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13/03/2015

La droite impossible

 

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 L’attitude de l’UMP dans la campagne électorale des élections départementales est difficile à comprendre. Je ne vois pas en quoi ce parti peut gagner des voix en accusant le PS de faire monter le FN. Tout indique, que ce soient les sondages ou les élections partielles, que les renforts principaux du FN sont des transfuges de l’UMP. Cinquante pour cent des troupes de ce parti réclament un accord avec Marine Le Pen et font état de leur proximité avec le Front. Je ne vois pas en quoi la droite UMP/UDI va freiner ce siphonage en accusant le gouvernement de tous les maux. On a seulement l’impression que ce faisant on cherche à se faire plaisir et à se donner une image d’opposant sans peur et sans reproche propre à satisfaire ses propres partisans, qui de toute manière vont voter pour l’UMP. Les cadres veulent se montrer en phase avec  l’agressivité haineuse qui anime les  militants vis-à-vis de la gauche et surtout du Président Hollande. On en voit les effets désastreux sur les sorties de plus en plus vulgaires de Sarkozy en campagne qui s'attaque directement aux personnes de Hollande, de Valls ou de Macron.

Ces facilités médiatiques ne collent pas du tout avec la campagne sur le terrain, menée non par des militants mais par des notables, des maires, ou des conseillers généraux sortants qui ont l’expérience des réalités locales et sont loin de céder à ces excès. Il suffit de comparer les tracts électoraux du PS ou DVG avec ceux des divers-droite ou de l’UMP pour constater qu’ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Il faut vraiment chercher dans les nuances. Aucun sympathisant du FN n’y trouvera de quoi remettre en doute le slogan de l’UMPS cher à ce Parti.  En réalité, droite républicaine et social-démocratie forment un bloc beaucoup plus homogène qu’on ne le croit quand il s’agit des compétences départementales. Il n’y a pas trente-six façons de gérer la solidarité sociale, les maisons de retraite et les aides aux handicapés, ou de construire des  collèges et des routes. Les réalités sont contraignantes !

On en comprend d’autant moins les attaques accusant le PS de faire monter le FN ! La plupart des déçus du PS  ne sont tentés ni par le FN, ni par l’UMP, ils s’abstiennent ! Il est dérisoire de remonter  à Mitterrand,  quarante ans en arrière ! Comme si nous n’étions pas dans une période complètement différente dans laquelle l’Union de la Gauche a vécu, remplacée par un PS social-démocrate dont on n’osait même pas prononcer le nom jadis. Les réflexes du Centre et de la Droite classique semblent pavloviens, archaïques. Ils témoignent d’une incurable paresse idéologique.

L’UMP,  malgré le danger,  continue à tenir le discours ambigu du « ni, ni » ou du vote blanc. Ce Parti s’avère incapable  de faire le ménage parmi ses leaders et de se débarrasser d’une aile sarkozyste empêtrée dans les affaires avec les Balkany, les Copé, les Guéant, avec Bygmalion, Bettancourt, Karachi, Khadafi. Il y a pléthore. Mais le plus grave est le tarissement idéologique. Chaque leader surveille l’autre avec un fusil à tirer dans les coins. On entend bien les surenchères sur  l’Europe, sur les déficits, sur l’amaigrissement de l’Etat et la réduction des aides sociales, mais on  reste muet sur la préférence nationale, sur la politique d’immigration et sur l’islamo-arabophobie.

J’attends l’UMP sur cette ligne de démarcation !  L’exemple de Mélenchon impressionne,  qui,  après une bonne campagne présidentielle a perdu toute crédibilité « populaire » suite à son discours de Marseille pro-arabe. Il se passera la même chose quand l’UMP se désolidarisera hautement et clairement du racisme et de la xénophobie véhiculés par les lepenistes.

