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24/11/2012

Du rififi chez les tontons flingueurs

 

 

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"Quand le lion est mort, les chacals se disputent l'empire. On ne peut pas leur en demander plus qu'aux fils de Charlemagne"

J’ai toujours trouvé Sarkozy insupportable par son style suffisant et arrogant qui lui donnait une touche de vulgarité peu compatible avec sa fonction de Président. Bien sûr d’autres que moi le considéraient comme génial et louaient son énergie et sa pugnacité. Les mêmes se trouvaient rassurés par son agressivité et satisfaits de voir leurs « ennemis » de gauche passés chaque matin à la moulinette par des éléments de com,  sérieusement concoctés par l'équipe de l'Elysée. Ces attitudes de cour d’école dans laquelle c’est le garnement dominant qui a le plus de sous, les plus belles baskets et le père le plus haut placé qui fait la loi se sont prolongées pendant tout le quinquennat . Ce faisant les militants UMP se sont habitués à une certaine vindicte, une morgue faite de vulgarité à la Morano et de suffisance à la Pécresse ou à la Bruno Lemaire, cet âne savant. Grandeur et décadence, le héros des militants UMP, vaincu aux présidentielles, se trouve aujourd’hui face à un juge d’instruction, ce qui laisse ses troupes dans l’amertume et la frustration.

 

Dans l’affaire du duel Copé-Fillon, qui fait transpirer les UMP, Copé a très bien vu que le style Sarkozy était plébiscité à droite et qu’il avait tout intérêt à mettre ses pas dans la voie hargneuse tracée par l’ex-champion du cynisme décomplexé. Il a pris de vitesse les fillonistes qui malgré tout ne sont pas habitués à autant d’agressivité. Ceux-ci  ont du forcer leur nature et apparaître en porte à faux, et trop mous face à la Gauche. Ce qui est vrai,  et par malchance, c’est que la ligne de démarcation est passée au milieu de la cour de récréation. L’UMP se retrouve ainsi avec deux blocs sensiblement égaux  dont les pôles de rassemblement sont assez opposés. Comble d’ironie, cette ligne médiane est demeurée incertaine et incapable de désigner un vainqueur. Les gens de gauche dont je suis se réjouissent de voir que les amateurs, les incapables, les mauvais plaisants ne sont pas de leur côté sur ce coup ! Je pense que pas mal de ces quadras qui nous ont abreuvés de leur autosatisfaction depuis des mois vont, pendant plusieurs semaines au moins, perdre de leur superbe, à l’image de Madame Pécresse qui en est toute fripée ces jours-ci.

 

Fidèle à sa nature, Fillon a fait preuve de retenue et veillé à ne pas choquer ses partisans par des expressions outrancières et caricaturales, en particulier sur les questions identitaires. L’islamophobie n’est pas sa tasse de thé, le racisme anti-arabe non plus. Il a tenté d’agir en homme politique responsable, en élégant notable, gardant dans son esprit la nécessité de rassembler les gens sur des idées cohérentes. Il a voulu en quelque sorte se situer au centre de son parti, ce qui est un réflexe normal quand on veut gagner une élection. Contre toute attente, l’ancien premier ministre a échoué, de peu, mais il a échoué.

 

Avec Copé, la méthode est toute différente, directement empruntée à Sarko en fin de campagne. Le malheureux petit blanc qui se fait voler son pain au chocolat par les cailleras arabes est allé droit au cœur des militants. La pensée de cette droite-là est  devenue raciste. Copé appelle ça, comme ses partisans, la droite décomplexée. Avant Sarko, les gens de droite éprouvaient en effet quelque gêne à s’afficher comme racistes anti-arabes. Aujourd’hui, il faut appeler un chat un chat et dire bien fort que ces musulmans envahissants viennent bouffer le pain (les petits pains) des Français. Toute honte n’est pas encore bue, et Copé pour afficher sa xénophobie,  a du employer le mode de la compassion, celle qu’on éprouve pour un malheureux gamin privé de goûter  en période de Rhamadan ! La métaphore est malgré tout suffisamment explicite pour nous signifier que le miracle accompli par le boulanger de Fernand Reynaud a été effacé par le cynisme de Brice Hortefeux et de quelques autres.

