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22/04/2010

Une histoire ancienne

 

 

Lors de la première croisade les armées chrétiennes arrivèrent devant Antioche en octobre 1097. C'était une villeAntioche2_WEB.jpg considérable entourée de murailles et défendue par plus de 400 tours. Le siège promettait d'être long. Comme les assaillants manquaient de vivres, le 31 décembre  Bohémond de Sicile et Robert de Flandre remontèrent la vallée de l'Oronte pour ravitailler les troupes en pillant les villages et les bourgs, Robert Courteheuse étant en couverture. C'est à ce moment qu'un fort parti commandé par le Prince de Damas vint les attaquer. La bataille fut rude et les Francs furent victorieux, mais ils durent revenir à Antioche les mains vides.


Bohémond comprit alors que les chefs Turcs et Arabes étaient trop bien renseignés par les espions qui avaient infiltré les campements. Il décida de se débarrasser d'eux. Il fit quérir plusieurs dizaines de sarrasins prisonniers dans les geôles et les fit sacrifier et préparer par la compagnie des bouchers  pour les cuire à la broche comme des moutons. Il les fit rôtir en grande pompe, en faisant savoir partout que plutôt que de souffrir de la faim, les croisés avaient décidé de manger les espions et les traîtres, qu'ils soient Turcs, Arméniens ou Syriaques. On vit alors s'enfuir tous ceux qui étaient à la solde des ennemis. Ils  racontèrent avec épouvante que les assaillants « étaient plus durs que pierre et que fers et passaient en cruauté les ours et les lions ».


Après ces évènements une délégation vint en secret  informer Bohémond qu'un Arménien apostat, fabricant de cuirasses, un certain Firouz qui commandait la tour des Deux Sœurs, se proposait de lui remettre les clés de sa défense. Bohémond sans rien dire aux autres Barons constitua un commando emmené par Thibaud d'Ysamberville originaire du Val de Saire. Le Normand Sicilien fit croire aux hommes qu'ils partaient piller de nuit un village en amont, mais après deux heures de marche, ils firent demi tour. Ils se rendirent en silence au pied de la tour des Deux Sœurs où les attendait Firouz le félon. Ils entrèrent à cent dans l'enceinte et répandirent la terreur. Les Turcs mal réveillés croyant leur cause définitivement perdue, s'enfuirent, laissant la casbah principale sans défense. A l'aube les gonfanons de Bohémond de Sicile flottaient sur les murailles. Antioche était enfin aux mains des croisés.


La peur doit changer de camp répètent nos ministres chargés du désordre public depuis plusieurs années déjà. J'ai encore en tête une séquence où le ministre Sarkozy humiliait publiquement un directeur de la police qui n'était pas là disait-il pour jouer au foot avec les délinquants. Les rodomontades continuent sans qu'on voie nulle part une amélioration de ce côté là. Il faudrait demander des idées au Baron Bohémond de Sicile. Dans le genre répressif, je ne crois pas qu'on puisse faire mieux. Le problème c'est que ça nous renvoie mille ans en arrière.