Ce jour-là, il restera un Parti de droite, vraiment conservateur, raciste et réactionnaire  noyauté par les Frontistes actuels, accompagnés des transfuges de la Droite forte, genre Wauquiez ou Copé et Hortefeux et de tous ceux qui voudront garder leur poste avec l'aide du FN et ils seront nombreux ! Nous aurons alors un grand parti nationaliste et xénophobe, anti-européen.  En face, va devoir se constituer un Parti Démocrate, défendant les droits de l’homme et la République avec sa devise « Liberté, égalité, fraternité ».Ce Parti sera celui du progrès, du mouvement et de l’ouverture et des personnalités aussi diverses que B.Lemaire, Raffarin, Juppé, Bayrou, Borloo, Valls, Hollande Emmanuel Macron, et Cambadélis pourront s’y exprimer! Y compris cette vieille bique de Martine Aubry ! Je suppose que cela va demander encore beaucoup de temps, mais en 2017, nous allons déjà en tâter. A ce moment-là, le vote pour la droite ou pour la gauche retrouvera tout son sens.

20/06/2014

Les mauvaises herbes

ump,bygmalion

 

Le festin de Balthazar de Rembrandt

 

 

On nous accuse, nous autres de gauche d’avoir fait élire F. Hollande aux présidentielles sur le terreau fertile de l’anti sarkozysme  primaire. Je veux bien. De toute façon l’ex-président était suffisamment ancré dans la droite arrogante pour énerver les gens comme moi, qui ne supportaient pas de voir le personnage récupérer Jean Jaurès et débaucher des demi-sels de notre bord pour se vanter ensuite d’être le meilleur DRH du PS. Je n’aime pas les manières de Monsieur Sarkozy et j’ai écrit que ce politicien tomberait un jour dans le trou du souffleur de la scène publique comme un pantin désarticulé.  Il en serait ainsi fini de l’histrion. Mais les héros en peau de lapin ont la vie dure ! Pensons à Berlusconi.

La France va devoir traîner le sarkozysme encore longtemps, avec son cortège d’inculture, de vulgarité, d’outrecuidance, d’immoralité, de cupidité et pour tout dire de malhonnêteté cynique. Où qu’on se tourne, on retrouve dans le sillage de l’homme les traces sulfureuses d’acteurs peu scrupuleux et peu respectueux de la légalité républicaine, à commencer par la maman Balkany qui vient d’avouer  qu’elle avait puissamment procédé à de l’évasion fiscale et n’avoir jamais payé d’impôt sur la fortune. Comme nous connaissons le haut degré d’intégrité du couple de la mairie de Levallois-Perret on peut dire que Sarko, politiquement,  est né dans un marigot d’eaux sales. Les Balkany, témoins de moralité de Sarko ? On pourrait rêver mieux.

Avec de telles origines, il ne faut pas s’étonner que les succès politiques aient fait prospérer les affaires troubles, avec Balladur et Karachi, avec la Libye et Khadafi, avec Woerth et  Bettancourt, avec Tapie et les Présidents de la Cour, avec Bisson et les sondages, avec Guéant et les primes en liquide, avec Copé et Bygmalion, avec les comptes de campagne caviardés et sans doute beaucoup de menu fretin que j’ignore ou que j’oublie. Même l’ami Proglio perd l’esprit au point d’entretenir des danseuses avec l’argent public. Nul ne peut nier que de tels exemples au sommet de l’Etat ont donné des idées à ceux qui n’attendent que cela pour aller à la curée, à leur tour.

Bien sûr on peut nous renvoyer à Cahuzac ou à Guérini, mais seuls les gens de mauvaise foi peuvent accepter comme un justificatif les branches pourries de l’adversaire. On doit admettre que ces branches ont été chez nous rapidement éliminées par l’application de la loi et l’action de la police ou de la justice. Cahuzac va pouvoir se ronger les ongles pendant  de nombreuses années. La place est nette et les gens de l’UMP ont fait un foin de tous les diables avec commission d’enquête parlementaire et tentative d’impliquer dans ce sale coup et le Président de la République et son Premier Ministre ! On a beau dire, la symétrie n’y est pas vraiment et j’attends que des casseroles soient de près ou de loin ficelées aux basques de F. Hollande ! Ce jour-là je renverrai ma carte !

Cette avalanche de scandales politico-financiers qui s’abat sur l’équipe Sarkozy-Copé n’empêche nullement les militants de l’UMP de conserver leur confiance au sulfureux attelage. On se demande par quoi passent  la motivation politique et l’entêtement idéologique. Les tenants de cette ligne tout comme les sympathisants de Berlusconi ne sont sans doute pas accrochés indéfectiblement au dogme de la moralité publique. Voyez la famille Tabarot avec ses démêlés judiciaires de promoteurs immobiliers alors que  justement Madame Tabarot est une inconditionnelle de Copé ! Alors je me tourne vers les jeunes gens, bien sous tous rapports, éduqués et cultivés dans le respect de la loi et je leur pose la question : qu’avez-vous à dire sur le sujet ? Une telle situation est-elle compatible avec votre légitime ambition de servir votre pays au sein de l’UMP ?

