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26/01/2012

La confiance et le funambule

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Dimanche 22 janvier au Bourget, François Hollande nous a offert un grand discours politique qui a répondu aux espoirs et aux inquiétudes de la gauche. Bien sûr il y aura toujours des gens qui vont lui reprocher de ménager « les capitalistes »  et d’autres qui vont l’accuser de retourner « aux vieilles lunes » de la sociale !  Nous sommes dans une démocratie dont les institutions exigent de rassembler plus de la moitié des Français. Pour gagner il faut  en appeler aux grands principes communs de notre République et en particulier à la justice. Les gens, surtout les plus modestes sont capables de faire les plus grands sacrifices quand ils sont persuadés que ces efforts sont équitablement partagés. Sarkozy ne va pas être réélu parce que les citoyens sont convaincus que ce Président a gouverné pour son camp, celui des élites économiques et financières, voire pour son clan, ses proches et sa famille. Les symboles du Fouquet’s et du yacht de Bolloré ont finalement pesé lourd dans la balance parce que au bout du compte Sarkozy n’a jamais su les démentir.

L’augmentation de la dette publique et celle du chômage sont apparus en revanche comme le piètre  résultat de ce quinquennat bruyamment mis en œuvre par les ténors les plus arrogants de l’UMP. Le bouclier fiscal n’a jamais encouragé le retour des capitaux et la financiarisation de l’économie a continué de freiner les investissements productifs. La défiscalisation des heures supplémentaires n’a pas relancé la consommation ni donné un avantage quelconque à nos entreprises dont les succès à l’exportation sont restés trop modestes. Quelle que soit l’habileté redoutable de Sarkozy en campagne je pense pour toutes ces raisons que les jeux sont faits. Il a déjà tout tenté pour remonter la pente, il a passé la main dans le dos à Obama et gratifié Mme Bismarck de sourires sucrés, il a montré son entregent international et  étalé  sa réactivité dans toutes nos provinces, en pure perte, puisque rien ne bouge à son avantage dans les sondages.

La victoire est donc à portée de main pour notre champion. Celui-ci est parti de loin alors que personne n’y croyait et que DSK était annoncé comme l’homme providentiel. J’ai toujours pensé que dans la conjoncture présente le peuple avait besoin qu’on lui signifie respect et dévouement. Seul François le modeste nous annonçait une présidence normale respectueuse des principes fondamentaux de liberté, d’égalité et de justice. Il réfutait l’illusion de l’homme providentiel, il s’annonçait soucieux de dire la vérité aux Français et de ne pas l’égarer par des promesses fumeuses. Il me semble que les gens ont compris cela et qu’ils en sont aujourd’hui pour le plus grand nombre convaincus. Malgré toutes les violences verbales, les attaques dont il a été l’objet à gauche comme à droite,  les électeurs sont de plus en plus nombreux à lui accorder leur confiance.

Rien ne serait plus désastreux d’oublier ces données fondamentales. FH ne devra pas gouverner en s’appuyant sur une moitié du peuple pour mieux en stigmatiser l’autre moitié. Le nouveau Président devra être l’élu de tous les Français et veiller à réparer toutes les fractures et toutes les divisions de notre société : ne plus parler d’émigrés à tout bout de champ et ne pas mettre dans le collimateur une soi-disant classe de nantis, pour mieux flatter le populaire. Il devra aussi rétablir l’honneur des religions quelles qu’elles soient,  quand elles se tiennent hors du champ de l’extrémisme politique. Rassembler, panser les plaies, apaiser notre société survoltée et déboussolée, voilà le chemin qui va permettre de retrouver sur le fil  la confiance et le dynamisme de notre pays. C'est un vrai travail de funambule.