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08/05/2015

Echelles de perroquet

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Du temps de ma belle jeunesse de botaniste, en herborisant dans l’Ouarsenis avec mes étudiants sous la houlette d’Alexis Monjauze, le regretté défenseur de la forêt méditerranéenne, je me souviens d’une colère mémorable du saint homme devant les échelles de perroquet qui sculptaient la silhouette toute particulière des chênes verts qui en dessous de 2000 mètres, font l’essentiel de la végétation arborescente des sommets. Nous étions en mai 1968 et le moutonnement des massifs dans l’air violet du petit matin donnait une résonnance étrange au discours passionné du maître. Il s’emportait dans le registre qu’il affectionnait, contre la chèvre « le râteau du désert » et contre ces maudits bédouins qui transformaient « ses »  malheureux arbres en réserve vivante  de fourrage ! Les moignons laissés en bonne place servaient d’échelons pour parvenir dans les dernières ramures qu’on jetait aux bêtes, après les avoir cassées ou cisaillées à coups de pierre. La forêt était domaniale, c’était ses arbres, sa forêt et sa montagne !

Je me demande  pourquoi, en voyant mon parti trahi et vilipendé, cette image s’est imposée à mon esprit. Pour les botanistes,  qui sont bien sûr d’une autre trempe que les écolos en peau de lapin des boulevards, le bédouin est un ennemi. Dès qu’une fleur apparaît quelque part, qu’une graine germe ou qu’une touffe de sparte s’accroche aux éboulis, le bédouin se précipite, les chèvres en première ligne et c’est la dévastation. Quand il n’y a plus rien on monte aux arbres ! Bien sûr, pour faire ça il faut y être poussé par la misère.

Ce n’est pas le cas de nos charmants militants du PS qui ont de tout à gogo, des belles maisons et de bonnes retraites. En général ils n’ont pas fait grandes étincelles de leur vie, sinon utilisé leurs charmes, leurs études, et leurs héritages pour se livrer à des jeux de rôles sans imagination, destinés à satisfaire leur égo et leur goût trivial pour les rapports de force. Peu créatifs, ce sont des besogneux de la politique,  des bédouins intellectuels prêts à faire profit de la moindre brindille idéologique, pour peu qu’elle serve leurs intérêts immédiats.

L’exemple des programmes électoraux des dernières cantonales est singulièrement éclairant ! Les tracts sont remplis par les poncifs dont on croit qu’ils vont rapporter des voix. Voilà des sous, voilà des services, et plus de bonheur !  On se croirait dans une carte de vœux de nouvel an. Et si on se persuade que l’étiquette du PS fait peur à l’électeur, on prend le faux nez de « divers gauche »,  fut-ce avec sa carte du PS dans sa poche. Chez mon marchand de légumes,  j’appelle ça du fardage.  Voyez comme je suis bon, voyez comme je suis beau ! Il y a du mépris pour le populo là-dedans. Heureusement le populo est plus malin que ces pitoyables tours de marionnettes !

Car enfin si on prétend faire de la politique c’est qu’on veut  apporter sa part de solutions, qu’on veut inventer quelque chose, ou au moins qu’on se croit capable de le faire. Il ne s’agit pas pour glaner quelques voix de promettre aux électeurs ce qu’ils ont envie d’entendre. On a l’habitude en bon français d’appeler ça de la démagogie. Il faut avoir le courage  au contraire d’identifier les vraies difficultés et d’énoncer des propositions susceptibles de les résoudre, même si elles ne plaisent pas à tout le monde ! J’enrage de ne pas avoir été écouté à propos du regroupement communal, dont j’entends partout aujourd’hui que tout le monde le veut !

Heureusement le ridicule finit par tuer. Quand vous montez aux arbres tout occupé à caqueter, vous vous trouvez obligé d’en exposer à chaque échelon un peu plus, et de découvrir le fond de votre culotte idéologique. Et le plus souvent, on s’aperçoit qu’il s’agit de vieux caleçons bariolés et recyclés, issus de bribes de mémoire collectées au gré des circonstances, s’effilochant dans le flou des souvenirs. On ne grimpe pas très haut sans fondement ni verticalité.

