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10/05/2013

Le déclin de l'humanisme

 

 

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 Andy Warhol- La liberté

J’ai bien conscience qu’en écrivant cette chronique, je rejoins la procession des vieux râleurs qui regrettent le bon vieux temps.  Je vais donc tenter de me modérer et d’être aussi lucide que possible. L’idée  générale est que la précipitation médiatique s’opère au détriment de l’exactitude des mots et de la rigueur du raisonnement. Nous n’avons plus le temps de la démonstration et du dialogue. Les journalistes, qui sont en première ligne pour forger  l’opinion, ont perdu le sens pédagogique au profit du sensationnel. Inutile pour eux de juger sur pièces, de contrôler leurs sources, de rechercher les contradictions ou de pointer les invraisemblances, il leur suffit d’opposer deux opinions radicalement opposées pour jouer à Ponce Pilate. Pour faire bonne mesure on invite deux « bons clients » bien décidés à en découdre et à paraître à leur avantage, quelle que soit la valeur de leur argumentation. On est dans le spectacle, la communication et la démagogie.

 

C’est avec ce genre de méthodes qu’on a laissé s’incruster trois dogmes écolo-scientifiques qui sont à la base de la déroute psychologique de la France. Je parle de la peur du nucléaire, du rejet des organismes génétiquement modifiés et du réchauffement climatique. Dans les trois cas les mêmes arguments biaisés et faussés, les mêmes actions théâtralisées, les mêmes lobbys opaques sont mis en œuvre pour convaincre l’opinion. Nos média auraient pu tenter d’y voir plus clair, s’essayer à de véritables constats scientifiques, organiser des débats sérieux  à partir de faits objectivement établis. En permanence les télévisions et les journaux ont préféré la mousse des polémiques et la facilité des invectives. Les média préfèrent suivre l’opinion de leurs clients que de forger des pensées bien charpentées.

 

Ainsi en est-il du nucléaire civil dont la France apparaît comme un des premiers opérateurs dans le monde. Les écologistes ont choisi de se battre contre la radioactivité et ses effets particulièrement nocifs sur l’environnement et sur les êtres vivants. Cette dangerosité n’est contestée par personne et il faudrait être fou pour le faire. L’enjeu de l’ingénierie nucléaire est justement de maîtriser la radioactivité exactement comme nous avons su contrôler les risques  de l’aviation commerciale ou les dangers de l’électricité, eux aussi bien réels. Pour demander la fermeture des centrales nucléaires j’ai vu de célèbres écologistes distribuer des photos de fœtus monstrueux, la « clope au bec… » Une large fraction de l’opinion française se trouve détournée du véritable objet  du progrès pour se retrouver dans l’impasse désespérante du mix énergétique conçu comme une promesse de paradis !

 

La deuxième question est celle du réchauffement climatique. Comme par hasard au dire des écolos, nous avons tout à craindre de ce réchauffement, même en Normandie qui ne serait pas fâchée d’avoir quelques degrés de plus. Depuis dix ans on n’a pas cessé de seriner qu’on voyait déjà toutes les manifestations de ce dérèglement, la sécheresse et les inondations, le manque de fourrage et l’irrigation du maïs, les 500 millions de réfugiés climatiques, le reflux de la banquise, le détournement du Gulf Stream, qu’est-ce que je sais ? Comme personne n’est vraiment capable de prévoir le temps avec huit jours d’avance, comment en serait-il de prévisions à cinquante ans ? On s’aperçoit aujourd’hui que les indices de réchauffement publiés à l’envi par nos augures se trouvent moins vérifiés depuis quelques années et que même des défenseurs du réchauffement commencent à avoir des doutes. Malheureusement la question n’intéresse plus les média puisqu’apparemment la catastrophe paraît moins imminente. Dans cette affaire le seul point positif à mon goût est celui de la désacralisation de la bagnole, au moins pour certains, car jamais les Porches ne sont aussi bien vendues.