 

Les nouveaux marqueurs de la nouvelle droite militante sont donc l’arabophobie et l’islamophobie associées à la haine de la gauche considérée comme  totalement complice et anti-nationale. Nous sommes tout près des thèses du FN, le souverainisme en moins. Ces trois détestations qui tiennent lieu de fondement politique ne sont d’ailleurs pas sans lien entre elles et se nourrissent l'une l'autre. La jeune droite se trouve légitimée pour enfermer dans la même opprobre, les gens de gauche et surtout les socialistes, pour lesquels elle nourrit des griefs revanchards, et leurs protégés émigrés, ces bataillons de l’Islam qui sont les véritables ennemis de notre pays, et la cause évidente pense-t-elle, de l'insécurité, du chômage et in fine de notre déclin. Les gens de gauche sont des traîtres à la patrie et ne méritent pas de gouverner, ils sont aux commandes par erreur. Ils sont illégitimes. L’abaissement de notre pays dont parlait souvent Vincent Peillon est tout entier inscrit dans cette victoire à 28% de la motion « Droite Forte » des jeunes turcs de Copé.

Par chance, je ne crois pas malgré tout, que la droite républicaine se laisse étouffer par cette régurgitation nauséeuse de nos plus mauvais démons. Encore que ! La scission guette entre les deux lignes mais la vigilance est de mise.

Pour finir par une note plus gaie, vous avez vu que le dernier trimestre a enregistré un petit 0,2% de croissance, que nos équipes de foot et de rugby volent de victoires en victoires et qu’on ne nous parle presque plus en ce début d’hiver du réchauffement climatique ! Nous devons tout cela à la baraka de Saint François de Tulle, que les bonnes fées ne veulent pas abandonner. Les hilarants tontons flingueurs défaits, sur un terrain jonché de cadavres,  sont un ultime et somptueux cadeau de Noël offert à notre Président.

29/09/2012

Racisme blanc de blancs

 

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Depuis la découverte des indiens d’Amérique, l’Europe judéo-chrétienne rejoue la même scène ethno-centrique de « L’homme sauvage et nous ». Face à Christophe Colomb, des demi-animaux presque nus,  privés de Dieu,  avec des os dans les narines, campaient à la porte de notre humanité. La grande œuvre des Conquistadors de la Renaissance fut de les convertir de gré ou de force. Les « Tristes tropiques » ont rendu leur dignité aux peuples des îles, des fleuves et de la forêt.  Malheureusement Levy-Strauss arrivait un peu tard puisque dans le choc, des civilisations entières ont disparu.

 

Le besoin d’hégémonie de notre civilisation occidentale ne s’est pas pour autant apaisé. Après les grandes découvertes et la conquête des continents, on a colonisé le reste du monde tout en affrétant des cargaisons de bois d'ébène, dans un besoin d’expansion géographique continu. Comme on devait s’y attendre, nous nous sommes enfoncés ce faisant dans la confrontation directe avec la terre d’Islam, commencée pendant les croisades de l’an Mille et encore en cours aujourd’hui. La civilisation musulmane est cependant pour nous Européens, une grande compagne historique. Depuis Mahomet et la brillante période arabo-andalouse, nous nous sommes élevés et enrichis avec les multiples apports de l’Orient, dont Bagdad était la capitale symbolique et rayonnante. On voit ce que l’Occident en a fait aujourd’hui.

 

Ceci étant, nous nous sommes persuadés que nous étions les rois de la terre. L’épopée coloniale est née de notre conviction que le monde judéo-chrétien portait la suprématie blanche et qu’à ce titre les autres peuples devaient s’incliner. Le colonialisme fut le grand pourvoyeur du racisme blanc de blancs. Celui-ci a recouvert les terres d’Afrique et d’Asie dans une expression exacerbée pendant plus d’un siècle. Il suffit de voir les photographies d’époque. Elles apportent toutes les preuves des exactions commises en son nom.

