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13/03/2015

La droite impossible

 

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 L’attitude de l’UMP dans la campagne électorale des élections départementales est difficile à comprendre. Je ne vois pas en quoi ce parti peut gagner des voix en accusant le PS de faire monter le FN. Tout indique, que ce soient les sondages ou les élections partielles, que les renforts principaux du FN sont des transfuges de l’UMP. Cinquante pour cent des troupes de ce parti réclament un accord avec Marine Le Pen et font état de leur proximité avec le Front. Je ne vois pas en quoi la droite UMP/UDI va freiner ce siphonage en accusant le gouvernement de tous les maux. On a seulement l’impression que ce faisant on cherche à se faire plaisir et à se donner une image d’opposant sans peur et sans reproche propre à satisfaire ses propres partisans, qui de toute manière vont voter pour l’UMP. Les cadres veulent se montrer en phase avec  l’agressivité haineuse qui anime les  militants vis-à-vis de la gauche et surtout du Président Hollande. On en voit les effets désastreux sur les sorties de plus en plus vulgaires de Sarkozy en campagne qui s'attaque directement aux personnes de Hollande, de Valls ou de Macron.

Ces facilités médiatiques ne collent pas du tout avec la campagne sur le terrain, menée non par des militants mais par des notables, des maires, ou des conseillers généraux sortants qui ont l’expérience des réalités locales et sont loin de céder à ces excès. Il suffit de comparer les tracts électoraux du PS ou DVG avec ceux des divers-droite ou de l’UMP pour constater qu’ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Il faut vraiment chercher dans les nuances. Aucun sympathisant du FN n’y trouvera de quoi remettre en doute le slogan de l’UMPS cher à ce Parti.  En réalité, droite républicaine et social-démocratie forment un bloc beaucoup plus homogène qu’on ne le croit quand il s’agit des compétences départementales. Il n’y a pas trente-six façons de gérer la solidarité sociale, les maisons de retraite et les aides aux handicapés, ou de construire des  collèges et des routes. Les réalités sont contraignantes !

On en comprend d’autant moins les attaques accusant le PS de faire monter le FN ! La plupart des déçus du PS  ne sont tentés ni par le FN, ni par l’UMP, ils s’abstiennent ! Il est dérisoire de remonter  à Mitterrand,  quarante ans en arrière ! Comme si nous n’étions pas dans une période complètement différente dans laquelle l’Union de la Gauche a vécu, remplacée par un PS social-démocrate dont on n’osait même pas prononcer le nom jadis. Les réflexes du Centre et de la Droite classique semblent pavloviens, archaïques. Ils témoignent d’une incurable paresse idéologique.

L’UMP,  malgré le danger,  continue à tenir le discours ambigu du « ni, ni » ou du vote blanc. Ce Parti s’avère incapable  de faire le ménage parmi ses leaders et de se débarrasser d’une aile sarkozyste empêtrée dans les affaires avec les Balkany, les Copé, les Guéant, avec Bygmalion, Bettancourt, Karachi, Khadafi. Il y a pléthore. Mais le plus grave est le tarissement idéologique. Chaque leader surveille l’autre avec un fusil à tirer dans les coins. On entend bien les surenchères sur  l’Europe, sur les déficits, sur l’amaigrissement de l’Etat et la réduction des aides sociales, mais on  reste muet sur la préférence nationale, sur la politique d’immigration et sur l’islamo-arabophobie.

J’attends l’UMP sur cette ligne de démarcation !  L’exemple de Mélenchon impressionne,  qui,  après une bonne campagne présidentielle a perdu toute crédibilité « populaire » suite à son discours de Marseille pro-arabe. Il se passera la même chose quand l’UMP se désolidarisera hautement et clairement du racisme et de la xénophobie véhiculés par les lepenistes.

