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01/10/2011

Arnaud et les petits bateaux

 

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Arnaud et les petits bateaux

 

 

Saint Vaast la Hougue était un bien joli petit port dans ce soleil bienvenu du 1er Octobre. Les conditions étaient exceptionnelles pour tracter au marché du samedi et tâter l’ambiance. On trouve autour des étals une quantité de gens qui ne sont pas d’ici, des baladeurs en camping car ou des évadés du week-end venus de Rouen ou de Paris. Il y a aussi des ex-citadins tout juste installés dans leur nouvelle résidence de retraité et des plus anciens qui ne s’éloignent jamais beaucoup de leurs déambulateurs. Au total, on y voit assez peu d’actifs du cru, toujours pressés, donc adeptes du supermarché. On voit enfin des promeneurs, et ce sont les plus sympathiques. Ils flânent devant les bateaux qui débarquent, au milieu des odeurs de poisson et du grabuge excité des goélands. On les sent friands de l’ambiance locale, rafraîchissante et colorée.

 

Une bonne moitié des gens me répondent avec une certaine hargne que les socialistes ne sont pas à leur goût et un bon quart me signifient par un geste de la main qu’ils ne sont pas intéressés. Certains « bofs » me gratifient d’un « tous pourris !» qui n’attend pas de réponse. Restent un bon nombre de personnes qui m’écoutent et parfois me confient obligeamment qu’ils iront voter dimanche prochain. Elles vont même jusqu’à me dire au creux de l’oreille, qu’elles sont pour Arnaud, surtout les femmes, car c’est un beau gosse et un beau parleur.

 

Cette popularité nouvelle m’a poussé à écrire cet article, d’autant plus que mon camarade Jean Paul Garnier y a déjà consacré de longs commentaires (voir ci-dessous). Montebourg est sûrement le plus remuant et le plus talentueux des quadragénaires du PS. Il a eu la bonne idée de monter sa candidature sur les idées de la gauche du parti (pour faire simple). Je veux dire par là qu’il n’hésite pas à affirmer dans son programme l’autorité politique comme régulateur de l’économie. Ceux qui sont contre, parlent de retour de la main mise de la bureaucratie d’Etat sur l’activité économique ou d’économie administrée. Il s’agit du contrôle des banques et du protectionnisme aux frontières, voire de la taxation des prix. En cela il n’est pas très éloigné de Ségolène.

 

Ces méthodes ne laissent pas que des bons souvenirs. La gestion étatique des banques a dans le passé récent produit le désastre du Crédit Lyonnais et l’économie d’Etat dans toute sa splendeur a, entre autres,  signé la faillite de l’URSS. Il serait quand même idiot de les rejeter sans plus de précautions. Il ne faut pas oublier que le libéralisme à la Thatcher ou à la Reagan nous a menés droit dans le mur de la crise actuelle. La raison oblige à constater que c’est bien de régulation que nous avons besoin aujourd’hui, pour ramener au bon sens des finances saisies par une folle avidité, laquelle s’exerce aux dépens de l’économie réelle. Le vrai débat est de choisir à quel niveau il faut mettre le curseur du contrôle étatique et comment on peut l’appliquer.

 

Les idées d’Arnaud Montebourg sont donc nécessaires au débat. Il parvient à les faire passer dans l’opinion avec un réel talent. Néanmoins je ne crois pas qu’on puisse les appliquer en évitant des effets d’aubaine et des contre-performances imprévisibles. Il faut donc de la prudence et de l’expérimentation. Le dialogue avec Manuel Valls est passionnant. Les candidatures de ces deux là sont utiles, car elles font progresser le niveau politique des électeurs et des auditeurs. Je suis convaincu que sous la Présidence de François Hollande ces deux leaders trouveront des rôles à leur mesure et qu’ils seront utiles au pays encore longtemps. Si ils ne sont pas saisis comme bien d’autres par les vertiges empoisonnés du pouvoir.

30/09/2011

Votes utiles et candidatures inutiles

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Votes utiles et candidatures inutiles

 

J’adore la controverse quand elle fait avancer la réflexion des uns et des autres. On sait bien que la trouvaille, la bonne solution, la vérité,  viennent de là. Une bonne idée ne devient vraiment bonne que lorsqu’elle est partagée. Je comprends très bien que les supporters de Martine A. soient consternés par sa défaite annoncée. Il faut rassurer chacun d’entre nous,  il n’y aura qu’un vainqueur : cinq groupes de militants seront frustrés et déçus. Raison de plus pour regarder la situation avec sérénité et avec un seul objectif pour la gauche : gagner les élections présidentielles en 2012.