Ces apprentis politiciens de l’illusion se trouvent rapidement à court d’idées.  Le sens véritable des évènements leur échappe. Leurs choix sont circonstanciels et subjectifs. Ils nous font courir de graves dangers car ils ignorent l’étendue de leur ignorance et font preuve d’une incroyable suffisance. Par conséquence ils se retrouvent  dans l’impossibilité d’anticiper les évolutions de l’opinion et d’être en phase avec le mouvement des idées. Livrés à une certaine vacuité intellectuelle ils réservent leur énergie  aux petits mensonges, aux combines hypocrites et aux grosses ficelles !

Je suis véritablement fatigué de cette guéguerre des boutons stérile et sans grandeur. Je rêve d’un monde  dans lequel on se respecterait les uns et les autres,  en écoutant ceux qui parlent et en lisant  ceux qui écrivent. Un monde ou la fidélité et la loyauté resteraient des vertus reconnues qui permettraient le dialogue entre les individus, seule source, in fine, de progrès. Au lieu de ça on assiste au spectacle indigent des perroquets dans la jungle, multicolores et grégaires, autistes et indifférents.

 

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22/02/2015

La fronde inutile

Hamon, Montebourg,Baumel, Paul, Linneman, Aubry, PS, frondeurs

 

L’attitude des « frondeurs » me laisse sans voix. Je sais qu’en politique les préjugés couvent longtemps sous les cendres mal refroidies des passions idéologiques. C’est d’ailleurs l’honneur des militants que de savoir se battre pour leurs idées. Mais il n’y a pas de combat qui vaille sans qu’on en connaisse l’objectif et le sens. Que veulent nos « frondeurs » ?  Que cherchent-ils à obtenir en s’abstenant ou même en votant contre la loi « Macron » ?  Le travail du dimanche n’est  pas vraiment un « casus belli » interne au PS, malgré les efforts pathétiques de Martine Aubry. Sans compter que tous les articles de la fameuse loi ont été abondamment discutés et votés, un par un !

Depuis le début du quinquennat, la gauche de la gauche cherche à se vendre pour exister. Elle ne recule devant aucun coup de Jarnac, aucune trahison, aucune confusion, aucun amalgame, pour marquer sa différence. On l’a vu avec les ministres démissionnaires qui ont pourri la vie des premiers ministres et du Président par des couacs répétés. En faisant fi de toute solidarité de Parti et de toute discipline, les Hamon, Montebourg, Baumel, Paul, sont à la disposition des chaînes d’info continue, trop heureuses d’attiser les zizanies. Ces apprentis leaders ne semblent pas comprendre qu’ils produisent un très mauvais effet dans les rangs  de la plupart des militants ordinaires. Leurs critiques du gouvernement Valls paraissent mal fondées : Ils n’ont pas d’alliances explicites, pas de programmes, pas de stratégie, sauf celle du coup de poignard dans le dos. Ils semblent plus proches de nos adversaires du Front de Gauche, de Mélenchon et de Duflot que de la Charte du Parti que les militants   viennent de réécrire démocratiquement à l’initiative de notre camarade  Cambadelis. Nonobstant, Ils se donnent comme tous les démagogues et malgré leur imposture, des airs outragés de défenseurs du peuple.

Par leur attitude irresponsable, ils creusent un sillon profond leur opposant la grande majorité des sympathisants de gauche qui pour la plupart sont des des réformistes pragmatiques. Les gens de gauche qui forment les gros bataillons électoraux du PS en ont par-dessus la tête d’entendre les Mélenchon, les Duflot, les communistes, critiquer le Président et son gouvernement. Ces braillards donnent une image de la société complètement bloquée, sclérosée, sortie des réalités. Les sondages nous confirment qu’une majorité de Français approuvent la loi Macron. Je trouve absolument insupportable que des gens de notre propre parti, très minoritaires apportent leur renfort aux incantations irresponsables et inutiles de l’extrême gauche. Montebourg, Hamon et les autres frondeurs jouent contre leur camp. J’espère que notre Parti s’en souviendra.