Ce jour-là, il restera un Parti de droite, vraiment conservateur, raciste et réactionnaire  noyauté par les Frontistes actuels, accompagnés des transfuges de la Droite forte, genre Wauquiez ou Copé et Hortefeux et de tous ceux qui voudront garder leur poste avec l'aide du FN et ils seront nombreux ! Nous aurons alors un grand parti nationaliste et xénophobe, anti-européen.  En face, va devoir se constituer un Parti Démocrate, défendant les droits de l’homme et la République avec sa devise « Liberté, égalité, fraternité ».Ce Parti sera celui du progrès, du mouvement et de l’ouverture et des personnalités aussi diverses que B.Lemaire, Raffarin, Juppé, Bayrou, Borloo, Valls, Hollande Emmanuel Macron, et Cambadélis pourront s’y exprimer! Y compris cette vieille bique de Martine Aubry ! Je suppose que cela va demander encore beaucoup de temps, mais en 2017, nous allons déjà en tâter. A ce moment-là, le vote pour la droite ou pour la gauche retrouvera tout son sens.

26/01/2015

La nourrice et le père Fouettard

 

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Illustration originale de Do Labadie

 

Nous sommes dans un jeu de rôle. Après avoir promis de nettoyer les banlieues au Karcher, Paul  Bismuth demande qu’on rétablisse la peine d’indignité nationale. Tous les pères Fouettard, souvent de droite mais pas seulement, réclament qu’on actionne la machine à claques et surtout les peines de prison. Des grosses peines bien lourdes, dans l’isolement, avec privation de dessert et séjours au mitard. Les mêmes proposent qu’on sanctionne d’urgence dans les collèges (et peut-être même  dans les petites écoles) et les lycées, les fortes têtes qui ne veulent pas être Charlie. Ils ont pourtant le droit de penser  que c’est mal d’insulter le prophète. Résultat, c’est la guerre ! Les beaufs veulent en finir  avec cette cinquième colonne  arabo-musulmane qui vient bouffer les pains au chocolat de nos propres enfants.

J’ai connu la vraie guerre ! Deux guerres ! Avec celle de 40  j’ai subi les bombardements et j’ai vu des cadavres dans les fossés. Je suis même devenu pupille de la Nation ! Mon père est mort à Dachau ! Avec la guerre d’Algérie nous avons perdu notre âme. Tortures, enfumages, massacres de masse des deux côtés, les Algériens jetés dans la Seine par dizaines, peut-être par centaines ! Tout ça suffit pour faire de moi un non violent qui jure que la force n’a qu’un seul et unique effet dans le civil, entraîner inéluctablement l’envie de meurtre,  de vengeance et de haine !

Alors je le dis à mes copains de gauche qui ont des certitudes sur les culpabilités et les responsabilités, sans bien sûr,  vouloir en partager aucune : tournez sept fois votre langue dans votre bouche avant d’accuser les arabes. Dans toutes les familles, dans tous les milieux, il y a des délinquants, des dévoyés, des gamins perdus, des jeunes gens sectaires et asociaux. Il faut les taper ? Il faut les condamner ? Il faut les exclure ? Les embastiller ou bien les déporter ? Je n’ai aucun scrupule, aucun doute, aucune nuance, la voie de la rétorsion et de la punition ne mène nulle part, sauf à de nouveaux drames, différés peut-être, mais annoncés, à coup sûr.

Enseignant pendant plusieurs années en plein mouvement de démocratisation de l’Université, j’ai assez entendu certains collègues dire que nos étudiants étaient nuls, qu’ils n’avaient rien à faire dans nos amphis, qu’ils n’étaient pas dignes du savoir qu’on leur dispensait et que de toute façon c’était des bons à rien. Ils évitaient ainsi de s’interroger sur leurs propres qualités pédagogiques et sur l’impasse qui les menait devant des jeunes pour lesquels ils n’éprouvaient aucune empathie. Ce faisant, on faisait peser l’ostracisme sur les classes populaires dont les enfants avaient grandi sans livres, sans arts, en un mot sans la culture dont se targuent les élites ! J’ai expérimenté et enduré moi-même cette relégation quand j’étais étudiant avant mai 68 bien sûr, avant que nos mandarins se mettent à douter d’eux-mêmes.