On va me rire au nez ! Pour qui se prend-il celui-là ? Un vieux radoteur qui  voit la paille dans l’œil de ses adversaires mais pas les poutres dans ceux de ses amis. Qu’il arrête de donner des leçons de morale !  Qu’il se taise enfin. Eh bien non je ne saurais me taire !  Sarkozy a fait du mal au pays parce qu’il a entraîné trop d’émules, libéré trop de frustrations. La droite décomplexée, ce ne serait pas la droite des affaires et des combines par hasard ? Notre jeune champion si prometteur et si plein de talent Guillaume Peltier, n’a-t-il pas lui aussi mis les doigts dans les confitures de Bygmalion ?  La grâce républicaine c’est qu’ aujourd’hui plus que jamais nous pouvons faire confiance à la police et à la justice. Alors ? Attendons !

23/03/2013

La niche est tombée sur le chien

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La politique est un sport violent. Bon boxeur, Jérôme Cahuzac  est entraîné. Il n’empêche que sa chute,  hors du petit nuage gouvernemental où il trônait comme le plus brillant et le meilleur des ministres, l’envoie se ramasser dans le maquis des procédures. C’est un accident bête. Sans doute pas une bonne nouvelle pour le gouvernement de la France mais à coup sûr un évènement rassurant pour la République. Car il est nécessaire que chacun se sente menacé des foudres de la justice quand il a fauté. Un ministre du budget ne peut pas être soupçonné de fraude fiscale, même si il y a beaucoup de médecins qui fument un paquet de clopes par jour. La vertu de l’exemple est républicaine. Il faut quand même bien dire qu’il y eut une période sous la gauche pendant laquelle il était de bon ton de faire des affaires, même si elles n’étaient pas très réglementaires. Tapie fut le modèle populaire des affairistes et des profiteurs. Il faut ajouter à cela le pouvoir corrupteur  des firmes du médicament, habituées à circonvenir les toubibs, agents des ventes indispensables. L’assuré social n’a(vait) plus qu’à payer. La morale financière est aussi élastique que ces bracelets qui servent à empaqueter les billets de banque.

 

La cabane est donc tombée sur la tête de notre ministre du budget sans qu’il y puisse rien. Mais hier soir, il y en a un autre qui a pris son toit sur le crâne, c’est notre ex-Président. Dieu sait si je me suis montré hargneux face à Sarkozy, quitte à me faire taxer d’adversaire primaire. J’ai tout dit de lui, y compris que son clan me rappelait plus une bande de truands qu’un honorable cercle politique. Je ne suis jamais allé malgré tout, jusqu’à l’accuser d’abuser les petites vieilles pour leur soutirer de l’argent. C’est ce que vient de faire pourtant le juge bordelais. L’honneur est sur notre justice mais la honte est sur la République. Je ne sais pas si le juge Gentil, tout à son affaire Bettancourt, s’est bien rendu compte de l’énormité du scandale d’une telle mise en examen. On imagine que le juge a du biscuit, des preuves et qu’il ne fera pas d’erreurs de procédures, sinon c’est lui qui va recevoir aussi la cabane sur la tête. En petit gangster récalcitrant, notre Charlot de la politique n’a pas manqué de lui rappeler.

 

Il nous faut peut-être des évènements comme celui-ci  pour nous contraindre à regarder en arrière, à mesurer la dégradation de l’esprit civique, à prendre conscience de l’abaissement  de la morale républicaine, et comprendre comment un candidat à la Présidence de la République peut se déshonorer pour aller mendier quelque enveloppe auprès d’une  vieille dame sans mémoire, fut-elle la plus riche de France. Pour poursuivre dans le style de Pierre Salviac, nous avons eu toute une époque où « les cochons ont été lâchés dans les maïs », ils se sont goinfrés, ils ont pris de mauvaises habitudes. On a l’impression aujourd’hui que les « gorets sont rattrapés par la patrouille » et qu’il faut en finir avec la voracité, la cupidité, l’avidité sans limites et, in fine,  l’impunité,.

