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11/04/2011

A quoi sert Jules Lelampiste ?

 

présidentielles,françois hollande,rassemblement à gauche,ps,vertsJ’ai ma petite idée, mais le plus simple est de se référer au guide du secrétaire de section édité par le Parti. C’est un beau document classé en fiches cartonnées sur papier glacé. Un vade-mecum en quelque sorte qui traite de tous les devoirs de ce dévoué personnage. Ceux-ci sont nombreux, il anime la section, il accueille les nouveaux, il forme et informe les adhérents, il administre et coordonne les actions sur le terrain. Il est assisté d’un trésorier et d’un secrétaire adjoint et d’autant de chargés de mission que nécessaire. On compte sur lui pour toutes les tâches de propagande et de recrutement que le Bureau national pourrait décider.

 

Evidemment après cette énumération des devoirs, j’ai cherché celle des droits, mais en vain, il n’y a aucun chapitre rédigé comme tel. J’en ai conclu qu’il fallait s’en référer au règlement interne du Parti qui n’est pas un document très répandu dans nos usages. Quels sont les pouvoirs réels d’une section ? Seul celui qui a tenté de les faire valoir lors d’une occasion ou d’une autre peut répondre. Formellement,  ils sont nuls. La consultation des secrétaires de section en tant que tels, est laissée à la discrétion du Secrétaire Fédéral .

 

Le PS n’est pas un syndicat, ni un club d’idées. Le corps de la doctrine de notre Parti est exprimé dans un texte assez rébarbatif réécrit récemment qui s’appelle la  Déclaration de Principes. Ce texte de quelques pages  demeure par nature au niveau des idées générales, et laisse la porte ouverte à toutes sortes de nuances. Il n’empêche que le PS est dans le droit fil des philosophies politiques humanistes, de Jaurès à Léon Blum ou Pierre Mendès-France, qui oeuvrent pour la défense républicaine de la « Liberté, Egalité, Fraternité ». Cette devise est déclinée pour faire très, très court, en soutien des services publics, fiscalité de redistribution et respect d'un code du travail qui protège  les salariés de la voracité capitaliste.

 

 

Tout adhérent du PS est membre d’une section. Notre première  tâche de militant est d’envoyer dans les institutions de la République des représentants,  députés et sénateurs,  qui défendent  nos idées. La section est le lieu où on met  en avant les meilleurs candidats à ces fonctions honorées et enviées.  Le choix doit être démocratique. Il justifie les discussions les plus animées. L’ enjeu du travail des militants est de faire émerger des leaders capables d’entraîner les citoyens par leur charisme et leur exemplarité. Si le choix est bon, nos leaders rendront des services au centuple, au pays, à l’intérêt général et au Parti lui même. C’est vraiment à ce niveau que se situe le nœud de la démocratie politique. On peut et on doit y déjouer les ambitions égoïstes et les combinaisons sans éthique. C’est sur cette charnière fondamentale que les militants doivent se battre, sauf à se considérer comme des soldats de plomb qui applaudissent à tout bout de champ. Bien sûr quand les choix sont faits,  l’ordre de bataille et la discipline sont de rigueur. Ma devise personnelle est « Liberté de parole, unité d’action ! »

 

La deuxième tâche assignée à la section est  de convaincre un maximum de personnes de voter pour nos candidats. Le vote est la seule méthode démocratique de transformation de la société. Le collage d’affiches, le tractage, le porte à porte, toutes les activités de propagande n’ont de noblesse que si la phase 1 du choix a correctement fonctionné. Il y a des militants aguerris qui sont toujours aux avant-postes pour ce travail difficile qui exige un savoir faire évident. Dans nos villages et nos bourgs il faut (fallait) surmonter une certaine hostilité pour représenter les « Rouges » sur des marchés et des places où il est (était) de bon ton de ne pas faire de politique. Il faut bien dire qu’aujourd’hui nos électeurs les plus dynamiques sont plus souvent derrière leurs ordinateurs que dans les rues commerçantes ou sur la place de l’église. Les seules concentrations sont à la sortie des supermarchés qui ont asséché nos centres bourgs de beaucoup de leurs chalands , mais leurs patrons tiennent à rester en dehors des joutes politiques, et là dessus il y a pas mal à dire.

 

La troisième mission de la section est enfin de drainer du sang neuf, c’est à dire des nouveaux adhérents. Nous avons beaucoup à faire pour que nos sections représentent plus fidèlement la société dans laquelle nous vivons. L’adhésion militante demande du temps et de la disponibilité. On compte parmi nous une majorité de retraités. L’adhésion au PS repose sur des convictions politiques, c’est à dire une colonne vertébrale idéologique qui ne s’acquière pas facilement . Dans ma jeunesse les batailles pour la décolonisation, contre le stalinisme, pour l’autogestion, ont produit toute une effervescence qui a fleuri en Mai 68 en donnant aussi des ramifications hippies, vertes et un peu folles. Elles ont formé des générations de militants tout en déplaçant le curseur vers l'écologie. Pour beaucoup de nos compatriotes, être de gauche c’est d’abord se battre pour l’environnement.  Les Verts chassent avec succès sur le terrain  du Parti en ajoutant pêle-mêle l’exigence de justice sociale et l’amélioration de la qualité de la vie. On comprend cela de la part des classes moyennes prises dans le maelström d'une urbanisation mal foutue, dont ils ont à subir les agressions de plus en plus insupportables,  dans le bruit et la fureur.

 

 

Si nous voulons avoir quelques chances de succès dans le rassemblement des forces de gauche et dans l’élection en 2012 d’un Président qui les représente pour de vrai, nous devons sans hésiter  faire valoir le poids de notre expérience politique dans la prise en compte des peurs actuelles de nos concitoyens. Je parle du  nucléaire, des toxiques de l’air et des produits alimentaires, du réchauffement de la planète et  de l’érosion de la biodiversité. Il faut  donner  au respect de notre terre natale autant d’importance qu’à la justice sociale et au développement économique, devenu depuis peu définitivement vert

A nous de promouvoir pendant les primaires  le candidat qui répondra le mieux à cette nécessité d’ouverture et d’unité . Pour le moment  je crois que François Hollande est le mieux placé pour faire le boulot. L’affaire s’annonce bien, je fais des vœux pour que ça ne dérape pas dans les mois qui viennent.