Il se passe quelque chose comme ça dans nos quartiers. Nos jeunes ne se sentent ni compris ni écoutés. Ils vivent une hostilité générale des « vrais » Français, sur un fonds d’arabo-islamo-phobie ancienne, datant  des colonies et  entretenue par des nostalgiques de l’Empire. Ce racisme quasi « naturel » prospère dans les quartiers populaires avec les les frustrations nouées autour du boulot et de l’espace urbain. Beaucoup de gens n’aiment pas nos émigrés,  maghrébins pour l’essentiel,  qu’ils soient de première génération ou pas, jeunes ou vieux, quand ils se distinguent par leurs vêtements, leur langue, leur religion, leur culture. Ils les aiment seulement quand ils correspondent à notre propre modèle, costume-cravate, sans accent. Allez-vous étonner après cela, de trouver chez  les jeunes la révolte et la rébellion face aux  enseignants qui parfois, de leur côté,  n’en peuvent plus d’autant d’incompréhension ? Le repli identitaire sur les extrêmes, le salafisme, le fondamentalisme, repose sur cette querelle permanente et ce n’est pas à coups de bâton qu’on va régler le problème.

Ces gamins-là se sentent tout juste tolérés. Il suffit d’écouter les nombreux témoignages qui passent en ce moment à la télé, qui vont tous dans le même sens, ils n’intéressent les politiques qu’au moment des élections. Même si le reproche est souvent injuste parce qu’il y a beaucoup de gens qui nouent le dialogue dans les salles de classe, dans les associations, ou dans les ateliers, c’est ainsi qu’ils vivent la situation. En face,  Finkielkraut en tête, on veut en revenir à la discipline, à la morale et au civisme. On leur reproche leur antisémitisme, leurs délinquances, leurs trafics et leurs camps retranchés, les fameux territoires interdits, devenus depuis peu des fantasmes américains ! Quand on a entendu un certain Président promettre à leur propos de nettoyer la racaille,  comment voulez-vous que les jeunes des quartiers puissent encore se sentir français, avoir envie de chanter la Marseillaise et de respecter l’uniforme, aimer l’école, admirer la République ?

La guerre, c’est nous,  les bien-pensants qui l’avons déclarée. Quand on est fier de ses valeurs, confiant dans sa culture et sa civilisation, on peut se permettre d’aller au-devant de ceux qui sont piétinés, déplacés, entassés, oubliés, stigmatisés, méprisés°°°. Je ne dirai jamais assez toute l’estime que j’ai pour les Charlie, ces génies libertaires, critiques, créatifs,  pleins d’humour, qui sont depuis tout le temps indispensables à notre esprit social et culturel. Ils ont été affreusement et injustement assassinés par deux fous, par des meurtriers  qui ont grandi sans père, ni mère, à la va comme je te pousse, en prison, sur des champs de bataille. Des automates. Et pourtant ! N’ont-ils pas dit qu’il ne fallait pas tuer les femmes ?  N’ont-ils pas  malgré tout épargné des vies dans  leur folle  cavale ?  C’est donc sans doute qu’il leur restait un brin d’humanité. Au nom de ce petit grain-là, on doit demander à notre République de faire le nécessaire pour que puisse s’éteindre la misérable guerre des cultures et des religions.

On ne réussira que par plus de pédagogie, plus d’empathie, plus d’ouverture aux autres, plus de curiosité pour tous ces gens qui au premier coup d’œil ne nous ressemblent pas, mais qui finalement, on le voit tous les jours,  nous enrichissent de leurs différences. On va encore me taxer d’angélisme. Je réponds que nos enfants, tous nos enfants, ont plus à gagner du lait de leur nourrice que du chat à neuf queues  d’un monstrueux Père Fouettard !

