de carottes et de persil selon les saisons. Je connais bien les hommes qui s'en occupent. J'ai aussi des lumières en agronomie qui m'autorisent à quelques commentaires.


Il ne faut pas nier que dans les années 50 à 70 et peut-être même encore plus  tard on a commis des excès avec les pesticides, qui sont  des produits éminemment toxiques. Je veux parler des insecticides qui nous débarrassent des ravageurs (pucerons et autres insectes) et des fongicides qui contrôlent les parasites végétaux (qui sont surtout des champignons microscopiques comme le mildiou ou l'oïdium). Une troisième catégorie, celle des herbicides empêche la concurrence des mauvaises herbes. Parmi ces trois types de produits, les insecticides sont (étaient ?) particulièrement dangereux et apparentés aux armes chimiques de sinistre réputration.


Ces instruments chimiques sont à la base de la productivité de l'agriculture moderne. En leur absence, il ne reste souvent que la prière et les processions. La dangerosité de certains  est telle qu'on a du parfois les interdire (rappelons nous le DDT) ou bien encadrer leur emploi de manière très stricte en fonction du type de production, de la période de traitement et des doses. A mesure que les techniques progressent,  on parvient à éviter que ces poisons se retrouvent dans l'assiette du consommateur. Les services phytosanitaires y veillent de  stricte manière.  Le résultat c'est qu'on ne trouve pas plus aujourd'hui de pesticides dans les fruits et légumes conventionnels que dans les bio, si on en croit les dernières enquêtes.


L'autre aspect du bio concerne les engrais. Outre la lumière et le CO2 pour la photosynthèse, les végétaux ont besoin de sels minéraux et d'eau. Ces  sels minéraux sont absolument indispensables  (N,P,K,Ca,Mg,S, pour les six plus mportants) et les oligo-éléments (Fe, B,Co,Al...) , nécessaires à très faibles doses et agissant comme de véritables vitamines. Tous ces éléments se trouvent dans les sols cultivés naturellement. Ils font partie constitutive de toutes les plantes. Hélas et obligatoirement, après plusieurs récoltes de pommes de terre ou de carottes (plusieurs dizaines de tonnes à l'hectare), ils viennent à manquer. Il faut donc les remplacer. C'est le rôle des engrais parmi lesquels l'azote (N sous forme de nitrate) et le phosphore (sous forme de phosphate), le potassium (sous forme de potasse) doivent faire l'objet d'apports assez massifs, de plusieurs quintaux à l'hectare. Ces engrais n'ont aucune toxicité au sens habituel du terme. Leur apport sans discernement risque avant tout de nuire à la plante et plus encore de nuire à l'environnement, en polluant les nappes, surtout avec les nitrates qui sont très solubles.


Dans ces conditions on peut se demander à quoi servent les fumiers et les composts, chers aux écolos. Ces produits n'ont aucun intérêt direct pour la plante. Les productions hors sol sont là pour le prouver. Ils sont en revanche d'un intérêt  primordial pour le sol et son fonctionnement. Ils servent à renforcer la partie argilo-humique du sol cultivé, constituée de grosses molécules d'argile et d'acides humiques. L'humus résulte de la dégradation des fibres végétales, c'est à dire du bois et de la cellulose. Cette véritable digestion est assurée par la chaîne de tout le petit peuple vivant in situ, de la taupe aux moisissures, en passant par le ver de terre . Les agriculteurs modernes ont beaucoup trop négligé cet aspect des choses. La fraction argilo-humique est dotée de multiples petits bras moléculaires pour retenir l'eau et les engrais. C'est le garde-manger des plantes, et si on veut une bonne production, il faut que le garde-manger soit en bon état et toujours garni. Les apports de matière organique sont indispensables pour entretenir un bon sol, et finalement pour obtenir une  croissance optimale du végétal. De cette bonne croissance dépendent les qualités nutritives de nos fruits et légumes.


On doit pas opposer le bio à l'intensif. La seule bonne agriculture est celle qui donne les meilleures conditions de vie à la plante et qui veille à ne pas la gaver de produits toxiques, que ce soit pour elle ou pour les consommateurs. Cela s'appelle de l'agriculture intelligente (on dit raisonnée). Elle est aidée en cela par les apports puissants de la science agronomique. Dans cette perspective, les OGM promettent  une révolution agricole majeure qui sera la clé  d'une alimentation de qualité pour tous les habitants de la planète, tout en protégeant notre environnement. En les présentant comme des épouvantails, les écolos et le gardien de chèvres moustachu à leur tête,  jouent contre leur camp .

 

 

 


 

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