 Sauf à faire une révolution la pique à la main et en oubliant la justice et les règles constitutionnelles, il est inutile de faire croire au peuple qu’on peut raser gratis et prendre aux riches pour donner aux pauvres. La République est avant tout un Etat de droit ! Je me le demande encore : que veulent vraiment nos camarades de la « gauche » du Parti ? Nous voyons le résultat de l’enthousiasme grec pour Tsipras. Les dettes ne s’effacent pas d’un coup de baguette magique. En France, nous ne sommes pas dans l’austérité. La politique hollandiste est mesurée et tente de tenir les deux bouts de la chaîne économique. Aucune des décisions du gouvernement  ne peut expliquer la dissidence de nos camarades.

L’explication la plus plausible, c’est que les « frondeurs » sont persuadés que les réformes entreprises par FH ont fait fuir les militants déçus et que c’est le moment pour eux,  à trois mois du congrès de ramasser les miettes et de se présenter en vainqueurs rue de Solférino. Si c’est bien leur analyse, je crois qu’ils se trompent lourdement. Il n’y a pas de mouvement à gauche dans l’opinion. Il suffit de voir les scores indigents des Front de gauche ou des Ecolos. Dans notre Parti, les cadres « frondeurs » sont inexistants, ils ont disparu de la circulation. Il reste sans doute, plus ou moins discrets, un petit syndicat d’élus ou de politiciens professionnels qui en sont réduits aux manœuvres de sauve-qui-peut. Il y a trop longtemps que ce petit monde a rompu avec l’analyse et la réflexion pour être en mesure de produire des idées nouvelles qui pourraient justifier la dissidence. A la gauche du Parti on agit plutôt comme la CGT en défendant en permanence les avantages acquis. Le conservatisme n’est jamais remis en question. On se croirait encore au temps de la guerre froide. Peu importe que le cinquième de la population active soit au chômage, du moment qu’il est bien indemnisé !

Malheureusement le monde bouge. Le dimanche n’a plus le même sens pour tout le monde, il y a des gens qui aiment travailler, imaginer, créer, lancer des entreprises et comme tout le monde gagner des sous. La vieille gauche a horreur de cela. Elle déteste la nouveauté, l’imagination et l’aventure. Elle veut un cadre bien rigide qui lui assure l’école, la santé, la sécurité, la retraite et si possible pas trop d’étrangers qui viendraient foutre le bazar. Je sais que du côté des humanitaires, des écolos, des gauchos, il y a des gens généreux, dévoués aux causes difficiles et qui travaillent et donnent de leur temps bénévolement. Ils ont cependant un défaut : tous autant comme ils sont, ils ont un leitmotiv : l’Etat doit nous aider, l’Etat doit nous donner des sous !

Il faut qu’on se débarrasse à gauche de cette tentation du tout Etat, de l’addiction à la subvention, à l’argent public dispensé par tous les tiroirs de la République souvent gaspillé, réservé, fléché, parfois à la limite de l’abus de bien social. La chose publique dans leur conception est sans fond, sans limites, sans contrôle. Les électeurs du FN savent cela, ils en ont assez eux qui ne touchent que des miettes et accusent ces messieurs d’être des profiteurs. Dans l’urgence actuelle ce n’est certainement pas Hamon, Montebourg, Paul et les autres qui nous sortiront d’affaire

30/05/2014

L'inconstance

 

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Le vaisseau de guerre de Giacomo Balla

 

 

Nous venons de vivre une terrible semaine qui n’a pas grand-chose à voir avec la fête de l’Ascension . Il s’agit plutôt d’une descente aux enfers que d’une montée au paradis. Je passe sans trop m’émouvoir sur les tribulations de l’UMP. Je n’ai pas de sympathie pour le clan Copé-Sarkozy auquel j’ai toujours reproché des méthodes frisant l’illégalité. On ne compte plus les enquêtes policières autour de ces deux-là. Imperturbables ils renvoient toujours au même système de défense utilisé d’instinct par les truands. Ils ignorent tout de la question. Ils n’étaient pas là. Et s’il est arrivé quelque chose c’est sans doute les subalternes qui sont responsables. Incroyable ! Inadmissible !