                                   

 

 

°°° « Les émeutes de 2005, qui, aujourd’hui, s’en rappelle ? a interrogé Manuel Valls. Et pourtant, les stigmates sont toujours présents : la relégation périurbaine, les ghettos, ce que j’évoquais en 2005 déjà, un apartheid territorial, social, ethnique, qui s’est imposé à notre pays, la misère sociale, auxquels s’additionnent les discriminations quotidiennes, parce que l’on n’a pas le bon nom de famille, la bonne couleur de peau, ou bien parce que l’on est une femme. »

13/12/2014

Que leur faut-il encore ?

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La jungle selon le bon Henri, douanier

 

 

La nouvelle est à peine connue qu’on cherche déjà la petite bête dans la libération de Lazarevic. Et si Hollande n’y était pour rien ? Et s’il avait vendu son âme (et pas seulement) au Diable ? Et s’il était en train de mentir ? Bien sûr on suppose seulement, mais supposer c’est déjà accréditer l’idée. Comment voulez-vous croire ce Président déguisé en apparatchik avec chapka et pelisse ?  Il nous a déjà fait le coup du ridicule en prononçant un discours sous la pluie à l’île de Sein ! D’ailleurs Sarkozy lui-même trouve notre Président ridicule ! Ce Sarko qui marche en canard dans le couloir de l’UMP d’où il raccompagne ses visiteurs en leur palpant les bras et les épaules, en connaît un rayon ! Pour le ridicule Sarko est un spécialiste !

Hollande s’est trompé sur le retournement de la conjoncture économique en 2013. Il a été contraint de se plier à la rigueur budgétaire alors que la croissance était en panne. Il le fallait sous peine de se retrouver avec des intérêts sur la dette tellement élevés que nous aurions risqué la banqueroute, d’ailleurs annoncée comme certaine par les économistes libéraux en 2012. Avec des socialistes rien de bon ne pouvait arriver. Hollande a donc évité le pire en osant des impôts très lourds. Personne ne lui reconnait le mérite d’avoir évité la banqueroute mais tous l’accablent du matraquage fiscal !

La rigueur budgétaire a donc gelé la croissance. L’Allemagne aujourd’hui s’en aperçoit. La BCE aussi qui prévoit de mettre de l’argent frais en circulation. Toutes choses que réclamait Hollande en 2012 et qui ne furent pas acceptées. Est-ce que des gouvernements de droite, Merkel en tête, peuvent écouter des gouvernements de gauche ? Nos capitalistes rentiers allemands avec leur morgue toute germanique, n’en avaient aucune envie. Les choses viennent tout juste de changer, avec à la clef une bonne nouvelle espérée, la baisse de l’euro qui devrait faciliter nos exportations.

Mais ce n'est pas tout. La surabondance des liquidités et la maîtrise des dettes publiques nous maintiennent des taux d’intérêts historiquement faibles ! Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le ralentissement de la demande dans le monde accompagnée de la production accrue du pétrole de schiste aux  USA provoque une baisse substantielle du baril de 30 à 40%. Incroyable ! Imprévu ! Cela devrait soulager le déficit de notre commerce extérieur et le portefeuille du tout venant . En tout cas cela rend obsolète la polémique sur l’exploitation des gaz de schistes en France devenus en effet non compétitifs.

Sur ces bonnes nouvelles, les entreprises françaises vont bénéficier à plein en janvier 2015 de la réduction des charges sur les bas salaires et peut-être aussi pourront-elles profiter des effets de la loi Macron sur la modernisation des professions protégées, sur l’assouplissement du travail le dimanche et de la réglementation du transport par autobus et diverses autres petites mesures qui pourraient enfin décider les gens à reprendre confiance et à se lancer dans les affaires. Ajoutons enfin que la suppression de la première tranche d’impôts sur le revenu devrait redonner du pouvoir d’achat aux gens modestes en contribuant à la réduction des inégalités. Ainsi donc, si on regarde les choses avec sang-froid, il se pourrait que 2015 soit enfin l’année du retournement tant attendu !

