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13/04/2013

Les Dieux ont soif ! (à propos du Pr Séralini)

 

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Le Sisyphe du Titien


Autrefois l’affaire se terminait dans le pré et au pistolet et ça avait de l’allure et de la noblesse. Aujourd’hui l’offensé se contente de charger son avocat de demander des dommages et intérêts devant la justice. C’est ce qui m’arrive avec le grand Professeur Seralini qui s’estime offensé par ma chronique du 25/10/2012 et porte plainte contre moi. A défaut de convaincre la communauté scientifique  le célèbre biochimiste peut calmer ses nerfs sur mon humble personne sans appuis ni recours, qui n’a plus que son amour de la liberté pour pleurer. « Il fallait y penser avant » disent les représentants de la loi quand ils vous prennent en « flag » et que vous protestez.

 

Il est vrai que j’ai clamé mon indignation avec beaucoup de fougue malgré mes rhumatismes et mes soixante-quinze ans. Les mots que j’ai utilisés sont ceux de la polémique et j’ai sans doute comme me le suggère un ami « appuyé un peu trop sur la craie ». Je reconnais avoir écrit ce texte pour soulager ma révolte. Quand on a servi sa vie durant dans la recherche scientifique pour le développement agricole des pays pauvres, on ne manque pas d’être choqué par des démarches qui vont à contre sens de sa foi humaniste et de son espérance dans la modernité.

 

La déontologie universitaire place les professeurs en première ligne pour la défense de l’exactitude des mots et pour le respect de la rigueur du raisonnement. La recherche doit se soumettre aux faits, jamais à l'idéologie et au prosélytisme. Mon expérience personnelle m’a appris que ces convictions ne sont pas toujours faciles à mettre en œuvre et je les ai vues souvent ployer devant les intérêts commerciaux et politiques. Il y a un prix à payer. Dans le cas présent, le lobby anti-ogm réclame son tribut.

 

Je n’ai plus la force ni l’énergie, ni la volonté, de livrer ce nouveau combat que je trouve pour tout dire bassement matériel et peu glorieux. Je retire donc de ce blog la chronique incriminée, ce qui ne change rien aux faits mais signe ma repentance. Je ne peux faire ni mieux ni plus. Face à un gros semi-remorque le cycliste a toujours tort, même si le code de la route peut le gratifier de certaines circonstances atténuantes. Les faits resteront les faits.

 

Toutes les attaques inconsidérées contre les données scientifiques de la production agricole sont irresponsables et dangereuses pour l’humanité. La condamnation sans nuances des pesticides ou des OGM entraîne une régression qui abaisse le niveau de l’agriculture française,  pourtant fleuron des activités économiques de notre pays en cette période de crise. Je suis indigné par les manquements à l’honnêteté scientifique et par les trucages militants de communication Je ne me serais jamais adressé à Séralini s’il n’avait pas choisi de communiquer avec le grand public par Canal + et le Nouvel Observateur. A partir du moment où on sort du domaine scientifique en présentant comme acquis des résultats remis en cause dans les semaines qui suivent par la communauté des chercheurs, il faut s’attendre à des réactions dans le domaine du grand public. Ne rien dire, pour moi,  c’est  s’abaisser .

 

Je me suis indigné en toute citoyenneté au sens du défunt Stéphane Hessel et je ne saurais me regarder dans une glace,  de ne pas avoir su le dire. La démocratie et la liberté sont à ce prix. Aujourd’hui les Dieux ont soif, il va sans doute falloir  trinquer avec eux.

21/09/2012

Les gaz de schistes

 

 

 

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Cygnes représentant des éléphants, de Salvador Dali


Les gaz de schiste sont une nouvelle pomme de discorde, une vraie bête à chagrin, propre à opposer et diviser les esprits, à faire de la polémique et à pousser les journalistes à dire n’importe quoi. Il est vrai que le fond de la question est principalement technique. Les USA qui réfléchissent en avançant ont amélioré nos connaissances sur le sujet. Ils démontrent chaque jour qu’il est possible d’exploiter de manière industrielle les huiles et les gaz piégés par les schistes, des roches mères constituées à grande profondeur au cours des temps géologiques. Il faut seulement libérer ces hydrocarbures et leur frayer un chemin dans la roche compacte pour pouvoir les extraire et les récupérer en surface.

 

La technique d’extraction est directement adaptée des méthodes traditionnelles des foreurs pétroliers. Au lieu d’un forage vertical on pratique une longue perforation oblique ou horizontale et on effectue  une fracturation avec de l’eau sous pression qui fait éclater les mini failles de la roche en place. On maintient les espaces ouverts  en injectant du sable. Le tubage en place va remonter les gaz, essentiellement du méthane,  et les envoyer dans un réseau de collecte en surface qui les achemine jusqu’aux cuves de stockage. Ce sont des procédés simples et classiques à la portée d’entreprises quasiment artisanales comme nous le démontre l’exemple américain.

