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19/01/2014

Bravo Julie !

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 La gitane de Manet

J’ai connu un temps qui donnait la part belle aux intellectuels. On admirait Malraux, on tutoyait Sartre et on aurait tous voulu s’appeler Albert Camus ! Aujourd’hui on twouite, c’est-à-dire qu’on dit n’importe quoi en 145 signes, vitesse oblige. N’importe quel individu connu dans les médias ou bien voulant se faire connaître, peut y aller de son insipide gazouillis. Il y a des journalistes spécialisés dans le suivi de l’opinion qui maintenant s’exprime dans les « réseaux sociaux ». La vox populi donne le la, sale temps pour les philosophes et les débroussailleurs d’idées.

 

François Hollande mon héros a eu un coup de génie pour déjouer cet incroyable abaissement du débat public. Il s’est fait photographier  rue du Cirque pour laisser filtrer une invitation entre amis chez Julie. Je ne connaissais pas cette jeune femme ! Bon Dieu qu’elle est jolie et amoureuse de notre Président ! Je la propose pour l’Ordre National du Mérite, promotion 2014. Il faut le dire ce n’est pas rien d’être la Dame de Cœur du Président. Il y en a tellement qui traînent dans les couloirs que la concurrence est sévère ! On sent bien que François n’a pas eu d’hésitation pour monter sa supercherie. Il a tout de suite compris que Julie était beaucoup plus médiatique que la lutte contre le chômage. Qu’il appelle un paparazzi à minuit sonnant pour prendre un cliché avec son casque est un gag sublime, une mystification sans précédent des journaleux.

 

Je m’explique. Face à l’incurie intellectuelle des médias français et surtout internationaux, François s’est demandé comment il pouvait attirer l’attention sur sa conférence de presse annonçant une fois pour toutes qu’on était entrés en social-démocratie. Qu’est-ce que ça peut bien être que ça ? se sont demandé  les journalistes. Encore une pirouette, un mensonge, une mystification ? Pour assurer, le Président a demandé à Valérie d’entamer une procédure de spleen pour cause d’amour déçu. La tension est arrivée à son comble, la salle était pleine, on allait voir ce qu’on allait voir, c’était fin de partie,  avec un pauvre Hollande roulé dans la farine de ses frasques amoureuses !

Et on a vu tout le contraire de ça ! Quarante-cinq minutes de propos liminaire, dense, construit, irréfutable. FH était devenu une merveilleuse mécanique intellectuelle, sans une hésitation, sans un lapsus, sans un temps mort. Tout le monde guettait le faux pas, une ombre d’émotion, une vanne malencontreuse, rien de tout ça ! Il est allé au bout de son propos devant les gratte-papier médusés, confondant au passage le vieux cheval de retour Yvan Levaï croyant bien futé de réitérer une question sur le fond du propos. Etes-vous réellement social-démocrate  Président ? Question inutile, superfétatoire, mais qui mettait un point d’exclamation sur le discours.

 

Voilà mes amis, pourquoi je ne suis nullement fâché contre les femmes de mon Président, et que bien au contraire je leur dis, là où vous êtes, aimez-le ! Choyez-le ! Caressez-le ! Admirez-le ! Il en a besoin ! Sa tâche est rude ! Nos concitoyens sont formidablement moqueurs et ingrats. A toute heure du jour, faites tout ce que vous pouvez, que vous soyez la Première Dame ou la dernière souillon de l’Elysée pour lui donner du plaisir et de la satisfaction morale. Il le mérite. Mon grand âge m’autorise à mesurer tout ce qu’une femme peut faire pour le bonheur d’un homme !