 

Alors allons–y  François ! Le peuple te demande de surtaxer les revenus sans queue ni tête, à 66 ou à 75% peu importe ! Le peuple te demande de stopper le cumul des mandats, le peuple te demande de punir les conflits d’intérêt et la corruption, le peuple te demande d’éradiquer les paradis fiscaux ! Faut-il  aller habiter les Cantons Suisses pour être écouté ? Qu’on en finisse avec la veulerie des Depardieu et des Sans Dieu ni Patrie, grossiers et misérables, qui ne voient que leur énorme ventre de jouisseurs hypertrophiés. Nous n’avons pas besoin de sous, nous avons besoin de leçons de morale, bien sévères, bien exemplaires, bien symboliques. Aucun génie ne peut faire pardonner cette odeur de porcherie qui règne dans nos palais et nos beaux quartiers ! Il me semble que l’heure, au clocher du village, est à la modestie, à la solidarité, à la création technique, scientifique, artistique, intellectuelle. Qu’on fasse enfin descendre du haut du trottoir de la City ou de Wall Street, les petits traders électroniques aux fesses serrées qui pompent  à la source, la moelle de la puissance humaine.

 

Au lieu de crier misère et de vouloir se faire passer pour des victimes, les gens de la droite républicains et honnête devraient en profiter pour clamer très haut et partout, que, si invraisemblables qu’ils soient, des soupçons aussi infâmants sont rédhibitoires. Nous avons à gauche exécuté DSK,  Guérini et Cahuzac, et d‘autres de moindre importance. Dans l’autre camp, ils feraient mieux de se préparer au pire et d’organiser les funérailles du mieux qu’ils le peuvent, pour ménager l'avenir et participer à l'oeuvre commune de salubrité publique..

25/01/2013

La droite KO debout


 

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Pablo Picasso. L'homme à la sucette


Au troisième round l’opposition de droite est sonnée pour le compte. Le match avait pourtant commencé fort, dès l’élection du Corrézien devant un public impatient. Au dire des connaisseurs, cet homme indécis, élu par défaut, allait nous mener dans le flou et le mou. La presse et les éditorialistes ont savonné pendant tout l’été la planche de départ du nouveau gouvernement. A droite on alimentait avec gourmandise le procès en inexpérience et en amateurisme, Pécresse, Lemaire, Bertrand prenaient des airs suffisants. Fillon et Copé avaient très peur pour la France, le gouvernement allait s’écrouler, la dette proliférer, les capitaux s’évaporer et je ne sais quoi encore. On allait assister à une explosion en plein vol, au chômage, à la misère…On se gaussait de couac en couac, le changement de premier ministre était pour demain. Les militants de l’UMP se moquaient et riaient, riaient…Le Président lui-même n’irait pas au bout du combat, c’est-à-dire de son mandat et irait rejoindre sa Trierweiler, rejetée dans la même opprobre. On s’étonnait même du calme olympien du nouveau Président qu’on finissait par qualifier d’optimiste béat.

 

 

Au lieu de s’inquiéter pour le pays, Copé et Fillon auraient mieux fait de s’inquiéter pour eux-mêmes. Contre toute attente, la spéculation sur les dettes souveraines  a été surmontée et nous avons pu dès lors emprunter sur les marchés à des taux historiquement bas. Cette nouvelle donne était un contre massif à l’estomac de tous les augures de droite et des économistes libéraux qui prévoyaient pour nous un destin à l’espagnole ou même pire, à la grecque. C’est pendant ce deuxième round de novembre et décembre que l’accident industriel de l’UMP est survenu. Nos forts en thème qui donnaient des leçons de gouvernance à tout va, nous ont joué impromptu, un remake du Bon, de la Brute et du Truand, jusqu’au classique duel final au pistolet à  36 coups. Il n'y’a pas eu de corps à corps avec la gauche, l’UMP s’est prise seule, librement, volontairement, les pieds dans le tapis.  Tous les leaders de droite ont reçu des coups, des horions aux effets durables qui ont affecté même Juppé et Sarkozy, tentés par l’arbitrage. Ces deux-là n’ont pas tiré un seul marron du feu, et ils se sont brûlé les doigts en prime.