 

Si je considère que Martine devrait se retirer ce n’est pas pour donner des coliques à ceux de mes camarades qui la défendent, c’est parce que je suis un grand stratège politique tout naïf, qui ose dire des choses, fussent-elles saugrenues. L’appel au désistement de notre ex. Première Secrétaire en est un exemple. Je suis donc un irresponsable certes,  mais qui respecte tout le monde et qui ne craint personne. J’ai des arguments pour justifier ma position que certains considèrent comme iconoclaste :

 

1) Martine est arrivée dans les valises plus ou moins consentantes de DSK. Chacun peu lire dans ce blog que je n’ai jamais fait confiance à cet homme providentiel dont les solidarités « grand style » me sont étrangères. La mauvaise image de DSK  ternit celle de Martine.Si elle est notre candidate, la droite ne se privera pas pour lui reprocher.

 

2) Martine a pris le pouvoir à Reims dans des conditions peu démocratiques faisant alliance avec la gauche de Hamon et la droite de DSK. Je lui ai toujours reproché cela comme un péché originel que je porte à son débit.

 

3) François H. s’est déclaré  candidat le premier, librement, sans marchandages et ententes préalables. Il a pris ses risques et montré du courage et de la détermination. Il a élaboré une stratégie politique moyenne permettant le rassemblement de toute la gauche indispensable à la victoire.Il est aujourd'hui en situation, c'est à dire qu'une majorité des Français souhaite son élection. Je trouve à cette candidature une visibilité et une clarté rafraichissantes.

 

4) Au vu de cela, si Martine avait été une bonne camarade, elle ne se serait pas mise sur les rangs, car elle n’offre par rapport à FH  aucune alternative politique (contrairement aux 4 autres candidats). Tous les commentateurs s'accordent pour trouver sa ligne politique très proche de celle de F.H.

 

J’en conclus que Martine Aubry se présente pour incarner et donner sa chance à une fraction (Hamon, Fabius) de nos leaders contre une autre, celle de François Hollande, qu’ils détestent depuis toujours. La raison de la candidature d’Aubry est avant tout basée sur des motifs personnels et claniques.

Ce faisant, cette candidature nuit à la clarté du scrutin des primaires et égare le débat politique en le transférant vers une querelle de personnes, ce que j’ai toujours détesté et beaucoup d'autres  militants avec moi. Pour finir je peux jurer que si François Hollande était dans la situation du deuxième attardé comme Martine aujourd’hui, j’appellerais tout pareil à son retrait. On parle souvent de vote utile, mais on devrait bien réfléchir également sur les candidatures inutiles.

29/09/2011

Aux primaires socialistes, Martine doit se retirer!

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L’hésitation n’est plus de mise !

La semaine a été faste pour les socialistes et la gauche en général. Avec le Sénat, c’est un vieux bastion de la droite qui s’effondre. On peut croire qu’il y a là-bas quelques placards qui renferment des secrets de famille. Comme lors d’une succession, l’alternance va permettre de les exhumer et de les publier. Il était question de vider les écuries. La Gauche va se trouver à pied d’œuvre. Je ne sais pas pourquoi, il me semble que J.P. Bel, ce provincial discret, répand comme un parfum d’honnêteté et de simplicité. Attendons de le voir à l’œuvre.

 

L’autre heureux évènement tient à la tenue du deuxième débat télévisé des candidats aux primaires. Tous les six ont fait preuve d’intelligence et de sérieux. Cette confrontation des idées dans la clarté et la liberté est à l’honneur du Parti. On y découvre que la relève est assurée avec des hommes comme Montebourg et Valls qui représentent utilement deux pôles, l’un plus à gauche et l’autre plus à droite qui encadrent la figure centrale de François Hollande. Celui-ci n’a pas failli à son rôle de rassembleur ouvert aux idées nouvelles. Il a délaissé tout esprit polémique en signifiant aux cinq autres qu’on avait besoin de tout le monde et qu’il était le mieux placé pour entraîner l’équipe, sans morgue ni animosité. Il s’est affirmé sans effort, devant tous les téléspectateurs, comme le leader le plus « naturel » de notre Parti. Il est déjà Président.

