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25/11/2014

Ces émotions qui nous gouvernent

 

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Picasso- Acrobate à la boule

 

Le hasard de mes nuits au sommeil instable a voulu que je me trouve mêlé, par radio interposée, à une conversation avec un savant physicien, (A. Aspect, France Culture),un spécialiste de la physique quantique et de la relativité, un émule d’Einstein, un de ceux qui ont fait fait progresser la science, un expérimentateur génial qui a démontré « l’intrication quantique ». Même si je n’étais pas en mesure de saisir toutes les nuances de sa pensée, j’en comprenais suffisamment pour admirer la rigueur du raisonnement et l’exactitude du propos. Il expliquait avec une grande simplicité comment en partant d’un objet réel, celui d’Aristote, on pouvait en analyser l’essence, à la manière de Pythagore, pour le mettre en équations.

La poursuite mathématique des déductions ultimes aboutit à des conclusions inattendues comme celle de la relativité et de l’inséparabilité des protons ou comme l’existence simultanée à deux endroits différents d’une même entité. Des choses qui dépassent l’entendement et qui dans un premier temps ne sont que des vérités abstraites, issues du raisonnement mathématique. C’est à ce stade qu’intervient notre génial physicien en entreprenant de démontrer par l’expérience, la réalité de ces abstractions. Il faut être suffisamment méticuleux disait-il pour bien mettre en scène les seuls facteurs concernés, à moins de risquer de prendre des vessies pour des lanternes. C’est à ce prix que la connaissance progresse.

On voit à quel point tout raisonnement doit être débarrassé de ses leurres et de ses analogies. On comprend pourquoi toute mise en œuvre doit être soumise aux meilleurs spécialistes du moment. On imagine sans peine que tout ce processus n’est pas le fait d’un seul homme mais celui de la bataille quotidienne d’un front de la recherche, avec ses avancées et ses reculs. Finalement on constate le plaisir passionnel de ces chercheurs qui repoussent les frontières de l’ignorance. Une démarche d’imagination et de déduction où seuls les faits avérés comptent dans leurs dimensions et leur puissance. Aucune place ne peut être laissée aux passions, aux impatiences, à la jalousie, à la  haine ou à la colère, sous peine de fourvoiement et d’échec. Bien sûr tous ces gens sont des hommes comme les autres sensibles aux émotions, mais ils savent qu’ils ont le devoir de les contrôler.

Face à cette finesse de la pensée scientifique et dans notre exemple elle est accompagnée de la délicatesse extrême de la physique expérimentale, on se surprend à regretter que les évènements politiques propagés par les médias ne bénéficient pas des mêmes soins. De ce côté-là on utilise des grosses ficelles qui nous renvoient dans la triste situation des gogos et des pantins manipulés. Nous ne sommes plus dans la mesure méticuleuse et la définition des paradigmes. Peu importe que les faits soient flous ou déformés pour les besoins de la cause. Peu importe qu’ils soient vérifiés et mesurés. L’essentiel est de nous entraîner  en chemise et la corde au cou dans le domaine des grosses émotions où plus rien ne compte que les scandales, les surprises, les luttes à mort et les bas instincts.

Il suffit de voir avec quelle surprenante audace les Verts traitent de la mort du jeune Thierry Fraisse, il suffit d’assister au déballage inconvenant d’une virago mal remise de ses ambitions amoureuses, il suffit d’entendre comment la droite  démagogue, Sarkozy en tête tape sur la gauche pour s’attirer les votes des militants extrémistes, il suffit d’observer la CGT à Florange reprocher au PS de ne pas avoir nationalisé les hauts-fourneaux, pour se convaincre que ces débats sont totalement faussés par la mauvaise foi et les postures idéologiques. Peu importent la réalité et la complexité des faits pourvu qu’on emporte l’adhésion dans l’instant.

Les hommes et les femmes sont ainsi faits qu’ils sont beaucoup plus sensibles à la compassion, la pitié, la colère, l’indignation (souvenons- nous du succès d’  « indignez-vous ») qu’aux dimensions abstraites des faits vérifiés, quantifiés, et reproductibles. La lecture des commentaires qui suivent chaque article du « Monde »,sur le site web des abonnés, nous en apprend beaucoup sur les coups de cœur, les emportements, les points sensibles des lecteurs : le gauchiste renverse les tables, toutes les tables, le communiste en revient toujours aux puissances d’argent, les socialistes vont toujours au secours des pauvres et les gens de droite prennent toujours les chômeurs pour des fainéants. Quelles que soient les circonstances !

Les démagogues de tout poil savent cela par cœur. Plus c’est gros, plus ça passe !  Les « chefs » préfèrent entretenir des guerres dans l’opinion plutôt que d’expliquer patiemment où sont les limites ou les revers de telle ou telle décision. Les médias leur en laisseraient-ils le temps ? On peut en douter, tant une nouvelle chasse l’autre du jour au lendemain.  Dans ces conditions on imagine ce que valent les sondages dont on nous rebat les oreilles en les présentant comme de véritables faits politiques. Heureusement nos institutions reposent sur la démocratie représentative et le suffrage populaire ! Pour le moment nos journalistes devraient se rendre compte que nous ne sommes pas dans des jeux de cirque, et que nos responsables, ceux-là même que nous avons élus, ne sont pas des gladiateurs dont la vie se jouerait à pouce pointé vers le bas ou vers le haut !