 

La dernière question, peut-être la plus grave à court terme pour l’économie de notre pays est celle de la religion anti-OGM. Il n’y a que les ignorants qui croient que les performances des semences et des plants, des troupeaux pour le lait ou pour la viande sont seulement un atout aux mains des multinationales (ah la terrible Monsanto !). Ils devraient savoir que pour les agriculteurs qui, comme tous les autres producteurs de richesses, vivent de leur travail, voient leur revenu directement corrélé aux aptitudes productives de leur matériel animal et végétal. Tous les « bobos » regrettent les bonnes tomates d’autrefois, à ceci près que 80% de ces tomates commercialisées en supermarché, feraient dès le premier jour une purée dégoutante entre leurs mains avides qui tâtent et retâtent les fruits avec précipitation  et inconscience ! Les nouvelles variétés sont mises au point pour nos modes actuels de consommation. Que dire alors des progrès mondiaux acquis dans la résistance aux maladies ou dans une meilleure efficacité de la consommation en eau ? La dangerosité des  OGM est du domaine de l’imagination et de la supputation scientifique sans aucune confirmation objective. En détournant l’opinion de cette voie royale des progrès génétiques, les écolos se dirigent directement vers un monde malthusien fermé à l’innovation. Avec eux le progrès c’est l’arrêt de la croissance et le retour vers une sobriété largement fantasmée ! Je ne vois aucun inconvénient à ce que les Parisiens soient privés de cerises à Noël, mais j’en vois d’énormes à ce que les enfants des populations précaires manquent de farine ou de lait jusqu’à en mourir !

 

Voilà ce que je me dis quand je ne dors pas au moment où je le devrais. Il me semble que nous devons nous révolter, nous rebeller contre cette pensée unique qui se détourne d’un principe : la science au service du peuple et d’une espérance : nos petits-enfants vivront mieux que nous !

27/12/2010

Chroniques de l'Ane N.S.6 : Mon âne se réchauffe

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Par -4°C au matin, je me suis transporté jusqu'à l'herbage de mon fringant bourricot. Du plus loin qu'il m'a aperçu, il s'est dirigé vers moi, lentement, à pas comptés, la tête dans les genoux. Il s'est arrêté devant son auge, prise par les glaces, l'oeil torve et la queue (qu'il a d'ailleurs trop courte eu égard aux standards d'un âne du Cotentin) au repos.

 

J'ai alors tenté de lui tenir un langage conciliateur et humain, pour l'encourager à attendre les beaux jours avec ce qu'il faut de résignation. Mon cher Tonnerre, lui dis-je, la politesse voudrait que je vienne en voisin soucieux de son SDF, avec un seau de thé bouillant propre à te rendre les frimas moins mordants, mais je m'en suis abstenu,  pour au moins trois raisons.

 

La première est culturelle. Tu es un âne du Cotentin et non pas de la Cornouaille british, ce n'est pas donc du thé que je t'aurais fait boire mais du cidre chaud à la vanille comme ma grand mère en abreuvait ses vaillantes vaches laitières quand elles venaient à mettre bas. Comme tu n'es pas non plus une vache, je suis demeuré hésitant et j'ai cherché autre chose.

 

La deuxième raison est écologique. Depuis sans doute plusieurs siècles, mes ancêtres, les rustres normands, t'ont élevé à la dure. Tu mangeais après que tous les autres fussent repus et tu travaillais encore quand tout le monde était ivre de fatigue. Les vilains ont ainsi sélectionné une superbe race docile et solide et d'une résistance admirable. En t'apportant du thé et des biscottes par grand froid, il me semble que j'irais à l'encontre d'une oeuvre de longue haleine, due à plusieurs générations de paysans entêtés, dont la longue patience mérite le respect.

 

La troisième raison est scientifique. Contrairement à ce que tu sembles croire, nous sommes en plein réchauffement climatique. Un des Professeurs de la Télé, parmi les plus réputés, a même démontré hier, avec plusieurs autres savants, que la neige et les grands froids en Europe confirmaient la justesse de la chose. Les glaces fondent au Pôle Nord et refroidissent l'Europe et pas seulement l'Europe, car Moscou est prise dans les glaces et New York est saisie par la neige, pour Montréal c'est pareil mais habituel. D'ailleurs, j'ai entendu le même Professeur au mois de septembre dernier, prédire que nous aurions un hiver très doux. Comme le journaliste lui demandait ce qu'il ferait au cas ou sa prévision se trouverait erronnée, il répondit : "Je changerais mes conceptions" !

 

Visiblement le Professeur n'a rien changé de ses conceptions, c'est  donc que la terre continue bel et bien de se réchauffer et que l'air que tu respires n'est pas froid, que l'eau de ton auge n'est pas gelée ,  qu'il n'y a pas de neige dans ton champ et que par conséquent tu n'as pas besoin de thé bouillant. L'animal fixa sur moi son regard doux et intelligent, submergé par cette  sagacité sans faille qui lui annonçait avec légèreté un lourd enchaînement de mauvaises nouvelles. Je compris qu'en retour,  il me priait de transmettre au Professeur sa commisération attristée et toutes ses condoléances,  pour la malchance provisoire qui frappait ainsi les glorieux travaux d'y celui.