J’attache plus de prix à ce qui nous arrive à gauche ; le succès du FN, et l’échec des socialistes ne peuvent me laisser indifférent. Il me faut admettre que Hollande n’entraîne pas les foules, mais nous savons bien que ce n’est pas dans nos gènes de nous laisser bercer par les grandes tirades des chefs. L’esprit critique est cultivé à l’excès dans nos rangs. Depuis la cinquième, on doit constater qu’à peine nos leaders élus, nos militants et sympathisants qui viennent de déposer pinceaux et pots de colle, reprennent leur fusil à tirer dans les coins et commencent à canarder ceux- là même qu’ils ont portés au succès.

Je me souviens de Mitterrand pour lequel je n’avais pas vraiment d’estime qui fut l’objet dès son élection des critiques des gens de notre parti. Avec Jospin les mêmes votaient Taubira ou Chevenement. Avec Hollande le phénomène se répète en faisant diversion avec les Verts ou avec Mélanchon. Cette attitude de nos militants est complètement incohérente et stérile car elle ne mène pas à des majorités de rechange. Elle paralyse l’action et in fine conduit à l’échec politique.

Car enfin, il y a un temps pour la discussion et la communication des idées. Cela se matérialise par des votes sur les motions ou sur le choix des hommes. Il faut reconnaître  que notre démocratie dans le parti est assez souvent formelle et contournée par des gros malins qui ont des gros appétits. Par expérience je sais que ces gens prospèrent sur l’insuffisance du travail de réflexion dans les sections. Ce qui est certain c’est que les occasions ne manquent pas pour s’exprimer dans les phases préparatoires de l’action. Après qu’on soit passé au vote, il est trop tard.

Car il faut bien dire que la minorité doit se ranger derrière la majorité, sinon aucune action démocratique n’est possible. Le fait d’appartenir à un même parti entraîne ipso facto un lien de solidarité, dans le succès comme dans l’échec. Les décisions étant prises il n’y a plus de place pour les juges de paix qui continuent à distribuer à leur gré les bons et les mauvais points. Même les armées révolutionnaires obéissent à leurs chefs ! En écoutant M.N. Lienemann sur Canal+ cette semaine,  je me suis dit que nous ne devions pas appartenir au même parti. Il n’y était question d’aucune solidarité mais du malin plaisir de critiquer et de détruire qui sous-entendait quelque chose comme « Après moi le déluge ! »

La gauche du PS est pourtant clairement minoritaire et ne devrait pas s’estimer renforcée par les échecs répétés de Mélanchon  et du PC aux élections. La tendance écolo, puissante également dans le PS devrait aussi constater  que la « transition énergétique » dont on nous rebat les oreilles, ne répond à aucune des questions soulevées dans les milieux populaires qui nourrissent les bataillons électoraux du  FN.  Il n’empêche qu’on préfère chez les opposants  PS,  s’en prendre au Président Hollande que de revisiter les vieilles lunes qu’on nous ressert depuis cinquante ans : si nous ne gagnons pas c’est que notre politique n’est pas assez à gauche !

Le succès du FN  repose sur sa défense des « Français d’abord » et sur le refus de l’immigration qui mange le pain, les médicaments et les aides qui doivent revenir d’abord aux « vrais » Français. Les Arabes et les Musulmans sont avant tout visés. Notre peuple est devenu pour un tiers des électeurs, raciste et xénophobe ! La ficelle est très ancienne et grosse comme une corde pour pendre au clou notre République ! Et avec elle toutes les vertus de l’humanisme et des droits de l’homme qui accordent la même considération à tous les êtres humains. Faute d’avoir répondu haut et fort à cette misérable femme Le Pen qui entraîne le pays vers les abîmes politiques, le FN a obtenu le succès que l’on sait.