 

A priori il n’y a rien de dangereux pour l’homme et l’environnement. A ceci près que la fracturation demande beaucoup d’eau même si elle est  en partie recyclable malgré  l’addition de divers produits peu ragoûtants comme sables, détergents, anti mousses et antiseptiques. A ceci près aussi qu’il y a des fuites de gaz qui vont rejoindre les nappes d’eau souterraines ou bien directement l’atmosphère. Ceci arrive en particulier quand  le cimentage qui doit assurer l’étanchéité de la tuyauterie avec les roches est mal fait, ou quand on pratique des fracturations trop près des murs ou du toit des nappes aquifères. A ceci près aussi qu’on se trouve obligé de cimenter les chantiers d’extraction, de faire des routes, de construire des cuves de stockage du gaz, toute une infrastructure qui vient rogner les sols et les surfaces végétalisées du terroir d’exploitation. On participe ainsi à une perte supplémentaire d’espace agricole ou forestier qu’on peut quand même considérer comme réversible après épuisement de la ressource. De telles installations s’envisagent sans doute difficilement en zone urbaine, sauf peut-être dans des friches industrielles.

 

Si on rentre dans le détail on s’aperçoit que c’est bien là que réside le diable. L’attraper par la queue et le maîtriser c’est le boulot des chercheurs, des ingénieurs, des techniciens et des politiques de réglementation. Nous ne sommes pas dans des techniques épouvantables de complexité comme pour le nucléaire. Nous pouvons arrêter à tout moment le processus en stoppant les investissements, je veux dire par là que si le risque environnemental existe, il est réversible et ne représente sûrement  pas l’acuité d’un naufrage de tanker de 400 000 tonnes de pétrole lourd, et encore moins celle de l’implosion d’une centrale nucléaire. Aujourd’hui personne ne dit que l’exploitation de cette ressource peut se faire sans instaurer un contrôle strict des risques et un perfectionnement des procédés. En refermant le dossier sans voir plus loin on obéit  au sacro-saint principe de précaution au nom duquel toute aventure humaine, toute avancée technologique est continuellement rejetée. Au nom de ce principe on  repousse les nano particules, les OGM, les pesticides voire les engrais et toutes sortes d’innovations, suspectes par définition.

 

 

François Hollande a du fermer la porte aux gaz de schistes sous la pression des grandes gueules de l’opinion qu’on appelle les Verts et qui font de la peur leur fonds de commerce. Par leur attitude négative, passéiste et anti science, Ils ont contribué puissamment  à la déstabilisation de notre industrie nucléaire, ils ont obtenu la délocalisation de notre recherche biogénétique et la disparition de notre expertise en OGM, et ils vont renouveler leur exploit avec les gaz de schistes.

 

La fin de cette semaine nous apporte une illustration spectaculaire de cet état d’esprit. Il nous est malheureusement fourni par notre expert bas-normand de la croisade anti-OGM. Ce gredin de la science nous offre le spectacle lamentable d’une recherche scientifique instrumentalisée et exposée brutalement dans les médias aux seules fins de faire pression sur l’opinion. Je m’étonne que la SPA n’ait pas encore engagé de poursuites contre ce massacreur de rats qui se présente comme un savant, alors qu’il n’est qu’un gredin et un abuseur de la crédulité de gens ignorant tout de la déontologie des chercheurs. Je vous fiche mon billet que ce guignol va sombrer rapidement dans le ridicule et la confusion. Hélas le mal sera fait !  En tant qu’universitaire je me sens humilié par cet imbécile.

 

 Les Verts croient nous préparer un avenir radieux. Ils nous entraînent au contraire vers le déclin, la misère et la disparition. L’application généralisée de l’agriculture bio affamerait la moitié des habitants de cette terre. Le recours exclusif aux énergies renouvelables priverait l’autre moitié d’électricité. Les angoisses écologiques qui ne reposent que sur des arguments pseudo-scientifiques ne sont que l’expression moderne des grandes peurs millénaristes du moyen-âge. Nous sommes cernés par l’irruption continuelle des terreurs face aux changements  technologiques  et au progrès scientifique. Les Ecolos récusent en permanence les aléas et les échecs inévitables de nos sociétés de mouvement et de conquête. Les astronautes explosés en plein envol de leur fusée sont donc morts pour rien. Pierre et Marie Curie n’ont été que des pataphysiciens à jeter dans les grandes fosses de l’oubli et Pasteur un Dc Folamour à enfermer. Pendant ce temps-là le Gardien de Chèvres du Larzac, le Zombi d’Ushuaïa et un obscur mono maniaque de laboratoire deviennent des modèles de vertu !