Cela explique peut-être que Gattaz met les bouchées doubles pour avancer ses réclamations. Il doit savoir que son chantage au chômage va peut-être perdre de l'acuité, voire de la pertinence. On pourrait peut-être en dire autant pour les différents corporatismes qui se manifestent. Les routiers vont être peu crédibles en pleine baisse du gaz-oil.

C’est à ce point de mon raisonnement que je me tourne vers les frondeurs, l’aile gauche des socialistes. Ils sont les premiers à accuser le gouvernement d’être le responsable des pertes aux élections par une politique trop à droite. Seulement camarades voyez les insuccès électoraux de Mélanchon ou de Duflot. La politique de gauche-gauche est loin de triompher dans les urnes. La seule condition qui nous fera reconquérir le cœur des Français c’est le recul du chômage, car celui-ci est la vraie cause de l’appauvrissement des gens et la vraie source des inégalités. Alors s’il vous plaît, avant de vous faire remarquer dans telle ou telle motion de congrès, vous feriez mieux de reprendre votre bâton d’espérance camarades et d’expliquer, expliquer aux  gens que pour distribuer des parts de gâteau, il faut d’abord le produire !

On ne peut pas compter sur la droite pour nous aider à réformer et à redémarrer la croissance, c’est le jeu politique.  Je trouve en revanche bien malvenu que des  députés de notre parti critiquent et notre Président et notre Gouvernement. Comme socialistes, ils ont été élus par tous les sympathisants, y compris les sociaux-démocrates hollandistes, et pas seulement par une fumeuse nébuleuse de « vraie gauche » qui électoralement paraît bien absente aujourd’hui, comme l’indiquent les dernières législatives partielles à Troyes !

Moi je vous le dis, Hollande sera réélu en 2017 et ceux qui lui auront savonné la planche dans le Parti devraient songer à leur reconversion politique : il y a de la place au Front de Gauche !

28/08/2014

Saint François, tête nue sous la pluie

 El Gréco, Le portement de la croix

 

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Chacun sait que par vent de suroît, à l’île de Sein de toute évidence, ni chapeau, ni parapluie ne résistent et qu’il faut s’en tenir au bonnet de marin ou au béret basque, enfoncés jusqu’aux oreilles. Je n’entends donc rien aux critiques des « communicants » de la télévision qui reprochent à notre Président de s’être présenté tête nue sous la pluie pour faire son discours aux Sénans, tous habitués depuis l’enfance à braver les intempéries. J’ai donc apprécié la simplicité de F.H. qui le rapprochait des îliens, dont il venait commémorer la fidélité à la patrie et à la Bretagne.

Cette tenue a beaucoup choqué nos parisiens qui ne connaissent que les vents de la scène et jouent « pour leur image » de l’écharpe rouge et de la barbe de trois jours. Comment ! se sont-ils exclamés, en bons suivistes des twitters, Hollande n’est pas capable de programmer sa visite par beau temps (sic) ? Ou à tout le moins de prévoir un auvent, un endroit protégé ! Quelle faute de goût ! Quel amateurisme (sic) ! On nous donne à voir un président seul, tout mouillé et tout triste qui donne une bien funeste  image de son gouvernement, de sa politique et de son pays (sic) !

Au même moment, Valls mettait fin aux ignobles plaisanteries du Prince de Saône et Loire qui adore faire rire les badauds aux dépens de ses petits camarades. Cela serait sans conséquence si cet irresponsable n’était qu’un bateleur, adepte du théâtre de rue ou plutôt de l’ombre chinoise, inscrit aux intermittents du spectacle. Le gros inconvénient est que ce plaisantin est (ou était) ministre et qu’il entend bien par proclamation faire encore mieux et plus fort par la suite. Merci Monsieur Valls. Du même coup la mise à pied de Montebourg a rapporté plusieurs milliards à la France en  faisant monter le CAC 40 de 2%. De l’argent facilement gagné qui va peut-être, au moins en partie, être réinvesti dans notre économie atone.

