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10/12/2010

Les Gérontes du PS et la Dame de Poitou-Charentes

royal 2.jpg On peut se demander quelles sont les chances de Ségolène Royal dans la compétition présidentielle qui s’annonce. Après son entrée fracassante dans le champ national en 2006, et son échec devant Sarkozy en 2007, la Présidente du Poitou-Charentes a gardé une place à part dans le cœur des Français. Son divorce et sa séparation d’avec François Hollande ont affaibli son image politique, et ses prestations médiatiques artistico- hasardeuses ne l’ont pas améliorée. Elle n’a pas su non plus à mon avis,  se doter pendant ces dernières années du côté sérieux, compétent et conventionnel qui lui fait défaut,  au dire de certains esprits conformistes.

 

La perception que les Français ont d’elle aujourd’hui est injuste. Parmi les femmes et les hommes politiques de l’opposition c’est sans doute elle, Ségolène, qui s’est montrée la plus proche des gens et la plus concrète dans ses actions. Réélue triomphalement aux Régionales, elle s’est investie pour Heulliez et elle a mené dans sa région une saine bataille pour l’environnement et le développement en faisant travailler ensemble des forces politiques divergentes (Verts, Modem, PC..). Elle est chaque fois  montée au créneau, bravement  et à contre courant, sans peur de prendre des coups (taxe carbone). Finalement, tout bien réfléchi, elle s’est comportée comme le meilleur soldat de l’opposition. Surtout si on rapproche ça du « Care », magistral loupé du Clan Aubry.

 

Rassembleuse, active, présente, courageuse sur des positions justes, comment peut-on expliquer qu’elle n’occupe pas une meilleure place dans les sondages ? Comme il fallait s’y attendre la fusillade est venue de ses propres amis de Parti. Je parle du  Congrès de Reims. Arrivée en tête des motions (29% des voix) elle obtient  au  premier tour 42,9% des voix pour l’élection au poste de Secrétaire Générale, contre 34,5% à Martine Aubry et 22,6% à Benoît Hamon. Contre toute logique politique ces deux derniers font alliance pour barrer la route à Ségolène. Celle-ci échoue à une centaine de voix (50,04% et 49,96%).

 

Vaincue dans des conditions discutables, tant sur le plan comptable que sur le plan politique,  obligée de laisser la place à contre cœur, elle voit son camp se disperser, Vincent Peillon et Rebsamen s’éloigner. Elle entame une sorte de traversée du désert imméritée, sous les quolibets de quelques machos suffisants et toujours contents d’eux y compris dans son propre parti (Emmanuelli, Fabius, Bartolone, Rocard, Jospin..) qui trouvent du renfort chez les éditorialistes inamovibles de nos médias (Alain Duhamel, Apathie) et bien sûr avec la bénédiction des porte flingue de la droite. Avec une telle opposition Ségolène aurait pu se décourager et disparaître.

 

Il n’en est rien. Elle est en train d’opérer un retour spectaculaire qui risque une fois encore de ringardiser un certain nombre de ses concurrents. Pensons à la démocratie participative qui a doublé en son temps le nombre d’adhérents du PS et comparons aujourd’hui à l’activité sans éclat de l’actuelle première secrétaire qui ne déclenche aucun regain d’activité ni intérêt dans les sections. Comparons aussi avec les  promesses non tenues de Benoît Hamon qui proclamait dans sa motion : Prenons un temps d’avance sur la Droite !. Le Sphinx du FMI est également aujourd'hui dans l’opinion de gauche un leurre et un objet de division, nuisible à terme au Parti, si rien ne change.


Si nous n’étions pas dans une société aussi misogyne, la dame de Vendée aurait la première place au PS. Si on le lui a refusée, c’est parce que nous nous traînons encore dans la médiocrité et le conservatisme de nos gérontes et de nos grands élus, satisfaits d’eux-mêmes et à des années lumière des soucis des militants de base.