 

Je n’en dirais pas autant de sa concurrente la plus directe. Martine Aubry a été en permanence dans la défensive et l’acrimonie. On sent bien qu’elle en veut à ses camarades de lui disputer la place. Elle rejoint en ce sens beaucoup de dignitaires du Parti qui pensent que ces Primaires ne devraient pas exister. Elle se retranche derrière sa fonction de Première Secrétaire dont elle se vante d’avoir assumé glorieusement les fonctions. Ce qu’on peut discuter, mais qui n’est pas essentiel : depuis quand serait-il convenu qu’un bon Premier Secrétaire ferait un bon Président de la République ?

 

Je ne voudrais pas dénier à Martine Aubry d’éminentes qualités politiques. Elle remplit avec dignité et brio ses fonctions de Maire de Lille qu’elle a,  il me semble, rendue attractive et dynamique. Elle fut une glorieuse ministre sous Jospin. Elle est donc une grande serviteure de notre Parti.  C’est pour cette raison qu’elle doit se retirer de la course à la désignation. Elle a tout à perdre d’une défaite aux primaires. Elle aurait tout à gagner en rendant les armes à François Hollande : elle nous offrirait une preuve de militantisme, de désintéressement et d’ intelligence politique. On lui saurait gré dans l’histoire, d’avoir tout fait pour offrir la victoire à son camp.

 

Après cette semaine pleine d’espérance, le désistement de Martine Aubry dans ces Primaires rendrait possible une élection au premier tour de notre candidat, avec 60% des voix. Une telle désignation, sans ambiguïté aucune, laisserait nos adversaires de droite sur le carreau. François Hollande prendrait dans l’opinion une stature de héros national. Celui que le pays appelle pour nous débarrasser de l’hydre de la concussion, du mépris, de la bassesse, de l’inculture, de la ploutocratie, de l’injustice et de l’incohérence. L’équipe à Sarko devrait ravaler ses sarcasmes et ne plus penser à jouer les DRH du PS ou prendre Jaurès en otage avant d’aller se gaver de caviar au Fouquet’s.

 

Vous allez me dire que je rêve, que rien n’est jamais joué, qu’on nous a appris qu’il fallait se battre jusqu’au bout. Nous ne sommes pas au football et encore moins en guerre. Nous sommes dans une démocratie pacifique, épuisée par les frasques d’un clan sans honneur. Nous avons l’occasion unique de conquérir le pouvoir loyalement par les urnes et de l’offrir à un Président normal, modeste et sincère. Est-ce que ça ne vaut pas la peine de faire quelques sacrifices personnels, expiatoires et militants?  

 

 

Extrait du livre à paraître de Renaud Dély et Henri Vernet (Le Nouvel Obs)

 Puis, un rien condescendant, Dominique Strauss-Kahn ajoute : "François est un garçon intelligent, il a une belle carrière devant lui. Il peut espérer Bercy ou, pourquoi pas, Matignon. Il en veut beaucoup à Lionel de l’avoir laissé au parti, il juge qu’Aubry est méchante et injuste avec lui, je peux peut-être faire quelque chose pour lui, mais tout dépend de son attitude…" Puis le directeur général du FMI assène le coup de grâce : "S’il veut quelque chose, il faut qu’il se couche, et vite !" Deux semaines plus tard, c’est finalement DSK qui s’est couché. Pour de bon.

20/09/2011

Autodafé de comédie

 

 

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Avec DSK, une troisième tour s’effondre, celle de l’esprit. Nous venons d’assister à un autodafé falsifié de l’âme et du cœur. La journaliste servile nous a gratifiés du spectacle indigne d'une  vérité faussée et tordue, contrainte de se glisser dans les draps de  l’autocrate poussif du FMI. Ces deux là ont allumé un incendie brutal de nos sentiments et de nos valeurs. Finalement, par son excès d’arrogance,  l’ange déchu a explosé en plein vol dans le tourbillon amer des cendres de la confiance bafouée et des espoirs déçus et ridiculisés des socialistes. Pour lesquels pas un mot n’a été prononcé. DSK à l’évidence n’était pas un homme de gauche, il était seulement le héraut providentiel et mal embouché d’un clan. Ce personnage, fabriqué par les apprentis sorciers de la communication,  est à présent condamné à retourner dans ses quartiers d’origine. Je veux parler des coulisses du théâtre d’ombres manipulé par des élites autoproclamées.