Pendant ce temps-là on a préféré à droite et à gauche attaquer l’Union européenne et la politique économique de  Hollande que de relever le véritable défi idéologique affiché par le Front National. Au lieu de s’engager délibérément pour défendre ses valeurs républicaines la droite ne cesse de donner des gages identitaires aux frontistes . La  gauche de son côté fait semblant de ne rien voir et se contente d’une réprobation globale qu’on prend pour la défense de ses propres intérêts.  Certes le chômage, la perte de pouvoir d’achat, l’insécurité, les impôts surtout, ça compte, mais la foi humaniste est bien plus précieuse car c’est elle qui nous tirera de ce mauvais pas. Faut-il encore que ce soit dit et que nous cessions de regarder avec fascination notre carnet de cour des comptes, tellement désespérant !

Ce qui a changé aujourd’hui c’est que l’énergie est du côté du FN, on y trouve des jeunes et des militants actifs. Face à eux les vieux militants fatigués du PS ne font pas le poids. Il faut d’urgence renouveler nos rangs et redonner envie à nos jeunes de se battre. On voit bien que dans nos sections on trouve toujours les mêmes vieilles barbes . La soupe qu’on sert ici ne se renouvelle pas et c’est très inquiétant. Il faudra bien qu’on en tire les conséquences avant notre prochain congrès.  C’est une question de survie !

26/10/2013

Les gros mots et les grands maux de la République

 

 

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Lucien Freud  - La réflexion


ll  y a quelque chose de pourri au Royaume de France. Il faut peut-être revenir à la transgression du « Casse-toi, pauvre con ! » pour expliquer l’état de déliquescence des esprits et l’inflation permanente du verbe. L’intervention du Chef de l’Etat à propos de Léonarda a vraiment marqué le sommet de l’excitation inconsidérée des esprits, des commentateurs et des sous-fifres politiques de tous bords. Doit-on y voir des tentatives désespérées pour exister dans le buzz quotidien ? Doit-on suspecter une dégradation durable du civisme et de l’esprit de responsabilité de nos élites ? Samia Galhi, élue PS et choyée par la République fait huer le gouvernement et le Président qu’elle est censée soutenir. Ce moment fut  mis en scène sans aucun souci pour les dégâts collatéraux causés à la majorité de gauche qui permet à la sénatrice d’exister aujourd’hui.

L’information permanente en direct ne permet plus à la presse d’exercer sa réflexion et la mise en perspective des faits. Le même jeu avec la famille du Kosovo expulsée a donné l’impression qu’une gamine de quinze ans dialoguait avec le Chef de l’Etat, ce que la droite s’est empressée de reprocher au Président du haut des travées de l’Assemblée nationale. Les ennemis jurés de la gauche, ceux de l’UMP, qui jugent les socialistes illégitimes, s’emparent de ces sujets avec délectation et se détournent des vrais sujets. Ces responsables UMP  usent et abusent des termes d’indignité, de mensonge, d’amateurisme, d’incompétence. Tout un vocabulaire qui dispense d’argumenter sur le fond puisque le procès est terminé avant même qu’on ait pu débattre. C’est une façon idiote de polémiquer mais qui marque malgré tout,  les esprits pressés et peu soucieux de comprendre ou d’expliquer.