 

Pour me faire pardonner les paradoxes que les quadrupèdes n'apprécient pas à leur juste valeur,  j'offris à mon noble quetton sa ration quotidienne : une brassée de foin rond,  qui fleurait bon l'herbe sèche de l'été, et un seau d'eau fraîche.

24/05/2010

Je veux qu'on m'explique...

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Naturellement, j'ai lu avec attention l'article de Claude Allègre dans Le Monde du 22 mai, qui est une invitation à une discussion dépassionnée sur la théorie du réchauffement climatique du aux rejets de CO2 dans l'atmosphère. J'ai été déçu par la réponse des gens du GIEC maintenant sur la défensive. Ces universitaires qui portent des titres ronflants (titulaire de chaire, directrice de recherche...) jouent les vierges outragées en protestant de leur rigueur scientifique. Ce faisant ils jouent bien sûr aussi les trissotins en accusant l'ancien ministre, outre de les avoir insultés (!) de ne pas avoir respecté les régles déontologiques. Il aurait en quelque sorte dans un livre de grande diffusion,  forcé le trait pour ses démonstrations (66 pages de  remontrances !). Dans  ma vie d'universitaire, en ai-je rencontré de ces professeurs académiques qui se jettent sur les fautes d'orthographe lors des jurys de thèse (inadmissibles par ailleurs mais justifiables des vérificateurs informatiques) faute de pouvoir contribuer à l'évaluation des concepts et des raisonnements...c'est à dire d'avancer un jugement sur le fond .


Toujours dans Le Monde j'ai lu que l'Office Mondial de la Météo nous faisait savoir que le mois d'avril avait été le plus chaud sur la planète depuis qu'on procèdait à des mesures systématiques. Soit. Et je vois qu'on a additionné les températures moyennes du Canada, hémisphère nord  et de l'Australie, hémisphère sud, et sans doute aussi celles de l'équateur et de la zone intertropicale. J'admets, mais alors qu'on m'explique ce que c'est que cette moyenne ? Quelle est sa signification climatique ? Pour ma part dans mon Cotentin, j'ai trouvé que ce mois d'avril avait été bien frais, avec un retard de végétation à la clé.


distributeur_WEB.jpgAllègre ne dit pas autre chose. Le GIEC ne sera pas crédible tant qu'il n'aura pas avancé une justification convaincante de ces moyennes avec lesquelles il nous menace d'une augmentation de la température extraordinairement précise : 2, 4, 6, 10°C  en 2050 ou 2100, selon qu'on veut dramatiser ou non et déclarer l'état d'urgence. Je me souviens pour ma part que le très cher DUBIEF qui a passé sa vie à étudier le climat du Sahara, s'est refusé à homologuer un 57°1 le 12 juillet 1936 à Tindouf parce qu'il manquait un barreau à la persienne de l'abri météo, et de fait, jamais aucune température de cet ordre n'a été enregistrée pendant les 25 ans qu'il a inventoriés. Le maximum restant mesuré à Ouargla en aout 1941 avec 52°7. Je veux dire par là que les températures mesurées ont une réalité concrète dont on ne peut discuter la validité, quand les appareils de mesure sont correctement étalonnés.

 

La température varie pour un même lieu d'une heure à l'autre et d'un jour à l'autre. Pour simplifier on parle de température maximum et de température minimum, pour finalement additionner les deux et faire une moyenne journalière en divisant par deux. On peut faire de la même façon des moyennes mensuelles et des moyennes annuelles. La moyenne annuelle des températures maxima au Sahara tourne autour de 35°C et celle des minima de 10°C. Si j'ajoute les deux et que je divise par deux je trouve la température idéale : 22°5. Le Sahara est pourtant selon les saisons et l'altitude une sacrée fournaise ou bien  un grand frigidaire !


Voilà pourquoi je voudrais qu'on m'explique comment, à partir d'une température moyenne du globe, on peut  prédire un nombre quelconque de réfugiés climatiques. Ceci n'a aucun sens. Je suis sûr que les gens du GIEC sont bien  conscients de cela, mais j'attends encore qu'ils démentent de leur côté les âneries de Nicolas Hulot ou de Yann Arctus Bertrand !