06/09/2014

L'abaissement des esprits

 

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Francisco Goya - Vieillards mangeant de la soupe

 

 

Chacun, homme ou femme, peut choisir. Il peut choisir entre le respect de notre organisation sociale et l’obéissance délibérée à ses pulsions individualistes. Nous devons tout à notre organisation politique, l’école, la santé, la paix. Imaginons un seul instant que les Français se retournent les uns contre les autres et répudient tous nos glorieux acquis depuis la prise de la Bastille. Imaginons que les loups soient à nouveau maîtres de la bergerie et que les renards puissent rôder librement dans les poulaillers et nous observerons comme dans la nature sauvage, que les oisillons sont dévorés avant de pouvoir voler, que les malades et les faibles sont les cibles préférées des prédateurs et que les vieux se cachent pour mourir.

Nous n’en sommes pas là. Je pense malgré tout que la tentation individualiste continue d’imprégner les esprits en s’inspirant de quelques slogans ravageurs. Que le plus fort gagne ! Après moi le déluge ! Quand on veut on peut ! Finissons-en avec l’assistanat et des dépenses sociales pléthoriques ! Tout un état d’esprit surtout fréquent à droite, mais pas seulement, qui conduit à penser que nous avons beaucoup de droits et peu de devoirs, dont les plus importants sont de payer nos impôts, de rouler en respectant le code de la route, et  de se conformer au  droit de la famille et des affaires.

Nous devons tellement à l’Etat dans nos démocraties qu’il est impératif de se soumettre à ses règles et de traiter ses représentants légitimement élus ou nommés avec la due déférence. Je dis cela pour les bonnets rouges qui ont détruit du matériel public ou pour les maires qui ne veulent pas appliquer la loi sur l’école. Ce sont des exemples de mutinerie sans lendemain mais qui justifieront par la suite tous les débordements. Je ne suis pas naïf au point de croire que mes frères humains et moi sommes redevables d’un monde parfait ou chacun serait capable de maîtriser les égoïsmes et les haines. Comme toujours, dans ces dangereuses analyses des pratiques sociales, c’est une question de curseur.

Plus nous occupons le sommet de la pyramide, plus nous sommes visibles et plus nous devons avoir le sens des responsabilités. On ne demande pas des leçons de morale aux artistes, il leur faut seulement faire preuve de génie créatif. En revanche, les banquiers se doivent d’être des parangons d’honnêteté financière et nos hommes politiques  des serviteurs infatigables de la cause publique.

Comme journaliste, Madame Trierweiler  occupe une place enviable dans la société, renforcée encore par sa liaison avec un homme politique de premier plan. Cette réussite et ce succès qui ont duré presque dix ans, auraient pu la convaincre qu’elle avait reçu plus qu’elle n’avait donné et lui faire accepter sa rupture avec le Président comme un fait sinon inévitable, tout au moins assez ordinaire. Le livre qu’elle vient de publier dans le plus grand secret et dont on veut faire une bombe politique, est tout au contraire imprégné de la hargne de nuire assortie de la plus grande méchanceté.

En servant les intérêts de ses adversaires au JDD et à Paris Match, VT  affaiblit son ex, sans s’inquiéter des retombées collatérales, qui vont affecter nos institutions et épaissir un peu plus l’atmosphère délétère régnant dans le pays. VT agit donc en toute irresponsabilité, comme une midinette jalouse et irascible. Ce livre en dit donc beaucoup plus sur son auteure que sur son sujet. Elle sacrifie l’intérêt public à ses pulsions, qui sont si j’ose dire, de bas étage.

J’en conclus que cette femme n’avait à aucun moment les qualités requises pour entrer à l’Elysée et représenter si peu que ce soit la France. Elle offre une image très dégradée de notre vie sociale et politique et contribue à l’abaissement des esprits. J’espère que son bouquin restera sur les présentoirs des libraires et que l’éditeur en paiera les frais. C'est  la seule réponse saine qu’on puisse souhaiter. Il y a des romans de gare beaucoup plus passionnants  que cette publication pleine de vulgarité. J’espère  aussi que Hollande a le cuir plus épais  que Bérégovoy  car il est peu commun d’assister à une telle curée et on peut entrevoir le pire !

Post scriptum  Les nouvelles du matin sont mauvaises, contrairement à mon attente, les Français se jettent sur la viande éditoriale avariée avec gourmandise. Je crois que sous Mitterrand ou de Gaulle on aurait refusé une telle sottise. Que ce soit un succès aujourd’hui en dit long sur le « civisme » de mes contemporains. Pour me consoler, je me dis que  Madame V. T. va gagner beaucoup de sous et qu’elle va pouvoir acheter des dentiers neufs  et clinquants à ses pauvres qui ressembleront tous à Charles Trenet !  Boum, youp la boum ! A moins que pour plus d’efficacité, elle ne subventionne généreusement les moulinettes de chez Moulinex….