Jean Vincent Placé, en appelant les lycéens à manifester pour Léonarda, nous a illustré jusqu’à quel point de démagogie, les Verts pouvaient se hisser. On aurait préféré entendre ses commentaires sur l’accord France-GB, pour construire deux EPR au Royaume-Uni ! Harlem Désir, Claude Bartolone le Président de l’Assemblée nationale lui-même,      n’ont pas manqué de rajouter de la confusion dans ce qui n’était qu’un fait divers qu’on aurait dû laisser au Front national comme un os à ronger !  Il me semble que tous ces gens sur le qui-vive avec leur Iphone en permanence entre les doigts, sont devenus comme autant de bornes à réaction des réseaux sociaux. Il est impossible de réfléchir en quinze secondes. L’accumulation des petites phrases de Twetter ou de Facebook ne permet pas non plus de construire une pensée cohérente. La France entière est devenue une immense cour de récréation, d’ailleurs ce sont bien nos jeunes qui ont donné l’exemple. A défaut d’une colonne vertébrale organisant la réflexion, on finit par dire n’importe quoi. La période a été initiée par Sarkozy qu’on a vu souvent avec Dati et d’autres, manipuler fébrilement leur portable en toute circonstance, jusque devant le Pape paraît-il ! Au détriment de la moindre des politesses qui consiste à écouter l’autre, celui qui est en face de vous. Cette dégénérescence semble envahir peu à peu les esprits les mieux disposés et envoyer des métastases dans tous les recoins de notre société, qui n’a plus le temps de se regarder et de s’analyser.

Pendant ce temps-là, on passe sous silence les contrats industriels gagnés en Afrique du Sud ou ailleurs, on ne commente pas non plus l’éventuel reflux de la crise et les indices de redémarrage de la croissance. On annonce comme si ça gênait que le moral des ménages est meilleur en octobre qu’en septembre. On préfère mettre en scène les rixes entre ouvriers des abattoirs bretons  que le ralliement des ouvriers d’Amiens à la négociation avec le grand capital. On a l’impression que tous les trains arrivent en retard et que tous les emplois se détruisent un par un jusqu’au dernier, alors qu’heureusement, il s’en crée aussi tous les jours ! Le jeu favori reste bien sûr la partie de chamboule-tout avec Hollande, Ayrault et tous les ministres. J’ai même écouté pendant une heure les experts de « C dans l’air » nous expliquer que le PS était dans un tel état de décomposition et de division qu’il devait s’attendre à une catastrophe aux prochaines élections et de nous citer les « fractures » à Marseille qui signaient la décomposition de ce grand Parti. Ils ont analysé en détail les quartiers nord et sud, Gaudin, Guérini, tout y était , les communautarismes, l’historique jusqu’à Gaston Deferre, mais ces « experts » ont tu un seul fait,  pourtant évident, irréfutable, la participation massive aux primaires qui ont sélectionné Mennucci.

Aujourd’hui même les sondages donnent au coude à coude Gaudin et Menucci, pendant qu’apparemment les quartiers nord et sud ont trouvé à gauche un terrain d’entente !  Bravo à Yves Calvi et à ses invités pour autant d’aveuglement et de mauvaise foi. Ils ont oublié de mesurer   la présence humaine du gagnant des primaires,  de ce gros homme à la voix de tribun, et d’analyser son positionnement politique, qui semble particulièrement efficace. Même Hidalgo donnée gagnante à Paris ne les fait pas douter de leurs augures diaboliques. Ces « experts » se foutent du monde, ils ne sont là que pour appliquer une grille de lecture confortant les parts de marché de l’émission. Je crois bhien qu’ils sont payés pour démoraliser la Nation !!!

Cette décomposition de l’analyse politique, due autant aux acteurs qu’aux commentateurs ne peut pas durer. Il va bien falloir que ces excès se corrigent d’une manière ou d’une autre. Je pense encore à la réforme Peillon et aux critiques de tous bords concernant une réforme que tout le monde attendait. Aujourd’hui si les municipalités organisent mal les activités périscolaires c’est encore la faute du ministre !  Après deux mois seulement de mise en place, la droite demande carrément de retirer la réforme ! L’incohérence et le paradoxe sont généralisés, on utilise partout des mots excessifs, des gros mots, définitifs, expéditifs et donc dérisoires.  Je me creuse la tête, je cherche du recul, je m’imagine des raisons d’espérer et je n’en vois pas beaucoup, sauf peut-être qu’un grand pays comme le nôtre ne peut pas sombrer ainsi dans l’invective et l’analphabétisme culturel. Il doit bien y avoir une limite à l’affaiblissement de la pensée et au pourrissement de l’esprit de responsabilité. Il paraît que Saint François s’est mis en colère et a insulté un certain nombre de gens inconséquents et foi de bedeau, il a bien raison !

