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06/03/2010

Pourquoi je n'aime pas les écolos...?

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En voilà une question ! Qui donc pourrait être contre la défense  de l'environnement et de la nature ? J'ai moi-même enseigné dans mon université un cours centré sur le concept de la protection de l'environnement comme moteur du développement économique, il y a bientôt quinze ans de cela.

 

 

La plage des Gougins à marée basse


La sauvegarde de notre planète est une ardente obligation si nous voulons que la destinée humaine conserve sa glorieuse évolution, inégalée, exceptionnelle, à tel point que certains en attribuent le moteur à une divine volonté.

 

 

Je n'aime pas les écolos parce qu'ils réunissent le pléthorique parti des ignorants et des pétochards. L'un allant avec l'autre, car rien n'est plus angoissant que l'inconnu, ainsi l'électricité nucléaire assimilée à la bombe d'Hiroshima, ainsi les OGM alliés du grand capital et menaçant la biodiversité, ainsi  le terrible réchauffement climatique, cataclysme hypothétique menaçant le monde entier des pires tragédies !. Zéro morts, zéro maladies, zéro catastrophes en France. Pendant ce temps là les mêmes écolos sont muets sur l'aménagement de nos côtes (50 morts hier*) et pas vraiment actifs sur la modernisation de l'habitat ou le changement des modes de transport. Il est vrai que ces questions ne font peur à personne.


L'humanité ne  progressera pas la peur au ventre. Elle doit être convaincue de son génie,  dont on peut (si on veut) voir chaque jour les manifestations. Le respect des lois de la nature demande de l'ambition, de l'argent et beaucoup d'intelligence. En mélangeant tout pour en faire une menace gobale, les écolos perdent leur crédibilité et ont dans l'opinion une influence négative. Il est grand temps que ces ayatollahs qui  prospérent sur les anathèmes, revoient leurs discours et leurs doctrines, adoptent le sens des nuances et coupent leur mauvais vin d'une bonne dose de recul et d'humour !

 

PS/ Je viens de voir à la télévision l'inénarrable Cavada, député européen, régler son compte à la patate Amflora du haut de sa grandeur niaise.

 

Par ailleurs je lis dans Slate Magazine, cette remarque intéressante à propos de la dernière tempête :

*"c'est une catastrophe survenue dans un pays qui a constitutionnalisé un formidable principe: celui de la «précaution». Ainsi donc, en France, une catastrophe ne pourra plus désormais être qualifiée de «naturelle», même si la formule existe encore dans le langage administratif. Si une catastrophe  survient c'est, par définition, que l'on n'aurait pas tout mis en œuvre pour la prévenir; et donc que le principe de précaution n'aurait pas été mis en œuvre comme il aurait dû l'être. Seul l'écrasement d'une météorite de grande taille sur l'Hexagone sera peut-être, demain, encore considéré comme un phénomène relevant de la catastrophe naturelle.(Slate magazine)

 

 

 

24/03/2008

Toto reçoit une lettre de la Côte des Iles...

Jusqu'à présent le facteur, qui est un excellent jeune homme, ne s'était pas soucié de mettre Toto au rang de ses abonnés. Les temps changent, j'ai reçu hier à son intention une missive de Claude Bastian, mon ami, qui semble plutôt interloqué par les manoeuvres électorales de sa région. Je crois bien que ce sont des histoires tout à fait dignes de nos amis les bourricots.

Asinus asinum fricat

De Nestor, ministre* sur la Côte des Isles à Toto, son confrère du Val de Saire

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Mon cher Toto

Je suis comme toi un bel âne du Cotentin une croix de Saint André bien marquée sur le dos. De mon pré la vue embrasse toute la Côte des Havres, du Cap de Carteret à Agon-Coutainville. Sous mes sabots, Barneville-Carteret, d’où le vent d’Ouest m’a apporté une histoire. Je n’en ai pas cru mes oreilles, mais je vais quand même te la raconter.

Un jour, le Maire de Barneville-Carteret fit venir ses plus proches conseillers. Le poids des ans, leur dit-il, se fait sentir et il ne faut pas compter sur moi pour vous conduire aux prochaines élections. Tous se récrièrent : ne vois tu pas qu’un dangereux concurrent s’apprête à prendre ta place ?  Sera –t-il prêt à nous garder aux mêmes responsabilités ?  Je n’en sais rien, dit le Maire, mais j’ai un bon ami qui le ferait si vous le lui demandiez. Il faudrait donc que cet ami soit élu dirent ils, mais est il au moins connu des électeurs ? Pas encore, hélas, dit le Maire mais vous pouvez toujours le prendre sur votre liste.

 

Les proches conseillers se retirèrent et se réunirent en petit comité. Comme à l’accoutumée l’avis du Maire était sibyllin, mais le plus subtil d’entre eux en donna la clé : Si nous voulons faire élire cet inconnu comme premier magistrat, aucun d’entre nous ne peut se présenter comme tête de liste. Il nous faut donc trouver hors de notre petit cercle une personnalité populaire et peu versée en politique pour la placer à la tête de notre liste. Au besoin, nous demanderons au Maire de nous aider à convaincre cette personne, évidemment sans lui révéler notre but final. Quand nous aurons la majorité au conseil municipal, il sera toujours temps de nous en débarrasser sous l’un ou l’autre prétexte.

Ce qui fut dit fut fait. On trouva un brave homme fraîchement retraité et honorablement connu comme gestionnaire. Il rassembla sur son nom beaucoup plus de voix que le « dangereux » opposant, qui se dégonfla comme une baudruche, et sa liste gagna les élections d’une courte majorité au conseil. Et juste avant l’élection du maire, les proches conseillers réélus grâce à lui convainquirent les autres colistiers qu’il était décidément impossible de travailler avec lui. Bien évidemment, c’est l’ami du maire qu’ils firent élire à une écrasante majorité, pour se partager ensuite les postes qu’ils voulaient garder à tout prix.

Le nouveau maire est juriste de profession. C’est sans doute une lumière en Code, mais fort économe de son éloquence, se bornant à rappeler dans son discours d’investiture son amitié depuis l’enfance avec l’ancien Maire et son espoir d’être digne de lui succéder.

Quand deux orateurs de la Rome antique se congratulaient un peu trop, les citoyens disaient

Asinus asinum fricat : l’âne frotte l’âne. A cette époque on avait plus de considération pour les citoyens que pour les ânes.

Heureusement pour nous, mon cher Toto, ce n’est plus le cas aujourd’hui

 

* Il faut être inculte comme un Parisien pour ne pas savoir qu’en Cotentin le titre de ministre est réservé à nos congénères.

 

(Posté par Claude Bastian)