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12/01/2011

François le modeste

François-Hollande.jpgAprès le bling-bling exaspérant de Sarkozy et la suffisance insupportable de beaucoup de ses lieutenants, nous avons besoin d’un homme qui répare les consciences et parle aux citoyens de vivre ensemble. Pour ma part je chercherais bien un bourgeois modeste à la Pinay qui s’adresse à une majorité de gens tranquilles de la classe moyenne, ceux dont les vertus soigneusement entretenues d’honnêteté et de courage, font la France quotidienne. Je sais que ce Français moyen statistique n’existe pas et que chacun d’entre nous est unique par son imagination et ses turpitudes, mais nous sommes nombreux qui ne demandons pas la lune, juste à manger pour tous, avec un peu de justice et de lumière culturelle pour chacun, quelles que soit sa religion, sa couleur de peau ou son origine.

 

La première des injustices est celle du chômage et des petits boulots qui perdurent. Pour y remédier il ne s’agit pas de vilipender l’Etat mais de le reconvertir en un véritable Bureau de Développement. Ce n’est pas en comptant sur des entrepreneurs comme le Baron Seillière (dont on vient d’apprendre les dernières frasques financières), de Wendel et compagnie (et il y en a de la compagnie de cet acabit), qu’on pourra maintenir des entreprises et créer des emplois en France. On soupire après  de Gaulle, son plan calcul, ses avions et ses fusées. C’est ici qu’on peut proposer un peu de rêve, des emplois verts pour faire des voitures électriques, de la nourriture saine et des banques vertueuses, des bonnes écoles et des hôpitaux accueillants. Chez nous, comme dans le reste du monde, le libéralisme mis en musique par Friedman a tout assassiné, sous la férule de Thatcher, la boutiquière british, et de son émule américain, Reagan,  le deuxième couteau. Mais les temps ont changé : le vieux Greenspan (voire aussi dans ce blog les vieillesses crépusculaires) a lui même avoué ses fautes capitalistes après 20 ans à la tête de la Fed (Réserve fédérales des USA). Notez bien au passage que lui aussi a eu droit à notre Légion d’Honneur !

 

On a maintenant besoin d’un Président qui bosse, non pas pour éblouir les citoyens ébahis mais pour maîtriser les dossiers compliqués que doit arbitrer un Chef d’Etat. Il ne suffit pas de s’en remettre à quelques experts ou fonctionnaires malades de trouille à l’idée de perdre leur job, mais bien pour notre future Plus Haute Autorité de l’Etat d’en savoir plus que les autres, à force de travail, de pertinence et de méthode. Il faut aussi que cet homme (ou cette femme) ait une conscience ouverte à la philosophie des lumières et attachée à l’éthique.

 

Un gars ou une fille en somme, qui deviendrait Président parce qu’il sait mieux que les autres manier les hommes et les idées, et qu’il aime le petit peuple de notre pays. Il devra aussi savoir investir pour faire un avenir meilleur, même si ce n’est pas lui qui récolte. Surtout pas un gars qui soit à tu et à toi avec tous les nantis de ce monde et qui soit fasciné par eux, juste pour se vanter et faire le malin. Ces gens là, qui se prennent pour des Grands Electeurs ayant plus de droits que les autres et qui le font valoir, sont politiquement nuls. Un de leurs arguments massue est le chantage au départ à l’étranger ou à l’extension du chômage.

 

Parmi tous les candidats de mon Parti, j’en observe un qui grimpe doucement dans les sondages d’opinion. Celui que tous ses copains charitables comme Lolo le Magnifique ou le vieux Bujo-Bujo(1) du sud-ouest  et bien d’autres esprits forts,ont moqué et dénigré, je veux parler de François Hollande. Celui-là nous répète depuis plusieurs mois qu’il travaille et qu’il se prépare à la candidature, qu’il rendra effective si les circonstances sont favorables et si il a quelques chances de rassembler et de remporter la victoire. Il nous faut un Président « normal » dit-il.

 

J’écoute tout ce qui se dit à son propos et j’entends beaucoup de bien de la part des journalistes et des éditorialistes. Ce matin Laurent Joffrin sort du bois : Et si c’était lui ? (le bon candidat). Jusqu’ici je n’ai pas vu qu’il ait fait un faux pas ou lâché quelque bourde. On serait trop contents au Parti de l’épingler et de le renvoyer à ses études. Pour le moment, si on me demande mon avis, c’est sur ce cheval là que je parie. Il a le pelage frais, du muscle intellectuel et beaucoup d’humour.

 

(1) En Kabylie, pour faire peur aux petits enfants on les menace de Bujo-Bujo (en référence au général Bugeaud de la colonisation, vieux de plus d’un siècle et demi mais qui a durablement marqué l’imaginaire des populations), Henri Emmanuelli est le Bujo-Bujo des socialistes, il possède le sabre de l’orthodoxie.