Je suis confiant dans les choix de notre gouvernement, justement parce qu’ils sont critiqués par tous et qu’ils ne donnent satisfaction à aucun lobby, à aucune force dominante. Les patrons ne sont pas contents, Mélanchon non plus, l’UMP très affaiblie se ridiculise par ses outrances et Marine Le Pen se prend les pieds dans ses contradictions et celles de son entourage  incontrôlé. Les Verts eux-mêmes semblent arrivés au pied du mur : ils vont devoir  plier ou se démettre. La gauche du PS renâcle et refuse, mais elle n’a plus le choix, il lui faut voter avec la majorité ou changer de Parti. Ma raison d’espérer c’est que la courbe du chômage va s’améliorer, que les emplois aidés vont jouer leur rôle d’emplâtre économique et ajouter du pouvoir d’achat pour soulager les milieux les plus en difficulté. Les gens vont finir par s’apercevoir que la crise des impôts et des taxes se fait sentir d’abord sur les plus riches. L’opinion va parvenir à se désintoxiquer du corporatisme et de l’assistance sociale généralisée. La politique à mon sens n’est pas de travailler à son profit, de faire du fric comme disait élégamment Sarko, la politique c’est de servir l’intérêt général, qui malheureusement,  ne sert personne en particulier.

Voilà pourquoi notre Président est vilipendé et si bas dans les sondages ! Nous sommes aujourd’hui dans l’antisarkozysme parfait. Le Président précédent jouait des rapports de force et utilisait les fractures de notre société pour gouverner. Hollande recherche l’intérêt général et la pacification des esprits. Il gouverne par la synthèse et le consensus, à un point qu’on se moque de lui et de son incapacité à décider. François Hollande est convaincu qu’il peut faire vivre ensemble des gens qu’on a habitués depuis dix ans à s’entre dévorer ! Nous verrons bientôt qui a raison et quelle méthode est la meilleure. Pour ma part je n’en doute pas un seul instant que Saint François va remporter la mise, et si j’ai tort,  je mettrai un point final à ce blog ! Qu’on se le dise !

14/12/2012

L'économie de marché à Florange

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 Vassily Kandinsky, Murnau, train et château.

 

Pour ceux qui feignent de l’ignorer, le Parti Socialiste s‘est bien décidé en 2008, dans l’article 6 de sa Déclaration de Principes à défendre l’économie de marché (1). Même si cette affirmation est enveloppée de précautions appelant à la satisfaction des besoins du peuple et à la régulation par l’Etat et les partenaires sociaux, il n’y a aucune ambigüité et plus personne aujourd’hui n’en appelle dans nos rangs à l’appropriation collective des moyens de production et à la planification étatique de l’économie. C’est pour cette raison que les larmes de crocodiles dont les syndicalistes nous abreuvent avec les hauts fourneaux de Moselle, sont une imposture médiatique qui ne rend pas service aux ouvriers, aux employés et aux populations qui vivent de l’acier dans cette région. On soulève ainsi des espoirs largement exploités par le Front de Gauche pour faire croire que la Révolution est à portée de main.

 

L’économie de marché veut dire que quand on ne trouve plus d’acheteurs, il faut s’arrêter de produire. C’est une vérité de base pour toutes les activités de production, que ce soit l’agriculture, le bâtiment, les automobiles ou la sidérurgie. On ne peut plus envisager aujourd’hui  qu’un investisseur, fut-il l’Etat,  puisse payer des salariés pour ne rien vendre. Il se trouve que dans la période actuelle les besoins européens en acier diminuent, avec un marché des autos à maturité, des BTP en berne et l’absence de grands travaux. Faire encore couler de l’acier par les Hauts Fourneaux de Florange se fera nécessairement au détriment des autres installations existantes de Dunkerque  ou de Fos, qui bénéficient par ailleurs d’avantages comparatifs, liés au coût des transports de ces produits pondéreux. On a vu avec le site de Basse Indre qu’il était hors de propos de déshabiller Pierre pour habiller Paul.