 

Les peuples d’Europe se sont comportés avec une sauvagerie immonde face à des populations démunies, désarmées et désorganisées. Le nazisme est de toute évidence le sommet de cette barbarie. Il restera inscrit jusqu’à la nuit des temps sur la stèle des tares humaines. Hélas, les camps d’extermination n’étaient pas refermés et les fours n’étaient pas encore refroidis que les guerres coloniales s’allumaient, au Vietnam, en Algérie. La liste des génocides et des crimes de guerre pouvait à nouveau s’allonger. Les blancs de blancs n’avaient rien appris, on pouvait même observer des collusions directes entre les héritiers du fascisme et les tenants des guerres de « pacification » coloniales !

 

Le racisme blanc de blancs d’aujourd’hui est né pendant cette période. J’ai l’âge d’avoir entendu dans les casernes des années 50 le vocabulaire de guerre qui puisait sa richesse dans toutes les nuances du mépris raciste, de l’arabophobie et de la détestation de l’Islam. Les mêmes termes étaient employés par bon nombre des européens d’Algérie.  Ils sont toujours d’usage courant dans les milieux populaires, ouvriers ou paysans. On en use en privé,  mais avec délectation,  dans la bonne société qui vote FN ou « Droite décomplexée ».

 

Ce puissant mouvement anti-arabe a de beaux jours devant lui. Les difficultés exacerbées  par la crise économique et la mondialisation poussent les politiciens démagos à désigner des boucs émissaires. Ceux-ci se trouvent toujours du côté de l’étranger. Nos étrangers à nous sont les gens du Maghreb que nous avons ramenés dans nos valises. Les émigrés anciens ou récents sont des cibles de choix, bien visibles, faciles à dénoncer dans le contexte actuel des fièvres djihadistes, délirantes et cruelles. Depuis la Palestine et les Twin Towers les Américains sont avec nous ! Les Français,  bien élevés et bien propres sur eux-mêmes, ont identifié un ennemi à faciès oriental, parlant plus ou moins arabe et qui a le culot,  en plein Paris ! de porter une djellaba. Le plus grave est que cet ennemi n’a qu’un seul Dieu,  cet Allah tout puissant, et que ce Dieu n’est pas le nôtre. Alors  que nous désertons nos églises,  il nous est impossible d’admettre que des étrangers « non communautaires » construisent des mosquées en plein cœur de nos villes. Ce racisme-là nourrit une haine puissante, passionnelle et dévastatrice, historique, consubstantielle de notre vie sociale quotidienne.

 

Que vient faire le racisme anti-blancs là-dedans ? Copé a trouvé ce moyen pour rameuter la partie la plus rance et la plus haineuse des électeurs de droite et d’extrême-droite, en feignant d’oublier toute perspective historique et politique. Qu’il y ait une bonne fraction des jeunes des quartiers qui professent une grosse aversion contre les « Gaulois » nul ne songerait à le nier. Comment en serait-il autrement puisqu’ils sont chaque jour en réaction au mépris et à la négation de leur identité, religion comprise ?  Excités par les djihadistes en chemise de combat,  ils en arrivent à professer des âneries et à considérer Merah comme un héros ! Mais cette haine que certains jeunes nous renvoient dans les banlieues n’est que la réaction de protestation d’une minorité. On peut seulement s’étonner malgré tout qu’elle se limite à ces jeunes mal socialisés. Elle n’a rien à voir en tout cas avec le socle raciste, blanc de blancs,  majoritaire et dominant de la société française.