12/01/2011

François le modeste

François-Hollande.jpgAprès le bling-bling exaspérant de Sarkozy et la suffisance insupportable de beaucoup de ses lieutenants, nous avons besoin d’un homme qui répare les consciences et parle aux citoyens de vivre ensemble. Pour ma part je chercherais bien un bourgeois modeste à la Pinay qui s’adresse à une majorité de gens tranquilles de la classe moyenne, ceux dont les vertus soigneusement entretenues d’honnêteté et de courage, font la France quotidienne. Je sais que ce Français moyen statistique n’existe pas et que chacun d’entre nous est unique par son imagination et ses turpitudes, mais nous sommes nombreux qui ne demandons pas la lune, juste à manger pour tous, avec un peu de justice et de lumière culturelle pour chacun, quelles que soit sa religion, sa couleur de peau ou son origine.

 

La première des injustices est celle du chômage et des petits boulots qui perdurent. Pour y remédier il ne s’agit pas de vilipender l’Etat mais de le reconvertir en un véritable Bureau de Développement. Ce n’est pas en comptant sur des entrepreneurs comme le Baron Seillière (dont on vient d’apprendre les dernières frasques financières), de Wendel et compagnie (et il y en a de la compagnie de cet acabit), qu’on pourra maintenir des entreprises et créer des emplois en France. On soupire après  de Gaulle, son plan calcul, ses avions et ses fusées. C’est ici qu’on peut proposer un peu de rêve, des emplois verts pour faire des voitures électriques, de la nourriture saine et des banques vertueuses, des bonnes écoles et des hôpitaux accueillants. Chez nous, comme dans le reste du monde, le libéralisme mis en musique par Friedman a tout assassiné, sous la férule de Thatcher, la boutiquière british, et de son émule américain, Reagan,  le deuxième couteau. Mais les temps ont changé : le vieux Greenspan (voire aussi dans ce blog les vieillesses crépusculaires) a lui même avoué ses fautes capitalistes après 20 ans à la tête de la Fed (Réserve fédérales des USA). Notez bien au passage que lui aussi a eu droit à notre Légion d’Honneur !

 

On a maintenant besoin d’un Président qui bosse, non pas pour éblouir les citoyens ébahis mais pour maîtriser les dossiers compliqués que doit arbitrer un Chef d’Etat. Il ne suffit pas de s’en remettre à quelques experts ou fonctionnaires malades de trouille à l’idée de perdre leur job, mais bien pour notre future Plus Haute Autorité de l’Etat d’en savoir plus que les autres, à force de travail, de pertinence et de méthode. Il faut aussi que cet homme (ou cette femme) ait une conscience ouverte à la philosophie des lumières et attachée à l’éthique.

 

Un gars ou une fille en somme, qui deviendrait Président parce qu’il sait mieux que les autres manier les hommes et les idées, et qu’il aime le petit peuple de notre pays. Il devra aussi savoir investir pour faire un avenir meilleur, même si ce n’est pas lui qui récolte. Surtout pas un gars qui soit à tu et à toi avec tous les nantis de ce monde et qui soit fasciné par eux, juste pour se vanter et faire le malin. Ces gens là, qui se prennent pour des Grands Electeurs ayant plus de droits que les autres et qui le font valoir, sont politiquement nuls. Un de leurs arguments massue est le chantage au départ à l’étranger ou à l’extension du chômage.

 

Parmi tous les candidats de mon Parti, j’en observe un qui grimpe doucement dans les sondages d’opinion. Celui que tous ses copains charitables comme Lolo le Magnifique ou le vieux Bujo-Bujo(1) du sud-ouest  et bien d’autres esprits forts,ont moqué et dénigré, je veux parler de François Hollande. Celui-là nous répète depuis plusieurs mois qu’il travaille et qu’il se prépare à la candidature, qu’il rendra effective si les circonstances sont favorables et si il a quelques chances de rassembler et de remporter la victoire. Il nous faut un Président « normal » dit-il.

 

J’écoute tout ce qui se dit à son propos et j’entends beaucoup de bien de la part des journalistes et des éditorialistes. Ce matin Laurent Joffrin sort du bois : Et si c’était lui ? (le bon candidat). Jusqu’ici je n’ai pas vu qu’il ait fait un faux pas ou lâché quelque bourde. On serait trop contents au Parti de l’épingler et de le renvoyer à ses études. Pour le moment, si on me demande mon avis, c’est sur ce cheval là que je parie. Il a le pelage frais, du muscle intellectuel et beaucoup d’humour.

 

(1) En Kabylie, pour faire peur aux petits enfants on les menace de Bujo-Bujo (en référence au général Bugeaud de la colonisation, vieux de plus d’un siècle et demi mais qui a durablement marqué l’imaginaire des populations), Henri Emmanuelli est le Bujo-Bujo des socialistes, il possède le sabre de l’orthodoxie.