Les patrons peuvent être enfin contents, y compris le désopilant Monsieur Gattaz. Ils sont maintenant au pied du mur, celui qui fait le maçon. L’argent sonnant et trébuchant commence à tomber doucettement dans les caisses des entreprises. J’espère bien que ces messieurs vont savoir se retenir et utiliser ces fonds pour investir, innover et embaucher. On ne comprend pas d’ailleurs toutes les critiques de la gauche de la gauche qui se plaignent que les résultats ne soient pas aux rendez-vous. Les réformes commencent seulement à apparaître dans les comptes. Je ne peux admettre que des députés ou des ministres qui sont des gens informés ne soient pas conscients de cela, et ne comprennent pas qu’il est bien trop tôt pour crier à l’échec !

Je pourrais le  concéder à Mélanchon qui vient de signer sa reddition et l’abandon de son projet de rassemblement des petites gauches groupusculaires et braillardes. Eh bien oui Jean Luc, la preuve est faite que ce n’est pas en parlant plus fort que les autres qu’on prouve qu’on a raison. Sur ce point je suis rassuré. Tu en as pourtant inventé des invectives, des pédalos, des formules, des outrances, des traîtrises et de la mauvaise foi et bien tu vois le résultat !  C’est la femme Le Pen qui empoche ! Même à gauche, on ne se laisse pas toujours emporter par la magie du verbe, on est capable d’un jugement autonome. Tu prends les smicards pour des imbéciles ? C’est tout le contraire, les smicards sont polis, modestes, intelligents, cultivés et font attention à ce qu’ils font. Tu vois Jean Luc, ces gens-là contrairement à ceux qui veulent les embrigader, n’ont pas les moyens de se tromper !

Le vaniteux coq de Bresse devrait méditer l’expérience de son copain Jean Luc. La gauche du PS est habituée à toutes les surenchères, mais au gouvernement elle n’a produit que des illusions ou des Guy Mollet. Il ne faut jamais prendre ses désirs pour des réalités et les incantations pour des décisions. Les placards du PS sont remplis d’énergumènes vociférant, confondant leur Parti avec un bureau des réclamations, mais aucun n’a heureusement dépassé le collage d’affiches ou la distribution de tracts.

Avec le nouveau gouvernement Valls, le PS vient de faire le choix clair de la social-démocratie et de la modernité. Pour ceux qui croient prédire l’explosion du PS, il faut rappeler que ce courant est largement majoritaire et qu’il constitue la seule base d’appui (18%) du Président dans l’opinion. Ce qui n’est pas rien étant donné l’état de déliquescence politique du reste de la nation. Les tenants de la barre à gauche s’expriment comme si tous leurs électeurs pensaient comme eux. Ils ne doivent pas oublier que dans leur circonscription tous les socialistes et les sympathisants ont voté pour eux, y compris les hollandistes ! Ils feignent d’oublier qu’une minorité doit se ranger derrière la majorité quand le temps de l’action est venu. Ce qu’ils refusent de faire aujourd’hui : les frondeurs ne sont donc pas des vrais démocrates.

François Hollande, sous des airs modestes possède la résistance de l’enclume. Il aura essuyé tous les coups et tous les reproches, surtout de son propre camp, de Martine Aubry à Montebourg. Outre son incapacité à faire la pluie et le beau temps, voilà qu’il est devenu autiste et n’écoute plus personne, en particulier,  il a ignoré les conseils du gros poulet de Bresse gonflé d’orgueil et d’importance. On lui a reproché successivement d’être un mou, flou,  indolent et indécis,  puis d’être un coureur de femmes et un goujat, puis de ne pas savoir trancher, de ne pas dire ce qu’il pense, d’être un menteur  et de toujours cacher son jeu. Imperturbable, le Président refuse d’entrer dans les polémiques, il demeure affable, poli et courtois et recommande à ses ministres de faire de même. A ce jeu mon préféré est notre compatriote cotentinais  B. Cazeneuve. L’histoire jugera. Hollande vient en tout cas de mettre en œuvre le seul vrai gouvernement social-démocrate de la cinquième République.