 

Nos racistes à nous sont bien assis dans leurs pavillons de banlieue. Ils ont choisi comme cheftaine la fille d’un tortionnaire colonial et antisémite notoire, ce qui pourtant ne semble pas la disqualifier dans le jeu de nos institutions, en particulier pour les élections présidentielles. Ce racisme-là n’est pas l’œuvre de gamins dévoyés, mais bien celle de la bonne société d’extrême droite qui n’a rien appris et n’apprendra jamais rien qui remettrait en cause leur ethno-centrisme.  Avec  Copé, ces gens viennent de recevoir le renfort de la soi-disant droite républicaine. Philippe Séguin cet amoureux du Maghreb, doit se retourner dans sa tombe en écoutant Fillon acquiescer aux propos de son concurrent,  directement copiés de la vulgate FN.  Il va falloir s’y faire, la droite de Sarkozy n’a pas fini de produire des ravages dans notre société.

 

En tournant le dos à l’histoire et en feignant d’ignorer le contexte économique et politique, la Droite porte un mauvais coup à la France. Elle contribue à remuer le couteau dans les plaies de nos quartiers que sont la tentation du communautarisme et l’attraction des extrêmes. On pourrait s’attendre à ce qu’elle reste consciente de ses responsabilités et refuse de sacrifier les liens sociaux sur l’autel d’une banale affaire de succession. Tel n’est pas le cas.

 

Nous retrouvons dans ces pénibles circonstances,  l’ennemi intact et embusqué de toujours, l’adversaire constant de la liberté, de la solidarité, de la démocratie et de la Déclaration des droits de l’homme. Heureusement pour nous, la République a été bâtie avec obstination par les esprits de justice et de progrès, comme un rempart contre la barbarie. Elle seule  permet à tous les citoyens, quelle que soit leur couleur de peau ou leur origine,  d’espérer une vie meilleure. Nous ne devons jamais oublier que le danger est toujours là, que la bête immonde comme disait Brecht n’est jamais loin, et qu’il y a encore beaucoup de combats à venir.

10/02/2012

Les civilisations, la guerre et les enfants

 

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 Guernica (1937)


On va m’accuser de faire du pathos à bon compte, car tout ce qui touche les enfants émeut le citoyen ordinaire. Il n’empêche qu’en voyant hier des petites filles de Homs s’enfuir de leur maison par crainte des obus, j’ai eu un coup d’émotion qui ne me lâche plus depuis. Ce n’était pas tant de voir fuir les enfants mais d’observer  parmi eux des adultes paniqués qui couraient s’abriter, sans se préoccuper des petits. Personne pour leur donner la main, pour les pousser devant, pour les protéger de la terreur, pour les rassurer en leur offrant un peu de calme. Cette scène de guerre m’a rappelé celles que j’ai vécues en 1944, au milieu des fusillades, sauf que sous la mitraille ma mère s’était couchée sur moi pour faire bouclier. J’ai revu en pensée la photo de la petite vietnamienne fuyant nue les bombes américaines, j’ai revu aussi les images du garçon palestinien tué dans les bras de son père. Ce sont des photos symboliques qui soulignent avec puissance les déraillements des hommes englués dans leurs systèmes politiques et leur folie meurtrière.

 

La séquence sur le drame des enfants syriens pris dans une guerre civile imposée par leurs propres chefs n’a duré à la télé que quelques instants. Les infos enchaînaient sur la phrase de Guéant remettant au premier plan la guerre (le choc) des civilisations. Cette phrase inepte aurait sans nul doute du s’écraser dans le silence honteux de ceux à qui elle était destinée. Il n’en a rien été. Ceux de nos compatriotes qui ne sont pas de pur sang gallo-romain et pas seulement eux,  heureusement, se sont sentis agressés, stigmatisés. La réponse du député de la Martinique a rappelé au Ministre de l’Intérieur que toutes les civilisations avaient leurs zones d’ombre et d’horreur. Malgré son sourire carnassier Guéant s’est rendu compte qu’il avait professé une énormité, et j’ai trouvé qu’à l’image sa crânerie s’est muée tout d’un coup en rire jaune, face au tumulte. En fuyant le Parlement,  Fillon pouvait cacher sa honte et son désarroi, même si il les avait dissimulées sous une bonne couche d’indignation sur jouée.