15/05/2012

Saint François de Tulle dit le Corrézien

 

françois hollande,président,baraka

 

Quelques semaines avant le 6 mai, jour de l’élection de François H. à la Présidence, on a vu pleuvoir merveilleusement. Alors qu’au mois de mars on redoutait la pire des sécheresses et des pénuries calamiteuses de grains, j’ai pu observer, en traversant la France cette semaine, que les blés avaient poussé d’un bon pied et fort vigoureusement. J’ai vu également  que les rivières méridionales roulaient des eaux tumultueuses à leur plus haut niveau, sans doute suffisamment pour recharger les nappes qui étaient il y a quelques semaines au plus bas. Je remarque à cette occasion qu’il ne s’en est suivi pour autant d’aucune catastrophe ni inondation. J’ai entendu dans tous les bourgs et dans tous les villages de nos campagnes que le peuple était content, que les troupeaux trouveraient à paître pour l’année entière  et que les silos à blé seraient  remplis dès cet été à déborder.

 

J’avais écrit il y a plus d’un an que François de Tulle serait notre Président à condition qu’il soit quelque peu chanceux, ou si on préfère, que la Providence lui accorde la Baraka. De la chance,  le Corrézien n’en a pas manqué car même les démons du sexe ont volé à son secours.  L’institution des primaires et plus encore la mauvaise pioche d’un Sarko maudit et dévalué, l'ont également secouru. Une toute  dernière faveur lui est encore octroyée par une conjoncture économique butant ouvertement, comme il l’avait lui-même prédit, sur l’impossibilité de payer nos dettes avec une activité en récession. Même les libéraux les plus endurcis le regardent aujourd’hui avec un air dubitatif. Ils se demandent si leurs prédictions alarmistes ne risquent pas de faire pâlir leurs brevets d’experts. Avant même d’être installé Président,  le Corrézien a rassemblé son camp et porté le doute chez ses adversaires, y compris chez nos cousins Germains. Il ne faut donc pas s’étonner dans ces conditions qu’il puisse également commander les nuées, déclancher les pluies et stopper les orages. Pour l’heure il a fait rendre gorge, en tout cas momentanément, aux tenants millénaristes des catastrophes climatiques.

 

Je m’attends à ce que d’autres miracles surviennent, comme la reprise de la croissance et la baisse du chômage, De la même façon il se pourrait que dorénavant tous les enfants sachent lire et compter en quittant l’école, que les naissances gémellaires se multiplient chez les bovins Charolais et que Mme Duflot ouvre pour ses amis une boulangerie  de petits pains au maïs OGM ! En mettant au premier plan le facteur chance dans le succès de la campagne de Saint François de Tulle j’ignorais jusqu’à quel point le hasard et la nécessité seraient déterminants. Nous allons constater demain avec le gouvernement Ayrault et après demain, avec Angela Merkel, que ce phénomène exceptionnel n’en est qu’à ses débuts. Nous pouvons d’ores et déjà instruire un procès en béatification politique, François plaît aux Dieux ! Il utilise les bonnes méthodes et fait preuve d’un savoir faire tel que l’Olympe va se mobiliser pour décupler ses succès et lui assurer victoires sur victoires.

 

Je n’ai donc aucune gêne à porter l’encensoir et à devenir le thuriféraire respectueusement incliné d’un tel homme béni de Jupiter et de ses colistiers. Pour demeurer moi même, comme toujours, à la pointe du combat, et rester la vigie lucide qui veille aux avant postes, je vous conseille chers lecteurs, de vous prosterner devant la robe de bure de notre nouveau Prophète. Le règne de saint François de Tulle dit le Corrézien, dit aussi le Modeste,  ne fait que commencer . La liste de ses miracles est encore balbutiante et nous devons nous attendre à des surprises incroyables. N’a t-il pas terrassé sans coup férir le Dragon horrible et trop bavard alors que la bête se vantait de ne faire qu’une bouchée de cet humble moine ? Je sens monter à travers ce beau pays de France, peuplé d’incroyants, d’infidèles et de sceptiques,  une nouvelle vague d’Optimisme et de Foi.

 

Jube domine Saint François,  benedicere !