Déclarer son attachement aux entreprises est bien la moindre des choses et Valls a eu bien raison de le dire aux patrons. C’est l’entreprise qui donne du travail, c’est l’entreprise qui crée les richesses. Il faut cependant rester circonspect : les patrons qui cherchent à arrondir leur pelote au détriment de leurs salariés ne sont pas rares. Sous prétexte de lutter contre la concurrence on aboutit souvent au moins disant social. Surtout dans les petites affaires. Il faut donc rester vigilant sur le déplacement du curseur entre l’assouplissement du droit du travail et la perte en ligne des « avantages acquis ». Il ne faut pas insulter l’avenir et veiller à ce que les réformes soient un progrès pour tous.

Il faudrait demander à Michel Rocard et à Jacques Delors ce qu’ils en pensent. Pour une fois fois, nous avons un Président de la République qui préfère aller au bout de sa logique plutôt que d’assurer sa réélection. Bien sûr il est aujourd’hui plus encore qu’hier moqué et vilipendé. Seul A. Juppé, dans l’opposition, a fait preuve d’intelligence et de modération. Il est tellement plus facile de hurler avec les loups que de réfléchir ! François Hollande, contre vents et marées fait preuve d’une qualité  essentielle à mes yeux pour un homme d’Etat, il refuse la démagogie ! C’est sa façon à lui de respecter les autres. La moindre des politesses serait de lui rendre la pareille.

05/04/2014

Futurologie

 

 

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 Jaune-Rouge-Bleu par Kandinsky

 

 

Jacques Le Goff, notre regretté historien, confiait il n’y a pas si longtemps  son peu de goût pour la Futurologie, ce qui était une façon de remettre en cause l’Histoire,  comme la clé de notre avenir. De la Futurologie, les savants du GIEC nous en racontent tous les jours. A tel point qu’ils sont surpris, voire dépassés par la rapidité avec laquelle les évènements qu’ils avaient prédits  pour le milieu du siècle se manifestent  aujourd’hui. A leur place j’y trouverais un motif d’inquiétude plutôt qu’une satisfaction. Avant l’heure ce n’est pas l’heure ! Cela prouve qu’il y a quelque  chose qui cloche dans leurs modèles. C’est peut-être aussi qu’on se précipite un peu trop vite pour trouver partout des raisons  ou des effets du réchauffement. Les évènements météorologiques qui s’éloignent de la moyenne sont maintenant considérés comme autant de preuves du dérèglement climatique. Il y a belle lurette que les climatologues savent que ces moyennes n’existent pas ! Et qu’en réalité la météo est toujours en de ça ou au de  là ! Finalement nos savants du GIEC  prêchent de plus en plus dans le désert et n’arrivent à convaincre que ceux qui le sont déjà.

Avec son nouveau gouvernement de choc,  F. Hollande envoie toute nos forces socio-démocrates  dans la bataille pour la croissance et la création d’emplois. Réussira-t-il ? Je le souhaite pour la France et les Français et pour l’Europe. Si les Allemands ne prennent pas conscience qu’il faut d’urgence relancer l’économie  de l’Espagne, de l’Italie et de la France en acceptant quelques effets inflationnistes, nous risquons bel et bien la stagflation, à l’exemple du Japon, qui fut autrefois à la pointe du progrès et de l’innovation et qui vient d’ endurer  deux décades de stagnation économique. Il en  sort tout juste ! 

