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13/04/2012

La confiance

 

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Edgar Degas : Les blanchisseuses


J’entends ici ou là que la campagne électorale n’est pas intéressante et ne répond pas aux attentes de nos compatriotes. Ce qui ne se confirme pas vraiment dans les sondages, mais bon,  c’est une critique qui revient à chaque campagne. Dans un débat politique on trouve d’abord ce qu’on y apporte soi-même, en convictions, en volonté d’écouter et de comprendre, en respect des adversaires. Il y a d’évidence un Président sortant qui ne s’embarrasse pas trop de tout cela. Avec des conseillers peut-être brillants mais venus de l’extrême droite, il a décidé de faire de l’enjeu politique une bataille à couteaux tirés.

C’est ce que j’appelle la politique de la terre brûlée.

Tout vaut mieux pour lui en effet,  que de parler de son bilan qui reste en travers de la gorge de beaucoup d’électeurs. Avec cette manie de désigner des corporations ou des groupes sociaux, voire ethniques ou religieux à la vindicte, il a atomisé une société aujourd’hui complètement déboussolée. Il n’y avait pas besoin de ça. Rien de tel pour mettre un pays en panne. Chacun se méfie de l’autre, le patron des ouvriers, les gaulois des arabes, les agriculteurs des écolos, les artisans et les commerçants des profiteurs sociaux, les professions libérales des fonctionnaires, les atomistes des antinucléaires,  et ainsi de suite, la liste reste ouverte... Pour celui qui n’est pas convaincu,  il lui suffit de tendre l’oreille au zinc de son bistrot favori, ou bien d’écouter les bofs au marché local.

C’est un jeu à somme vraiment nulle !

 Car enfin, si je comprends quelque chose de commun à tous les candidats, c’est qu’il est urgent de se retrousser les manches. La dette publique a explosé et nous devons la rembourser. On peut dire chez les radicaux de gauche et de droite qu’on en a rien à fiche. Malheureusement, les gens qui décident de notre destin aujourd’hui sont une bande de sales gamins bien payés, les fameux traders,  qui peuvent nous précipiter aux enfers financiers d’un simple clic, tout en continuant à faire fortune.

 Il n’y a pas de parade à court terme.

 On va devoir augmenter les impôts, racler les fonds de tiroirs, réduire les dépenses… mais nous avons la preuve avec la Grèce et l’Espagne, que cela est insuffisant. En asséchant les fonds publics on freine l’investissement et on arrête la croissance.  Au lieu de s’en sortir, on s’enfonce. Pour apurer nos déficits, il faut que notre économie fonctionne, que nous produisions des plus values, des excédents commerciaux, il faut que le chômage régresse, que les investissements repartent.  Il faut que les taxes rentrent dans les caisses de l’Etat pour qu’on cesse d’emprunter. Tous les acteurs économiques sont concernés : agriculteurs, entrepreneurs, banquiers et investisseurs, employés et cadres, ouvriers et fonctionnaires. Nous devons fournir tous un effort de rigueur, de patience, de volonté têtue. Il n’est pas question de chacun pour soi, il s’agit d’une entreprise collective, justement répartie.

 Seul un effort de justice sociale peut redonner la confiance.

 Pour qu’il en soit ainsi, il faut que le corps social se réconcilie avec lui même et cesse ses batailles internes de jalousies et de haines. Les hyper riches ont le devoir d’adhérer et de  faire un mea-culpa au moins symbolique, sauf à scier la branche du consensus sur laquelle ils sont assis. Les évadés fiscaux qui sont souvent les mêmes, vont devoir reconnaître que la nationalité française se paye d’un sentiment de solidarité avec leurs concitoyens. Il faut que les paradis fiscaux, qui abritent toutes les grivèleries de la haute,  perdent leur impunité,  comme doivent cesser également les abus sociaux , les fraudes à la sécu, les tricheries aux assédic, le travail au noir .

 Tout ceci ne peut-être atteint que par un mouvement d’équité qui place le civisme au cœur de tout.

Nous autres les Français, et Sarkozy  est un champion, considérons  trop souvent la débrouille et les petits profits illicites, voire les grosses embrouilles, comme  une façon d’être plus intelligent que les autres, d'être plus forts et plus malins. Gagner plus d’argent que les autres, sans être trop regardant sur les moyens, c’est la philosophie bling-bling portée au plus haut par l’actuel Président. Malheureusement c’est la philosophie du bof, vulgaire, sans intérêt véritable, dépourvue d'avenir. Il suffit d’en considérer les effets sur la taille des yachts, la puissance des voitures, la dimension des diamants, la rareté des fourrures et la longueur de jambes des gonzesses, toutes sortes de luxes qui n’ont rien à voir avec ce qu’un être humain de notre temps réclame pour vivre heureux.

 La civilisation hyper matérielle est une sorte de bêtise humaine qui frappe les gens dont on dit et c’est bien vrai, qu’ils ont des couilles en or. Ce que je ne pourrai jamais considérer comme un avantage absolu.

Les véritables richesses sont intellectuelles, artistiques et morales. Les gens qui ont marqué l’histoire de notre civilisation sont les poètes, les philosophes, les écrivains, les peintres, les musiciens, les inventeurs, les découvreurs et tous ces créateurs des œuvres de l’esprit qui font avancer le monde. Christophe Colomb est mort sans un radis. On ne devrait donc pas avoir trop de scrupules à brimer quelque peu ces déboussolés de la finance et des affaires qui confondent leur niveau de prévalence sociale avec la hauteur des biens qu’ils possèdent. Contrôler les branches gourmandes de notre arbre sociétal ne veut pas dire que nous devons entrer dans la décroissance et la paupérisation, bien au contraire. Il faut seulement tenter de rétablir un équilibre en remettant au goût du jour des valeurs moins matérialistes, plus morales et plus civiques. On peut obtenir cela par les média, par les journaux,  par la culture. C’est un nouvel état d’esprit qu’il faut instaurer. Les Tapie,  ça suffit, d’ailleurs je  trouve à ce gros malin, un air de plus en plus ringard et totalement has been. On réussit assez bien à lutter contre le racisme et la violence, pourquoi ne pas tenter de discréditer l’hyper matérialisme ?

Je ne suis pas curé, je suis seulement un homme comme les autres.

Ce n’est donc pas Sarkozy qui peut faire le bonheur de la conjoncture actuelle. Qu’il aille donc, comme il le proclame tenter de faire de l’argent chez Bouygues ou chez Bolloré, si il en est capable, ce qui n’est pas non plus d’une totale évidence. Les entreprises ont souvent davantage besoin de paix sociale que de pugilats internes. Voyez Gallois chez Airbus. Exactement comme notre pays,  qui lui aussi, a besoin d’être rassuré et rassemblé,  comme le proclame François Hollande depuis le début. Notre pays  a soif de justice, de cohérence et de planification dans l’effort. Ce n'est pas Anne Lauvergeon que j'ai entendue ce matin qui va me contredire. Il ne s’agit pas de faire des coups qui font la une à court terme et qui sont aussi vite oubliés ou démentis. Nos problèmes de dette ne pourront être résolus que par la rigueur budgétaire et la croissance économique. Ces objectifs ne peuvent être atteints qu’en rassemblant les forces vives du pays dans la justice et la solidarité. A ce moment là seulement,  nous verrons revenir la confiance dans l’avenir.

 

François Hollande, c’est une affaire entendue aujourd'hui,  est le seul,  à ce moment présent de la campagne présidentielle, à être capable de conduire ce mouvement de résurrection économique, intellectuel et moral. Pour ma plus grande joie, les sondages de ce matin sont très prometteurs !