 

Quoiqu’on dise, il y a à droite, y compris dans celle qu’on a coutume de qualifier de républicaine, une bonne quantité de xénophobes, en particulier quand il s’agit des « arabes » musulmans. Ce racisme là est de bon ton, on l’évoque à mots couverts dans les salons car il est toléré entre amis de la même éducation, où  on partage une certaine connivence arabophobe, surtout  anti-maghrébine. Les gens de ma génération,  issus de l’Algérie Française, de l’OAS et de l’armée ont pendant toutes ces décennies entretenu le mythe du fellagha au couteau entre les dents, paresseux et parasite. Les milieux juifs ordinaires surtout sépharades, spontanément sionistes dans leur défense d’Israël,  déversent également une bonne dose de haine anti-arabe dans notre société. De temps en temps pour preuve, on prend sur le fait des responsables politiques qui ont toutes les difficultés ensuite,  à noyer le poisson en refusant d’assumer publiquement leurs obsessions ethno-raciales.

 

Pour avoir vécu et travaillé vingt cinq ans en Algérie, au sein de la population, par monts et par vaux, souvent seul et en toute sécurité, j’ai appris à connaître la civilisation arabo-musulmane et j’ai reçu d’elle beaucoup de vertus et de philosophie. J’ai appris des gens, pas des bourgeois ni des intellectuels,  mais des paysans et des pères de famille ordinaires,  le respect de l’autre, surtout quand il est différent de moi,  la politesse,  la patience, le sang-froid, la décence, l’endurance qui font mieux toujours que la force et la rage. J’ai toujours donné sans réserve ma  confiance à  ces êtres humains saisis par la main de Dieu, sans avoir moi-même l’ombre de la foi. En retour les gens du Coran m’ont appris le respect du croyant et de toutes les religions du livre, tout en m’acceptant comme  agnostique et laïc, ce que je ne cachais jamais. Tout ceci pour dire que des provocations du style de « notre » ministre de l’Intérieur, m’apparaissent comme des déclarations de guerre, d’une guerre psychologique qui contribue à diviser profondément notre société. Nous n’avons pas besoin de cela aujourd’hui,  alors que nous connaissons les difficultés sociales que l’on sait dans les quartiers pauvres périurbains.

 

Je dis donc à Guéant et au Président Sarkozy son employeur, que leur devoir n’est pas de dresser les citoyens les uns contre les autres mais au contraire de les rassembler et d’œuvrer à la compréhension mutuelle. Nos sociétés démocratiques ne valent que par leur tolérance. Tout manquement est inique et inepte. Toute attaque politique injuste conduit à des rancoeurs, des affrontements, des cristallisations d’antagonismes qui mènent aux luttes larvées et aux guerres souterraines, quand elles ne finissent pas par de la violence, du terrorisme et des guerres ouvertes. Avec ses airs de chanoine retors, Guéant devrait bien réfléchir à la responsabilité des hommes publics. Une provocation en appelle une autre et une injure ne reste jamais sans réponse. J’appelle ça de la politique de cour d’école et Dieu sait combien nos enseignants ont de difficultés pour faire cesser les violences sous les préaux.

 

C’est justement à cela que veut s’attaquer François Hollande dans son programme ambitieux pour l’école. Pour les gens modestes, l’école est la seule voie pour accéder à une vie meilleure, sauf à se constituer en gangs hors-la-loi. Réussir l’école pour tous est bien la première ambition d’une nation qui se veut civilisée. Qu’on l’entende comme on veut, la phrase de Guéant flatte les peurs de la droite la plus rétrograde et va à l’encontre de ce bel objectif. Toutes nos sociétés souffrent de la violence, et l’honneur de l’homme moderne est de lutter contre. N’oublions pas que les premiers à en pâtir sont justement nos enfants, et que c’est par notre exemple qu’ils pourront se faire à l’avenir les avocats de rapports humains pacifiés.