Michel Sapin se voit confier la difficile mission de convaincre les instances européennes de lâcher les vannes du crédit et de financer des grands projets collectifs ou de racheter des emprunts pourris qui paralysent les banques.  Tout cela passe par la bonne volonté de la Banque Européenne et de son Président Mario Draghi, qui bien sûr est sous la pression allemande. Pour l’Europe, je souhaite qu’un accord soit trouvé avant peu. Les élections du mois de juin risquent , si ce n’est pas le cas,  d’envoyer au Parlement une majorité d’adversaires de l’Europe. A ce moment- là, il sera trop tard pour pleurer.

Fidèles à leur politique de Gribouille, les écolos ont refusé un grand ministère de l’Ecologie. Plus politicards que ces gens-là tu meurs ! Ils espèrent faire un tabac aux dites élections européennes sur le dos des socialistes, mais il se pourrait que le grand vainqueur  soit le FN avec l’aide inavouée  de l’UMP. Nous récolterons alors  les fruits amers de la discorde et de la non-coopération européenne. Les gens raisonnables de notre échiquier politique devraient réfléchir  à la nécessité de donner , enfin ! un coup de main à la voie moyenne que veut emprunter notre gouvernement pour sortir de la crise. L’enjeu , c’est d’apurer  les comptes publics  tout en tentant de rendre confiance aux entreprises qui sont les seules à même de relancer l’investissement productif. Cela suppose  qu’on  allège les taxes et qu’on diminue  le coût du travail,  ce qui n’est pas facile  à faire quand les caisses sont vides . Alors même qu’un peu de justice doit conduire à redonner un peu de pouvoir d’achat aux ménages les plus modestes. Le moins qu’on puisse dire c’est que le nœud est hyper serré !

Sur le plan politique, Hollande est coincé entre   la gauche de la Gauche qui trouve « inconcevable de faire des cadeaux aux patrons » et préfère retourner à ses habituels démons de la révolution pour demain et la droite de la droite, qui compte bien rendre l’Europe responsable de la crise, de l’immigration incontrôlée et de la perte irrémédiable de notre souveraineté et de notre identité. La droite classique,  sous la direction d’un  Copé qui persiste à  jouer les roquets bêtes et méchants, en utilisant les armes débiles de l’amalgame et de la mauvaise foi,  sera bien incapable de s’opposer  à cette conjonction des extrêmes qui recèle de grands dangers à court terme.

On pourrait se demander où est passé le centre dont la vocation ressassée est d’appuyer les majorités d’idées. Borloo est malade semble-t-il et le nouveau maire de Pau est trop discrédité pour tenter un retournement !  C’est pourtant le moment, pour les gens raisonnables  de collaborer à des objectifs qu’ils réclament depuis vingt  ans , qui consistent à   réduire les déficits et relancer la croissance.  Il va falloir que le gouvernement de combat qui vient de se constituer réussisse à convaincre seul, par ses propres mérites, de la pertinence de son action. Je fais des vœux pour qu’il y parvienne, mais l’entreprise est risquée.

On ne peut compter que sur la clairvoyance et le savoir –faire du couple Hollande-Valls. Je leur souhaite la baraka !  Ils vont devoir  obtenir  l’écoute des milieux économiques, des entreprises et des syndicats. A quel prix ? Il ne faut pas hésiter à frapper les esprits,  en supprimant les 35 heures même symboliquement, en autorisant l’exploitation des gaz de schistes et en lançant enfin les travaux de Notre Dame des Landes. Il faut décider, il faut agir, trancher, se faire des ennemis et l’emporter finalement ! Un gouvernement  de combat, c’est fait  pour ça. 

Pour la première fois peut-être de l’histoire,  le Cotentin fournit un ministre de l’Intérieur  à la France. Nous en sommes fiers et je me souviens d’avoir écrit en son temps (Voir ma chronique du 10/05/2011, Eloge de notre député-maire…) tout le bien que je pensais de ce petit homme souriant, modeste et plein d’humour.  Avec lui,  je suis sûr que la loi sera inflexible et que les personnes seront respectées.