 

Le troisième round a débuté après les fêtes de Nouvel An. Il a commencé par un direct du droit à la figure de l’UMP qui tentait de reprendre son souffle. La patronne du Medef, son alliée traditionnelle, va jusqu’à s’entendre avec trois syndicats pour débloquer un certain nombre de contraintes cruciales concernant la compétitivité des entreprises. La méthode Hollande a porté ses fruits. Les partenaires sociaux ont pris le temps de la discussion, de la concertation et de la négociation. On peut dire merci à Jacques Chérèque. Cet accord est porté au bénéfice du gouvernement et du Président. Dans les média on commence à s’interroger sur le bienfondé des critiques incessantes, dont peut-être, l’opinion se fatigue. On ne parle plus de dégringolade ou de chute abyssale dans les sondages. Malgré une succession de dévissages proclamés  les opinions favorables restent peu ou prou aux alentours de 40%.

 

C’est à ce stade que le mariage pour tous semblait à l’UMP une occasion en or pour se refaire. Chacun de ses porte-parole s’est mis à faire des contorsions pour emboiter la démarche de protestation des catholiques. Malheureusement les figures de proue du mouvement ont donné une image bien rance d’eux-mêmes, componction des soutanes, conformisme des cathos bcbg et par-dessus tout, une Frigide Barjot qui est à elle seule une vraie caricature. Cette artiste a transformé les cortèges des manifestations en parades de carnaval. Dans cette opinion, gouvernée par les images, le mouvement « anti » a perdu ainsi beaucoup de sa respectabilité, qualité cardinale dans les confessionnaux, les églises et les cathédrales.

 

Mais cette passe d’armes aurait pu prendre un véritable élan,  sans l’épopée du Mali. L’armée française se voit du jour au lendemain contrainte de voler au secours de son ancienne colonie  et de bloquer les pick-ups djihadistes sur la piste de Mopti. L’opération bénéficie du consensus international et des vivats des Maliens eux-mêmes. On admire la rapidité d’exécution et la tournure martiale du bonhomme François. Coincée, l’opposition de droite, de Borloo à Le Pen, donne satisfecit au gouvernement et ne peut qu’approuver. Opportunément, l’attaque d’In Aménas vient rappeler à tout le monde l’urgence de mener une guerre radicale aux terroristes et preneurs d’otages, et elle contribue à conforter la France dans sa propre intervention au Sahel. Pour la première fois l’Algérie prête main-forte et ne peut que se féliciter d’une opération qui un mois plus tôt lui apparaissait prématurée et suspecte.

 

Après son bras d’honneur télévisé adressé à Alger, Gérard Longuet peut toujours essayer de donner des leçons à notre diplomatie. Pour violente qu’ait été la réaction de l’armée algérienne à In Amenas, la communauté internationale lui est quelque part reconnaissante d’avoir refusé d’entrer dans le jeu tragique des preneurs d’otages. On sait finalement que le rachat des captifs ne fait que préparer des rapts ultérieurs et alimenter les caisses du djihad. Bouteflika a accepté de prendre sur lui le poids de la cruauté et de la violence, mais il faut bien se rendre à l’évidence qu’aucune solution acceptable n’était à portée. Morts pour morts, les sacrifiés d’In Amenas auront participé à la lutte radicale contre cette terrible dérive dont la référence définitive est celle des milliers de victimes des tours de Manhattan.

 

Le combat droite-gauche, sur le ring de la politique intérieure est en train de tourner à l’avantage de notre Président. Le calme, la modération des propos, le respect de toutes les opinions, y compris celles de l’opposition la plus virulente, sont des ingrédients qui font merveille à moyen terme. Claude Sérillon qui vient d’accepter de travailler à l’amélioration de la communication me semble jouer un rôle utile. Je l’ai dit, Saint François est entré aux responsabilités sous le signe de la chance. Il semblerait que celle-ci ne soit pas encore prête à le lâcher.

 

PS/ et pour finir, voilà-t-il pas que F. Cassez sort de sa geôle et que les premières offres de négociation viennent de l’Azawad…

 

04/01/2013

Bonne année François !