 

Les grimaces d’Edouard Martin avec son langage outrancier ne font pas avancer la situation. Ce n’est pas de survie dont la vallée a besoin mais bien d’innovation, de créativité, de formation, pour conquérir des activités qui correspondent aux besoins des marchés du futur. Dans cette direction les pouvoirs publics doivent consentir à des investissements, des arbitrages, des sacrifices, pourvu qu’ils débouchent sur une reconversion, une remise en marche de l’activité économique, qui ne profitera peut-être pas directement aux vieux salariés actuels trop déchirés pour subir une ultime mutation, mais qui assureront l’avenir de leurs enfants. Pour les plus anciens la solidarité nationale doit jouer à plein.

 

On a bien compris que Montebourg ne pensait à rien d’autre avec sa nationalisation provisoire que la mise en selle d’un nouvel entrepreneur du cru, qui bénéficie d’une aura et d’une réputation flatteuse dans sa région. Une personne en laquelle les Lorrains ont confiance et qui présente tous les atouts de proximité, alors que Mittal est le symbole du capitalisme financier apatride et monopolistique sans visage. La principale difficulté  réside dans l’obligation pour l’Etat de racheter les entreprises de Mittal. Un milliard d’euros a dit le premier ministre, c’est beaucoup trop pour un Etat qui a des arbitrages difficiles à faire dans tous les secteurs de l’économie et de la société. Mélanchon, que je commence à détester à cause de ses facilités de langage et de pensée aurait dit : il faut exproprier ! Dans une économie de marché cela ne peut pas se faire sans des motifs graves qui devraient passer devant la justice.

 

Tout cela serait encore possible en tordant le bras à l’équité et au respect des lois, au nom de l’intérêt supérieur de l’Etat, à condition d’être certain du résultat. Peut-on imaginer un seul instant qu’en nationalisant les hauts fourneaux on va augmenter les besoins en acier ? L’exemple de la Général Motors aux USA est bien différent, l’Etat a nationalisé, renfloué, redimensionné et licencié beaucoup de salariés pour faire d’une firme en faillite une entreprise viable. Imagine-t-on que l’Etat puisse licencier en Moselle ? L’échec d’une nationalisation en Lorraine est prévisible, avec des pertes, des dettes, des drames supplémentaires. On aurait bien aimé entendre Chérèque s’exprimer sur le sujet. Je vois après la réunion des syndicats avec Mittal hier jeudi 13, que la CFDT est revenue à une politique plus pragmatique et je ne suis pas surpris en revanche de voir FO et la CGT poursuivre leur surenchère.

 

On observe aujourd’hui une sorte de complicité objective de l’extrême gauche avec la droite pour s’attaquer au gouvernement. Mélanchon drague les écolos, les communistes votent avec l’UMP au Sénat. Ces conduites ont quelque chose de fâcheux et d’immoral. Même pour défendre ses idées il ne me semble pas très civique de mélanger les genres et d’introduire la confusion dans l’opinion. La justice et l’intelligence sont de gauche, le cynisme et la confusion sont de droite, quel que soit le Parti.

 

 

(1)   Article 6 de la Déclaration de principes du Parti Socialiste

 

Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux qui a pour finalité la satisfaction des besoins sociaux essentiels. Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public efficace, des services publics de qualité accessibles à tous, un tiers secteur d’économie sociale et solidaire.

 

Les socialistes affirment que certains biens et services ne doivent pas relever du fonctionnement du marché quand ils concernent les droits essentiels. Ils font de la création et de la redistribution des richesses un enjeu majeur de l’action politique.