 

 

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Manet, Moine en prière

J’espère que ma lettre va te trouver en bonne santé, toi et ta famille. J’ai une petite pensée pour ta femme Valérie et je lui recommande de bien surveiller ton régime pour que tu gardes la forme et la ligne. Surtout, surtout, n’oublie pas de toujours mettre ta cravate de travers car j’ai horreur de la symétrie. En ce début d’année, je te souhaite de garder à tout moment ton calme, ton sourire et ton humour. N’écoute pas les gens qui te critiquent, ce sont des mauvais et des jaloux qui ne voudraient qu’une chose, être califes à la place du calife. Si nous avons voté pour toi et si tu as eu la majorité des électeurs avec toi, ce n’est pas par hasard, c’est parce que le peuple l’a voulu et ça personne ne peut l'empêcher. Nous autres, tes cousins de province, nous avons bien reconnu en toi le Président normal, juste et simple qu’il nous fallait. Nous en avions vraiment assez de voir ce Sarko faire son intéressant à tout bout de champ.

 

Cher François, il faut que tu restes persuadé que les bonnes fées se sont penchées sur ton berceau et que tu as bien choisi ton créneau, ta fenêtre de tir comme on dit. DSK descendu en plein vol, Sarko désarmé par ses options hasardeuses, l’UMP plongée dans un accident industriel, et pour couronner le tout, la fin de la sécheresse et la recharge abondante de nos nappes d’eau, tous ces évènements sont des signes qui ne trompent pas sur une conjonction des planètes qui t’est exceptionnellement favorable. Encore tout récemment l’épisode du gros Obélix sarkozien qui refuse de payer ses impôts tourne à ton avantage après avoir bien fait ricaner l’opposition. Depardieu devenu un  Raspoutine de Grand Guignol, c’est presque inespéré. Je ne peux pas croire qu’il puisse jamais servir de caution aux candidats à l’exil fiscal qui sont des gens autrement sérieux !

 

Malgré tout cher cousin, il reste beaucoup à faire. Nous ne doutons pas dans la famille, que tu vas réussir à inverser la courbe du chômage, malgré les pisse-vinaigre qui jurent leurs grands Dieux que c’est impossible ! Les observateurs attentifs que nous sommes voient chaque jour les signes avant-coureurs que la conjoncture se retourne. Arrêtée la spéculation sur les dettes souveraines et l’euro, dont on disait il y a six mois qu’il serait foutu au printemps de la nouvelle année ! maîtrisées les difficultés de la BCE ! stoppé le chômage en Espagne ! remise sur les rails, l’économie grecque ! arrangé le mur budgétaire ou le précipice,  je ne sais pas trop, d’Obama ! et maintenant les bourses remontent ! Six mois de Présidence et nous sommes sortis du psychodrame, de la réunion de la dernière chance et du bluff de la droite.

 

Malgré tout mon bon François, veille bien sur le triangle des Bermudes qui rejoint Paris à Londres et à New-York. Ces gens qui sautent d’un avion dans l’autre, qui ont des affaires partout et qui planquent leur fric aux ïles Caïman sont des gens redoutables. Je peux le dire parce que je suis un pauvre ver de terre qu’ils ne voient même pas quand ils l’écrasent de leurs hauts talons vernis. Ces gens-là n’ont pas de patrie, sauf celle de leur compte en banque, leurs enfants sont dans des écoles à Londres et à New-York, leurs biens sont tous négociables à la vitesse de l’éclair, ils sont intouchables, ou en tout cas ils crient très fort dès qu'ils se sentent visés, et ils commandent nos journaux, nos radios et nos télévisions. Tu vois nos vrais ennemis ce ne sont pas le Crédit Agricole ou la Société Générale, ce sont ces gens sans foi ni loi qui se croient partout et toujours au-dessus des règles, qui roulent des épaules en Porsche et en yacht de soixante mètres. Mille cinq cents personnes qui gagnent plus d’un million d’euros par an font plus de bruit que dix millions de smicards. Cher François nous comptons sur toi, dans notre lointain Cotentin,  pour rouler ces gens- là dans leur propre farine et rendre un peu d’équité et de respect aux gens comme il faut  que nous sommes.

 

Avant d’en terminer Monsieur mon cousin et Cher Président je te prie de faire le nécessaire pour distribuer des petits pains au chocolat à tous nos enfants, leur apprendre à compter et à lire, mais aussi leur montrer le chemin de la liberté, de la responsabilité et du respect. Si vous faites tout cela cher François, je voterai encore pour vous en 2017.